Commentaires de films faits par pwachevski

Citations de films par pwachevski

Commentaires de films appréciés par pwachevski

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Shokuzai, Episode 2 : Celles qui voulaient oublier
Ce commentaire sera court, dans la mesure où j'ai trouvé dans ce second épisode les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans le premier. L'histoire est plutôt originale et touchante, c'est bien joué, la réalisation est propre malgré quelques scènes un peu grotesques ; mais la construction de l'intrigue me déroute totalement. Il n'y a finalement que le tout premier chapitre du film 1 (la mort d'Emili) et le tout dernier chapitre du film 2 (la résolution de l'enquête) qui se font directement échos. Ce qui se passe entre, l'histoire des quatre autres petites filles, c'est finalement totalement accessoire. Même si dans l'absolu j'ai passé un bon moment devant ces deux films -j'ai vraiment trouvé ça distrayant- je ne peux pas m'empêcher de me demander quel était l'intérêt des 3/4 du projet... Et par conséquent, même si là encore, j'ai passé un très bon moment, je n'arrive pas à me dire totalement emballée par cette saga.
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Shokuzai, Episode 1 : Celles qui voulaient se souvenir
J'ai aimé ce film tout simplement parce que je l'ai trouvé distrayant. Bien que certains commentaires postés avant moi fassent état de longueurs, je ne les ai absolument pas ressenties. J'étais totalement prise dans le film, je n'ai pas vu le temps passer, et je n'ai véritablement eu aucun instant d'ennui.

Je trouve que c'est un thriller original dans sa construction, car le suspense ne se situe pas vraiment là où on pourrait le penser. Le tueur de la petite fille ? On s'en fout un peu. L'intérêt de la chose est de voir l'après, la reconstruction des différents personnages. Je trouve ce point de vue très intéressant.

Et d'autant plus intéressant que la réalisation n'en fait pas des caisses. L'émotion passe, on ressent le chagrin de cette mère, la culpabilité de ces filles, sans qu'on ait besoin de le marteler lourdement. La photographie est élégante, et permet de faire bien sentir, rien qu'à l'image, trois temps dans l'histoire. Les acteurs, enfin surtout les actrices, proposent un jeu convainquant. J'ai néanmoins trouvé que la direction d'acteurs aurait pu être plus travaillée, au niveau du positionnement et des déplacements des acteurs. Ils se tiennent parfois d'une façon un peu gauche, comme s'ils ne savaient pas quoi faire de leur bras.
Certains points de réalisation manquent de finesse
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(Par exemple, la scène de course poursuite qui donne bien le mal de mer ; quand le personnage a ses règles et qu'un TORRENT de sang lui coule sur la jambe ; la fin, avec cette mort bien clichée)
. Je trouve ça regrettable car dans sa globalité la réalisation est sobre et soignée, puis BOUM, arrive un élément qui fait tache. Mais, j'ai trouvé ça bien moins dérangeant et "japaniais" que dans Real du même réalisateur, donc on va dire que ça passe.

Mon seul vrai regret par rapport à ce film, c'est cette impression de ne pas vraiment savoir dans quoi je me suis embarquée. Où on cherche à m'emmener ? J'ai l'impression d'avoir vu trois court-métrages, plus qu'un ensemble cohérent. Les pièces du puzzle ne s'imbriquent pas vraiment. Bien que j'ai aimé les trois histoires "prises séparément" et on peine à percevoir l'intérêt global du projet. J'espère que la suite proposera une conclusion convaincante.
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Voyage à Tokyo
date : 15-01
Ce film m'a agréablement surprise par son accessibilité. Soyons honnête, quand on dit "film japonais, de 1953, en noir et blanc, et seulement en VOST" on s'attend à un truc un peu bobo intello trololol hipster. Et en fait pas du tout. C'est un film simple, sans aucune prétention, et qui traite de problématiques universelles. Vraiment tout le monde pourrait s'y retrouver.

L'ensemble manque peut-être parfois un peu de rythme, mais j'ai néanmoins trouvé ce long-métrage très agréable à regarder. Il s'en dégage une sorte de charme désuet, qui nous fait plonger avec plaisir dans ce japon des années 50, sa simplicité et ses traditions. Ça correspond vraiment à cette image d'Épinal qu'on peut avoir de ce pays, qu'on retrouve également dans certains Ghibli. La comparaison vous paraitra peut-être douteuse, mais je retrouve vraiment la même intention dans ce film que dans "Mon voisin Totoro", par exemple.

Il s'en dégage une émotion sincère à l'évocation du thème de la famille. C'est assez rare de voir des personnes âgées au cinéma, mais en plus elles sont ici au cœur du film, ce sont véritablement les personnages principaux. L'ensemble amorce une belle réflexion sur les relations parents/enfants, qui sont parfois (souvent) ingrates.

J'ai aimé le côté intimiste de la mise en scène, avec pas mal de gros plan sur les visages des personnages, et des plans larges savamment choisis. Elle est à l'image du reste, simple mais efficace. La musique souligne l'ensemble sans lourdeur.

Je regretterais par contre les personnages parfois un peu caricaturaux. Il y a les méchants enfants qui ne s'occupent pas de leurs parents et la gentille belle-fille qui est absolument charmante avec eux en toute circonstance. Ça manque un poil de nuance. J'ai également trouvé la fin trop attendue, bien que touchante par ailleurs.
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Le vent se lève
date : 27-12-2017
Encore un magnifique film de Ken Loach, décidément l'un des meilleurs cinéastes britanniques actuels. Un cinéaste britannique qui impose ses codes britanniques, et ça fait du bien, surtout pour des films historiques comme celui-ci, que l'emphase toute hollywoodienne gâches systématiquement (cc "Le Majordome").

C'est un film dur, très très dur par moment, mais d'une justesse époustouflante. A aucun moment on ne tombe dans la violence gratuite ou dans le spectaculaire, le grandiloquent ou le sensationnalisme. On cherche juste à faire un film vrai, un film crédible, un film qui fait réfléchir et on y arrive très largement.

Je me suis sentie totalement emportée par cette histoire. Bouleversée par la tragédie de ces deux frères, qui à mon sens est la force de ce film. On cherche en aucun cas à être exhaustif sur un événement historique, ça a déjà été fait, mais plutôt à donner un nom, un visage, une famille, un groupe d'amis à cette guerre. C'est ça qui créer l'empathie qui manque à d'autres films historiques, qui permet de se projeter et qui rend "Le vent se lève" si marquant.

La réalisation est à l'image du reste, brute, mais tout en justesse. Ce n'est pas un choix de facilité, mais un choix justifié par l'intrigue et totalement maitrisé. On nous offre une photographie superbe, une BO discrète mais savamment choisie, ainsi qu'une excellente direction d'acteur. Cillian Murphy propose un jeu tout en sobriété mais tellement prenant ; une découverte pour moi puisque j'ai mystérieusement réussi à éviter la quasi totalité des films de sa filmographie, pourtant bien garnie. Très bons seconds rôles également. L'ensemble du casting donne parfaitement vie à ces dialogues si finement écrits.
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Star Wars, Episode VIII : Les derniers Jedi
C'est toujours compliqué de critiquer un Star Wars, parce que c'est des films qui ont, d'une part, engagé un travail énorme qu'on ne peut en aucun cas dénigrer et qui, d'autre part, sont hyper distrayants. Franchement, il faudrait vraiment que je mente si je disais que j'ai passé un mauvais moment de cinéma. Les presque 2h30 de film passent toutes seules, je n'ai juste pas eu un instant d'ennui devant ce film. Sauf que passé l'euphorie de départ, je trouve ce film plutôt moyen. Il me laisse non seulement un gout de peut mieux faire, mais aussi et surtout un gout de déception que je n'avais plus eu dans cette saga depuis l'épisode 1.

Il y a sans nul doute des points positifs. Comme je l'ai déjà dis, c'est un film distrayant et rythmé, mais en plus distrayant et rythmé de façon intelligente. On ne se contente pas de faire un mauvais film d'action qui enchaine les scènes de combat sans âme. Non. On arrive à créer un véritable liant, offrant un enchainement très équilibré de combats dans l'espace, de combats au sabre et de scènes intimistes.

J'ai également apprécié la construction du film autour de plusieurs duos de personnages (Rey-Luke, Rey-Kylo, Luke-Kylo, etc.). Ça permet de créer de très beaux faces-à-faces, de vrais instants de tension.

Puis le scénario a quand même pas mal d'ambition. On n'a pas fait un copier/coller comme dans l'épisode précédent, on cherche au contraire à proposer quelque chose d'original. C'est en plus un scénario pas mal dense, avec beaucoup de personnages, beaucoup de sous-intrigues, beaucoup de questions posées...

... Et c'est là que ça commence à capoter. C'est là que le film commence à décevoir. Il a d'excellentes idées de base, mais il n'en fait RIEN. Ces questions appellent systématiquement à des réponses inexistantes ou hyper décevantes.
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On a AUCUNE explication correcte sur, par exemple, la mort de Han, l'identité de Snoke, la retraite de Luke ou les parents de Rey. Et quand on fait monter la mayonnaise depuis 2 films sur ces éléments pour RIEN bah ça me frustre. Beaucoup.[/spoiler]

Dans la continuité, j'ai été franchement déçue par la vacuité des personnages. L'épisode 7 avait pourtant posé une très bonne base, avec un trio de personnage Rey-Poe-Finn instantanément sympathique. Mais là encore, l'épisode 8 n'en fait RIEN ou presque. Pas de développements nouveaux, et même des régressions à coup de bons gros clichés. Il n'y a que Kylo qui, à mon sens, s'est bonifié avec le temps. S'il faisait un peu ado en crise dans l'épisode 7, on arrive ici au contraire à développer une personnalité complexe et torturée assez crédible. Il est également appréciable que Poe prenne plus de place à l'écran. L'introduction d'un nouveau personnage, Rose, ne sert plus ou moins à rien. [spoiler]Ce baiser final avec Finn tombe juste comme un cheveu sur la soupe. Puis chacun sait que seul Poe peut embrasser Finn de façon crédible.[/spoiler] On a inventé un nouveau concept, le sidekick du méchant, à travers le personnage de Hux qui est ridiculisé à la place de Kylo d'un bout à l'autre du film. Snoke est encore plus décevant que dans l'épisode précédent : juste le plus mauvais méchant de la saga. Les clichés sont tels qu'ils provoquent même des réactions assez improbables. [spoiler]La mort de Snoke notamment : même si j'ai toujours trouvé le personnage ridicule, c'est quand même censé être le grand méchant suprême. Et il se fait avoir comme un bleu et meurt d'une façon absolument pas épique. Comment voulez-vous que je crois en ce personnage si les personnes qui font le film n'y croient pas eux même ??![/spoiler]

Et de ce fait, le film ne créée aucune émotion. [spoiler]Même la mort de Luke on s'en balek, c'est dire.[/spoiler] Les seules pincements au cœur qu'on peut avoir, c'est quand on revoit une dernière fois Carrie Fisher. Sauf que ça, c'est la faute à pas de chance, et c'est en rien lié à au film lui-même. Ni à son scénario ni à sa réalisation.

