Commentaires de films faits par pwachevski

Citations de films par pwachevski

Commentaires de films appréciés par pwachevski

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Valley of love
date : 28-02
Ça ne deviendra pas mon film préféré, mais c'est quand même une très jolie découverte. J'ai bien aimé le concept de cette discussion entre les deux personnages, réunis par la mort de leur enfant, et qui s'étale sur 1h30. Le propos n'est pas pollué par des sous-intrigues ou des personnages secondaires qui n'auraient vraiment pas de raison d'être. On se concentre sur l'essentiel et sur les émotions que ça provoque.

Et des émotions, il y en a plein dans ce film. Sa plus grande qualité selon moi. On tire le plein potentiel de ces deux acteurs aussi géniaux l'un que l'autre. Mais aussi de leur personnalité. Le coté un peu beauf de Depardieu est totalement assumé, tout comme le côté cérébral, voire hautain, de Huppert. Je dis ça en toute amitié, dans un cas comme dans l'autre, je les adore.
Gérard est un personnage désabusé et débordant d'une tristesse qu'il se refuse à montrer. Qu'il cache maladroitement derrière des blagues et un détachement vis à vis des évènements. Isabelle est elle un personnage dramatique plus traditionnel. Elle ne cache rien de ses émotions, ni de sa tristesse, ni de son incompréhension, ni de sa culpabilité. Ça la rend purement bouleversante. Vraiment. La scène où elle lit la lettre que son fils a écrit à son père m'a particulièrement touchée et marquée.

Il y a également beaucoup d'émotions dans la relation entre Gérard et Isabelle. Ce couple est certes divorcé, mais ils ont encore une vraie tendresse l'un pour l'autre, qui est parfaitement crédible et qui transpire d'absolument toutes les scènes du film.

Et puis surtout, point qui me semble important, les émotions sonnent toujours vraies. On n'est absolument jamais dans le tire-larme, dans le mièvre, dans le glauque ou le morbide. Malgré le thème purement dramatique, on a réussi à faire un film léger.

L'aspect faussement autobiographique est une idée absolument géniale. Les acteurs jouent des personnages qui portent leurs prénoms, qui sont des acteurs, qui ont une personnalité qui colle à l'idée qu'on se fait d'eux, Gérard a lui aussi perdu son fils. Ça donne un coté décalé, atypique, voire absurde, au film, que j'ai adoré.

Le coté fantastique du film est du coup assez bien amené. Il colle naturellement à cette ambiance décalée. Et je trouve que ça apporte aussi beaucoup à l'intrigue. Ça permet notamment de créer une fin monumentale, que j'ai trouvée tout simplement parfaite.
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Franchement, si Gérard et Isabelle avaient rencontré leur fils comme ça, au détour d'un rocher, et qu'on nous avait sortie une explication àlakon pour justifier sa présence (Dieu, faille spatio-temporelle, power of love, ou que sais-je encore) le film aurait été ridicule et pas crédible, et surtout clivant (exemple : si on le justifie par Dieu, les non-croyants seraient pas du tout emballés). Mais là, c'est génial, parce qu'on comprend uniquement ce qu'on a envie de comprendre. Gérard a t-il vraiment vu son fils ou un autre promeneur ? A t-il raconté ça uniquement pour faire plaisir à Isabelle ? Pourquoi il revient vers elle à la fin ? Par amour, par culpabilité de l'avoir laissée seule ou à cause de sa rencontre avec son fils et de ses brulures ?
C'est un film à tiroirs, il y a 30 façons différentes de le comprendre. Et quelques soit la façon dont vous le comprendrez, vous aurez toujours raisons, puisque vous l'interpréterez au regard de votre propre histoire.


Bon après, c'est vrai que le rythme du film est très lent. On pourra difficilement dire l'inverse. On aurait pu raconter l'histoire en 30 minutes si on l'avait voulu, mais on a choisit de le faire en 1h30.

Je ne dis pas que c'est forcément pas bien. Au contraire, je pense que les silences ont un vrai intérêt dans la discussion et sont tout autant joués par les acteurs que les phases de dialogues. Ils donnent tantôt un coté triste, tantôt un coté drôle, tantôt un coté tendu au film. Mais ça rend aussi le film très minimaliste, et du coup assez dur à appréhender si vous n'êtes pas habitués à ce genre de cinéma.

Personnellement, plus que le rythme, ce qui m'a dérangé, c'est plutôt l'absence "d'habillage" de ces moments de silences.
Ce n'est pas l'occasion de nous mettre une musique un peu planante. Il n'y en a quasiment pas dans le film. C'est du vrai silence. On n'entends rien.
Ce n'est pas non plus l'occasion de nous en mettre plein la vue avec un paysage de rêve qu'on prendrait un moment pour apprécier. Et pourtant il y avait quoi faire. La vallée de la mort n'est jamais vraiment filmée, elle reste qu'un simple décor d'arrière plan.
On fige simplement le moment. Et ce n'est pas toujours utile.

De même, je n'ai pas vraiment apprécié les blagues redondants. Que Depardieu dise qu'il fait chaud une fois ou deux, ok, 15 fois c'est un peu lourd. De même quand Huppert nous fait des crises d'hystérie avec son téléphone qui capte pas.
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Merci Patron !
date : 27-02
On sent une forte influence des documentaires de Michael Moore, aussi bien dans le thème traité que dans la forme, notamment dans la présence, parfois excessive, du réalisateur dans son propre film
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(était-ce vraiment nécessaire de se déguiser en 'fils Klur' pour discuter avec le représentant de LVMH ? Le vrai fils Klur n'aurait pas pu endosser ce rôle?)[/spoiler]. Je comprends très bien que ce genre de mise en scène puisse plaire. Je dirais même que le film est assez séduisant. Rythmé, joyeux à sa façon, avec son humour un peu grinçant, qui a au moins le mérite de désamorcer des thèmes pas faciles (suicides des salariés licenciés par exemple). Un film presque feel good, au final. Mais malheureusement, et tout comme pour Michael Moore d'ailleurs, ça ne colle PAS DU TOUT à ma propre vision du documentaire.

C'est une considération purement personnelle, mais je pense qu'un documentaire doit servir à montrer la réalité, à informer, avec un traitement neutre, sans juger les faits. Nous donner des pistes de lecture d'un sujet d'actualité, puis nous laisser en tirer les conclusions. Mais ce film fait au contraire les questions et les réponses. J'étais parfois même mal à l'aise, devant la façon qu'à François Ruffin de tourner les questions pour entendre ce qu'il veut entendre. Comme si son film était scénarisé à la virgule près depuis le départ, et si ses intervenants déviaient un peu, il fallait vite les remettre dans le droit chemin. Ça manque de naturel. Et puis ça oublie une chose essentielle : les intervenants ne sont pas des acteurs et ce n'est pas du cinéma. C'est des vrais gens, avec une vraie vie et de vrais problèmes personnels.
[spoiler]Par exemple vers la fin, il demande aux Klur s'ils sont contents de la solution proposée. Ils lui répondent oui. "Ah bah non, on est pas content, on va encore en rajouter une couche." Bon. Ok. Pas suffisant pour le réalisateur uniquement, qui a besoin de se faire mousser, mais le couple avait des prétentions simples, éponger leurs dettes et monsieur voulait retrouver un emploi, et ils étaient satisfait du geste de LVMH puisqu'ils ont obtenu simplement ce qu'il voulait.[/spoiler]

Et je ne parle même pas des non-dits ! Là pour le coup, ce n'est plus les intervenants qui sont manipulés, mais les spectateurs. Par exemple, quand on évoque le cas des vendeurs licenciés de la Samaritaine. Je suis d'accord que c'est dramatique et qu'il est important de le dénoncer. Mais on passe très vite sur le fait qu'on va transformer la chose en hôtel et y retrouver des commerces. Je dois vous faire une confidence qui va peut être vous étonner... C'est pas Bernard Arnault avec ses petites mains qui va faire tourner toute la boutique ! Il y aura de nouvelles embauches. Et en France, pas en Pologne.

Dans la continuité, on trouve en plus le moyen de faire une pique sur la présence de logements sociaux dans le projet Samaritaine rénové, pas assez nombreux au gout du réalisateur. Mais HS j'ai envie de dire ! Arnault n'a AUCUNE raison de devenir un bailleur social. Ce n'est pas son métier ni même son rôle. Les logements sociaux, c'est avant tout l'affaire des personnes publiques, incapables d'assumer cette charge financière au vu des prix immobiliers de la capitale. On a donc inventé un truc qui s'appelle la loi SRU, qui permet à la mairie de Paris et à l'Etat de se décharger de son incompétence sur les entrepreneurs privés, en les obligeant à un certain pourcentage de logements sociaux dans ce type de projet. Je dis ça, je dis rien.

Puis d'une façon plus large, le luxe français, que ce soit LVMH ou autre (parce qu'on aurait pu faire le même film avec plein d'industriels), se porte quand même particulièrement bien. Apporte beaucoup à l'économie et à la renommée française. Combien d'emplois ont été créés par le groupe ? On le dit jamais. Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres dysfonctionnements du système à mettre en avant, plutôt que cette opposition débile méchants riches/gentils pauvres ? Je sais pas, par exemple, les logements sociaux nettement insuffisants dont je viens de parler ; le nombre énorme de gens qui ne demandent pas d'aides sociales parce qu'ils n'y comprennent rien ; le scandale des "travailleurs pauvres" ; l'inefficacité du pole emplois qui donne envie de pisser de rire ou de rire jaune, c'est selon ; l'incapacité de l'État ou des syndicats à empêcher les délocalisations ; ... économiquement et politiquement parlant, c'est des sujets qui sont 1000 fois plus pertinents.

Disons le clairement, ce genre d'œuvre se rapproche bien plus du militantisme d'extrême-gauche un peu rance et pas très fut-fut que du vrai documentaire, et n'aurait probablement pas du sortir de la rédaction du journal Fakir.

Puis je trouve aussi ce film, finalement pas si couillu que ça. On ne propose AUCUNE solution d'économie alternative meilleure, ce qui rend la chose très... Populiste. Il n'y a pas de "théorie" dans ce film. Aucun argument économique fondé, bah oui, trop peu de gens pourraient comprendre ! Pas de solutions, non plus, parce que proposer de faire des kolkhozes ou un parfait égalitarisme (c'est ce à quoi semble tendre le réalisateur), c'est tout de suite moins séduisant. Là, on est dans le flou. Le gars qui veut juste taper sur son patron sans voir plus loin que le bout de son nez, il est content. L'ado à dreadlock qui appelle à la révolution en écoutant Tryo aussi. Sans oublier le fameux "bobo", oubliant au passage son propre statut de privilégier. On trouve dans le film uniquement ce qu'on a envie d'y trouver. Et ça, c'est juste la règle numéro 1 du discours politique : ne jamais trop en dire, laisser ceux qui nous écoutent interpréter de la façon qui les arrange. Étrange documentaire "anti-système", qui utilise pourtant toutes les ficelles du système.

Par contre, les Klur sont de vraies perles ! Ils sont extrêmement sincères dans leur démarche. Ils n'ont rien à perdre, ce qui les rend très touchants et finalement vraiment marquants. On sent une envie réelle de les aider de la part du réalisateur. Il les laisse s'exprimer, il les écoute, les prend au sérieux. Ça c'est juste super rare. C'est le genre de personne qu'on entend jamais dans les médias.

Après la moquerie n'est malheureusement jamais très loin... Ruffin a beau se présenter comme était de la même classe social que les Klur, c'est tellement pas le cas que ça en devient condescendant par moment. [spoiler]Par exemple, quand il leur apporte des cadeaux pour le représentant de LVMH, avec du pâté et de la bière. J'ai trouvé ça hallucinant. On a juste l'impression que Ruffin veut les faire passer pour des gens bien plus idiots qu'ils ne le sont. Ils s'en rendent eux-mêmes compte que c'est des cadeaux ridicules.


Mais bon, malgré ce bémols et même si le moyen est critiquable, on est quand même indéniablement soulagé de les voir s'en sortir. J'ai tout de même une pensée pour tous les autres salariés licenciés d'Ecce, qui n'ont pas eu la même chance. Là encore, on manipule plus ou moins subtilement le spectateur en n'en parlant jamais dans le film ! Vu la publicité faite par ce film, ce genre de geste de la part du groupe LVMH risque de ne plus jamais avoir lieu. Décidément, la victoire sur le grand patron est vraiment trèèèèèèèès loin.
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Planète Animale
date : 19-02
J'ai rien contre les documentaires animaliers, mais je pars un peu du principe que quand tu en as vu un, tu en a vu 30, ils sont un peu tous pareil. Mais là, woooow, je suis restée scotchée. Ce film est magique et son succès largement mérité. C'est un vrai film familial, qui arrive à se mettre à la portée de chacun, petits ou grands et quelque soit sa connaissance du milieu animal, sans jamais abaisser son niveau ou sa rigueur scientifique.
Le projet en soit est impressionnant (4 ans de tournages !), au service d'un documentaire à la fois passionnant et techniquement irréprochable. Tous y est soignée, les images sont d'une qualité incroyable et sans aucun procédé de synthèse, la musique souligne bien ce qui est montré, la voix-off nous délivre des informations pertinentes et apporte des touches d'humour sans jamais se faire trop présente, le fil rouge (montrer comment les animaux s'adaptent à des milieux extrêmes) est super intéressant et pousse même à réfléchir. On nous montre pas mal d'animaux méconnus et presque jamais vu ailleurs ; et quand on nous montre des animaux connus, on compense par le fait qu'on ait capté des images rares et impressionnantes (le combat de chevaux sauvages ou les lions qui chassent une girafe, par exemple). On voyage beaucoup à travers le globe, ce qui nous apporte également une variété de paysages.
Seul micro défaut que j'ai pu trouver, on ne nous montre pas d'animaux marins, j'ai trouvé que ça manquait. D'autant plus que question milieu extrême les fonds marins me viennent à l'esprit assez naturellement. Mais comme tout le reste du projet est parfait, ce n'est pas très grave non plus. Puis je pense qu'il y aurait de quoi faire un documentaire uniquement sur les animaux marins, je suppose qu'il a donc fallu faire des choix.
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Au nom de ma fille
date : 31-01
Après l'affaire Clearstream dans "L'enquête" et l'affaire d'Outreau dans "Présumé coupable", Vincent Garenq se fait à nouveau porte parole des affaires judiciaires foireuses avec ce film. Ça commence à devenir un style. Pas inintéressant il faut le dire. La couverture médiatique a été moins importante que pour les précédents films, probablement parce que l'affaire est en soit moins connue. Mais pas forcément moins intéressante ou révoltante pour autant.

Je pourrais reprocher à ce film la même chose qu'aux autres de ce réalisateur. L'intention de départ est géniale. Mais le traitement un peu moins, car trop précipité et froid. Le film aurait vraiment gagné à avoir 20-30 minutes de plus. Il est trop court, tout va trop vite. On se contente d'aligner des faits sans réellement raconter une histoire. On fait pas monter la mayonnaise, on ne nous laisse pas le temps de nous attacher aux personnages, pour souffrir ou nous indigner avec eux. Le drame ne prend pas. L'ensemble en devient donc un peu plat.