Parlons-en d'ailleurs de la réalisation. Autant JJ Abrams avait fait un travail hyper léché, qui faisait vraiment du bien à cette saga qui a toujours manqué d'une réalisation forte, autant Rian Johnson nous fait franchement régresser.
Les scènes d'action, notamment les combats entre vaisseaux sont brouillonnes à souhait.
Certaines idées de réalisation sont juste MAUVAISES [spoiler](Leïa qui vole dans l'espace façon supergirl, mais WTF ??!)[/spoiler]
Les combats au sabre sont pas inspirés (entre les ralentis et Luke qui se prend pour Neo de Matrix...) et hyper mal chorégraphiés. On respecte en rien le "style de combat" qui s'était imposé dans la prélogie. [spoiler]Même dans les affrontements normalement de haut niveau comme Luke-Kylo ou Rey et Kylo contre Snoke et ses copains,[/spoiler] on n'arrive jamais à créer le suspense prenant d'un combat comme celui entre Anakin et Obi-Wan dans l'épisode 3 ou même, plus modestement, des combats contre le comte Dooku ou contre Grievious (so uncivilized motherfucker).
Rian Johnson marque aussi le retour d'un aspect commercial un peu trop présent à mon gout. Entre les Porgs et les chiens de cristal, ça sent la vente de produits dérivés potentiels à plein nez. C'est tout aussi grossier que les Ewok à leur époque.

Les effets spéciaux sont très inégaux, s'il y a des choses magnifiques il y a aussi beaucoup de choses assez moches. La motion capture ne semble pas avoir fait de progrès depuis Gollum. [spoiler]Le "Yoda marionnette" est... vintage.


L'humour du film est juste merdique. On nous prend vraiment pour des enfants, on se croirait dans un mauvais cartoon.

Pour finir, la BO est assez peu inspirée. Il ramollit un peu John Williams, non ? Mis à part les thèmes cultes de la saga, qu'on est toujours ravi d'entendre, il n'y a rien à se mettre sous la dent. Rien de mémorable.
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Jauja
Jauja réalisé par Lisandro Alonso
date : 25-10-2017
(Mais combien de langues parle Viggo Mortensen ??!!)

Je trouve que c'est un film qui est techniquement de bonne facture, et avec en plus une recherche artistique assez indéniable. Que ce soit dans la façon de filmer, dans les couleurs, dans la lumière naturelle, dans l'atypique format de l'image, dans le choix de ne pas tourner en numérique, dans les paysages montrés et dans le rythme lent qui permet de les apprécier, dans les bruitages (les bruits du vent, des vagues, des animaux, etc), dans la musique trop rare mais bien utilisée,... TOUT absolument TOUT est maitrisé et beau à regarder et à écouter.

Mais par contre le reste, je suis moyennement emballée. Étonnement, le rythme très lent du film ne m'as pas dérangé, dans la mesure où il se passe malgré tout des choses et qu'une véritable histoire est développée. Mais cette histoire me plait déjà moyennement : je suis allergique aux westerns, et on y retrouve tous ses codes. Et je n'ai en plus pas apprécié la façon dont elle est racontée. J'ai trouvé ça plat, fade, et même froid. Les dialogues sont creux. Il y a une distance désagréable entre les personnages et le spectateur. Il y a bien quelques instants lumineux, mais dans la globalité, on n'est pas touché par ce qu'on voit. Ça ne met pas non plus en valeur les acteurs. Parce que franchement, Viggo Mortensen était parfait pour ce rôle, mais son talent est tellement pas exploité, c'est bien dommage.
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Le ciel attendra
date : 15-10-2017
Disons le tout de suite, le thème est franchement casse-gueule ! Avec un sujet faisant l'objet d'une actualité aussi brulante, il aurait été très facile de tomber dans mille et un pièges. Et ce qui est bien, c'est qu'on nous en épargne la plupart.

Ce film prend de la hauteur, et se veut dépassionné. Un recule nécessaire, justement, pour nous épargner de nombreux clichés. Par exemple, on a fait le choix de montrer deux personnages féminins, intelligents, dans un environnement familial sain, voire plutôt aisé, l'une d'entre elle n'a même aucun lien avec l'islam. On n'a pas fait le choix facile et stéréotypé de deux hommes, musulmans, illettrés, barbus, trafiquants, en jogging, du 93 de préférence.

Je trouve que ça donne vraiment une force au film. Je ne connais pas assez le sujet pour dire s'il est véritablement réaliste ou exacte, mais pour moi ça n'a pas d'importance. Ce n'est pas un documentaire, mais bien une fiction ! Et cette fiction arrive à véhiculer un message fort et juste ; à mon sens c'est l'essentiel. On n'est pas dans la niaiserie "islamo-gauchiste" tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Mais on ne fait par pour autant le jeu des gens à droite de la droite de l'échiquier politique. On a vraiment trouvé ce juste milieu entre accusation et victimisation. On n'excuse rien, mais on n'accable pas non plus, on cherche juste à comprendre. Ça invite vraiment à la réflexion, je trouve.

Et à la réflexion se mêle avec brio des émotions assez fortes. On ne peut pas rester de marbre devant le malheur de ces parents. On ne peut pas rester de marbre devant les erreurs de ces filles. Comme le dit Nolwenn03 dans un autre commentaire, le cœur du film c'est vraiment la détresse des familles, plus que le terrorisme (à aucun moment on n'affirme que ces filles veulent devenir des combattantes) ou l'embrigadement (les recruteurs sont invisibles et les causes de la radicalisation ne sont pas vraiment expliquées).

Malheureusement, ce film ne fait que 1h40 ! Là où l'intrigue exigerait, je pense, plus de temps. J'ai trouvé que tout allait trop vite. Il y a trop de "déclics" qui se font en un claquement de doigts, et qui du coup, eux, ne sont pas crédibles.
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Sonia se "déradicalise" uniquement à cause d'une discussion de deux minutes, avec une femme qu'elle méprise, sous prétexte qu'elle lui a parlé de sa mère ? Et Mélanie se radicalise à cause de deux vidéos complotistes sur YouTube ?! Sérieusement ??!!


Et cette impression de précipitation me semble encore aggravée par le choix qu'à fait la réalisatrice de traiter en 1h40 non pas une, non pas deux, mais bien trois intrigues. La fille qui se radicalise ; la fille qui se déradicalise ; les parents d'un enfant radicalisé. Des intrigues qui sont totalement imbriquées les une dans les autres, et qui rendent l'ensemble un peu brouillon. On a l'impression désagréable qu'on ne tire pas le plein potentiel de chaque intrigue, de chaque personnage. Qu'on aurait pu nous en dire beaucoup plus. Par exemple, la première tentative de djihad de Sonia. Ou le personnage joué par Clotilde Courau, on n'a rien de mieux à nous offrir que dix scènes d'elle le regard dans le vide ?

Par ailleurs, j'ai trouvé la réalisation un peu moyenne. Je n'ai pas trop aimé la façon de filmer les choses. Je ne saurais pas spécialement dire pourquoi. Je n'ai pas vu de recherche artistique sur ce point en fait.

J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé l'interprétation de Noémie Merlant. Elle est juste crédible dans son rôle et dans son interprétation. Je la trouve particulièrement bonne actrice dans les scènes où elle joue des émotions fortes, par exemple dans ses colères. C'est le genre de scènes qui implique bien trop souvent un surjeu désagréable, même de la part de soi-disant grands acteurs (coucou Cluzet), qu'elle a parfaitement su éviter.

J'ai moins aimé Naomi Amarger, que j'ai trouvée un peu mièvre dans son interprétation. A moins que ce soit le personnage qui fait ça ? Pas très convaincue non plus par Dounia Bouzar, dans son propre rôle. Ce n'est pas une actrice quoi, et ça se sent. Je trouve que son texte faisait trop "récité", sans grand naturel. Puis surtout, le fait même de mettre en scène cette personne controversée, dans un film comme celui-ci, m'étonne un peu.
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Divines
Divines réalisé par Houda Benyamina
date : 11-10-2017
Pas totalement séduite par ce film, dans la mesure où je trouve qu'il manque d'originalité. Je trouve que le genre du "film de banlieue" ne se renouvelle pas assez. Depuis La Haine, j'ai l'impression de revoir systématiquement le même schéma d'intrigue et donc le même film. On joue toujours sur les mêmes facilités d'écriture, on revoit toujours plus ou moins les mêmes personnages, les mêmes situations, les mêmes dialogues, les mêmes scènes un peu cliché, et les mêmes messages martelés sans grande finesse ("ici il n'y a pas de travail" par exemple).

Tout ça a tendance à me lasser, parce que je pense qu'il y a véritablement moyen de proposer autre chose sur ce thème et donc de mieux faire. Si on prend en exemple le cinéma social anglais de Ken Loach : sur le même sujet des classes défavorisées, aucun de ses films ne se ressemble ; il arrive systématiquement à faire partir les choses dans des directions différentes. Dans un de ses films, il va nous parler de football, dans un autre de whisky, dans un autre d'immigration, dans le suivant de la recherche d'emploi. Et ces thèmes sont suffisamment bien traités pour être véritablement au cœur du film. Le milieu social des personnages devient secondaire, un simple décor d'arrière plan ; et du coup, même si le message final est toujours le même, on n'a pas cette impression de répétition.