Pas inintéressant... Mais plat. Ça raconte bien ces faits. L'intrigue est vraiment claire, on comprend tout ce qui s'est passé. Sur ce point rien à redire. Mais pour faire simple, si j'avais regardé un reportage journalistique sur cette affaire, j'aurais ressenti exactement les mêmes émotions. Sauf qu'un journaliste c'est son métier de raconter seulement des faits, avec une certaine distance et retenue. Un cinéaste doit au contraire nous embarquer avec lui, créer des personnages auxquels on s'identifie, nous raconter les choses avec conviction, d'une façon qui prend aux tripes. Raté.

Les personnages sont assez monocordes, sans subtilité. On ne nous explique pas certaines de leurs réactions. Par exemple, la scène où Bamberski dit qu'il ne peut plus avoir d'autres enfants. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Ce n'est pas du tout une évidence, d'autres personnes dans la même situation voudraient au contraire en avoir à nouveau.

La réalisation ne vient pas non plus apporter ce "plus" par rapport au reportage, puisqu'elle est vraiment fade. Ça fait un peu plus téléfilm ou série télé que film (genre les coupures noires entres les scènes, à part George Lucas je connais aucun réalisateur de film qui fait ça, il y a peut-être une raison). Certaines scènes sont très clichées (du genre la scène d'énervement père/fils). Le vieillissement/rajeunissement des personnages est moyen.

La qualité de l'interprétation ne m'a pas convaincu non plus. Je ne suis pas très fan de Daniel Auteuil de façon générale, et sans être mauvais, on va dire que ce n'est pas dans ce rôle qu'il va marquer les esprits. Il est, là encore, trop dans la retenu à mon sens. Il participe à rendre le film trop froid. De plus, je ne l'ai pas trouvé crédible dans certaines scènes précises. Par exemple, il fait très mal semblant de pleurer. Mais malgré tout, c'est encore le moins mauvais des acteurs du film. Marie-Josée Croze, qui n'est pourtant pas une mauvaise actrice, m'a semblé totalement transparente, visiblement pas inspirée. Christelle Cornil est à coté. Stebastian Koch, était une bonne pioche, parce que c'est l'un des rares acteurs allemands à traverser les frontières. Mais à l'instar d'Auteuil, c'est pas son meilleur rôle dans ce film. Les enfants sont inexpressifs... Pas la joie quoi.
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Les Innocentes
date : 30-01
J'avais un peu peur d'être déçue, parce que je ne suis pas très amatrice de la réalisatrice, Anne Fontaine. Souvent le sujet de son film m'intéresse, mais je n'aime finalement pas le traitement qu'elle en fait. Mais ici, rien à redire, j'ai vraiment trouvé qu'elle nous propose un très très bon film. Le meilleur film français que j'ai vu depuis euh... Je ne me souviens même pas quand, c'est dire que ça fait longtemps !

Ce film est juste terriblement fort et émouvant. Je n'ai pas d'autres mots pour le qualifier. Et en même temps, il est juste. On ne se dit jamais qu'on en fait trop ou que c'est tire-larmes, ça raconte simplement les choses telles qu'elles sont. Avec sobriété. Ça ne tombe jamais dans le mièvre non plus. Bref, totale réussite sur ce point.

Le scénario est intéressant dans sa dualité. D'une part ces femmes qui sont des victimes, et d'autre part, la honte terrible dans laquelle elles vivent, du fait que ça ne respecte pas du tout leur foi. Sans oublier le coté "instinct maternelle" qui pousse à aimer leurs enfants malgré tout, qui apparait dans la seconde partie du film, et ajoute un enjeu supplémentaire.

Les personnages sont bien écrits. Leurs sentiments transparaissent bien. Même les personnages qui sont un peu borderlines, comme la mère supérieure, on arrive à comprendre leurs agissements et leur point de vue. Je trouve aussi intéressant de voir comment le personnage de Mathilde s'intègre peu à peu parmi les sœurs, gagne leur confiance, comment la compréhension mutuelle et même la complicité s'installe, etc...

La réalisation met bien en valeur l'histoire. On filme très bien les actrices, la photographie est vraiment jolie, le décor est splendide, la musique religieuse donne un coté mystique au film.

Bonne performance de Lou de Laâge. Ce n'est pas mon actrice préférée, mais elle est touchante, dans l'empathie avec les sœurs. Agata Kulesza, que j'avais déjà vue dans "Ida" où elle proposait le même genre d'interprétation, joue très bien l'inflexibilité et l'autorité de la mère supérieur, mais je trouve que ça la rend un peu trop froide. J'ai bien apprécié Agata Buzek, qui est une découverte pour moi. Petite déception, peut-être, pour Vincent Macaigne. C'est un acteur que j'apprécie, mais soyons honnête, son rôle ne sert pas à grand chose ! Et son interprétation ne donne pas plus de profondeur au personnage. On aurait probablement dû mieux exploiter le fait que son personnage soit juif.

Si vraiment je devrais trouver un défaut, ça serait un détail, mais je n'ai pas compris pourquoi la moitié des bonnes sœurs de se couvent parlent le français. Dans les années 40, en Pologne, l'étude des langues me semble pas franchement la priorité. On aurait du trouver une justification à cela. N'importe quoi, une sœur française parmi elles, qui a appris sa langue aux autres, par exemple. Mais on ne l'explique à aucun moment, et du coup, ça passe juste pour une facilité d'écriture un peu grossière.
Ou alors, on aurait pu jouer à fond la carte de "on se trouve en Pologne, point barre", mettre encore plus de dialogues en polonais dans le film et trouver une autre façon pour que les personnages communiquent (par des gestes ?)
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La La Land
date : 25-01
De base, j'adore les comédies musicales, donc il ne m'en faut pas forcément beaucoup pour me plaire avec ce type de film. Mais là, on est au-delà de ça. C'est un film pétillant, à la joie communicative, qui embarque son spectateur avec lui, qui lui donne envie de danser et de fredonner le thème principal dès la sortie de la salle. Et ça, ce n'est franchement pas donné à tout le monde.

Après qu'on se le dise tout de suite, le scénario n'est pas vraiment l'intérêt principal de la chose. On pourrait même dire qu'il est ultra prévisible, déjà trop vu dans les comédies musicales, qui peuvent tourner autour d'autre chose que l'amour (si, si, je vous jure), et déjà trop vu tout court, de façon générale au cinéma. Mis à part la toute dernière scène qui est dans l'émotion, les enjeux dramatiques ne sont pas fou-fous, pour ne pas dire inexistants.
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Je crois que le moment le plus grave, c'est quand Mia en a marre de rater des auditions et rentre chez elle. Il y a pas mort d'homme quoi.
Vous attendez vraiment pas à pleurer toutes les larmes de votre corps comme devant "Moulin Rouge !", ce film ce veut au contraire assez sobre côté émotion, mais finalement aussi plus réaliste, non ? Je trouve qu'on s'identifie sans mal aux personnages et aux situations qu'ils traversent.
On appréciera les références sympathiques, aux classiques du cinéma et du jazz. Et puis même si c'est déjà vu, le sujet reste bien traité. On y croit, tout simplement, à l'amour entre les deux personnages principaux. Ils sont tout mignons et attachants, sans tomber dans la niaiserie dégoulinante.

L'intérêt du film est plutôt dans son ambiance très énergique et également un poil vintage, mais dans le sens positif du terme. On sent qu'on a voulu faire un hommage aux comédies musicales classiques, et je trouve qu'il est très réussi. Notamment sur l'aspect comédie je dirais. La plupart des comédies musicales modernes se prennent franchement au sérieux, peut-être trop, et oublient ce côté décalé. Qui est pourtant tellement agréable. On ne va pas se mentir, ça n'a rien de naturel de voir deux personnages s'arrêter au milieu d'une conversation normale et se mettre à chanter ! Mais amené avec de l'humour et du second degré, ça passe tout de suite mieux. Quelques blagues sont un peu faciles (genre celle sur les gluten-free) mais jamais de mauvais gout ou lourdingue, donc ça fonctionne quand même.

L'ambiance est renforcée, je pense, par la réalisation soignée. On a pas mal de plan-séquences, ou quasi plan-séquences, qui donnent un aspect très travaillé au film. Et aussi de la personnalité, du cachet, on peut se dire "ça ce n'est pas un film de n'importe qui, c'est un film de Damien Chazelle". Les décors, paysages, costumes sont très colorés et très jolis à regarder. Les chorégraphies sont sympas (j'y connais rien en danse, donc je ne m'aventurerais pas dans des explications plus techniques sur ce point). Plein de références à d'autres comédies musicales se sont aussi glissées dans le film, sous la forme de scènes très similaires à celles qu'on peut voit ailleurs, mais sans jamais faire "copier/coller". On a réussi à personnaliser chacune de ces références, ce que je trouve très agréable.

Puis forcément, les musiques participent à l'ambiance. J'ai vraiment aimé leur style, leur énergie, leurs paroles collant aux situations. C'est le genre de film dont on a envie d'acheter la BO juste après l'avoir vu. Sincèrement.

Mon seul regret sur ce point, c'est peut-être un manque de mélodies différentes. J'ai eu le sentiment qu'on rejouait toujours le même air, la même chanson. Après... C'est aussi ça qui donne un fil rouge au film et rend sa mélodie catchy. Donc je suis partagée. Ça peut être vu comme un point positif également.

En tant que fan de comédie musicale, j'aurais aimé plus de scènes chantées. Mais pour plaire au plus grand nombre, c'est mieux que le film soit ainsi, finalement 'normalisé'. Par moment, je trouve qu'on oublie cet aspect, et qu'on a l'impression de voir un simple film musical, qui parle d'un musicien, de son groupe, de ses rêves de club de jazz, etc... Donc là aussi, remarque qui peut facilement être vue comme un point positif, ça dépend de votre rapport à la comédie musicale.

Je termine cette critique sur les acteurs, qui sont vraiment très très très très sympathiques. Le duo Emma Stone/Ryan Gosling fonctionnait dans d'autres films, fonctionne dans celui-ci et fonctionnera encore dans d'autres films, je l'espère. C'est rare les binômes qu'on retrouve comme ça dans plusieurs films, mais bon, c'est la preuve en soit que ça marche, que le courant passe entre eux, et qu'ils sont réjouissants à voir.

Je crois quand même avoir préféré Emma à Ryan. Ce n'est pas forcément une question de jeu en soi, c'est plus une question de réalisation. Je trouve qu'on met vraiment l'accent sur elle. Du fait qu'elle joue une actrice, on la voit passer des castings qui sont tous filmés en gros plan sur son visage : le meilleur moyen de briller. Tu ne peux pas tricher quand t'es filmé comme ça, tu sais jouer ou tu ne sais pas. Et Emma sait définitivement jouer, c'est une évidence.
Ryan est, lui, plutôt filmé de loin, à la limite, on met plus en valeur ses talents de musicien que d'acteur. Il joue malgré tout bien, mais c'est moins "évident" de s'en rendre compte. Après j'ai vu le film en VF, because pas le choix, et son doubleur ne me semble pas être l'acteur le plus doué au monde. Ça rend surement mieux en VO.

Oscar/pas Oscar pour eux ? Je pense qu'Emma peut l'avoir. Elle le mériterait en tout cas. Après si elle l'a pas, tant pis, elle a déjà la coupe Volpi pour ce rôle, et c'est à mon sens un prix d'interprétation 100 000 fois plus fiable que l'Oscar :P
Ryan je suis moins convaincue. A mon sens, il est mémorable et "primable", pas parce qu'il joue incroyablement bien, mais parce qu'il a une performance complète : il joue, il chante, il danse et il fait de la musique. Et autant pour les Golden Globes qui séparent les films dramatiques des comédies, sa victoire me semble parfaitement légitime, autant pour les Oscars qui ne font cette distinction.... Je ne suis pas certaine qui tienne la comparaison avec des acteurs de rôles purement dramatiques et nécessairement plus forts.

Il n'y a pas vraiment de seconds rôles dans ce film, qui tourne surtout autour de son duo d'acteurs principaux. On signalera la présente de J.K. Simmons, mais ça se rapproche plus du caméo qu'autre chose. John Legend marque malgré tout le film à sa façon. Ce n'est pas un acteur, et j'ai envie de dire que ça se voit quand même un peu, mais il joue un musicien, et ça, ça le rend crédible, et on se dit finalement pourquoi pas.
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Star Wars Anthology : Rogue One
date : 24-01
Je trouve que ce film souffre du syndrome "x-men origins : Wolverine". A savoir qu'on a un film indéniablement bien foutu, bien réalisé, avec un scénario correct, de bons effets spéciaux
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(on fait même revivre les morts, Peter Cushing et Carrie Fisher, c'est quand même beau la technologie)[/spoiler], une bonne BO, et tout le toutim. Mais une fois qu'on arrive à la fin, on se dit juste "mais pourquoi on nous a raconté cette histoire ? Elle apporte quoi à la saga principale ?" Bah euh... Pas grand chose. Ne vous attendez pas a des révélations particulières, il n'y en aura aucune.

Je ne suis pas fermée à l'idée de faire des spin-off à Star Wars, au contraire, il y en a même que j'adorerais voir. Par exemple, ce qu'à foutu Obi-Wan entre l'épisode 3 et 4, pour le coup je trouve qu'il y a vraiment une aura de mystère autour de cette histoire. Il y a milles et une façons d'expliquer comment il a pu maitriser la force au point d'en devenir presque immortel. Ou encore Boba Fett, qui n'a pas envie d'en savoir plus sur lui ?
Mais comment on a volé les plans de la death star, pour pouvoir la détruire dans l'épisode 4... Même si on ne nous l'avait jamais raconté dans la saga principale, on se doutait qu'à un moment ou à un autre, des gars sont allés les voler sur la planète ennemie où ils se trouvent, en faisant tout péter au passage ! Pour moi il n'y avait pas de mystère et pas d'envie particulière de connaitre cet élément de l'intrigue. Il y a tellement d'autres choses que je trouvais intéressantes à expliquer avant d'arriver à ça, que je trouve qu'on a fait un très mauvais choix de départ.

En revanche, comme je l'ai déjà dis, j'ai su apprécier la qualité technique du film. J'ai aussi trouvé osé, mais dans le bon sens du terme, d'avoir fait un film si éloigné de la saga principale. On n'est pas du tout dans la distraction. On a un vrai film de guerre, sombre, voire pesant. Je crois qu'il n'y a pas une blagounette de tout le film.
Bon voila quoi, on ne va pas de mentir, Star Wars c'est un peu comme les Marvel, c'est une saga blockbuster "con-con" par excellence (je dis ça en toute amitié). Ses fans ne sont a priori pas les plus demandeurs de ce genre d'intrigue sérieuse. Ça aurait pu être un plantage le plus total de partir dans cette direction, donc. Et pourtant, ça marche. On se sent pas trahit par cette rupture de style.
De plus, on n'est absolument pas dans la nostalgie des autres films Star Wars, comme pouvait l'être l'épisode 7. Les références directes à la saga principale sont quasi inexistantes, on en a juste 2-3 vers la fin, dont une, la toute dernière, assez inévitable je pense. Ça crée donc un ensemble de bon gout.
Et en même temps, l'ambiance y est. On n'a pas besoin de marteler les choses, on sait qu'on est dans un Star Wars. Plutôt ambiance saga originale que prélogie, avec sa débauche d'effet spéciaux inutile. Ici on n'est jamais dans l'excès, ça aussi, c'est de bon gout.

Le film souffre de quelques longueurs et défauts d'écriture. Le début est absolument incompréhensible. La première scène nous fait directement plonger dans l'histoire, sans intro. On enchaine les scènes très courtes qui nous balancent n'importe comment les noms des personnages, des planètes, l'intrigue, les enjeux. OH ON SE CALME. On nous laisse nous poser et digérer les infos. L'épisode 1 a le même défaut d'ailleurs.
Je trouve aussi les personnages très fadasses. Je n'ai pas ressenti d'attachement ou d'émotion, ni positive ni négative, à leur égard. Ils m'ont tous laissez de marbre. Je crois bien que le droïde est le meilleur personnage du film, c'est dire que le niveau n'est pas fou. Le jedi aveugle a aussi ma sympathie, mais les deux héros, c'est une catastrophe. Et du coup, je trouve que malgré l'aspect sombre du film, il n'est pas forcément très profond ou émouvant pour autant.
[spoiler]Puis cette fin, sérieux, elle est d'un cliché ! Il manquait plus que Jyn et Cassian s'embrasse et on aurait été au même niveau que "Pompéi". C'était tellement ridicule que j'ai même pas trouvé ça triste de les voir mourir.


Côté casting, je trouve génial qu'on ait laissé leur chance à de jeunes acteurs, très peu connus pour la plupart, ou alors pas du tout habitués du cinéma américain, à l'image de Donnie Yen. Les deux stars, Forest Whitaker et Mads Mikkelsen restent, elles, dans des rôles très secondaires et ne leur font pas d'ombre. Globalement, je trouve que les acteurs donnent bien vie à leurs personnages, on se prend au jeu, on a envie d'y croire. Après, il y a pas de grand moment d'interprétation, donc on se dit pas waouh non plus. Et j'ai trouvé Felicity Jones un peu trop inexpressive par moment.

Bon je sais que ce n'est pas bien de faire ça, mais la comparaison avec la saga principale est inévitable quand même... Et je crois que c'est le film de la saga que j'ai le moins aimé. Tout simplement parce que je reste beaucoup trop sur un sentiment d'inutilité. La prélogie a des défauts grossiers, mais elle dévoile un pan entier de l'histoire qui manquait réellement à la trilogie initiale. Elle a un vrai intérêt pour la cohérence et la profondeur de l'ensemble de l'histoire.
"Rogue one" est vraiment le seul film de la saga que je trouve dispensable. Où je me dis "si on l'avait pas eu, ça serait finalement pareil". Et ça me dérange profondément.
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Premiers crus
date : 23-01
Le cinéma français dans tout ce qu'il fait de plus médiocre.

Qu'on se le dise tout suite comme ça c'est fait : ce n'est pas un grand film, ce n'est pas un film qui rentrera dans les mémoires, ce n'est pas le meilleur film de Gérard Lanvin. Le scénario est à pleurer tellement il est pauvre. TOUT, ABSOLUMENT TOUT, est prévisible. Nan mais sans dec', vous imaginiez vraiment qu'à la fin du film, ils goutent tous le vin qu'on s'est fait chier à faire depuis 1h30, et là, quelqu'un balance "putain, elle est dégueulasse ta piquette, je la prendrais même pas pour cuisiner". Sérieux ? Je ne demande pas de faire un thriller, mais au moins de nous prendre un minimum de passion pour notre terroir. Comparez avec "La Part des Anges" de Ken Loach, par exemple, qui lui a vraiment réussi à créer une intrigue originale et travaillée autour du whisky. Et le budget devait pas être particulièrement plus élevé que pour ce film, le problème vient pas de là !

Puis les personnages, on dirait que le scénariste avait qu'une idée en tête : les rendre les plus insupportables possibles. Égoïstes, têtus, râleurs, bougons, égocentriques, infidèles, rancuniers, manipulateurs, à tous se rejeter la faute les uns sur les autres pour se faire culpabiliser, le tableau est glorieux. J'ai ressentie une espèce d'atmosphère de tension entre les personnages que j'ai trouvée assez désagréable.

Sans oublier la morale de l'histoire. Le partage, c'est bien. La transmission, il y a que ça de vrai. Le retour à la terre de nos ancêtres, c'est magnifique. Tromper votre mari, c'est cool. La campagne, c'est mieux que la ville, parisiens têtes de chien, parigots têtes de veau. On peut faire du super vin sans rien y connaitre. L'eau, ça mouille. Le feu, ça brule.

Bon après, je m'emballe un peu là, je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'énerver contre ce film. Je ne vous le conseille pas, mais je ne vous le déconseille pas particulièrement non plus. Ce n'est pas un film fondamentalement désagréable à voir. Le rythme est assez bon. Il y a quelques instants comiques qui fonctionnent. La réalisation n'est pas recherchée, voire ringarde, mais il en faut peu pour mettre en valeur d'aussi beaux paysages. Il y a un joli casting. Bon, tous les acteurs ne sont pas forcément très inspirés, j'ai notamment trouvé Laura Smet tout à fait médiocre, mais globalement ça passe bien. Si on fait abstraction du scénario, on peut passer un moment sympa.

Mais c'est juste un film qui passe le temps. Qui ne marque pas du tout son spectateur et qu'on oubliera dans l'heure qui suit notre visionnage. C'est le genre de truc très bien à regarder un dimanche après-midi pluvieux, où il y a rien d'autre à faire. Ça n'aurait jamais du être diffusé dans un cinéma, ça aurait du être un banal téléfilm.

Sauf que le cinéma français (et la culture française, puisqu'il est question de vin) a une vraie identité, une vraie originalité et a tellement mieux à proposer que cette soupe insipide, que ça me désole de voir des films pareils.
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Les Tuche 2 - Le rêve Americain
date : 29-12-2016
Bon, je n'avais pas adoré le premier film, mais il m'avait quand même laissé une impression plutôt positive. Un effet "bonne surprise" : sans être le film de l'année, il était nettement meilleur que ce à quoi je pouvais m'attendre. Mais là, franchement, on aurait du s'abstenir de faire une suite. Le scénario est basé sur une mauvaise idée, c'est tout ! Dans le premier film on jouait sur les clichés du nord, on aime ou on n'aime pas, mais on comprend l'idée, et il y a de quoi faire de la vanne. Mais là on joue sur les clichés du nord de la France aux USA : ça n'a juste absolument aucun sens. On tente un mélange des clichés du nord et des clichés américains, qui ne s'accordent pas et ne s'accorderont jamais. On ne crée que des blagues lourdes, poussives et absurdes, qui n'ont pas lieu d'être, et qui ne font donc pas rire. Seul point appréciable, je continue de trouver les acteurs convaincants dans leur rôle, notamment Jean-Paul Rouve, qui est fait pour la comédie. Isabelle Nanty est plus polyvalente, et ce genre de rôle lui va très bien également.
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Ex Machina
Ex Machina réalisé par Alex Garland
date : 28-12-2016
Un film sur un thème intéressant, mais malheureusement pas le premier et probablement pas le dernier sur ce sujet. Du coup la comparaison est ridiculement facile ! Et c'est ni le meilleur film, ni le plus distrayant, sur les intelligences artificielles. Tout simplement parce qu'il traite finalement assez peu du sujet. La fin du film est intéressante, pose les bonnes questions et arrive à nous troubler. Mais avant ça : bof bof bof. Les moments les plus intéressants, à savoir les confrontations avec le robot, Ava, sont finalement très rares, et perdues au milieu de scènes assez banales et trop bavardes, dans le reste de la maison de Nathan. Par moment, j'avais franchement l'impression de regarder un film sur un pervers sexuel alcoolique qui discute avec son psy, pas un film de SF quoi...

Et encore, même à la fin, si les questions sont pertinentes, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. On ressasse encore et toujours la même rengaine aussi vieille que le genre SF lui-même. Je rejoins pas mal d'autres personnes qui ont commenté le film avant moi : on reste sur sa faim, sur une impression de pas assez et de peu mieux faire. C'est vraiment dommage, parce que le film était prometteur, et aurait pu laisser une bien meilleure impression. Il avait des pistes pour moderniser le sujet et le rendre innovant, notamment avec la question de la sexualisation des robots, qui donne presque un coté féministe au film. Mais ça reste de simples pistes, qui ne présentent jamais un traitement convenable.

Il y a également quelque chose qui m'a gêné dans la réalisation. Ce film use et abuse d'absolument tous les codes du film d'horreur. On est isolé dans une maison au milieu de nulle part, on a un personnage déboussolé car évoluant dans un environnement qui lui est inconnu, on a un personnage déstabilisant qui pourrait facilement se transformer en prédateur, chacun est observé par celui qu'il observe, on a une musique angoissante, on a même une scène un peu sanguinolente. Il y a une tension indéniable, qui crée une forme de malaise et d'angoisse chez le spectateur. Et pendant tout le film, j'ai attendu que cette angoisse aboutisse sur quelque chose de concret, un malheur, une catastrophe, une scène de violence, un retournement de situation de dingue, je ne sais même pas précisément ce que j'attendais, mais quelque chose qui créée une rupture... Et ça n'arrive pas. Le film est cousu de fil blanc, parfaitement linéaire, à part dans ses 5 dernières minutes, il ne propose rien de surprenant. Ça a donc renforcé mon impression de film mou, qui tourne autour du pot au lieu de créer une véritable réflexion sur les robots humanoïdes. Et en plus de ça, ce malaise au visionnage fini par devenir désagréable. Ce n'est pas le "bon stress" qu'on ressent normalement devant un film d'horreur ou un thriller.

Bon après la réalisation présente aussi des gros points positifs, comme le tournage dans un cadre absolument magnifique, des décors de très bonne qualité, un jeu de lumière intéressant. Puis les effets numériques pour créer le corps d'Ava sont assez dingues également. Et tout ça, en faisant preuve d'une grande sobriété. C'est ça le plus génial pour moi, parce qu'il est très simple de bluffer avec une débauche de moyens ou d'effets spéciaux, mais le film ne joue pas du tout la dessus, il se veut vraiment réaliste, et c'est ce qui le rend troublant.

La direction d'acteurs est plutôt bonne. Je ne suis pas très fan d'Alicia Vikander, et trouve qu'on s'emballe un peu sans raison autour d'elle en ce moment. Mais elle s'en tire bien dans ce film. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'elle ne joue pas comme à son habitude, et interprète, par là même, réellement un robot. Sa posture et sa façon de se tenir, très "rigide", créent une illusion réaliste. Après, si je prends juste les expressions de son visage, j'ai rien vu qui sort de l'ordinaire, elle est même assez glaciale, l'essentiel de son travail d'actrice ne se situe pas ici. Mais c'est le rôle que fait ça, la réalisation met plus en avant son corps et sa façon de bouger, on n'a par exemple pas de gros plan sur son visage, donc pas de problème.
Domhnall Gleeson est au contraire un acteur que je trouve assez sympathique. Ce film n'est pas forcément son rôle avec le travail d'interprétation le plus poussé, mais je trouve qu'il crée un personnage très attachant, pour lequel on a une grande empathie. Il nous embarque avec lui, et on arrive parfaitement à s'imaginer à sa place. Par contre, son accent, même adoucit, est définitivement celui d'un irlandais. Il n'est donc pas crédible dans ce rôle d'américain. Puis bon, il aurait suffit de changer une ligne de dialogue ! Dire qu'il est né en Irlande et a déménagé aux USA pour son travail, et voila, fin du débat. Mais non, sans gène, on lui fait dire qu'il est un américain pur jus. Quand on n'a pas de problème, on s'en créer quoi.
Oscar Isaac est lui aussi un acteur que j'apprécie, mais je n'ai pas vraiment aimé son rôle, qui là encore, n'est pas un rôle à interprétation. Je pense qu'on aurait dû mieux exploiter ce qui ressemble à de la folie chez Nathan. On en tout cas, un certain mal-être face à sa propre création. Au lui de ça, on lui fait jouer tout le temps le même type de scène : le mec bourré et le mec qui fait du sport, waouh. Même s'il le fait bien, ce n'est pas du tout dans ce rôle qu'il m'aura le plus marqué, malgré sa scène de danse qui a un peu fait parler d'elle.

En bref, je trouve quand même pas mal de défauts à ce film, à commencer par son thème trop revu, et son rythme mollasson. Mais il y a néanmoins quelque chose de charmant dans cette œuvre, au niveau des personnages, de leurs interprètes et de la mise en scène, qui fait que ça ne se regarde pas non plus avec déplaisir. Ça reste un film "d'auteur", dans le sens où il y a un vrai scénariste derrière et, clairement, de l'ambition et beaucoup de travail engagé. Ce n'est pas suffisant pour me séduire à 100%, mais suffisant pour reconnaitre que pour un premier film, c'est quand même super prometteur pour la suite.
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Carol
Carol réalisé par Todd Haynes
date : 13-12-2016
Je vais pas avoir grand chose à dire sur ce film, à part qu'il est très joli et touchant. Techniquement irréprochable, avec un univers visuel très plaisant, qui nous replonge complètement dans le passé, une réalisation agréable, et une de ces direction d'acteur de dingue. Mais sans rire, Cate Blanchett et Rooney Mara sont extraordinaires, superbes dans tous les sens du terme, elles mettent tellement d'émotion dans leurs interprétations, on y croit complètement.

J'ai beaucoup aimé la façon dont la relation amoureuse entre les deux femmes était montrée à l'écran. On montre juste de l'amour, des sentiments, de la passion. Pas de voyeurisme. Pas d'étalage de chair malsain à façon de "La Vie d'Adèle". Pas de mièvrerie à la façon de 99% des romances américaines. La relation est assez platonique, tout en délicatesse, en sous-entendu, en non-dit. Tout ou presque passe par de la communication non-verbale, un jeu de regards notamment. Et comme les actrices sont parfaites, ça fonctionne sans mal.

Mon seul regret sera que le film n'a pas grand chose d'autre à offrir que son idée de départ. Une relation homosexuelle dans les années 50, avec ce que ça implique comme impossibilité à être assumée. Il peut du coup paraitre un peu longuet, notamment dans sa première moitié où Carol et Therese se découvrent, et où il ne se passe concrètement rien. Et je ne pense pas non plus que ce soit un film qui présente beaucoup d'intérêt à être revu. Mais malgré ces réserves, ça reste pour moi le meilleur film, et de loin, de Todd Haynes.

Ça m'a un peu rappelé le film "La Rumeur" de William Wyler, avec Audrey Hepburn
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Jane Got a Gun
date : 12-12-2016
Film assez ennuyant, et pas forcément mal fait, mais qui sonne trop souvent faux, du coup on y croit qu'à moitié.

Déjà, pour moi, Natalie Portman n'a pas grand chose à faire dans ce film. C'est con à dire, mais elle est "trop jolie" pour le rôle. Trop mignonne, trop parfaite, trop mince, trop petite, avec l'air trop gentil. Il suffit pas de peu la maquiller, de lui donner un pistolet et un chapeau de cow-boy pour faire d'elle quelqu'un de bad-ass, elle a encore et toujours l'air de sortir du pub pour parfum de luxe.
Et c'est dommage, parce que je pense que c'est une idée très intéressante de faire un western avec un personnage principal féminin. Mais là, erreur de casting pour moi. Une Jennifer Jason Leigh dans "les Huit Salopards" me semble être un choix 1000 fois plus pertinent, par exemple.

De plus, l'histoire est trop linéaire et sans surprise. On sait un peu comment à ça va finir dès le départ. On enchaine aussi des clichés assez monstrueux, comme l'éternel triangle amoureux à la noix rappelé par des flashbacks plus mièvres tu meurs.