Dans "Divines" on sent qu'on a recherché une construction similaire, en intégrant notamment le thème de l'amitié, ainsi que celui de la danse, et le jeu d'attirance que ça va impliquer. Alors ça, c'est vraiment une super idée. Parce que c'est original et très poétique. Mais je trouve que la danse n'est pas suffisamment au cœur du film pour nous faire oublier le reste. Ce n'est traité finalement que par petites touches, dans des scènes certes magnifiques et extrêmement marquantes, mais trop rares. Malgré leur perfection, elles ne m'ont pas permis d'oublier le reste, auquel j'ai eu du mal à m'accrocher.

Autre point de scénario qui m'a beaucoup plus, c'est cette impression de "rôles inversés". Je ne sais pas comment l'expliquer, mais par exemple le personnage de Rebecca : sur le papier, on a TOUS les marqueurs du personnage masculin. Dans 99% des autres films, ce personnage aurait été un homme. Pourtant, on a choisi d'en faire une femme. Et ça reste hyper crédible. De la même façon, le danseur est un homme. Alors que le cliché consisterait à dire que c'est un truc de fille.
Au-delà de l'anecdote, je trouve que ça change véritablement tout le film. Si Rebecca était un homme, sa relation avec les deux filles, Dounia et Maimouna, aurait forcément été différente. On n'aurait pas eu cette complicité, elles ne se seraient probablement pas parlées d'égal à égal, on aurait forcément eu un jeu de séduction plus ou moins consenti, etc...
Les personnages forts, ce sont véritablement les femmes dans ce film. Les hommes ne sont pas relayés au second plan, mais sont dans une situation d'infériorité dans laquelle il est plutôt rare de les voir, au cinéma comme ailleurs. C'est eux les objets de désir pour une fois.

Je trouve du coup d'autant plus décevant que certaines scènes soient tellement faciles et déjà vues, justement parce qu'on sent qu'on a de vrais scénaristes derrière le film. Des scénaristes qui ont du talent et des bonnes idées, et qui auraient pu et dû proposer autre chose.

Par contre, j'ai beaucoup aimé la réalisation. On n'a pas déployé d'énormes moyens hollywoodiens, mais bien au contraire on a gardé un aspect très "brut" qui colle parfaitement au thème. Et le résultat est super bien fait, parce qu'il est propre. On a pas cette caméra à l'épaule qui gigote trop et donne le mal de mer, par exemple. On a une réalisation au contraire précise, qui met bien en valeur les comédiens, leurs jeux, les danses, l'histoire. Je reviens dessus, mais les scènes de danse sont top ; et c'est une façon très originale et étrangement pudique de faire monter la tension entre Dounia et Djigui.

Très bon casting également. Oulaya Amamra, je n'ai même pas de mot pour la décrire. Elle est juste lumineuse. C'est un peu dommage que Déborah Lukumuena ait un rôle moins important dans le film, parce qu'elle est au moins tout aussi prometteuse. Leur duo fonctionne super bien, on sent que l'alchimie a eu lieu entre les deux actrices, on a vraiment l'impression de voir deux copines, pour de vrai. Jisca Kalvanda est très crédible dans son rôle de femme forte. L'acteur qui joue Djigui est peut-être un peu trop stoïque par contre. En dehors des scènes de danse, j'ai trouvé qu'il ne transmettait pas beaucoup d'émotions aux spectateurs.
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Frantz
Frantz réalisé par François Ozon
date : 11-10-2017
Le scénario du film est très décevant, car vraiment trop prévisible. Je crois que j'avais compris ce qui allait se passer dès les 2-3 premières scènes.
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Je me suis même torturée l'esprit en me disant que ce n'est pas possible que ce soit aussi simple ! Je me suis dis qu'on allait nous sortir un retournement de situation. J'ai même fini par croire que Franz et Andrien auraient pu être amants (d'autant plus que ce réalisateur aurait parfaitement pu traiter ce genre d'intrigue). Mais non. Je suis allée chercher trop loin, l'enjeu du film repose bien sur un élément peu original et totalement évident.


Néanmoins, malgré ce gros défaut, j'ai quand même adoré le film, car tout le reste est parfait. Si le scénario est attendu, on se prend quand même très largement au jeu de ces mensonges. Les intrigues secondaires sont plutôt très bien écrites (par exemple, la façon dont les personnages se retrouvent, ou la façon dont est montré l'impacte de la guerre sur l'ensemble de la société). Le rythme a juste ce qu'il faut de lenteur pour créer une ambiance un peu lourde et mélancolique, mais sans devenir ennuyant. Les personnages sont assez finement construits, avec des sentiments et des émotions complexes, qui transparaissent bien à l'écran. L'évolution des relations entre les personnages est crédible. On est ému à plus d'un moment.

La réalisation est d'une précision rare. Trop rare même, pour du cinéma français. Parfois l'usage du noir et blanc sonne prétentieux, mais ici c'est parfaitement utilisé. Ça crée un vrai contraste avec les quelques scènes en couleurs. Puis surtout, c'est d'une élégance folle. La photographie est juste sublime !

La direction d'acteur est topissime. Pierre Niney, qu'on savait déjà bon acteur, arrive néanmoins à nous étonner. Dans Yves Saint Laurent il était impressionnant car il imitait à la perfection quelqu'un. Mais je le trouve encore meilleur ici car il est plus "lui-même". Il est touchant comme jamais et transmet plein de choses aux spectateurs. Paula Beer est pour moi une découverte, et une très bonne découverte. Elle est elle aussi parfaitement juste dans son jeu ; touchante malgré sa sobriété dans l'interprétation.

Pour l'un comme pour l'autre, ces qualités sont vraies en langue française comme allemande. Je ne sais pas dans quelle mesure ils maitrisent l'autre langue, ou ont simplement appris leurs textes en phonétique, mais ils ont tous les deux un accent et un phrasé crédible. On a pas du tout l'impression qu'ils récitent bêtement quelque chose. Ça n'a véritablement aucun impacte sur leur façon de jouer, qui est toujours aussi naturelle, ce qui est plutôt très rare.

Et d'ailleurs, j'ai adoré ce parti pris de faire un film bilingue. C'est à mon sens ce qui manque à tous les films historiques américains, qui perdent ainsi en crédibilité (franchement, allez regarder The Reader en VO, avec les acteurs qui parlent anglais avec un accent allemand, c'est parfaitement ridicule). Rien qu'à cause de cet élément, on est instantanément plongé dans l'ambiance, dans un pays, dans une époque.
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Les Chemins de la liberté
date : 02-08-2017
Je n'ai pas lu le livre dont est tiré le film, mais je suis quasiment certaine que j'aurais préféré mon expérience de lectrice à mon expérience de spectatrice. C'est assez évident qu'à l'écrit, on peut atteindre un niveau de détail et de justesse plus élevé dans la description d'un voyage tel que celui-ci. Notamment dans la description de ses difficultés, de ses souffrances et des sensations des personnages (le froid, le chaud, la crasse, le manque d'intimité,...). Mais bon, ça je m'y attendais dès le départ, donc je passe outre.

D'autant plus qu'un film a aussi ses avantages sur le livre : l'image. Et sur ce point on est servi, on enchaine les magnifiques paysages. Ça donne même un petit côté contemplatif, accentué par le rythme assez lent et le coté très linéaire du film ("Et après cette forêt nous traverserons une plaine, et après la plaine, nous traverserons un lac, et après le lac, nous traverserons une autre forêt, et après cette autre forêt, nous traverserons un désert,..."). Bon c'est sûr que c'est le genre de construction un peu spéciale, qui n'est pas faite pour plaire à tout le monde, mais ça m'a plutôt plu ici.

J'ai eu franchement beaucoup plus de mal avec le coté froid de ce film. Je trouve que le réalisateur a mis trop de distance entre le spectateur et les personnages. Sans déconner, à la fin du film j'étais toujours incapable de dire quels étaient leurs prénoms ! Quand à leurs caractères, c'est vraiment simple et limité : le gars gentil, le gars intelligent, le gars marrant, le gars violent, le dessinateur, la fille (oui, être de sexe féminin est un trait de caractère dans ce film), le catholique. Mouais. On a vu mieux.

C'est d'autant plus gênant et frustrant, qu'il y a du très beau monde au casting ! Colin Farrell que j'adore, Ed Harris qui est un monument, la très prometteuse Saoirse Ronan,... C'est quand même des acteurs aux épaules solides, qu'on aurait pu un peu plus pousser dans leurs retranchements. Le réalisateur avait largement de quoi créer des grands moments d'interprétation et d'émotion, et il ne l'a malheureusement pas fait. Il n'y a pas des scènes qui marquent et qui restent réellement en mémoire une fois le film fini. Ça reste globalement très plat. Mais on échappe au moins aux bon sentiments et niaiseries, souvent légion dans les films américains de ce genre.

Après, malgré ces défauts, j'ai quand même trouvé que c'était un beau film dans l'ensemble. Dans les images, dans l'histoire, dans le message véhicule, il y a vraiment quelque chose qui m'a séduite et qui fait que je garderais un bon souvenir de cette expérience. C'est certes pas le meilleur film que j'ai vu dans ma vie, mais ça reste un bon film, je pense.
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Un moment d'égarement
date : 27-07-2017
Le thème me faisait penser au film "amitiés sincères" avec Gérard Lanvin et Jean-Hugues Anglade, qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Eh bah, je ne sais pas si c'est le thème qui ne me convient pas, mais j'ai trouvé "un moment d'égarement" encore pire. "Amitiés sincères" avait au moins le mérite d'être juste et pas caricatural, je ne peux vraiment pas en dire autant de ce film !

Enfin, je n'ai pas passé un mauvais moment. Il ne faut pas exagérer. Je dirais même que j'ai passé un moment agréable, car le film est distrayant. Mais ce n'est pas pour autant qu'il m'a séduite. Très loin de là.

Je trouve qu'il y a un gros problème au niveau de l'ambiance. En général, les comédies dramatiques "ratées" sont celles où un genre prend le pas sur l'autre. Alors ça donne éventuellement une bonne comédie ou un bon drame, mais pas une bonne comédie dramatique. Mais là même pas ! Ni un genre ni l'autre ne fonctionne, et ça donne donc juste un entre-deux bâtardé désagréable.

Comme d'autres, j'ai un énorme doute sur l'aspect comique. Je n'ai définitivement pas trouvé le film drôle. Mais je l'ai quand même trouvé bon enfant à de nombreux moments. Joyeux et pétillant quoi. On se sent bien quand on le regarde. Donc même si on se tord pas de rire, pourquoi pas.

Puis à d'autres moments, le film se voudrait plus dramatique. Le sujet se prête d'ailleurs au drame, peut-être même plus qu'à la comédie. Mais là encore, ça ne prend pas. Parce que rien ne m'a semblé assez développé. On survole des thèmes comme, bien entendu "mon meilleur pote couche avec ma fille", mais aussi le deuil, le divorce, l'éducation des enfants, le pardon,... Mais on survole seulement. Donc on est au mieux pas touché par ce qu'on voit, au pire dans l'incompréhension des réactions des personnages, à la fin notamment. Il n'y a finalement que le personnage de Marie qui m'a touché, parce que c'est le seul dans lequel on arrive à se projeter, à s'imaginer à sa place.

Mais plus que ça, ce qui m'a vraiment gêné, c'est l'horrible manque de finesse de ce film. Tout est dans la surenchère, dans la caricature, c'est plus d'une fois très lourd.

Jouer sur des stéréotypes peu inspirés des "ados d'aujourd'hui" peut à la limite prêter à sourire si on se prend au jeu. Mais Louna avait elle vraiment besoin d'être aussi débile ? Nan mais sérieux, elle est juste ridicule avec ses "mais je t'aiiiiime". Cluzet avait il vraiment besoin d'être aussi INSUPPORTABLE ? Il joue son éternel rôle de gueulard colérique qui en fait 10 tonnes. C'est un bon acteur pourtant, mais ce genre de rôle me gonfle systématiquement.
Cassel, je ne sais pas trop comment dire, mais j'ai l'impression qu'il joue un peu toujours de la même façon. Quelque soit le rôle, ça finit toujours sur des envolés lyriques avec un débit de paroles très rapide. Alors, bon, okay on ne se refait pas, mais ça participe à cet impression de surenchère. L'un comme l'autre, on dirait qu'ils s'imitent eux même. Mais Cassel est au moins juste, et touchant dans les scènes où il doit l'être, donc ça va quand même.

J'ai plus de la sympathie pour les deux filles. J'aime bien Alice Isaaz, je l'avais déjà vu dans 2 ou 3 autres films, je la trouve assez prometteuse. Ça confirme. Je ne connaissais par contre pas Lola Le Lann, et autant j'ai trouvé son personnage très mal écrit, autant j'ai trouvé qu'elle lui donnait bien vie. Je n'ai rien à lui reprocher. Elle en fait pas des caisses, mais elle dégage ce charme un peu candide mais pas trop que devait avoir le personnage. Elle a vraiment compris ce qu'on attendait d'elle. Dommage que LA ENCORE, la réalisation rajoute des effets pas très fins et absolument pas nécessaire. Genre des gros plans sur ses fesses, ses seins, la scène où elle est complètement nue, et pas 2 secondes et de loin, hein, on peut l'admirer sous toutes les coutures (c'est drôle, c'est jamais les hommes qu'on voit entièrement nus dans ce genre de film, c'est toujours les femmes !), etc... On montre les sentiments naissants des deux personnages d'une façon absolument pas subtile. Enfin non, c'est même pas ça. On montre pas de sentiment, juste une attirance physique, c'est bien là le problème.

Ah et aussi, ça n'a rien à voir, mais il fallait que je le dise : la Corse, c'est magnifique. Les paysages de oouuuf quoi.
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Avant toi
Avant toi réalisé par Thea Sharrock
date : 29-06-2017
Ce n'est pas mon genre de prédilection, mais j'ai très sincèrement passé un excellent moment. Si l'enchainement d'actions reste prévisible, c'est une romance pleine de douceur, rythmée, drôle par moments, émouvante à d'autres. Les personnages sont super attachants, l'alchimie passe entre les deux acteurs principaux. L'intrigue amoureuse principale est réaliste, on laisse le temps aux personnages de se découvrir, de s'apprécier, et simplement de tomber amoureux. Les intrigues secondaires Louisa/Patrick ; Will/Alicia souffrent par contre de quelques clichés. Comme tous les films de ce style, la réalisation n'est pas très mémorable. Néanmoins, les lieux de tournage sont plein de charme, les costumes du personnage de Louisa valent le détour et la BO arrive à la fois à être actuelle et assez bien choisie.

Le casting est globalement sympathique. C'est agréable de voir des "visages connus" dans les seconds rôles (Jenna Colleman, Matthew Lewis, Charles Dance, etc.). Sam Claflin joue avec sobriété, mais est convainquant, fait sentir l'évolution de son personnage. J'ai par contre un peu de mal avec Emilia Clarke. Elle fait parfois de ces mimiques tellement improbables ! Du genre, sa façon de froncer les sourcils. Cela laisse un sentiment curieux de surjeu permanent. Après, je ne la blâme pas, parce que son personnage est extraverti et extravagant, donc cette façon de jouer n'est pas trop gênante dans ce contexte. Quand elle joue son personnage de Game of Thrones, par exemple, ça me dérange beaucoup plus.

Le traitement du thème du suicide assisté aurait pu être plus poussé. On aurait pu être plus pédagogue et j'y ai trouvé quelques petites maladresses
Spoiler(cliquez pour révéler)
, par exemple, l'impression que la seule chose qui dérange Louisa et les parents de Will, c'est ce sentiment un peu égoïste de "je veux que tu restes avec moi". On ne questionne pas la moralité d'un tel acte ou encore le fait qu'il doit se rendre à l'étranger pour ça et que ce soit illégal dans son propre pays. Ou cet espèce d'ultimatum "rien ne me fera jamais changer d'avis" quand bien même il entrevoit une vie qui pourrait être heureuse.
Néanmoins, j'ai un peu envie de dire qu'on s'y attendait dès le départ ! C'est le genre de film qu'on va voir pour la romance, pas pour apprendre des choses. Donc je pense qu'on peut facilement passer l'éponge sur ce défaut.

Je précise tout de même que je n'ai pas lu le livre de Jojo Moyes, donc je ne sais pas du tout si c'est une bonne adaptation. M'enfin, c'est elle est scénariste du film, alors je pense qu'elle n'a pas ruiné son histoire ! Par contre, je sais qu'il y a une suite déjà écrite, j'ai un peu de mal à comprendre de quoi ça va parler. La fin du film se suffit à elle même, ne laisse à mon sens pas de porte ouverte à une seconde intrigue intéréssante.
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Bienvenue à Marly-Gomont
date : 22-06-2017
Une espèce de mélange entre "Bienvenue chez les ch'tis" pour les blagues sur le nord (je me demande d'ailleurs si le titre n'est pas un clin d'œil ?), un film du genre "Paris à tout prix" ou "Né quelque part" pour les clichés sur le pays d'origine et "Médecin de campagne" pour la question des déserts médicaux. Le tout, sur fond de succès du chanteur Kamini, devenu un peu ringard depuis, il faut bien le dire... Et contre toute attente, bah ça fonctionne plutôt bien. Bien mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre au départ.

C'est sûr qu'il n'y a pas d'originalité, dans la construction du film ou dans la réalisation ; j'ai également regretté l'interprétation un peu limitée des différents acteurs. Mais j'ai trouvé le message sincère. Touchant à plus d'un moment, sans faire moralisateur "le racisme, c'est pas bien". L'humour fonctionne plus ou moins selon les scènes, mais a le mérite d'être moins lourd que dans le film de Dany Boon. Le rythme est bon. On perçoit bien l'évolution des différents personnages.

Bref, si ce n'est pas le film de l'année ou un film particulièrement marquant, ça reste un film "bonne surprise", qui m'a fait passer un bon moment.
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Retour chez ma mère
date : 06-06-2017
Un film sans aucune surprise, que ce soit au niveau du scénario, de la réalisation ou de l'interprétation. On sait dès le début ce qu'on va voir. Après, si ça manque clairement d'originalité et d'ambition, je trouve quand même certains commentaires un peu durs. Parler de "daube", par exemple, me semble un peu méprisant pour l'ensemble de l'équipe, qui n'a clairement jamais eu la prétention de proposer un grand film, mais juste un divertissement canapé pas prise de tête. Faut prendre le film pour ce qu'il est ! Et au vu des objectifs qu'ils se sont fixés, il n'y a pas grand chose à redire : le contrat est parfaitement remplit.

L'ensemble reste quand même agréable à regarder, reprend une recette qui marche. L'idée de départ n'est pas trop mal, c'est une situation dans laquelle on peut facilement se projeter. S'il y a des bons sentiments à la pelle et jamais la justesse d'un film comme "Volver", le message global du film est quand même sympa. C'est rythmé. L'humour fonctionne plus ou moins bien selon les scènes, mais a le mérite de ne pas être vulgaire.
Autant je trouve qu'Alexandra Lamy n'a pas assez d'épaisseur pour jouer des les rôles dramatiques, autant je l'aime beaucoup dans ce genre de rôle comique. Elle est pétillante et dégage naturellement ce côté drôle et décalé, elle participe au capital sympathie qu'on peut avoir pour ce film. Josianne Balasko n'a plus grand chose à prouver. Mathilde Seigner est également une bonne pioche.

Après, de par son manque d'originalité, je trouve que le film ne se démarque pas de la masse des films produits en France. Que je vois cette comédie française ou une autre, j'ai l'impression que c'est un peu pareil. Malgré le bon moment passé au visionnage, il n'y a rien de vraiment mémorable au final.
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La Forêt de Mogari
date : 27-05-2017
Voila ce qu'on pourrait appeler un film contemplatif...

Le plus gros intérêt de la chose, si ce n'est le seul, c'est son aspect visuel. Alors sur ce point rien à redire. Mise à part une caméra que j'ai trouvé un peu gigotante, c'est vraiment parfait. Les paysages sont beaux, les acteurs sont biens filmés (c'est tellement rare de voir des personnes âgées au cinéma !), les éléments tirés de la culture traditionnelle japonaise (la calligraphie par exemple) sont plein de charme. J'ai également trouvé que les sons, pas forcément la musique, mais les bruitages, étaient d'excellente qualité.

Pour le reste, je ne retiendrais pas grand chose de ce film. Je me suis ennuyée, tout simplement. Les rythmes lents ne me gênent pas, encore faut il avoir quelque chose à raconter. Et ici, le scénario est assez inconsistant, bien que prometteur "sur le papier", tel que décrit dans le synopsis. J'aurai aimé qu'on me raconte cette histoire, parce que qu'elle aurait pu être hyper touchante. Mais le film m'a semblé raconter du vide. Beaucoup de phase de silence. Les dialogues ne semblent avoir ni queue ni tête. Les personnages manquent de personnalité et ne sont donc pas touchants.