Le méchant joué par Ewan McGregor, ça aurait pu le faire. Parce que c'est un bon acteur, et qu'il a rarement eu l'occasion de jouer ce genre de rôle. Mais sans rire, avec la gueule qu'on lui a fait dans ce film, pas possible de le prendre au sérieux. Entre la coloration qui ne lui va absolument et BON DIEU CETTE MOUSTACHE, c'est juste pas possible. On dirait un mauvais déguisement de mexicain dans un late show, uniquement fait pour amuser la galerie.

La réalisation reste correcte. Elle sort pas du lot, mais elle reste efficace.
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Les Animaux Fantastiques
date : 08-12-2016
Le film est dans l'ensemble agréable à regarder et distrayant. Néanmoins pas sans défauts.

Disons le clairement, quand on fait un film dérivé de Harry Potter, on sait à l'avance que ça va faire des millions d'entrées, peu importe le contenu. On peut donc être tenté de ne vraiment pas se fouler, avec un service minimum au niveau d'à peu près tout (scénario, réalisation, casting,...). Je dirais donc que le gros point positif du film, c'est qu'il ne soit pas dans ce fan service sans âme.

Pendant mon visionnage j'ai pensé à Star Wars 7, qui pour le coup était complètement dans la nostalgie des anciens films au point de nous ressortir le même scénario... Ici pas du tout, parce qu'on a eu la bonne idée de ne pas faire une suite ou un préquelle direct, mais juste un film dans le même univers. On a vraiment un scénario original, qui conserve les marqueurs forts de HP (par exemple un ministère de la magie) mais on pourrait quand même regarder le film indépendamment de la saga de base. Il suffit d'avoir quelques connaissances VRAIMENT basiques sur la saga, par exemple le fait qu'il y ait des magiciens à baguettes, et voila, on peut voir ce film.

Aussi, l'ambiance est complètement différente de la saga de base, ce qui est surprenant mais agréable. On change complètement le cadre. On a pas l'atmosphère feutrée ou de huis-clos du château de Poudlard, l'univers est au contraire ouvert, puisqu'on se balade dans tout New-York.

Et du coup, je regrette qu'on ne soit pas allé au bout cette idée, et qu'on nous case quand même quelques références justes complètement grossières à HP. C'est bon, on s'en doutait que Newt (oui, Newt Scamander, parce que "Norbert Dragonneau", c'est pas possible) était étudiant à Poudlard, on s'en doute qu'il a eu Dumbeldore comme prof. Pas la peine de nous le rappeler avec une lourdeur et une grâce d'éléphant dans un magasin de porcelaine. C'est pas du tout l'objet du film, et ce n'est pas du tout naturel de nous en parler.


Après, le scénario reste basique. Mais efficace. On a fait un film de 2h sur un gars qui cherche des animaux qu'il a perdu dans New-York : on ne va pas se mentir, sur le papier ce n'est pas l'enjeu le plus palpitant qui soit. Il y a aussi certaines péripéties du film qu'on voyait venir à 3 kilomètres. Mais juste c'est un beau SPECTACLE. Les animaux c'est un truc qui marche sur tout le monde, on aime les regarder. Si c'est en plus des animaux magiques, c'est super méga cool. La très bonne réalisation technique ainsi que quelques gages bien placés, terminent de créer un film résolument familial, qui plait aussi bien aux enfants qu'aux adultes qui les accompagne.

Il y a aussi une intrigue un peu plus profonde, pas clairement annoncé dans le synopsis du film ou dans la bande-annonce, donc je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, pour pas spoiler. Cette intrigue n'apporte pas la noirceur et le drame des derniers films HP, en comparaison "les Animaux Fantastiques" fait vraiment film léger. Mais ça amène quand même des enjeux un peu plus sérieux. Ça vient nous rappeler qu'on n'est pas juste dans le registre comique, et a priori, comme pour la saga HP, si le premier film est super gentillet, il y a de quoi noircir franchement le tableau dans la suite.

J'aurai néanmoins apprécié que cette intrigue sérieuse prenne plus d'espace à l'écran, pour donner de la complexité à l'ensemble, rendre le problème moins binaire (méchants/gentils). Et peut-être aussi plus compréhensible, car je l'ai trouvé confuse par moment. J'ai l'impression que JK Rowling (scénariste et non auteur cette fois) a oublié qu'on n'était pas tous des fans hardcore de la saga. Qu'on s'est pas tous relu l'intégralité des livres avant de venir. Car elle use parfois de sous-entendus tellement subtils qu'ils manquent un peu leur but, je trouve.
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Notamment, on voit passer un collier des reliques de la mort à un moment. Ma première réaction a été "hein ?!! mais c'est le dernier film Harry Potter ça, qu'est ce que ça fout là ?". Il a fallu que je fasse un tour sur harrypotter.wikia.com pour me souvenir qu'avant d'être le symbole clé des derniers films, c'était un symbole utilisé par Grindelwald. Et là, ça devient logique, puisque Grindelwald qui a une place très importante à la fin du film. Voir apparaitre ce symbole devait donc à la fois nous donner un indice sur la vraie identité du personnage joué par Colin Farrell, et surtout nous rappeler qui est Grindelwald et sa réputation de sorcier super-dangereux-de-la-mort-qui-tue, et donc nous donner envie de voir la suite. Un peu raté pour moi.[/spoiler]
L'autre regret que je peux avoir, c'est qu'on aborde le thème de la différence magiciens/non-magiciens, et d'une possible guerre entre les deux. Le sujet est en soit intéressant, mais son traitement fait tellement... "Magnéto". Sans rire, les remarques des personnages à ce sujet, vous replacez "magiciens" par "mutants" c'est bon, vous êtes dans X-Men. On aurait pu essayer d'orienter le débat sur un autre terrain, que le parallèle ne soit pas aussi simple à faire.


J'ai été déçue des personnages. Aucun des principaux ne m'a vraiment emballé. Ils me donnent pas envie de les redécouvrir pour de nouvelles aventures, comme notre trio des films HP nous en a donné l'envie dès le premier film. Newt est trop naïf... Touchant par moment, mais il n'a pas une personnalité assez forte pour qu'on s'y attache vraiment. Eddie Redmayne est un bon acteur, mais je ne suis pas sûre que ce soit dans ce genre de film qu'il exprime le mieux son talent. Néanmoins, c'est une performance en soit de jouer "tout seul" puisque les animaux ne sont pas réels. Tina ne dégage strictement aucune sympathie, c'est un personnage froid, un peu hautain même. Bref, je ne l'ai pas aimé. Je ne connaissais pas l'actrice qui l'interprète. Elle fait le job, sans plus. Jacob est le sidekick de service : le personnage idiot qui fait des blagues idiotes, que le personnage principal ne peut pas faire, sinon il se ridiculiserait complètement. Dan Fogler est néanmoins sympathique dans ce rôle. Queenie est un cliché ambulant, mais son pouvoir est marrant et apporte un truc nouveau à la saga (sauf erreur de ma part, on n'avait pas vu de personnage avec ce pouvoir avant). Puis j'ai trouvé l'actrice qui l'interprète, qui est pourtant une chanteuse à la base, était la plus convaincante du film. Elle interprète vraiment son personnage, en a compris son caractère et l'image qu'elle devait renvoyer.

Les personnages secondaires sont secondaires. Percival Graves est insaisissable et sans réelle personnalité, dans une scène il a l'air sympa, dans une autre il a l'air méchant, on le modèle selon le besoin du moment. Mais Colin Farrell joue bien les deux aspects des choses, donc pourquoi pas. [spoiler]Coucou Johnny Depp, c'est sympa de passer comme ça. Tu as gardé ton affreuse teinture de l'affreux "Mordecai" pour tromper l'ennemie et qu'on ne devine pas que tu avais un rôle dans le film ? Petit chenapan. Plus sérieusement, je crois que j'aurai fait l'inverse. C'est à dire Johnny Depp dans le rôle de Colin Farrell. Parce que Johnny est plus connu, il aurait été une tête d'affiche plus vendeuse pour le premier film de la saga. Et Colin lui passerait juste en coup de vent, mais suffisamment longtemps pour se "présenter" au public, et apparaitre sans problème dans les films suivants. Au lieu de ça, j'étais d'abord contente de voir une nouvelle tête dans les grosses franchises du genre, et j'ai fini en me disant "quoi ENCORE une saga avec Johnny Depp ?! Faudrait qu'il fasse autre chose de sa carrière à un moment". En toute amitié, c'est un acteur que je serais quand même contente de retrouver dans les films suivants.

Creedence est transparent et a l'air de souffrir d'un retard mental qui le rend assez ennuyant. Par contre, Ezra Miller est très convainquant dans ce rôle. Les autres personnages, on s'en fiche.


Sur les aspects techniques, la réalisation tient franchement la route. David Yates est un habitué de la maison avec 4 films HP a son actif. Il réalise "Les Animaux fantastiques" dans leur continuité, on sent le même style, la même façon de filmer les acteurs, une photographie et une luminosité similaire. Bref, carton plein. Les effets visuels sont bons et crédibles. Les décors sont géniaux, on se croit vraiment dans des rues de New-York. Seul problème pour moi : MAIS POURQUOI ON A CHANGER LE COMPOSITEUR ?!! John Williams puis Alexandre Desplat avait quand même crée des thèmes musicaux ultra-mémorables pour HP, j'aurais aimé la même force et le même impact ici. A la place James Newton Howard nous a sorti une BO à la Dark Knight, vraiment fade et sans relief.
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The Lobster
date : 08-12-2016
Mon avis est peut-être un peu à contre-courant des autres, mais personnellement, j'ai beaucoup aimé l'intégralité du film. Je ne pense pas qu'il y ait une première partie intéressante et une seconde partie sans queue ni tête. Il y a certes vers le milieu du film une rupture (la sortie de l'hôtel) qui fait que la première et la seconde partie sont assez différentes, l'une est centrée sur l'enfermement, l'autre sur l'ouverture sur le monde. Mais à part ça, je trouve qu'il y a une continuité, que l'une est la suite logique de l'autre, prolongeant naturellement la réflexion de l'auteur. Il n'y a que comme ça qu'il peut aller au bout de sa réflexion.

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On présente au départ ce système nous obligeant à être en couple, au risque d'être transformé en animal à la fin de notre séjour, comme totalement absurde et choquant. Les Solitaires sont eux, d'abord présentés comme les victimes. C'est les "gentils" auxquels le spectateur s'identifie, en pensant naïvement qu'ils doivent alors vivres comme nous, chacun fait ce qu'il veut. Sauf qu'on ne sait en fait rien d'eux, c'est juste des suppositions du spectateur. Et quand on découvre que, par contestation, ils ont finalement un mode de vie tout aussi codifié, voire pire, que les pro-couples, c'est seulement à ce moment là qu'on prend conscience de toute l'absurdité l'ensemble du monde dans lequel on est plongé. C'est seulement là que la dimension dystopique (non, ce n'est pas un gros mot réservé aux films pour ados) du film apparait et prend toute son ampleur.
Je pense que le film n'aurait pas du tout eu le même poids si on était "resté dans la première partie". Parce que dans ce cas là, il y a encore un espoir. Si le personnage principal n'est pas satisfait des règles qui lui sont imposées, il a la possibilité de fuir pour vivre d'une façon qui lui conviendrait mieux. C'est risqué, mais c'est un mal pour un bien en quelque sorte, il y a bien d'autres Solitaires qui le font. Or avec la seconde partie, il n'y a plus d'espoir. Quelque soit le camp, David n'est pas satisfait de sa façon de vivre, et se retrouve obligé de mentir.
Mais pour moi le summum du truc arrive vraiment avec la fin. Quand David se décide à retourner chez en ville avec la femme qu'il aime sincèrement. Mais pour cela il doit avoir un point commun avec elle. Et il est incapable d'accepter ce que ça implique : se rendre aveugle. Bref, triple impasse pour le personnage, c'est un drame assez terrible je trouve. Psychologiquement, ce film fait vraiment très fort sur ce point. [/spoiler]

Donc bon, l'intrigue dans son intégralité m'a séduite. Les personnages m'ont eux touché. Même les secondaires, on arrive à comprendre leur façon d'agir. Que ce soit John qui est prêt à mentir toute sa vie pour ne pas être transformé en animal. Que ce soit cette fille qui se met à détester sa meilleure amie parce qu'elle s'en sort et pas elle. Que ce soit cette femme qui préfère mourir plutôt que de devenir un animal. Pour moi, ils sont tous profonds, ils vont tous au bout de leurs psychologies. Mais j'ai surtout apprécié, bien évidement, le personnage principal, David. C'est le seul qui prend du recule sur le monde où il vit, il en ressent parfaitement son absurdité. C'est lui qui pense le plus comme le spectateur, et donc l'empathie se fait naturellement. [spoiler]J'ai aussi beaucoup aimé le couple qu'il forme avec "la femme myope" jouée par Rachel Weisz. Car c'est le seul couple qui s'aime réellement qu'on voit dans tout le film. Je les ai vraiment trouvés très touchants pour cette raison. Les scènes où ils marchent bras dessus bras dessous, où ils dansent sur le même rythme, leur langage codé, etc... J'ai vraiment trouvé ça très mignon sans être mièvre.


J'ai tout autant aimé l'ambiance du film. Souvent loufoque, voire même drôle, mais à d'autres moments totalement glaçante. On passe par une large palette d'émotions. Le tout est renforcé par la réalisation, qui est très soignée. Rien qu'avec la musique on est capable de sentir les changements d'ambiance ! Tous les éléments visuels et la photographie sont assez marquants. Les paysages irlandais sont magnifiques. Le rythme est un peu lent, c'est bien le seul défaut que je trouve au film, mais en même temps je pense que ça participe à la mise en place de l'ambiance. Donc bon, ça passe quand même.

La direction d'acteur est très originale. On sent qu'on a demandé aux acteurs de jouer d'une façon particulière, assez "robotique". Souvent en position immobile, avec juste les expressions du visage pour s'exprimer. Et quand ils bougent, on sent que chaque geste est pensé, il n'y a pas de place pour l'improvisation. Ça donne un coté burlesque, qui renforce encore l'ambiance et l'absurdité du film.
Je pense que c'est l'un des plus beaux rôles, voire même LE plus beau rôle, de Colin Farrell. Il n'y a pas beaucoup de film (je dirais même qu'il n'y a que "Le rêve de Cassandre") où il a eu l'occasion de proposer un jeu de cette finesse. Il est ultra touchant dans certaines scènes. Mais en fait, tous les acteurs du film sont bien mis en valeur. Là encore, même les seconds rôles ont de l'importance. Ariane Labed, par exemple, m'a semblé lumineuse, elle a pourtant un tout petit rôle. Bon après j'ai toujours du mal avec Léa Seydoux, c'est définitivement pas une actrice que j'apprécie, mais son coté froid s'adapte bien à son personnage, donc pourquoi pas.