Je ne suis pas mécontente d'avoir découverte cette "réalisatrice-artiste", parce qu'elle a un univers vraiment intéressant. Je pense que c'est le genre de personne dont il faut voir un film au moins une fois dans sa vie. Mais je ne pense pas renouveler l'expérience.
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Haewon et les hommes
date : 25-05-2017
Il y a quelque chose de charmant dans ce film, qui fait qu'il se regarde globalement avec plaisir, malgré son rythme un peu lent. Le couple en question est mignon et touchant à sa façon. Les dialogues sont très bien écrits. Les paysages et lieux montrés sont beaux. L'actrice principale, Jung Eun-chae déborde de naturel, de fraicheur et de spontanéité.
Mais... Je ne sais pas... Il m'a manqué un truc, que je n'arrive pas vraiment à identifier. Ce petit twist qui m'aurait fait aimer véritablement ce film.
Peut-être est-ce le fait que l'intrigue soit cousue de fil blanc et finalement sans surprise ?
Peut-être est-ce la réalisation un peu froide ? Elle est, d'un côté superbe. On enchaine les plans séquences tous plus parfaits et millimétrés les uns que les autres. Mais de l'autre côté, j'ai trouvé qu'elle faisait parfois un peu exercice de style. Quelle n'était pas mise au service de l'histoire. Par exemple, dans sa façon de tout filmer de loin, et donc de ne pas mettre en valeur les acteurs. J'aurais également apprécié une musique de fond plus présente.
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Mes séances de lutte
date : 19-05-2017
Bon j'avoue que c'est un peu à reculons que je suis allée voir ce film. Je l'ai vu plus par "obligation" (le challenge festival de Cannes, toussa toussa) que par choix. L'univers du réalisateur ne m'intéresse vraiment pas, le thème du film m'attire moyennement, mais je me suis dis que la pétillante Sara Forestier me ferais changer d'avis.

Et au final, il semblerait malheureusement que mes a priori se soient vérifiés. J'ai trouvé ce film tellement... "Cliché du cinéma français". Le drame incompréhensible et qui va nulle part. Les personnages antipathiques. Le scénario inexistant. L'absence de message final. Et même les cigarettes, tout y est.

Mais parmi tous ces clichés, ce qui m'a le plus gêné, c'est vraiment les dialogues qui semblent tellement irréels. Franchement, mais personne ne parle comme ça dans la vraie vie !!!!! Eh ouais, dans ce film on ne dit point "tu commences à me faire chier, là", non monsieur, on dit "tu viens me chercher querelle". Ah quand même.

Ni le texte en soit, ni les intonations données par les acteurs ne semblent véritables. On dirait des personnes qui répètent une pièce de théâtre sans jouer. Les répliques s'enchainent sans naturel aucun. Tout est écrit, travaillé, millimétré, mais je dis vraiment ça dans le mauvais sens de ces termes. Le résultat est à l'exact inverse de l'effet probablement recherché. Plutôt que d'être percutant, le film est juste bavard, et finalement long, et pas bien intéressant.

J'ai aussi trouvé que les scènes "de luttes" manquait de sensualité. On va pas se voiler la face, s'il n'y a pas forcément d'acte sexuel en soit, c'est bien de cela dont il est question. Et c'est d'ailleurs sur cela qu'on joue aussi bien sur l'affiche que dans la bande annonce, et même dans le synopsis. Mais c'est finalement pas du tout assumé, dans le film même. J'ai trouvé ça tellement plus violent qu'émoustillant. C'est définitivement bien de la lutte, et non de l'amour qui est montré dans ce film.

Par contre, d'autres aspects de la réalisation sont simplement parfaits. La mise en scène notamment est hyper travaillée, mais dans le bon sens du terme, cette fois. On a vraie direction d'acteurs. On leur a indiqué ce qu'ils devaient faire, comment ils devaient bouger, et on les a filmés en conséquence. Les plans séquences sont superbes, et mettent en valeur les deux acteurs principaux. Sara Forestier comme James Thiérrée sont vraiment très bons. J'aurai pu mettre le film en vu aussi rien que pour eux deux... Mais finalement non. J'ai tellement pas pris plaisir à voir ce film que c'est pas possible pour moi de le surclasser comme ça.
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Leviathan
date : 18-05-2017
Le scénario est juste dingue. Je lui mets 10/10 sans aucune hésitation. Bon il va sans dire qu'il ne sert pas à grand chose de voir ce film si on ne connait pas la philosophie de Hobbes. Si vous n'avez pas le courage de lire le livre "Le Léviathan" lisez au moins un résumé de la thèse développée ou un cours de philo sur le sujet, avant de voir le film. Ça vous aidera grandement à le comprendre et à l'apprécier.

Mais, objectivement, c'est vraiment une super idée d'avoir repris la construction et les thèmes de sa réflexion (les Hommes, l'État, la religion) et de les avoir traité de cette façon. Ça rend les choses concrètes. On parle de politique et de corruption, mais on n'est pas en train de nous décortiquer un secret d'État de ouf. On a décidé de nous présenter un fait divers. On est vraiment au bas de l'échelle, un maire de campagne et une situation purement individuelle. Une expropriation c'est le genre de truc qui, finalement, pourrait arriver à n'importe qui, dans n'importe quel pays. C'est une injustice à la fois universelle et à taille humaine.

Et si on a réduit l'échelle, on n'a pas dilué le message pour autant. On arrive malgré tout à montrer toute la puissance de ce fameux Léviathan, qu'est l'État, sa justice, son appareil administratif, ses magouillages politiques et même religieux. Un Léviathan capable, sans aucun scrupule, de briser des Hommes. La frontière ténue entre le bien et le mal, fixée arbitrairement par les lois ou la morale (mais qui les édicte vraiment, et quels sont ses motifs ?) est également bien illustrée.

Par contre, justement parce qu'on a fait le choix de s'intéresser à une situation individuelle, j'ai regretté que le personnage de Kolia ne soit pas plus attachant. Il est même, disons le clairement, assez détestable. C'est censé être le "gentil" de l'histoire. La victime. La personne en qui le spectateur doit se projeter, à qui il s'identifie. Sauf que non, je ne me suis trouvée aucun point commun avec lui. Ça créer une sorte "d'écran", qui empêche les émotions de passer entre le cinéaste et le spectateur. C'est limite si on ne se dit pas qu'il mérite tous ses malheurs.

Par contre, sa femme Lylia est discrète mais assez touchante. Je l'ai trouvé digne dans sa façon de faire face, et de tout intérioriser pour éviter de jeter de l'huile sur le feu. Et j'ai bien aimé Dmitri, le personnage de l'avocat. C'est surement la personne la plus "normale" du film. Bien qu'étant un peu froid, je me suis sentie assez proche de lui. Mais bon, même si je les aime bien, ce n'est pas eux qui viennent créer l'émotion qui manque au personnage principal.

La réalisation est pas mal, après je me suis pas dis waouh non plus. Les paysages du nord de la Russie sont assez fascinants. Ils dégagent quelque chose de froid, d'austère, d'inquiétant, qui colle tellement bien à l'histoire. Les acteurs sont globalement convaincants. Il y a bien deux trois plans séquences pas mal du tout. J'ai également aimé les scènes d'intro et de fin, qui se font échos. Mais à part ça, la réalisation ne m'a pas marqué, ni par sa mise en scène, ni par ses cadrages, ni par sa musique. Les symboliques du Léviathan (son squelette apparaissant sur l'affiche notamment) m'ont semblé grossières et pas nécessaire. C'est bon, on annonce la couleur dès le titre du film, pas la peine d'en rajouter, quoi !

Contrairement à ce que j'ai pu lire ou entendre sur le film, je ne l'ai pas trouvé ennuyant. Bon c'est sûr que le rythme est lent et le thème pas super funky, mais je n'ai pas trouvé ça pire que le film dramatique moyen. Je ne le qualifierais pour ma part pas de film contemplatif. En tout cas, ce n'est pas l'image que je me fais d'un film contemplatif. Comme je viens de le dire, il n'y a pas grande chose à contempler dans la réalisation. Puis surtout, ce n'est pas du Terrence Malick ! Il y a quand même une vraie intrigue, extrêmement bien écrite, des dialogues nombreux et des actions qui s'enchainent à un rythme régulier, à défaut d'être rapide. Il y a bien une scène ou deux que j'aurais supprimées, mais globalement je n'ai pas ressenti de longueur ou de lourdeur pendant mon visionnage. J'ai sincèrement passé un bon moment.

Mais il m'a manqué l'étincelle. Le film est finalement trop cérébral, car le propos est hyper intéressant et intelligent, mais pas assez émotionnel. Voir ce film m'a fait un peu le même effet que lire un essai ou un ouvrage universitaire : même si c'est super instructif, mais ça ne deviendra jamais mon livre préféré.
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We need to talk about Kevin
date : 16-05-2017
C'est rare que je pense ça, mais j'ai trouvé le film nettement meilleur que le livre. L'adaptation a vraiment réussi à garder la puissance émotionnelle de l'histoire tout en gommant les défauts. Je vais pas vous refaire la critique du livre, allez la lire sur Booknode si ça vous intéresse, mais en gros, le livre était à mon gout trop bavard et alourdit par une construction sous forme de lettres envoyée par Eva à son mari. L'un dans l'autre, ça rendait l'histoire pas forcément passionnante, par moments improbable
Spoiler(cliquez pour révéler)
(notamment toutes les scènes dans la petite enfance de Kevin, où sur des dizaines de pages on nous expliquait qu'un bébé de quelques mois était consciemment insupportable avec sa mère et charmant avec son père. Ok. Quelqu'un y croit dans la salle ? Non. C'est bien ce que je pensais.)[/spoiler] et à d'autres moments sans surprise [spoiler](si la tuerie dans le lycée ne constitue pas un gros suspense, dans le livre comme dans le film, la mort du père et de la fille doit par contre être une vraie surprise. Ratée dans le livre, car sous-entendu avec trop de lourdeur à plusieurs reprises).