Pour faire court, j'ai tout aimé, sauf peut-être le rythme un poil trop lent. Ce film m'a rappelé la littérature de l'absurde. Tout dans ce film est bizarre et illogique de prime abord. On n'a jamais de vraies explications sur le pourquoi du comment. Les 3/4 des personnages n'ont même pas de nom. Sauf que si on y réfléchit 2 minutes, on joue sur deux tableaux. A la fois le drame personnel du personnage qui est assez évident : son incapacité à trouver l'amour dans ces conditions, l'incapacité de vivre comme il l'entend. Mais aussi sur une critique plus large de notre monde, car oui, on est un peu comme les personnages du film. Qui a jamais traité une irréductible célibataire de vieille fille ou s'est demandé ce qui peut bien clocher chez elle/lui pour qu'il soit encore célibataire ? Le célibat de long date et/ou volontaire est loin d'être quelque chose de communément admis. Sans oublier cette absurdité du "qui se ressemble s'assemble" il faut de la rationalité dans la formation d'un couple, il faut le même age, le même milieu social, la même religion, les mêmes passions, le même niveau d'étude. Ce film pousse juste la logique à l'extrême. Tout ça m'a rappelé cette littérature de l'absurde, les œuvres de Beckett, Kafka, Camus et co. Vu leur renommé, c'est un sacré compliment que je fais là à l'auteur de ce film.
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La tête haute
date : 23-10-2016
J'ai longuement hésité entre la liste bronze et argent. Liste argent parce que c'est globalement un bon film, sur un thème pas facile, comme on en voit assez rarement au cinéma français. Liste bronze parce que j'ai quand même vu des points négatifs et j'ai eu des déceptions. Finalement la liste bronze l'emporte, principalement parce que j'ai trouvé la seconde moitié du film plutôt faiblarde, et surtout, la fin complètement ratée. Elle me laisse vraiment un gout amer, mais j'y reviendrais plus tard.

Commençons par le début : les premières scènes du film sont magistrales. Le ton est de suite donné, on plonge instantanément dans l'histoire, dans la vie de Malony et de sa famille. Chacune des premières scènes provoque une émotion forte chez le spectateur, et surtout des émotions contradictoires. D'abord Malony nous attriste, ensuite il nous donne le sourire, puis après il nous agace, on peut le trouver pathétique par moment, et à d'autre on espère sincèrement qu'il va s'en sortir. La palette d'émotion est vraiment très très très large. Je ne crois pas avoir d'autres exemples de personnages de film qui ont provoqué cela chez moi.

La première moitié du film s'inscrit dans cette continuité. On a un peu la même construction et ambiance que dans "Polisse" de Maiwenn, mais déjà avec Bercot à l'écriture du scénario. Je trouve que leurs cinémas se ressemblent et on comprend facilement comment elles peuvent s'entendre pour travailler ensemble. En plus du thème similaire de la protection des mineurs, on retrouve un montage assez nerveux, avec des scènes qui s'enchainent, sans forcément de transition entre elles. Par contre, à la différence de Polisse, il y a un nombre très réduit de personnage et une chronologie est quand même clairement dessinée, c'est agréable de voir Malony évoluer sous nos yeux. Les émotions continuent de s'entrechoquer en permanence. Le très bon casting termine de nous convaincre. Catherine Deneuve est royale dans son rôle de juge, je l'y ai trouvé extrêmement crédible, imperturbable en surface, et par moment, le masque de juge tombe et l'humain réapparait, elle fait ressortir une fragilité qui la rend ultra touchante. Sara Forestier a parfaitement su mettre son énergie assez débordante au service de son personnage. Benoit Magimel se donne un coté très froid, solide, qui colle parfaitement à son personnage. Eh puis bien sûr, Rod Paradot, la révélation du film, qui est vraiment solaire. Un talent brut comme on en découvre que trop peu souvent.

Puis arrive la seconde moitié, et là, c'est le drame. Autant la première partie était d'une grande justesse, autant dans la seconde, on enchaine les clichés. Tout m'a semblé prévisible et les personnages sont parfois à la limite de la caricature. Bref : les ficelles scénaristiques deviennent grossières.
Spoiler(cliquez pour révéler)
Allez en vrac : l'amourette totalement improbable (entre nous, leur première relation sexuelle est à la limite du viol, je dis ça, je dis rien) ; la fille qui fini enceinte ; le coup de l'avortement ; l'accident de voiture ; le passage en prison ; l'éducateur qui s'identifie au gamin dont il s'occupe, parce que bien sur qu'il est lui même un ancien délinquant ; le grand débat du café du commerce "est-ce que les blancs sont mieux traité que les noirs par la justice ?" ; etc. J'avais tout deviné.[/spoiler] Il y a également quelques répétitions qui deviennent désagréables : scène dans un foyer quelconque, scène de bagarre/insulte/colère, scène chez la juge, scène avec la mère. L'un dans l'autre, ça m'a donné une impression de film trop long, dont on décroche par moment. Je pense qu'il aurait été mieux avec 30 minutes de moins.

Et comme on accroche moins à l'histoire, on fait plus attention aux détails. On se rend notamment compte que la réalisation est certes brute et naturelle, mais aussi assez limitée. Une caméra parfois trop gigotante, des cadrages parfois hasardeux, des personnages filmés de trop près, aucun jeu sur la lumière, une BO nulle : toutes les musiques utilisées sont des clichés ambulants, des décors parfois cheapouille, des dialogues parfois limités : je comprends bien que le langage "urbain" fasse partie du personnage, mais bon, on pourrait au moins éviter le débit de gros mots permanent. Bref, ça prend plus vraiment, on finit là encore a avoir hâte que le film arrive à sa conclusion.

Mais le pompon, pour moi, arrive vraiment avec cette conclusion tant attendu et si décevante. Et je vois dans les commentaires que je suis pas la seule a avoir été dérangée par cela. ça à tendance à me rassurer, c'est pas moi qui ait mal compris les choses, il y a bien un truc qui cloche avec cette fin.
[spoiler]Pendant le film, on répète 100 fois que c'est à Malony de s'en sortir, de se créer un projet de vie, de se trouver un emploi, de se trouver un logement, etc... Et au final, il ne se créer absolue pas ce projet. Il fait juste un gosse, et à partir de là pouette-pouette gazou gazou, il est trop mignon ce bébé, c'est dingue comment t'as changé en 10 ans. Mais ils sont sérieux ? On dirait ces gens qui font un enfant pour sauver leur couple, sauf qu'en faite ça change rien, leur couple ira toujours mal.
Non, ce n'est pas le rôle d'un juge pour enfant de s'attendrir devant un bébé, son rôle c'est de protéger des mineurs, et RIEN à la fin du film ne laisse entendre que Malony et son enfant sont en sécurité. Faudrait pas oublier que c'est Sara Forestier qui joue la mère de Malony, et que cette actrice n'a pas 30 ans. Son personnage à elle-même eu un enfant très jeune, et on voit bien comment ça c'est fini...
Je ne dis pas que d'une façon générale tous les ado-parents sont des mauvais parents, je dis juste que ce n'est pas quelque chose d'anodin et qui est forcément pris en compte par les professionnels du droit et les services sociaux auxquels sont confronter les gens dans cette situation. La encore, je ne fais pas de généralité, mais dans ce cas précis on est en présence d'un mineur connu pour des faits de violence, qui a quand même un sacré pedigree, qui n'a jamais connu un environnement familial équilibré, qui connait à peine la mère de l'enfant, il n'a pas d'emploi, pas de formation, pas ce fameux projet de vie dont on parle depuis tout le film, on est dans l'incertitude la plus totale sur son avenir. Là tout de suite, je n'aurai pas vraiment envie de lui confier mon enfant quoi. On fait une ambiance de "happy end", alors qu'il y a quasiment rien d'heureux dans cette fin.
Je trouve vraiment que ça va à l'encontre de toutes les valeurs qu'on a tenté de faire passer pendant tout le reste du film. Tout le message d'espoir, toute l'illustration réussie du métier de juge pour enfant, tout vole en éclats. Je ne dis pas qu'on devrait lui retirer directe la garde de l'enfant, mais juste qu'on continue d'accompagner Malony, parce qu'il en a encore besoin. J'aurai aimé qu'on ne nous dise pas qu'un enfant est un remède miracle, mais juste un nouveau paramètre à prendre en compte, ça aurait suffit à rendre cette fin percutante et audacieuse. Au lieu de ça, elle est complètement ratée. A la limite, j'aurai préféré une fin complètement bateau où Malony trouvait un emploi ou une formation qui lui plaise vraiment, et se décide alors de se calmer et de devenir un grand garçon. C'est déjà vu, mais au moins ça peut expliquer la résolution de ses problèmes en un claquement de doigts. Un enfant, ça ne le justifie pas.
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No
No réalisé par Pablo Larraín
date : 21-09-2016
J'avais vu ce film il y a quelques temps sans arriver à me rappeler pourquoi il m'avait marqué. Je viens de le revoir, et ça m'est revenu. En un mot : vintage ! L'idée du réalisateur d'utiliser des vieilles caméras est vraiment géniale. Ça aurait pu être un effet de style prétentieux, comme peuvent l'être, à mon sens, les films en noir et blanc fait à notre époque. Mais ça ne l'ai pas, parce que le but recherché me semble assez clair, l'idée est compréhensible, c'est un choix justifié. C'est un film historique, qui se passe dans les années 80, et utiliser du matériel d'époque, avec la qualité de l'image et des couleurs qui va avec, fait qu'on s'y croit vraiment dans les années 80.

On a l'impression de voir un film de cette époque ou des images d'archive, dans tous les cas, de voir le film "au présent", et pas de voir un film des années 2000 qui parle des années 80. Par conséquent, on plonge très facilement, instantanément, dans l'ambiance. Je trouve aussi que ça crée du suspense, puisqu'on arrive à oublier que le dénouement de l'histoire est un fait historique connu. On se retrouve dans le même flou que les personnages à se dire "et maintenant, qu'est ce qui va se passer ? Qui va gagner l'élection ?", on peut être tout aussi dubitatif que les personnages devant cette campagne de pub 'rigolote' qui est proposée, on est tendu quand on voit les pressions subit par les personnages, etc... Bref, ça rend le film accrocheur. Même si le thème ne passionne pas forcément grand monde sur le papier, le film et sa réalisation ont vraiment réussi à le rendre intéressant.

Ce que j'ai aimé aussi, c'est que le film n'a gardé que les bons côtés du cinéma des années 80. On n'a pas un sentiment de film ringard ou kitch, car la mise en scène, la direction et le jeu des acteurs ou encore la musique sont résolument actuels. Le décalage avec le cinéma d'aujourd'hui n'est pas non plus énorme, ça ne fait pas un "choc" de voir ce film. Mais le peu de vintage qu'il y a fait des miracles.

Bon après faut être honnête, le film a aussi des défauts. Le scénario est quand même super court. Un gars est engagé pour faire des pubs, il réfléchit à une idée novatrice, il se bat pour l'imposer, il tourne des pubs, puis il retourne des pubs, et il tourne encore des pubs. Ah et à un moment il regarde les pubs du concurrent pour voir à quel point les siennes sont meilleures. Il y a un coté assez répétitif faut bien le dire, et les pubs en elles-mêmes occupent presque autant d'espace à l'écran que les scènes faisant avancer l'intrigue. Néanmoins, la joie voulu par le publicitaire dans ses pubs est palpable, elles sont dynamiques, amusantes, et leur énergie est transmise aux spectateurs. De plus, malgré cette construction, je pense que le contexte politique du Chili de cette époque est assez bien retranscrit. Il aurait peut-être été de meilleur gout de raccourcir le film de 10-15 minutes, mais globalement, son message passe bien quand même, sans être ennuyeux.

J'aurais aussi préféré qu'on nous en dise un peu plus sur la personnalité des personnages aussi. J'ai pas ressentie d'empathie pour le personnage principal, ni pour ses problèmes familiaux, ni pour son passé douloureux, car dans un cas comme dans l'autre, on ne nous en dis pas assez pour qu'une émotion se créer. C'est dommage, ça m'a donné le sentiment qu'il manquait quelque chose à ce film, qui est un peu impersonnel du coup. Et c'est d'autant plus frustrant que Gael Garcia Bernal est un bon acteur, il aurait parfaitement pu jouer la fragilité de son personnage si on lui avait donné la possibilité de le faire.
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Charlie Mortdecai
date : 12-09-2016
Avant sa sortie, ce film m'avait fait envie, pour son thème plutôt intéressant et surtout pour son joli casting. Puis le film est sorti, avec l'avalanche de critiques négatives qu'on lui connait, et ça m'a sérieusement refroidi. Au final, maintenant que je l'ai vu, je reconnais que la plupart de ces critiques ne sont malheureusement pas infondées, car ce film a quand même plusieurs GROS défauts. Néanmoins, dans l'ensemble, je m'attendais à pire. Ça reste très largement regardable. Si ce n'est pas un film très intellectuel, mais il n'a jamais eu la prétention de l'être. Faut le prendre pour ce qu'il est, un divertissement qui en vaut d'autres, et qui fera certainement passer un bon moment à plus d'une personne.

Ce film m'a un peu fait penser à la saga James Bond, déjà parce qu'on voyage beaucoup avec ce film, on fait un peu le tour du monde au fil de l'intrigue même. Mais aussi et surtout, du fait de la présence d'une intrigue "faussement sérieuse". Sur le papier, le scénario aurait pu faire un polar réaliste quoi. Mais dans les faits, on a choisi de traiter tout ça avec second degré et autodérision. Et donc comme dans un James Bond, on va enchainer les scènes d'enquête qui font avancer l'intrigue, des scènes d'actions qui font le spectacle, et les scènes d'humour qui divertissent. Je n'ai personnellement pas accroché à l'humour du film, pas vraiment très fin et souvent sous la ceinture. Après c'est le genre d'humour qu'on retrouve dans des dizaines et des dizaines de comédies américaines, donc pour moi le problème du film ne se situe pas là. Si ces autres comédies marchent sur vous, il n'y a pas de raison que celle-ci ne marche pas.

Pour moi, le problème, et je ne pensais vraiment pas dire ça un jour parce que c'est un acteur que j'aime, mais le problème c'est Johnny Depp. Je n'ai vraiment pas aimé sa façon d'interpréter le personnage de Mortdecai. Il propose un surjeu le plus total, il en fait des caisses, ça en devient ridicule. Sans oublier, pour ceux qui comme moi on vu le film en VO : son accent anglais absolument horrible. Tout ça fait vraiment tomber l'ensemble du film dans le grotesque. Après je ne lui jette pas forcément la pierre, c'est peut-être le réalisateur qui lui a demandé de jouer comme ça. Et s'il ne lui a pas demandé, il aurait du le corriger et lui dire de jouer normalement. Mais dans un cas comme dans l'autre, le résultat est à la limite du supportable.

J'ai pu lire dans un autre commentaire que son jeu ressemble à ce qu'il fait dans Pirates des Caraïbes, je suis à moitié d'accord. Ses mimiques rappellent Jack Sparrow par moment, c'est vrai, mais il surjoue encore 100 fois plus dans ce film quand même. De plus, Pirates des Caraïbes, c'est une saga pour enfants ! C'est quand même produit par Disney et le public initialement visé est assez jeune, et donc son léger surjeux participe au spectacle. On l'accepte et on ne le considère pas comme un défaut parce qu'on sait qu'il nous aide à nous mettre dans l'ambiance régressive et est même drôle. Mais ici ce n'est pas le cas. C'est un film au public plus large, plus adulte. Et là, jouer comme ça, ça fait tache. Et ça fait d'autant plus tache que TOUS LES AUTRES ACTEURS DU FILM jouent parfaitement normalement. Et lui il est là, au milieu, à faire ses grimaces et semble juste pas à sa place.