A coté de ça, le film est lui au contraire très silencieux, et du coup beaucoup plus saisissant à mon sens. Énormément de choses sont transmises aux spectateurs par du non-verbal. A travers le jeu sans faille de Tilda Swinton, auquel tient bien tête Ezra Miller dans la seconde partie du film. Mais aussi à travers la réalisation, que j'ai trouvé par moment "cronenbergienne" (ça se dit ?). Cette obsession pour la couleur rouge, qui apparait je crois sur tous les plans du film, et qui colle si bien à l'histoire, est très troublante. Ça donne vraiment une ambiance très particulière au film, gênante, un peu glauque même. Cette couleur est utilisée exactement de la même façon dans Faux-Semblants.

C'est sûr que des coupures énormes ont été faites dans l'intrigue originale, mais j'ai trouvé qu'elles avaient été faites avec une grande intelligence. Permettant de compresser les émotions et le demi-million de questions qu'on peut se poser en voyant cette relation mère-fils des plus atypiques, sans jamais dénaturer l'esprit du livre.

Après, je ne vous déconseille pas le livre pour autant, justement parce qu'il est nettement plus détaillé. Cela dit, je pense qu'il vaut mieux voir le film puis lire le livre que l'inverse. De façon à capter d'abord l'essentiel de l'histoire, puis de vous plonger dans les méandres de cette relation si cela vous intéresse. Plutôt que d'être submergé de détails avant de connaitre les tenants et aboutissants de l'intrigue.
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X-Men: Apocalypse
date : 30-04-2017
Du fait du classement en groupe dans ma cinéthèque, le film est dans ma liste or, comme le reste de la saga, mais tout seul il vaudrait plutôt une liste bronze.


Pulvérisé à sa sortie par les critiques américaines, je l'ai quand même regardé, tout simplement parce que j'aime les X-men et il n'y a pas de raison que sa change maintenant, non mais ! Après, je dois rester honnête, je ne suis pas MEGAAAAAA emballée non plus. Une part de moi est assez déçue, car ce film est indéniablement moins bon que celui qui l'a précédé. Après ce n'est pas la catastrophe non plus, mais c'est juste tellement décevant.

Commençons par le début, le casting est franchement bon. On est ravis de retrouver les "anciens nouveaux". Le trio James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence fonctionne vraiment bien, il y a rien à redire là-dessus. Mais par contre, on a fait le choix de fait passer Charles et Erik au second plan, ce qui m'a un peu dérouté. Adieu fanfictions gays sur tumblr, vous allez nous manquer.
Plus sérieusement, le duo, aussi bien de personnages que d'acteurs, marchait parfaitement et était très apprécié du public, je trouve donc ce choix un peu étonnant.

Les "nouveaux nouveaux" sont eux de très bonnes pioches pour la plupart. Avoir décroché le premier vrai rôle au cinéma de Sophie Turner, c'est-à-dire le rôle que tout le monde attend et va regarder au moins par curiosité, c'est quand même génialissime. D'autant plus qu'elle fait une jeune Jean Grey crédible. J'ai beaucoup aimé le fait que le côté vraiment très puissant et effrayant de son pouvoir soit parfaitement bien mis en avant, et ce dès le début du film. Il y a aussi Oscar Isaac, bien caché derrière son barbouillage immonde qui lui sert de maquillage (je n'ai vraiment pas aimé le visuel de son personnage ^^') qui met pas franchement son jeu en valeur, mais ça reste une bonne pioche. On retiendra aussi Kodi Smit-McPhee, qu'on commence, doucement mais surement, à voir dans pas mal de gros films.

Ensuite, il y a Bryan Singer à la réalisation ! Ce n'est pas forcément le meilleur réalisateur au monde, mais c'est le réalisateur historique des X-men. C'est un gars en qui on a confiance, on a du mal à l'imaginer ruiner la saga qui la fait connaitre. D'ailleurs, jusqu'à présent, les X-men considérés comme pas terribles n'avaient jamais été réalisés par Bryan Singer, la preuve qu'il a quand même un certain flair pour ne pas réaliser n'importe quoi sous prétexte qu'il y a un X-men dedans.

Mais là, je ne sais pas ce qui s'est passé, ça prend pas. Et je parle bien de la réalisation, elle ne prend pas.

Globalement, l'univers visuel est d'une laideur repoussante. J'ai déjà signalé le maquillage d'Apocalype. Mais son costume c'est pareil, il est cheap au possible. On dirait que sa tête est enfoncée dans un couvercle de chiotte, sérieux. Et je ne parle même pas de sa jupette. Il est censé faire peur quand même ! Complètement raté, il est ridicule sur toute la ligne. Même son pouvoir est montré d'une façon naze. Il sait faire des châteaux de sable, génial.
Les autres costumes ne valent pas forcément mieux. Genre la première apparition de Raven, elle porte une robe d'une vulgarité et d'un mauvais gout sans nom. Les décors ne sont pas très riches. L'univers égyptien n'est pas trop mon délire et on commence un peu à en avoir marre des bâtiments ennemis avec plein de petits recoins dans les murs pour se cacher, on a déjà vu ça 10000000000000 fois. L'éclairage est souvent trop sombre. Les effets spéciaux sont pas d'une qualité dingue et rendent les scènes d'action brouillonnes.

Je trouve qu'il y a aussi un problème de rythme. Les scènes d'émotions sont trop vite expédiées et du coup pas émouvantes du tout.
Spoiler(cliquez pour révéler)
(La mort de Havok, sérieux : - Scott : euh, au fait, il est où mon frère ? - Hank : oh bah, you know, il était très près de l'explosion, toussa toussa, il doit être mort. - Scott : ok. Allons sauver le monde alors. Émotion : ZÉRO.)[/spoiler]. D'autres trucs parfaitement inintéressants sont tirés en longueurs. Je pense là à, euh... Toute la première moitié du film ? Les choses sérieuses ne commencent qu'au bout d'une heure ! Certaines scènes ne sont franchement pas inspirées, comme le ralenti de Quicksilver, à qui il manque la surprise et l'humour de la scène analogue de DOFP.

Et puis surtout, ce qui m'a le plus gêné, c'est qu'il n'y a AUCUNE cohérence au niveau du visuel. L'incohérence entre la première et la deuxième saga, passe encore. [spoiler]La scène avec Wolverine par exemple.
On est au courant, c'est un défaut présent depuis 3 films, on revient pas dessus. Mais là on a innové, on fait maintenant des incohérences entre les films d'une même saga !

Sauf erreur de ma part, l'institut Xavier a changé de château par rapport à First Class. POURQUOI ? Ça coute quoi de plus de reprendre le même lieu de tournage que le film précédent (et de "l'excellente" série télé Hex la Malédiction) ?!
Puis je ne sais pas si tout le monde a bien réalisé que ce film est censé se passer 10 ans après DOFP. Parce que physiquement, sur les acteurs, ça ne se voit pas du tout. Je ne peux même pas dire que le maquillage pour les vieillir est raté, puisqu'on n'a même pas essayé de les vieillir ! Ils sont juste comme ils sont dans la vie. Quand J-Law qui dit à Sophie Turner "quand j'avais ton age, gnagnagna" c'est juste ridicule. Elles n'ont que 4 ou 5 ans d'écart.

De plus, à part Magneto, on n'a pas non plus cherché à les vieillir moralement. Et là c'est le scénario qui capote ! Charles est quand même resté follement amoureux d'une femme qu'il a connu il y a quoi... 15-20 ans ? Hank, pareil, toujours épris de Raven. Ils ont quand même faillit s'embrasser quand ils étaient ados, c'est vrai que c'était du sérieux entre eux ! Quicksilver est, lui, toujours un ado attardé qui vit dans sa cave. Ça ne choque que moi ?!!
Et quand je dis qu'on a vieillit moralement Magneto, ça reste pas dingue, on lui a donné une femme et un enfant, l'occasion de nous faire des séquences émotions plus clichées du meurt.

Et là où c'est dommage, c'est que si on fait abstraction de tous ces défauts, le film regorge de bonnes idées ! Apocalypse est un méchant super crédible sur le papier. Recentrer l'intrigue autour de Jean, plutôt qu'une énième fois sur Wolverine, est super intéressant. Raven est très bien exploitée, c'est surement le film où ce personnage est le plus aboutis. On exploite aussi (enfin) le fait que Quicksilver soit le fils de Magneto, ça avait été uniquement sous-entendu dans le film précédent. Nous montrer, même sommairement, le passé des X-men de la première saga (Tornade, Scott, Diablo,...) était une attente que j'avais depuis un moment. Présenter une décennie différente dans chaque film de la 2nd saga est pertinent.
Mais comme c'est mal montré, ça ne prend pas.

J'ai tout de même trouvé la seconde moitié du film assez intéressante. Malgré l'absence de suspense, une énergie entrainante s'en dégage. Les liens entre les différents personnages sont bien mis en valeur, avec quelques clichés, mais bon, c'est un blockbuster pas un film d'auteur, hein, ayez des attentes en conséquence. La fin est peut-être un peu vite expédiée, mais c'est un film de super-héros, on sait dès le début que les gentils gagnent à la fin. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment ils vont y arriver, et ça, c'est bien montré dans le film.

Dans l'ensemble, est-ce un mauvais film ? Je ne pense pas, je le trouve meilleur que plein de sagas de super héros que je trouve complètement débiles (coucou Cap'tain America). Mais tellement plus faible qu'un autre X-Men que c'est super décevant.
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À bout de souffle
date : 15-04-2017
Je ne suis pas une grande fan de Godard, je l'avoue, mais ce film précis, je l'aime. Alors bon, qu'on se le dise tout de suite, on peut lui reprocher la même chose qu'à tous les Godard, voire à tout film de la "nouvelle vague". Il y a pas vraiment de scénario ; pas vraiment d'actions, surtout des dialogues ; ça fait un peu "caricature de film français" par moment (trois cigarettes fumées par scène en moyenne, le ministère de la santé ne s'en remet toujours pas).

Mais malgré tout, je trouve que ce film nous embarque avec lui, en nous montrant ce petit couple touchant et mignon tout plein sans jamais faire mièvre, résolument moderne (d'autant plus pour l'époque) et simplement réaliste. Le duo Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg est magique, à mon sens l'un des duos mythiques du cinéma. Ils sont bourrés de charme, ils jouent bien, ils sont super naturels devant la caméra, la réalisation les met en valeur, le courant passe entre eux, ils enchainent les répliques cultes, que demander de plus ? Ils nous offrent plein de scènes mémorables, celle sur les champs Élysées, par exemple. L'évolution de leur relation est palpable, jusqu'à son dénouement plutôt inattendu. Bref, rien que pour eux, j'aime ce film.