On ne peut même pas l'excuser en disant "il joue un personnage excentrique donc il peut surjouer", puisque tous les personnages ont une part de ridicule mais peuvent aussi être très sérieux par d'autres aspects. Les autres acteurs l'ont bien compris. Par exemple le personnage de l'inspecteur Martland est parfaitement ridicule dans son coté désespérément amoureux de la femme d'un autre. Mais à coté de ça, quand il mène l'enquête, on voit un "vrai" enquêteur, tout ce qu'il y a de plus sérieux et austère. Et rien qu'avec ses yeux, Ewan McGregor nous fait sentir la différence ! Son regard s'illumine et se fait charmeur dès qu'il aperçoit Johanna, et redevient froid et professionnel quand il enquête. Le personnage de Mortdecai suit le même schéma, puisque malgré ses excentricités, il reste un collectionneur d'art calé dans son domaine et est embarqué dans une enquête pour meurtre. Tous les acteurs font sentir la dualité de leur personnage, leurs deux facettes. Tous. Sauf Johnny Depp, qui est ridicule de A à Z. Dans toutes les scènes où son coté sérieux est censé ressortir... Bah on n'y croit pas une demi-seconde.

Et comme c'est le personnage principal... Bah on ne croit pas vraiment à l'ensemble du film non plus. En tout cas je ne me suis jamais sentie particulièrement intéressée par cette histoire de tableaux ou par la résolution de l'enquête. Quelques confusions, quelques longueurs et temps morts, ainsi que l'humour pas à mon gout auront finalement eu raison de moi, qui me suis globalement assez ennuyée devant ce film.
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Difret
Difret réalisé par Zeresenay Mehari
date : 23-08-2016
Le sujet du film est vraiment très intéressant. Au-delà du drame qui se joue, on pose beaucoup de questions sur la société éthiopienne et plus largement africaine, sur sa justice, son administration, ses traditions ancestrales parfois choquantes, sur la place des femmes, sur leur éducation etc... C'est un film indéniablement engagé pour le droit des femmes, qui fait passer un message fort, et le fait passer avec intelligence. Parce que même si c'est un film qui veut clairement dénoncer et faire évoluer les mentalités, c'est aussi un film qui donne la parole à chacun, qui laisse entendre les deux points de vu. On cherche à comprendre et à expliquer les choses, et finalement à justifier les changements nécessaires dans la société avec un argumentaire construit.

Malheureusement, je trouve qu'à force de vouloir faire passer un message, on le martèle un peu trop, au point d'en oublier le reste. C'est censé rester un film, un divertissement, qui doit nous raconter une histoire, avec des personnages auxquels on s'attache, qui doit transmettre de l'émotion. Et sur ces points, je trouve "Difret" trop faible. La narration de l'histoire, ainsi que son écriture, m'a semblé bâclé. Il n'y a par exemple pas de présentation des personnages, on plonge dans l'intrigue en même pas 2 minutes. Le déroulé de l'enquête et de la préparation du procès manque de clarté et de fluidité car il y a trop d'ellipses, trop de non-dits. De la même manière, par fausse pudeur, on élude trop le sujet même du film, le viol. Je comprends qu'on ne montre pas à l'écran l'acte en lui-même, mais en principe on s'arrange quand même pour laisser sous-entendre que ça c'est passé. Bah là non. Si je ne m'étais pas un peu renseigner sur cette histoire vraie par moi-même avant de voir le film, j'aurais appris que Hirut avait été violée bien après qu'elle se soit échappée. Question empathie et émotion, ces coupures dans l'intrigue créent un gros frein. De plus, les dialogues sont pas super bien écrits, sonnent assez creux la plupart du temps, ce qui n'arrange rien. Bref, l'intensité dramatique ne prend pas. Tous les personnages apparaissent comme distants. Malgré sa bonne intention et son thème passionnant, l'ensemble est trop froid, trop "théorique", finalement plus proche du reportage que du film, pour vraiment toucher son spectateur ; qui reste qu'un simple spectateur, et se sent finalement pas vraiment concerné par ce qu'il se passe.

Je ne suis également pas super fan de la réalisation, avec sa caméra à l'épaule trop gigotante, et qui donne carrément le mal de mer dans les "scènes d'action" qui sont illisibles. Enfin, il n'y a pas de scènes d'action à proprement dites, mais il y a des scènes rapides, qui bougent un peu quand même, par exemple la scène de l'enlèvement d'Hirut. Les cadrages sont aussi hasardeux, on ne mets pas vraiment en valeur le sujet principal de chaque scène, un paysage ou le jeu des acteurs. La BO est mollassonne, pas inspirée, déjà entendue. Puis je n'ai pas non plus dénoté de style particulier. Enfin, je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais en principe quand on regarde un film non-occidental, on se rend très vite compte que la façon de faire des films là-bas est totalement différente que chez nous. On n'a pas la même manière de filmer, pas les mêmes thèmes traités ou traités de manières différentes, parfois même les acteurs ont une autre façon de jouer. Bah là rien de tout ça. Alors je ne sais pas si le cinéma africain, de la même manière que le cinéma français actuel, tente un peu trop de faire comme les américains au point d'en perdre son identité... Ou alors, c'est lié au fait que le film soit produit par des américains (cc Angelina Jolie). Mais là en tout cas, j'étais vraiment au niveau zéro du dépaysement. Montrer une case dans la brousse et deux antilopes pendant 10 secondes suffit pas à nous faire voyager !

J'ai bien aimé le casting par contre. Au départ, j'ai eu un peu de mal à accrocher à Tizita Hagere, qui joue Hirut, car je trouvais son visage trop fermé, crispé et sa façon de se tenir un peu gauche. Elle m'a un peu fait le même effet que Kristen Stewart dans la plupart de ses films, elle n'a pas l'air à l'aise devant une caméra. Sauf que plus l'histoire avance, plus on la voit s'ouvrir. Cette façon de se comporter était visiblement du jeu et colle finalement bien à l'histoire de son personnage, donc même si c'est pas l'actrice de l'année, pourquoi pas. Il est plus simple d'apprécier le jeu de Meron Getnet, qui joue l'avocate d'Hirut, et qui est lumineuse tout le long du film.
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Bright star
date : 22-08-2016
Dommage que l'histoire soit autant déjà vu ! On se croirait dans un livre des sœurs Brontë ou de Jane Austen, en moins bien. Même si ce n'est pas des auteurs dont je raffole, je reconnais quand même leur talent, qui est d'autant plus visible quand on regarde comme ici une histoire dans le même genre, mais pas écrit par elles. Si l'ambiance est similaire, il en manque les subtilités qui font que ça marche.
"Bright Star" se passe au XIXème siècle, il y a des bourgeoises en costume à frous-frous qui font du point de croix, de la musique de chambre et des danses passablement ridicules, il y a des drames à base de maladie qui n'existent plus dans les pays industrialisés et, surtout, il y a un couple qui s'aime puis se déteste puis s'aime à nouveau puis il y a de la rivalité puis ils se réconcilient et blablabla, bref, il y a une romance prévisible en tout point... Mais on n'y croit pas vraiment.

Je ne me suis pas du tout senti emportée par l'histoire qui est trop romanesque pour être crédible. De plus, justement du fait de ce coté romanesque, je trouve l'aspect biographique du film totalement sans intérêt. On a complètement le sentiment de voir une fiction, les personnages pourraient être n'importe qui, pas la peine de nous sortir un poète anglais connu. Du coup, l'un dans l'autre, je dois bien dire que le scénario du film ne m'a moyennement, voire pas du tout, emballé.

J'ai bien aimé le personnage de John Keats, mais j'ai détesté Fanny Brawne, qui est assez égocentrique et ne dégage aucune sympathie. J'ai trouvé les costumes de cette dernière ridicules. Une version assez cliché des costumes de cette époque. Et en plus une version cheap ! Je ne dis pas qu'il fallait demander à Jean-Paul Gaultier de faire les costumes, mais il y a quand même un minimum. Là, je suis désolée, mais ça se voit à 3km que les costumes ne sont pas faits dans des tissus de qualité et tombent comme un sac à patate sur le corps d'Abbie Cornish qui joue Fanny. C'est une faute de réalisation à mon sens, sachant que Fanny est censée être amatrice de mode et de couture, mais c'est pourtant la personne la plus mal fagotée du film. Du coup on ne peut pas y croire. Les décors sont aussi limites, on a parfois franchement l'impression d'être dans une maison du XXIème siècle.

Par contre, c'est plus fort que moi, mais j'adore Jane Campion. J'adore ses réalisations, j'adore son style, j'adore sa façon de montrer à l'écran les sentiments de ses personnages, avec délicatesse, avec pudeur, avec subtilité, avec sensibilité et sans mièvrerie (si le scénario est parfois mièvre, la réalisation n'en rajoute pas). Ce film est juste BEAU. La photographie est absolument sublime. La luminosité est parfaite. Les plans sont précis. Si les décors en intérieur laissent à désirer, comme je l'ai déjà dis, ceux en extérieur valent par contre le détour. J'ajouterais pour finir que j'ai bien aimé le casting. Il n'y a pas de grosse star, mais néanmoins des acteurs dont la tête nous dis quelque chose, qu'on a tous déjà vu quelques part, et qui surtout font le job, avec des interprétations justes et délicates, bien mise en valeur par la réalisation. Il y a également une bonne alchimie entre les deux acteurs principaux, Abbie Cornish et Ben Whishaw. Tout ça rend le film somme toute assez agréable à regarder malgré ses défauts.

Bref, même avec un scénario pas tip-top, je préfère encore ce film à une adaptation de Jane Austen par Joe Wright, qui elle a un bon scénario mais une réalisation parmi ce qui se fait de plus ringard, mièvre et insupportable, avec les grimaces et le surjeux permanent de Keira Knightley en prime.
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L'Affaire SK1
date : 11-08-2016
Petite appréhension avant de commencer le film. Pas parce que c'est un film français, je ne suis pas fermée à ce cinéma : j'y trouve certes rarement mon bonheur, mais quand un film me convient c'est souvent une perle, donc je suis toujours curieuse de découvrir les films français qui ont de bonnes critiques. Mais j'avais une appréhension parce que le film traite d'une affaire réelle et très connue. J'avais peur de l'effet épisode de "Faites entrer l'accusé", peur de voir quelque chose qui ressemble plus à un documentaire qu'à un film, pour finalement rien nous apprendre de plus que ce que l'on sait déjà. Ou alors, peur au contraire de l'effet trop romanesque, vouloir tellement surprendre et faire du spectaculaire, que finalement on dénature la réalité. Et en fait pas du tout. Je trouve qu'on est tombé dans aucun de ces travers, ce qui est une très agréable surprise, parce que le sujet est franchement casse gueule.

On voit vraiment sans aucun doute un film, un vrai thriller, aux dialogues soignés, à la construction maitrisée (mélange flash-back-enquête/présent-procès), rythmé, sans temps mort, qui arrive à nous passionner autant que si l'intrigue avait été inventée de toute pièce. Son principal apport par rapport à un documentaire sur Guy George, à mon sens, c'est le fait de nous donner le sentiment de vivre l'affaire de l'intérieur. On accorde une place importante aux personnages des enquêteurs et avocats. Même si c'est souvent fait avec facilité et sans originalité (genre la scène de couple entre "Charlie" et sa femme, où il lui explique qu'il est trop trop trop obsédé par cette affaire qu'il arrive pas à résoudre pendant qu'elle lui caresse les cheveux en lui disant qu'il finira par y arriver #SoCute #CoeurAvecLesDoigts #RaphaëlPersonnazEstTropBeau), ça fonctionne plutôt bien. On arrive quand même a ressentir de l'empathie, et finalement de la sympathie et même de l'émotion, pour ces personnes qui se sentent impuissantes face aux événements.

Et malgré tout, même si on utilise les procédés de narration de la fiction, je trouve qu'on ne perd globalement pas le réalisme. A ce que j'en sais, les faits de l'affaire sont respectés et la procédure policière et judiciaire montrée n'est pas complètement fantasque. On a bien quelques détails qui collent pas et sonnent un peu ridicule quand on y réfléchit 5 minutes. Par exemple cette scène où l'avocate jouée par Nathalie Baye hésite à défendre Guy George "parce que c'est quand même un violeur et un assassin, quouuuuuaaa". Meuf, t'es une avocate de 60 balais spécialisée en affaires pénales, si t'as jamais défendu un violeur ou un assassin dans ta vie, c'est que t'as raté ta vocation... Mais bon, il y a pas non plus d'aberrations trop flagrantes, donc ça passera pour 99% des gens.

Je suis peut-être moins emballée par la réalisation, que j'ai trouvée un peu trop dans le cliché. C'est un thriller, alors il faut nécessairement une caméra à l'épaule, un filtre grisâtre qui donne des couleurs tristes à tout ce qu'on voit et des policiers en blouson de cuir qui font la gueule en fumant ? Je ne pense pas non. Je comprends l'idée du réalisateur, sa volonté de faire un film sombre et brut, mais bon, là c'est raté pour moi.
Malgré tout, d'autres points de la réalisation sont assez sympas. On a par exemple la quasi-absence de musique est bien utilisée et le jeu des acteurs est bien mis en valeur. Je pense surtout à Adama Niane, parce que je ne le connaissais pas du tout, comme à peu près tout le monde, mais il joue pourtant très bien. Je pense aussi à Raphaël Personnaz qui m'a assez surprise. Il nous avait habitué à des rôles un peu plus plan-plans, plus propres (film historique, comédie, drame,...) et je l'attendais donc pas du tout dans un rôle de policier sévèrement burné hanté par son travail. J'aurais plutôt vu dans ce rôle un acteur un peu plus brut de décoffrage, Nicolas Duvauchelle par exemple... Et puis en fait, il fait ça très bien, donc pourquoi pas.

Au final, je trouve que c'est un très bon film, ambitieux, puissant, passionnant, porté par un bon scénario et de bons acteurs. Il y a bien quelques petits défauts, mais on les pardonnes, justement parce qu'ils sont petits, et que la somme des points positifs l'emporte haut la main.
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The Grandmaster
date : 08-07-2016
Tu sais que t'es un hipster quand tu regardes un film Hongkongais sur Arte un soir de demi-finale de l'Euro où joue la France...

Bref, le choix du programme télé étant très limité en ce moment quand on n'aime pas le football, vous comprendrez facilement que c'est plus pour échapper à ce sport que réellement par envie que j'ai fini devant ce film. Arte a au moins le mérite de faire une vraie contreproposition et de pas passer un film ayant des critiques unanimement mauvaises ou une rediffusion. Malheureusement, pour faire court, les westerns, les films de cape et d'épée et les films d'art martiaux, je fous tout dans le même sac : celui des genres que je n'aime pas, et que je n'aimerai jamais. Je trouve ça tout simplement ringard et trop typé et codifié pour plaire à quelqu'un d'autre que les initiés. De plus, le fait que ce soit un biopic sur Ip Man m'emballait moyen, parce que son histoire a déjà fait l'objet de beaucoup d'adaptations. Je crois que c'est la troisième en moins de 5 ans ! Même si c'est une légende, on pourrait trouver un autre sujet pour un film de kung-fu, quoi. Enfin je sais pas, c'est comme si à chaque fois que vous regardiez un film musical, c'était un biopic sur Mozart, vous vous lasserez à un moment.