Je trouve également la réalisation excellente. Il y a beaucoup de recherche et surtout, là encore, une vraie modernité dans la mise en scène. Je crois bien que tout pourrait encore fonctionner dans un film d'aujourd'hui. La réalisation est tellement bonne qu'elle nous fait oublier les côtés "petits budgets" du film, en utilisant le hors champ, par exemple, sans que ça ne jure avec le reste du film. La ville de Paris où se passe l'intrigue est superbement filmée et mise en valeur (facile, la tour Montparnasse n'existait pas à l'époque #troll). La photographie est simplement splendide. Je trouve vraiment que ce film est un régal pour les yeux. Et là encore, juste pour cette raison, je pourrais aimer le film.

Et à partir de là, le reste, et notamment le scénario branlant et qui tient sur un post-it, je m'en fous un peu. Ça ne m'empêche pas de passer un bon moment !
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Soul Kitchen
Soul Kitchen réalisé par Fatih Akin
date : 15-04-2017
Je pensais pas que j'allais apprécier ce film, parce que son thème me parlait pas tant que ça, mais au final, c'est une assez bonne surprise. Une comédie réussite, joyeuse dans son malheur, énergique, feel-good, avec en prime une bonne BO et une ambiance entrainante. La réalisation casse pas des briques mais reste sympathique. Les acteurs sont vraiment crédibles, inspirés par leur rôle. On pourrait peut-être leur reprocher un léger surjeux, mais j'ai pour ma part trouvé que ça s'inscrivait dans l'ambiance globale du film, et ça ne m'a pas du tout dérangé, au contraire.

Après, si c'est un film que j'ai trouvé sympa, c'est uniquement un film que j'ai trouvé sympa. Je ne me suis pas dit WAOUUUUUH, j'ai trouvé le scénario trop prévisible sur plus d'un point et la fin est téléphonée, l'humour manque parfois de recherche, il y a quelques longueurs et je n'ai pas vraiment ressenti d'attachement pour les personnages. J'ai notamment trouvé Nadine insupportable.

Bref : une comédie sympa mais assez banale, sans prétention, à prendre pour ce qu'elle est, rien de plus. Je comprends pas trop son prix à la Mostra de Venise, ça cadre pas vraiment avec l'ambiance et l'exigence de ce festival. C'est peut-être son coté "contre-proposition" qui a plu, justement.
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Valley of love
date : 28-02-2017
Ça ne deviendra pas mon film préféré, mais c'est quand même une très jolie découverte. J'ai bien aimé le concept de cette discussion entre les deux personnages, réunis par la mort de leur enfant, et qui s'étale sur 1h30. Le propos n'est pas pollué par des sous-intrigues ou des personnages secondaires qui n'auraient vraiment pas de raison d'être. On se concentre sur l'essentiel et sur les émotions que ça provoque.

Et des émotions, il y en a plein dans ce film. Sa plus grande qualité selon moi. On tire le plein potentiel de ces deux acteurs aussi géniaux l'un que l'autre. Mais aussi de leur personnalité. Le coté un peu beauf de Depardieu est totalement assumé, tout comme le côté cérébral, voire hautain, de Huppert. Je dis ça en toute amitié, dans un cas comme dans l'autre, je les adore.
Gérard est un personnage désabusé et débordant d'une tristesse qu'il se refuse à montrer. Qu'il cache maladroitement derrière des blagues et un détachement vis à vis des évènements. Isabelle est elle un personnage dramatique plus traditionnel. Elle ne cache rien de ses émotions, ni de sa tristesse, ni de son incompréhension, ni de sa culpabilité. Ça la rend purement bouleversante. Vraiment. La scène où elle lit la lettre que son fils a écrit à son père m'a particulièrement touchée et marquée.

Il y a également beaucoup d'émotions dans la relation entre Gérard et Isabelle. Ce couple est certes divorcé, mais ils ont encore une vraie tendresse l'un pour l'autre, qui est parfaitement crédible et qui transpire d'absolument toutes les scènes du film.

Et puis surtout, point qui me semble important, les émotions sonnent toujours vraies. On n'est absolument jamais dans le tire-larme, dans le mièvre, dans le glauque ou le morbide. Malgré le thème purement dramatique, on a réussi à faire un film léger.

L'aspect faussement autobiographique est une idée absolument géniale. Les acteurs jouent des personnages qui portent leurs prénoms, qui sont des acteurs, qui ont une personnalité qui colle à l'idée qu'on se fait d'eux, Gérard a lui aussi perdu son fils. Ça donne un coté décalé, atypique, voire absurde, au film, que j'ai adoré.

Le coté fantastique du film est du coup assez bien amené. Il colle naturellement à cette ambiance décalée. Et je trouve que ça apporte aussi beaucoup à l'intrigue. Ça permet notamment de créer une fin monumentale, que j'ai trouvée tout simplement parfaite.
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Franchement, si Gérard et Isabelle avaient rencontré leur fils comme ça, au détour d'un rocher, et qu'on nous avait sortie une explication àlakon pour justifier sa présence (Dieu, faille spatio-temporelle, power of love, ou que sais-je encore) le film aurait été ridicule et pas crédible, et surtout clivant (exemple : si on le justifie par Dieu, les non-croyants seraient pas du tout emballés). Mais là, c'est génial, parce qu'on comprend uniquement ce qu'on a envie de comprendre. Gérard a t-il vraiment vu son fils ou un autre promeneur ? A t-il raconté ça uniquement pour faire plaisir à Isabelle ? Pourquoi il revient vers elle à la fin ? Par amour, par culpabilité de l'avoir laissée seule ou à cause de sa rencontre avec son fils et de ses brulures ?
C'est un film à tiroirs, il y a 30 façons différentes de le comprendre. Et quelques soit la façon dont vous le comprendrez, vous aurez toujours raisons, puisque vous l'interpréterez au regard de votre propre histoire.


Bon après, c'est vrai que le rythme du film est très lent. On pourra difficilement dire l'inverse. On aurait pu raconter l'histoire en 30 minutes si on l'avait voulu, mais on a choisit de le faire en 1h30.

Je ne dis pas que c'est forcément pas bien. Au contraire, je pense que les silences ont un vrai intérêt dans la discussion et sont tout autant joués par les acteurs que les phases de dialogues. Ils donnent tantôt un coté triste, tantôt un coté drôle, tantôt un coté tendu au film. Mais ça rend aussi le film très minimaliste, et du coup assez dur à appréhender si vous n'êtes pas habitués à ce genre de cinéma.

Personnellement, plus que le rythme, ce qui m'a dérangé, c'est plutôt l'absence "d'habillage" de ces moments de silences.
Ce n'est pas l'occasion de nous mettre une musique un peu planante. Il n'y en a quasiment pas dans le film. C'est du vrai silence. On n'entends rien.
Ce n'est pas non plus l'occasion de nous en mettre plein la vue avec un paysage de rêve qu'on prendrait un moment pour apprécier. Et pourtant il y avait quoi faire. La vallée de la mort n'est jamais vraiment filmée, elle reste qu'un simple décor d'arrière plan.
On fige simplement le moment. Et ce n'est pas toujours utile.

De même, je n'ai pas vraiment apprécié les blagues redondantes. Que Depardieu dise qu'il fasse chaud une fois ou deux, ok, 15 fois c'est un peu lourd. De même quand Huppert nous fait des crises d'hystérie avec son téléphone qui capte pas.
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Merci Patron !
date : 27-02-2017
On sent une forte influence des documentaires de Michael Moore, aussi bien dans le thème traité que dans la forme, notamment dans la présence, parfois excessive, du réalisateur dans son propre film
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(était-ce vraiment nécessaire de se déguiser en 'fils Klur' pour discuter avec le représentant de LVMH ? Le vrai fils Klur n'aurait pas pu endosser ce rôle?)[/spoiler] Je comprends très bien que ce genre de mise en scène puisse plaire. Je dirais même que le film est assez séduisant. Rythmé, joyeux à sa façon, avec son humour un peu grinçant, qui a au moins le mérite de désamorcer des thèmes pas faciles (suicides des salariés licenciés par exemple). Un film presque feel good, au final. Mais malheureusement, et tout comme pour Michael Moore d'ailleurs, ça ne colle PAS DU TOUT à ma propre vision du documentaire.

Personnellement, je pense qu'un documentaire doit servir à montrer la réalité, sans déformer ou influencer soit-même les évènement. Informer quoi. Nous donner des pistes de lecture d'un sujet d'actualité, puis nous laisser en tirer les conclusions. Et là c'est même pas tant le traitement orienté qui me gène, on le savait dès le départ que François Ruffin est une personne plutôt classée très à gauche, ça n'a jamais été caché. Mais c'est le traitement scénarisé qui me gène.
Ça sent beaucoup trop la mise en scène. Le film fait les questions et les réponses. J'étais parfois mal à l'aise, devant la façon qu'à François Ruffin de tourner les questions pour entendre ce qu'il veut entendre. Comme si son film était scénarisé à la virgule près depuis le départ, et si ses intervenants déviaient un peu, il fallait vite les remettre dans le droit chemin. Ça manque de naturel. Et puis ça oublie une chose essentielle : les intervenants ne sont pas des acteurs et ce n'est pas du cinéma. C'est des vrais gens, avec une vraie vie et de vrais problèmes personnels.
[spoiler]Par exemple vers la fin, il demande aux Klur s'ils sont contents de la solution proposée. Ils lui répondent oui. "Ah bah non, on est pas content, on va encore en rajouter une couche." Bon. Ok. Pas suffisant pour le réalisateur uniquement, qui a besoin de se faire mousser, mais le couple avait des prétentions simples, éponger leurs dettes et monsieur voulait retrouver un emploi, et ils étaient satisfait du geste de LVMH puisqu'ils ont obtenu simplement ce qu'ils voulaient.[/spoiler]

Et je ne parle même pas des non-dits ! Là pour le coup, ce n'est plus les intervenants qui sont manipulés, mais les spectateurs. Par exemple, quand on évoque le cas des vendeurs licenciés de la Samaritaine. Je suis 1000 fois d'accord que c'est dramatique et qu'il est important de le dénoncer. Mais on passe très vite sur le fait qu'on va transformer la chose en hôtel et y retrouver des commerces. Je dois vous faire une confidence qui va peut être vous étonner... C'est pas Bernard Arnault avec ses petites mains qui va faire tourner toute la boutique ! Il y aura de nouvelles embauches. Et en France, pas en Pologne.