Malgré mes réticences, confirmées pour la plupart je dois dire, j'avoue sans mal que les images du film sont vraiment superbes. C'est un régal pour les yeux. Une fois de plus, Wong Kar Wai nous propose une réalisation extrêmement soignée, des plans parfaits, une mise en scène riche, la photographie est magnifiques, les combats sont très bien chorégraphiés et lisibles et les costumes et décors sont de qualités. La BO est également sympathique, bien que la musique soit à mon sens trop présente dans certaines scènes, ça passe tout de même parce qu'elle est agréable. Les scènes intimistes sont assez touchantes, car on instaure à travers la réalisation beaucoup de sensibilité dans les relations entres les personnages.
Mais bon, il y aussi des gros points noirs, notamment les répétitions (ce plan sur un pied qui glisse sur le sol pendant un combat, on le voit au moins 1500 fois pendant le film), les quelques effets spéciaux trop excessifs qui font perdre en crédibilité aux combats et puis surtout LES RALENTIS ET LES ACCÉLÉRATIONS GÂCHENT TOUT CE FILM. MERDE. *Reste calme pwa, reste calme* Sans rire, il n'existe pas de technique de réalisation moins inspirée et plus ringarde que ça. Je comprends le but recherché par le réalisateur, avec ce jeu sur les rythmes, dans les scènes de combats, pour les rendre plus lisibles ou plus haletantes. Sans apprécier, ça passe à peu près. Sauf que non, Wong Kar Wai ne pouvait pas se contenter de ça, trop mainstream, il a fallu qu'il mette des ralentis ABSOLUMENT PARTOUT. Des personnages discutent autour d'une table ?! Ralentis. Des personnages marchent dans un couloir ?!! Ralentis. Des personnages mangent de la soupe ??!!!! Ralentis. C'est juste pas possible. J'avais l'impression de regarder illégalement un film sur un streaming de mauvaise qualité avec une connexion internet douteuse.

Puis autant j'ai trouvé la réalisation, mise à part les ralentis, très très très sympa, autant je trouve le scénario sans grand intérêt. Comme dit plus tôt c'est une histoire déjà vu, qui sonne comme un manque d'inspiration.
Ensuite je trouve que c'est un mauvais biopic sur Ip Man, tout simplement parce qu'on ne parle pas de lui. Pour moi le personnage principal, c'est Gong Er, d'ailleurs bien interprété par Zhang Ziyi qui est particulièrement badass dans ce film. Mais Ip Man passe lui complètement au second plan. On s'intéresse qu'à une toute petite partie de sa vie, il n'apparait finalement pas longtemps à l'écran et surtout il est absent des scènes clés qui te restent en mémoire une fois le film terminé. Son fait le plus impressionnant consiste à casser un biscuit. Waouh ! J'aurai aimé que ce soit une blague, mais non, c'est la vérité. L'intrigue autour de Gong Er est beaucoup plus intéressante, aussi bien d'un point de vu actions, avec des combats autrement plus passionnants, que d'un point de vu émotions, avec tout le questionnement autour de ce qu'implique le fait qu'elle soit une femme pratiquant le kung-fu, ainsi que le poids que représente son héritage familiale.
Le film est également mauvais dans les autres thèmes qu'il entend traiter. Déjà le kung-fu et la façon dont cette discipline est enseignée, mieux vaut déjà si connaitre au départ, sinon on passe à coté de pas mal de subtilités. On explique rien à ce sujet, tout est présenté dans ce film comme si le spectateur savait déjà tout. Ou encore, quand on parle furtivement de la guerre entre la Chine et le Japon. "Furtivement" est le mot, puisqu'on a le temps de rien dire à ce sujet, à part qu'il y a eu une guerre. Pourquoi ? Où ? Qui ? Comment ça se fini ? T'as envie de savoir ? Bah ouvre un bouquin d'histoire...
De plus, on a vraiment l'impression qu'on fait exprès de rendre cette intrigue pourtant pas longue, elle doit tenir sur un post-it, inutilement compliquée à l'écran. Absolument rien n'est expliqué clairement. On passe d'une époque à l'autre, on fait des bonds dans le passé, dans le futur, on introduit le personnage de "la lame" (ou the razor) d'une façon ridicule sans qu'on sache qui c'est ni à quoi il sert dans l'intrigue, les personnages ont parfois des envolées philosophico-métaphoriques qu'on ne comprends pas trop sur le moment, à moins de prendre un petit instant de réflexion. Si on ne connait pas déjà un minimum l'histoire d'Ip Man, on ne peut pas tout comprendre. Genre, cette citation de Bruce Lee toute à la fin du film, qui tombe comme un cheveu sur la soupe puisqu'on n'a pas dit une seule fois dans le film qu'Ip Man a été le mentor de Bruce Lee !
En outre, le film est si prévisible. Je n'ai jamais été surprise. Il y a beaucoup de duel décisif pour la vie des personnages, on a beau en faire des caisses au niveau de la réalisation, on devine quand même qui va l'emporter avant même que le combat commence.
Puis enfin, la narration oscille entre, là encore, le ringard et le pas inspiré. Approchez, approchez, on n'a pas une, mais deux techniques de narration complètement désuètes ! Une voix off, celle d'Ip Man qui raconte son histoire, et des écriteaux qui apparaissent à l'écran pour nous expliquer ce qui se passe, vu que les explications données par ailleurs n'étaient pas suffisantes... Génial. Sinon, on aurait aussi pu construire un peu mieux l'intrigue et vraiment traiter son sujet, pour que le spectateur comprenne tout seul ce qui se passe. Je dis ça, je dis rien.

Un film qui présente des images magnifiques mais sans scenario correcte, c'est sympa... 5 minutes. Et donc, même si je m'en suis prise plein la vue, même si j'ai trouvé l'histoire de Gong Er intéressante et même si certaines scènes sont vraiment très biens, globalement, l'ennuie était jamais très loin. J'ai hésité un instant à mettre ce film dans la liste bronze, quasiment uniquement pour sa qualité technique, mais étant donné que même sur ce point, je n'ai pas trouvé le film irréprochable, ça ira seulement dans ma liste vu aussi.
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Jodhaa Akbar
date : 06-07-2016
Je ne suis pas une grande connaisseuse du cinéma indien, je n'ai quasiment vu aucun film de cette nationalité dans ma vie. Du coup j'ai un peu de mal à juger ce cinéma parce que je n'ai pas de points de repère. Je ne sais pas vraiment ce qui est bien ou pas pour ce genre de film. Pour cette raison, je vais juger ce film avec mes yeux d'européennes et mes propres critères.

Bah je dois dire que j'ai trouvé ce film d'un kitch absolu. Entre la voix-off insupportable, les éclaboussures de sang exagérées en confiture de fraises façon Tarantino mais au 1er degré, les ralentis dans toutes les scènes vaguement d'actions façon Michael Bay, les combats trop chorégraphiés pour être crédibles façon combat de catch, les transitions d'une scène à l'autre digne d'un vieux cartoon ou d'un film de George Lucas et, surtout, le festival de moustaches taillées de façon ridicule... Le film, et notamment les scènes violentes, perdent beaucoup en réalisme pour cette raison. Puis les dialogues on en parle ? "Que la paix soit avec vous", ouais, ouais, et que la force soit avec toi, aussi...
Les scènes plus intimistes, m'ont elles gênées de par leur mise en scène absolument pas inspirée. Toutes les scènes sont les mêmes : il y a un gus un peu important qui a son cul posé sur un coussin, en face de lui un gars droit comme un i qui lui fait la conversation, derrière lui il y a deux couillons qui secouent des éventails et tout autour des types inutiles avec des poker faces qui regardent ce qui se passe.

Bon, après, la réalisation présente d'autres qualités du fait de sa richesse. Malgré ce coté affreusement kitch, le film parait quand même comme très travaillé et soigné, ce qui est un peu paradoxal, je trouve. Les paysages, les décors et les couleurs sont magnifiques, les costumes sont soignés, il y a un nombre incalculables de figurants et d'animaux qui rendent les arrière-plans et scènes de foules réalistes (bien plus réalistes que dans les films occidentaux assistés par ordinateur !) et la BO est très très sympa dans son genre.

Coté casting, je trouve que tous les acteurs ne correspondent pas forcément à leur personnage. Genre Aishwarya Rai, je ne dis pas que c'est une vieillarde, mais elle a quand même 35 ans dans ce film, c'est peut-être un peu trop pour jouer la vierge effarouchée, non ?... Et par conséquent, là encore, le film perd en réalisme. Même si ça n'empêchent pas ces acteurs de jouer assez bien par ailleurs, puisque j'ai beaucoup aimé l'interprétation de cette même Aishwarya Rai. Par contre pas mal d'acteurs de second rôle surjouent totalement.

Mais néanmoins, malgré ces gros défauts pour moi, j'ai quand même passé un moment agréable en regardant ce film. J'étais un peu effrayée par sa durée excessive de 3h30 et finalement c'est passé tout seul. L'intrigue est cousue de fil blanc et j'aurais pu deviner la quasi totalité des événements, mais je me suis pas pour autant ennuyée. J'ai trouvé ça très distrayant. Épique dans les scènes de reconstitution historique, enivrant dans les scènes de chant, touchant dans les scènes dramatico-romantiques. En parlant de la romance, j'ai beaucoup aimé son traitement très platonique, qui loin d'être niais m'a plutôt semblé très sensible. Les sentiments des personnages transparaissent parfaitement à l'écran, sans en faire des caisses pour les exprimer. Ce film fait voyager, aussi bien dans le temps que géographiquement, ce qui est vraiment agréable. Certains des thèmes du film sont assez intéressants, notamment cette question des couples de religion différente, et le respect mutuel que ça doit impliquer.

Au final, je garderais un bon souvenir de ce film, je vais probablement me procurer sa BO, et surtout, ça m'a rendu curieuse. J'ai bien envie de découvrir d'autres films de cette nationalité, pour mieux connaitre ce style, et éventuellement retrouver le même plaisir lors de mon visionnage.
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What Richard Did
date : 02-07-2016
Mais qu'a fait Richard ? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire, puisque le fait qu'on ne le sache pas quand on commence le visionnage de ce film constitue justement l'un de ses intérêts. On instaure un vrai climat de suspense autour de cet événement, rien ni sur l'affiche du film, ni dans le synopsis, ni dans la bande annonce ne nous donne un indice. Et pourtant, on sait qu'un truc horrible va arriver. On l'attend. Et pour ma part, je passe à coté. J'ai essayé, mais je n'ai pas réussi à deviner ce qui allait se passer.
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Bien sur que j'ai émis des hypothèses au vu du début du film, mais je me suis trompée. Je m'attendais vraiment à quelque chose autour du personnage de Lara, puisque c'est elle qui est en permanence mise en avant. Un viol ? Une grossesse non désirée qui finit mal ? Une crise de jalousie trop violente de Richard ? Une séparation déchirante ? Mais en aucun cas je ne m'attendais à ce que Conor soit la victime. Son personnage passe suffisamment inaperçu pour qu'on ne l'imagine pas être au cœur du film au final.


Néanmoins, ce suspense rondement mené a aussi ses défauts. On voit la bande annonce, on s'attend vraiment à un drame pure jus, à des personnages en souffrance de bout en bout. J'avais même peur de voir un film trop pensant et misérabiliste ! Alors que le drame se fait pourtant attendre. Le début du film est léger, presque banal, ça commence comme une quelconque romance. C'était un peu désagréable pour moi de ne pas voir tout de suite ce que je m'attendais à voir, à tel point que j'ai trouvé le film un peu trop lent à démarrer. Néanmoins, cette romance reste assez bien traitée, sans niaiserie en tout cas, et se justifie dans le scénario. Donc ce n'est pas non plus trop gênant.
Le milieu du film concerne le fameux acte commis par Richard, je ne reviens pas dessus.
C'est seulement ensuite que commence réellement le drame. Et on lui pardonne facilement de se faire attendre, puisque l'intrigue dramatique est vraiment très convaincante. On a une très grande empathie pour les personnages. Vu ce qu'a fait Richard, ouais, on comprend parfaitement qu'il soit maintenant au fond du trou. On ne sait pas ce qu'on ferait à sa place, comment on gérerait tout ça, comment on réagirait. On fait parfaitement sentir la façon dont sa vie a basculé, et comment ce basculement n'a tenu finalement à pas grand chose. Le plus fort, pour moi, c'est que tout en étant troublée et émue pendant toute la seconde partie du film, il y a malgré tout des scènes que j'ai trouvées encore plus puissantes que les autres. Qui vont plus loin dans l'intensité et dans l'émotion, et qui bouleversent complètement. Globalement, c'est un drame qui touche son but, et qui me restera un bon moment en mémoire.

Cerise sur le gâteau : Jack Reynor. L'acteur inconnu qui joue Richard, et qui est tout bonnement parfait. Je pense que sans lui, le film n'aurait pas été le même, parce qu'il le porte complètement sur ses épaules. Je crois qu'on le voit dans toutes les scènes ! Lars Mikkelsen qui joue son père m'a aussi convaincu. Il est discret dans la première moitié du film, mais dans la seconde il y a deux ou trois scènes d'échanges père/fils qui j'ai trouvé très forte, aussi bien à cause de l'interprétation de l'un que de l'autre. Le reste du casting est par contre dans sa globalité assez quelconque. Tous les acteurs formants "la bande de copains de Richard" sont sans plus. Néanmoins, ils jouent avec naturels et il se passe quelque chose entre les acteurs qui rend cette bande d'amis crédible. La réalisation est également agréable, bien que sobre et minimaliste (caméra à l'épaule, pas ou peu de lumière artificielle, BO très discrète,...). Ce n'est pas un style qui plait à tout le monde, mais c'est maitrisé par le réalisateur, donc pourquoi pas. J'ai juste trouvé les couleurs des images un peu trop sombres.

Vous aurez compris que j'ai beaucoup apprécié ce film. Après, il y a quand même quelques fautes dans l'écriture qui m'empêchent de m'emballer complètement.
Déjà, je trouve qu'il y a des erreurs de rythme et de construction. Le plus intéressant dans le film, c'est le drame, pas les événements qui y amènent. Pourtant, c'est deux éléments ont exactement la même durée dans le film, moitié-moitié comme s'ils étaient de la même importance. C'est un peu dommage, le début du film parait trop longuet et la fin trop précipitée. D'autant plus qu'il y a pas mal d'ellipses dans la seconde partie du film. Qui dit ellipse dit qu'on passe volontairement sous silence des passages de l'histoire, que j'aurais préféré qu'on me raconte.
Ensuite, les personnages auraient mérité des développements plus poussés. Ils manquent tous de profondeurs pour moi, et pourtant il y avait largement matière à les rendre profonds. Mais malheureusement, on ne nous dit rien sur eux, à part le strict nécessaire pour comprendre l'intrigue. Plein de questions restent sans réponses. C'était parfois un peu frustrant. L'un dans l'autre, le film m'a semblé un peu court. 1h20 pour un film basé sur les sentiments de ses personnages, ça passe vraiment trop vite.
En outre, ce n'est malheureusement pas la première fois que je vois un film de ce genre. Même si c'est un film irlandais (l'accent des acteurs nous le rappelle fortement d'ailleurs), ça m'a rappelé moult films anglais qui ont ce même coté social. Ça m'a notamment fait penser à du Ken Loach.
Puis enfin : LA FIN DU FILM EST NULLE. Oui, j'écris ça en majuscule parce que c'est pour moi l'exemple-type de la fin ouverte ratée, qui ne se justifie pas dans le scénario et qui frustre à l'extrême le spectateur. On dirait juste que le film n'est pas fini et qu'on s'arrête en plein milieu de l'histoire.
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The Danish Girl
date : 16-06-2016
J'ai retrouvé le Tom Hooper que j'aime ! J'avais complètement adoré "le discours d'un roi" mais "les misérables" m'avait plutôt laissé de marbre. Et puis avec ce film, j'ai retrouvé la même magie que dans le film qui l'a fait connaitre. La même façon de rendre son sujet passionnant, sans aucun instant d'ennui malgré un rythme assez lent. La même façon de raconter une histoire dramatique, sensible et émouvante, mais jamais mièvre ou misérabiliste. La même réalisation précise, aussi bien dans la façon de filmer à proprement dite, que dans la mise en scène, la photographie ou la direction d'acteur. Mais je crois que ce qui m'a le plus plu dans la réalisation, c'est sa sensualité. Le sens du toucher à une vraie importance dans ce film, ce qui est super rare. Que ce soit quand les personnages se touchent, ou même quand ils touchent certains objets, comme les étoffe, les vêtements, il y a une sorte d'érotisme aucunement vulgaire, au contraire complètement dans la délicatesse, que j'ai trouvé particulièrement intéressant. On frissonne avec les personnages, comme si c'était nous qui touchions ou étions touché (j'ai l'impression que ce que je dis est très étrange, mais je vous assure que ce n'est pas du tout malsain ^^'). Il y a une bonne alchimie entre les deux acteurs principaux. La reconstitution d'époque est bien faite. Les décors et costumes sont absolument magnifiques et nous permettent encore plus de nous plonger dans l'ambiance.

Puis surtout, j'ai adoré le message du film. Voila ce que moi je considère comme un "vrai" film LGBT. Un film dont le message est avant tout un message de tolérance et d'amour universel. Le fait qu'on ne peut pas choisir son orientation sexuelle ou le fait de se sentir homme ou femme. Le fait qu'on s'en foute de qui aime qui ou quoi, c'est de l'amour, c'est le plus important. Le fait qu'on ne parle que d'une seule forme d'amour, et qu'on ne laisse jamais entendre qu'il y ait une quelconque différence entre l'amour qui peut exister dans un couple hétérosexuel ou homosexuel. Le fait qu'il y ait aucun voyeurisme et aucun regard malsain dans la façon de montrer un couple que beaucoup considère comme inhabituel. Bref, pour moi, balancer des gays ou des trans dans un film est complètement insuffisant pour avoir un film LGBT digne de ce nom (cc La Vie d'Adèle). Ce message, est courant dans les films indépendants, mais reste extrêmement rare dans les films grands publics. Les exemples se comptent sur une main : Philadelphia, Billy Elliot et c'est tout je crois. Et bah on va pouvoir ajouter The Danish girl à la liste. Et rien que ça, ça fait de ce film un très grand film.

J'aurais juste une réserve sur un point, je trouve que le film reste trop flou sur la distinction entre l'identité du genre (= est-ce que je me considère/considère l'autre comme un homme/une femme/autre ?) et l'orientation sexuelle. Je ne sais pas trop si on fait vraiment la différence dans ce film, car il y a plusieurs façons de comprendre les choses.
On laisse entendre par moments qu'Einar a sincèrement aimé Gerda, que ce soit avant ou après sa transformation. A d'autres on donne l'impression qu'Einar a toujours aimé uniquement les hommes et ne l'a vraiment assumé qu'à partir du moment où il est devenu une femme. Les sentiments de Gerda sont aussi assez flous, puisqu'au début du film elle est sincèrement amoureuse de son mari, mais dès qu'il commence à se transformer un doute s'installe. Plus de baisers sur la bouche et elle va furtivement voir ailleurs, par exemple. Mais en même temps, elle continue d'avoir une tendresse infinie pour Lili, qu'on n'a pas pour une simple amie.
Je trouve qu'on laisse au spectateur la possibilité de voir ou comprendre uniquement ce qu'il a envie de voir ou comprendre. On ne lui impose pas une réalité qui pourrait le brusquer : ce n'est pas parce qu'on change de sexe qu'on change d'orientation sexuelle et ce n'est pas parce que la personne qu'on aime change de sexe qu'on cesse de l'aimer. Certains apprécieront cette pudeur, mais je l'ai personnellement trouvé regrettable, puisque finalement, elle nous ment.

L'angle d'attaque du thème du film pourrait aussi sembler trop restrictif. C'est à dire qu'on mise tout sur la relation amoureuse entre les deux personnages principaux et sur la façon dont elle va évoluer au fil de la transformation d'Einar/Lili. Ce film est une jolie romance quoi. Mais n'espérez pas qu'il va vous apprendre grand chose sur le coté un peu plus médical du transgenre. L'aspect psychologique des choses n'est pas traité. Qu'est ce qui se passe vraiment dans la tête de Lili ? On n'en sait rien. L'aspect chirurgical de la transformation n'est pas plus évoqué, tout ce qu'on sait se résume en une ligne : on enlève un sexe d'homme et on créer un sexe de femme. Alors que bon, c'est quand même la 1ère personne à subir ce type de chirurgie, on aurait pu s'attendre à des explications assez complètes. Enfin je ne sais pas, mettez vous à la place des personnages, on vous parle pendant 10 secondes d'une opération qui n'existe pas, qui n'a jamais été pratiqué, on a aucune idée de si ça va marcher, et ça ne vous étonne pas, ne vous fait pas peur, vous dite juste "ok, je signe" ?! C'est complètement improbable.
Après ça ne m'a pas dérangé plus que ça. J'ai su me contenter du simple aspect romantique de l'intrigue. Mais je pense que ça pourrait frustrer certaines personnes, qui préféreraient un scénario finalement plus complexe et travaillé.

Côté acteur, Eddie Redmayne est très convainquant, seulement je trouve que ça tient plus à ce qu'il incarne qu'à la qualité de son jeu. Quand il joue Einar, on y croit, quand il joue Lili, on y croit aussi. Il a naturellement cette féminité en lui qui fait qu'on ne voit pas un homme déguisé en femme, on voit une femme, ce qui le rend absolument génial pour ce rôle. Mais la qualité de son jeu à proprement dite, au niveau des expressions de son visage, est finalement sans plus. Bon, mais pas extraordinaire non plus. Il transmet néanmoins beaucoup d'émotion aux spectateurs.

Quant à Alicia Vikander, elle m'a, je dois dire, pour une fois plutôt très agréablement surprise. La preuve qu'avec un bon metteur en scène, même des acteurs médiocres peuvent se révéler convaincants ! Parce que bon, je n'y vais pas par quatre chemins, c'est une actrice que j'ai trouvé COMPLÉTEMENT NULLE dans tous les autres rôles où j'ai pu la voir. Sauf qu'elle avait toujours une bonne excuse : c'est son premier rôle au cinéma ; c'est qu'un second rôle sans importance ; elle joue dans une langue qu'elle semble mal maitriser parce que ce n'est pas sa langue maternelle ; le réalisateur du film est médiocre et aucun acteur, pas seulement elle, ne joue particulièrement bien, etc... Et du coup je ne savais pas trop où là mettre : vraiment une mauvaise actrice ou juste une actrice qui n'a jamais su exprimer pleinement son talent ? Là pour le coup, elle avait aucune excuse : elle commence quand même à avoir une certaine expérience, elle a un personnage intéressant qui permet vraiment à un acteur de s'exprimer, elle a un partenaire de jeu et un réalisateur de rêve. Si là elle ne joue pas bien, elle ne jouera jamais bien quoi. Et elle a parfaitement réussi à saisir cette opportunité, dès les premières secondes du film on se rend compte qu'elle est cette fois-ci totalement impliquée dans son rôle et propose une vraie bonne prestation, malgré le fait qu'elle bouge trop des sourcils (tic que j'avais déjà remarqué dans d'autres de ses films et qu'elle n'a pas complètement corrigé dans celui-ci).
De là à mériter son Oscar, je ne sais pas, personnellement j'ai préféré Rooney Mara dans "Carol" cette année là, mais en tout cas ça ne me semble pas improbable du tout qu'elle ait gagné des prix. Ma seule vraie interrogation repose sur le fait qu'elle était nominée dans la catégorie "meilleure actrice dans un second rôle" alors que pour moi, elle a un premier rôle. On est en train de nous dire qu'on raconte l'histoire d'un couple, mais que l'un des membres de ce couple est moins important que l'autre, c'est n'importe quoi. Elle a un rôle aussi important, si ce n'est plus, que celui d'Eddie Redmayne. Tout le film parle de Gerda autant que de Lili, de comment elle a réveillé la personnalité féminine de son époux, comment elle réagit à sa transformation, comment elle le soutien. C'est le personnage clé de cette histoire et celui sur lequel on insiste pendant tout le film. C'est un premier rôle, pas un second !

En parlant de second rôle, Amber Heard en a un, un vrai, qui sert strictement à rien pour le coup, et elle ne m'y a pas du tout convaincu ! Même en intégrant le fait quelle joue un personnage excentrique et un peu excessif, j'ai pas du tout aimé son interprétation qui m'a semblé grossière, sans finesse. Les expressions sur son visage s'approchaient plus de la grimace que du jeu. On la voit que dans 4 ou 5 scènes, pas plus, heureusement, mais je l'ai quand même trouvé tout bonnement insupportable.
Matthias Schoenaerts m'a un peu déçu aussi, parce que je pense que c'est un très bon acteur, mais dans ce film il est pourtant quelconque. Il n'a donné aucun relief à son personnage, alors qu'il y avait pourtant matière à le rendre très intéressant. Finalement ce personnage aurait pu être joué par n'importe qui même un inconnu, ça m'aurait fait le même effet qu'avec ce bon acteur.
Après c'est des seconds rôles sans grande importance, alors ça n'enlève pas grand chose à la qualité générale du film, que j'ai trouvé vraiment très bon.
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Connasse, Princesse des Coeurs
date : 27-05-2016
Je suis pas emballée, mais je m'attendais franchement à pire.

Autant j'ai pu apprécier "Connasse" en version mini-série, autant je m'attendais à un plantage total en version film. Et finalement non. Ce n'est pas parfait, mais ce n'est surement pas un plantage total. Déjà parce qu'on ne trahit pas le "personnage" de la connasse. L'impertinence que Camille Cottin avait dans la série, on la retrouve dans le film. Ensuite, parce que le film est quand même, à sa façon, soigné. La qualité d'image est satisfaisante au vu les conditions de tournages. Le montage des images très réussi, on a un vrai choix des moments à montrer ou non, de façon à ce qu'aucun des sketchs du film ne tombe complètement à l'eau. Puis on ne peut pas nier que Camille Cottin a du talent. Pas forcément du talent d'actrice car ce qu'elle fait ne s'apparente pas à proprement dit à du jeu (enfin, elle a surement du talent d'actrice par ailleurs, mais ça ne se voit pas clairement dans ce film). Son talent repose dans sa personnalité, qui est suffisamment forte pour incarner tout un film, fait pourtant avec trois fois rien. Qu'on le dise clairement, la même chose avec quelqu'un d'autre, ça marcherait pas. Enfin, parce qu'on a réussi à briser le coté "film à sketch" en intégrant une vraie continuité. On se contente pas d'aligner des caméras cachés au hasard, on nous raconte réellement une histoire.

Il y a quand même l'une de mes appréhensions qui s'est réalisée : la mécanique du film devient assez vite lassante. Les caméras cachées c'est sympa quand ça dure 5 minutes. Quand ça dure 1h30 j'ai un peu plus de mal. Je trouve qu'il y a un rythme bien trop irrégulier, des séquences du film ont pu vraiment m'amuser et m'intéresser, d'autres pas du tout, puis d'autres m'ont même gênées. Je pense notamment aux passages autour du chien, visiblement complètement effrayé et qui ne comprend absolument rien à ce qui lui arrive. Ça m'a plus fait mal au cœur qu'autre chose de les regarder. Du fait de ce rythme saccadé, je dois quand même avouer que l'ennuie était jamais très loin pendant mon visionnage.

Parmi les autres défauts, je trouve aussi la fin du film un peu trop 'facile'.
Spoiler(cliquez pour révéler)
Oui, on s'en doutait dès le départ que Camille ne pouvais pas réellement finir avec le Prince Harry, mais alors pourquoi faire 'comme-ci' avec les moyens du bord ? ça fait plus ridicule qu'autre chose.[/spoiler] Cette fin est aussi trop longuette. Honnêtement, on en finissait pas de finir. [spoiler]ça aurait pu s'arrêter aux Invictus Games après que Camille envoie sa culotte... Bah non, il faut qu'on se tape encore :
- La recherche de Camille
- Sa nuit à Buckingham
- Sa fuite du palais
- Un passage à Hyde Park qui ne sert à rien
- Le retour en France
- Le passage chez l'éditrice
- Le bêtisier
Waouh ! A un moment faut savoir s'arrêter, les meilleures blagues sont parfois les plus courtes.

Puis bon, bien évidement, il ne faut pas s'attendre à un humour très fin. Là encore, quand ça dure que 5 minutes, on veut bien se prendre au jeu, quand ça dure 1h30 il nous arrive de se demander "mais pourquoi je regarde ça ?!"
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Cendrillon
date : 26-05-2016
Ce film est vraiment très bien fait... Mais il est sans aucun intérêt.

On peut ne pas aimer le "style Disney", car c'est finalement qu'une affaire de gout assez indiscutable. Néanmoins, toutes les productions Disney ont ce point commun d'être hyper soignées. C'est con à dire, mais l'argent se voit à l'écran. Du coup, je trouve que ce film a réussi ce que la série "Once Upon a Time" n'a, à mon sens, pas réussi à faire : être crédible. On a un conte de fée en live action dans lequel on accepte volontiers de plonger, sans se dire toutes les 2 secondes que ça sent trop le fond vert, le masque dégueu en latex ou les effets spéciaux bas de gamme. Décors, effets numériques, costumes, maquillages, coiffures, tout est très bien fait. J'ai un peu plus de réserve sur le jeu des acteurs, que j'ai trouvé assez faux dans l'ensemble. Après ce coté excessif colle à l'histoire et plait aux enfants, donc pourquoi pas. On appréciera quand même le fait qu'on croise des acteurs hyper connus, comme Cate Blanchett, ainsi que des acteurs qui sans être d'énormes stars restent de bonnes pioches, comme Richard Madden, dont on connait tous le visage à cause de Game of Thrones.

Seulement voila, si j'ai envie de voir l'histoire de Cendrillon niaisé à la sauce Disney, bah je vais me voir le bon vieux dessin animé. Pas ce film. Je l'ai vu une fois, ce n'était pas une torture, mais ça me suffit, je le regarderais plus jamais. On n'a pas suffisamment réussi à twister l'histoire pour faire de ce film une entité clairement différente de toutes les versions du conte qu'on connait déjà. J'ajoute à ça que la bande-annonce est vraiment naze : sans rire, ça raconte TOUT le film. Déjà qu'on connait tous l'histoire, on fait en plus vraiment aucun effort pour nous surprendre. J'ai également trouvé le film trop long, il y a au moins une demi-heure de trop. 1h45, pour un film pour enfants, ça commence à faire, leur durée d'attention à des limites. Et pour les parents qui les accompagne, ils auront forcément une impression de film inutilement tiré en longueur dans la mesure où ils connaissent l'histoire par cœur, on tente de mettre du suspense là où il n'y en a pas.

Ce qui m'inquiète un peu, c'est que je sens que je vais pouvoir copier/coller ce commentaire sur plein d'autres films à venir... Disney ayant prévu des lives actions de tous ses classiques, le prochain à sortir sera "La Belle et la Bête", on risque un peu l'overdose à un moment.
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