Dans la continuité, on trouve en plus le moyen de faire une pique sur la présence de logements sociaux dans le projet Samaritaine rénové, pas assez nombreux au gout du réalisateur. Mais HS j'ai envie de dire ! Arnault n'a AUCUNE raison de devenir un bailleur social. Ce n'est pas son métier ni même son rôle. Les logements sociaux, c'est avant tout l'affaire des personnes publiques, incapables d'assumer cette charge financière au vu des prix immobiliers de la capitale. On a donc inventé un truc qui s'appelle la loi SRU, qui permet à la mairie de Paris et à l'Etat de se décharger de son incompétence sur les entrepreneurs privés, en les obligeant à un certain pourcentage de logements sociaux dans ce type de projet. Je dis ça, je dis rien.

Puis d'une façon plus large, le luxe français, que ce soit LVMH ou autre (parce qu'on aurait pu faire le même film avec plein d'industriels), se porte quand même particulièrement bien. Apporte à l'économie et à la renommée française. Combien d'emplois ont été créés par le groupe ? On le dit jamais. Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres dysfonctionnements du système à mettre en avant, plutôt que cette opposition débile méchants riches/gentils pauvres ? Je sais pas, par exemple, les logements sociaux nettement insuffisants dont je viens de parler ; le nombre énorme de gens qui ne demandent pas d'aides sociales parce qu'ils n'y comprennent rien ; le scandale des "travailleurs pauvres" ; l'inefficacité du pole emplois qui donne envie de pisser de rire ou de rire jaune, c'est selon ; l'incapacité de l'État ou des syndicats à empêcher les délocalisations ; la question de la démocratie en entreprise ; ... économiquement et politiquement parlant, c'est des sujets qui sont 1000 fois plus pertinents.

Ce genre d'œuvre se rapproche bien plus du militantisme d'extrême-gauche pas très fut-fut et un peu rance, qui est un peu resté bloqué dans les années 70-80 sans arriver à se mettre au gout du jour, que du vrai documentaire. Il n'aurait probablement pas du sortir de la rédaction du journal Fakir, car à mon sens, la voix de la gauche ou de l'extrême-gauche actuelle n'est pas portée par ce genre de film et de personnage, elle est plutôt décrédibilisée par ces derniers. Ça entretient cette image de personnes au discours irréalisable et irréaliste, alors qu'il y a pourtant de vrais débats, de vraies questions et de vraies réponses dans cette idéologie.

Puis je trouve aussi ce film, finalement pas si couillu que ça. On ne propose AUCUNE solution d'économie alternative meilleure, ce qui rend la chose très... Populiste. Il n'y a pas de "théorie" dans ce film. Aucun argument économique fondé, bah oui, trop peu de gens pourraient comprendre ! Pas de solutions, non plus, parce que proposer de faire des kolkhozes ou un parfait égalitarisme (c'est ce à quoi semble tendre le réalisateur, quand je disais qu'on était resté dans les années 70, c'est un exemple), c'est tout de suite moins séduisant. Là, on est dans le flou. Le gars qui veut juste taper sur son patron sans voir plus loin que le bout de son nez, il est content. L'ado à dreadlock qui appelle à la révolution en écoutant Tryo aussi. Sans oublier le fameux "bobo", oubliant au passage son propre statut de privilégier. On trouve dans le film uniquement ce qu'on a envie d'y trouver. Et ça, c'est juste la règle numéro 1 du discours politique : ne jamais trop en dire, laisser ceux qui nous écoutent interpréter de la façon qui les arrange. Étrange documentaire "anti-système", qui utilise pourtant toutes les ficelles du système.

Par contre, les Klur sont de vraies perles ! Ils sont extrêmement sincères dans leur démarche. Ils n'ont rien à perdre, ce qui les rend très touchants et finalement vraiment marquants. On sent une envie réelle de les aider de la part du réalisateur. Il les laisse s'exprimer, il les écoute. Ça c'est juste super rare. C'est le genre de personne qu'on entend jamais dans les médias.

Après la moquerie n'est malheureusement jamais très loin... Ruffin a beau se présenter comme était de la même classe sociale que les Klur, c'est tellement pas le cas que ça en devient condescendant. [spoiler]Par exemple, quand il leur apporte des cadeaux pour le représentant de LVMH, avec du pâté et de la bière. On a juste l'impression que Ruffin veut les faire passer pour des gens bien plus idiots qu'ils ne le sont. Ils s'en rendent eux-mêmes compte que c'est des cadeaux ridicules. Ou encore ce moment où il se "déguise en pauvre" qui est assez hallucinant.


Mais bon, malgré ce bémol et même si le moyen est critiquable, on est quand même indéniablement soulagé de les voir s'en sortir. J'ai tout de même une pensée pour tous les autres salariés licenciés d'Ecce, qui n'ont pas eu la même chance. Là encore, on manipule plus ou moins subtilement le spectateur en n'en parlant jamais dans le film ! Vu la publicité faite par ce film, ce genre de geste de la part du groupe LVMH risque de ne plus jamais avoir lieu. Décidément, la victoire sur le grand patron est vraiment trèèèèèèèès loin.
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Planète Animale
date : 19-02-2017
J'ai rien contre les documentaires animaliers, mais je pars un peu du principe que quand tu en as vu un, tu en a vu 30, ils sont un peu tous pareil. Mais là, woooow, je suis restée scotchée. Ce film est magique et son succès largement mérité. C'est un vrai film familial, qui arrive à se mettre à la portée de chacun, petits ou grands et quelque soit sa connaissance du milieu animal, sans jamais abaisser son niveau ou sa rigueur scientifique.
Le projet en soit est impressionnant (4 ans de tournages !), au service d'un documentaire à la fois passionnant et techniquement irréprochable. Tous y est soignée, les images sont d'une qualité incroyable et sans aucun procédé de synthèse, la musique souligne bien ce qui est montré, la voix-off nous délivre des informations pertinentes et apporte des touches d'humour sans jamais se faire trop présente, le fil rouge (montrer comment les animaux s'adaptent à des milieux extrêmes) est super intéressant et pousse même à réfléchir. On nous montre pas mal d'animaux méconnus et presque jamais vu ailleurs ; et quand on nous montre des animaux connus, on compense par le fait qu'on ait capté des images rares et impressionnantes (le combat de chevaux sauvages ou les lions qui chassent une girafe, par exemple). On voyage beaucoup à travers le globe, ce qui nous apporte également une variété de paysages.
Seul micro défaut que j'ai pu trouver, on ne nous montre pas d'animaux marins, j'ai trouvé que ça manquait. D'autant plus que question milieu extrême les fonds marins me viennent à l'esprit assez naturellement. Mais comme tout le reste du projet est parfait, ce n'est pas très grave non plus. Puis je pense qu'il y aurait de quoi faire un documentaire uniquement sur les animaux marins, je suppose qu'il a donc fallu faire des choix.
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Au nom de ma fille
date : 31-01-2017
Après l'affaire Clearstream dans "L'enquête" et l'affaire d'Outreau dans "Présumé coupable", Vincent Garenq se fait à nouveau porte parole des affaires judiciaires foireuses avec ce film. Ça commence à devenir un style. Pas inintéressant il faut le dire. La couverture médiatique a été moins importante que pour les précédents films, probablement parce que l'affaire est en soit moins connue. Mais pas forcément moins intéressante ou révoltante pour autant.

Je pourrais reprocher à ce film la même chose qu'aux autres de ce réalisateur. L'intention de départ est géniale. Mais le traitement un peu moins, car trop précipité et froid. Le film aurait vraiment gagné à avoir 20-30 minutes de plus. Il est trop court, tout va trop vite. On se contente d'aligner des faits sans réellement raconter une histoire. On fait pas monter la mayonnaise, on ne nous laisse pas le temps de nous attacher aux personnages, pour souffrir ou nous indigner avec eux. Le drame ne prend pas. L'ensemble en devient donc un peu plat.

Pas inintéressant... Mais plat. Ça raconte bien ces faits. L'intrigue est vraiment claire, on comprend tout ce qui s'est passé. Sur ce point rien à redire. Mais pour faire simple, si j'avais regardé un reportage journalistique sur cette affaire, j'aurais ressenti exactement les mêmes émotions. Sauf qu'un journaliste c'est son métier de raconter seulement des faits, avec une certaine distance et retenue. Un cinéaste doit au contraire nous embarquer avec lui, créer des personnages auxquels on s'identifie, nous raconter les choses avec conviction, d'une façon qui prend aux tripes. Raté.

Les personnages sont assez monocordes, sans subtilité. On ne nous explique pas certaines de leurs réactions. Par exemple, la scène où Bamberski dit qu'il ne peut plus avoir d'autres enfants. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Ce n'est pas du tout une évidence, d'autres personnes dans la même situation voudraient au contraire en avoir à nouveau.

La réalisation ne vient pas non plus apporter ce "plus" par rapport au reportage, puisqu'elle est vraiment fade. Ça fait un peu plus téléfilm ou série télé que film (genre les coupures noires entres les scènes, à part George Lucas je connais aucun réalisateur de film qui fait ça, il y a peut-être une raison). Certaines scènes sont très clichées (du genre la scène d'énervement père/fils). Le vieillissement/rajeunissement des personnages est moyen.

La qualité de l'interprétation ne m'a pas convaincu non plus. Je ne suis pas très fan de Daniel Auteuil de façon générale, et sans être mauvais, on va dire que ce n'est pas dans ce rôle qu'il va marquer les esprits. Il est, là encore, trop dans la retenu à mon sens. Il participe à rendre le film trop froid. De plus, je ne l'ai pas trouvé crédible dans certaines scènes précises. Par exemple, il fait très mal semblant de pleurer. Mais malgré tout, c'est encore le moins mauvais des acteurs du film. Marie-Josée Croze, qui n'est pourtant pas une mauvaise actrice, m'a semblé totalement transparente, visiblement pas inspirée. Christelle Cornil est à coté. Stebastian Koch, était une bonne pioche, parce que c'est l'un des rares acteurs allemands à traverser les frontières. Mais à l'instar d'Auteuil, c'est pas son meilleur rôle dans ce film. Les enfants sont inexpressifs... Pas la joie quoi.
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