Commentaires de films faits par pwachevski

Citations de films par pwachevski

Commentaires de films appréciés par pwachevski

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Les Chemins de la liberté
date : 02-08
Je n'ai pas lu le livre dont est tiré le film, mais je suis quasiment certaine que j'aurais préféré mon expérience de lectrice à mon expérience de spectatrice. C'est assez évident qu'à l'écrit, on peut atteindre un niveau de détail et de justesse plus élevé dans la description d'un voyage tel que celui-ci. Notamment dans la description de ses difficultés, de ses souffrances et des sensations des personnages (le froid, le chaud, la crasse, le manque d'intimité,...). Mais bon, ça je m'y attendais dès le départ, donc je passe outre.

D'autant plus qu'un film a aussi ses avantages sur le livre : l'image. Et sur ce point on est servi, on enchaine les magnifiques paysages. Ça donne même un petit côté contemplatif, accentué par le rythme assez lent et le coté très linéaire du film ("Et après cette forêt nous traverserons une plaine, et après la plaine, nous traverserons un lac, et après le lac, nous traverserons une autre forêt, et après cette autre forêt, nous traverserons un désert,..."). Bon c'est sûr que c'est le genre de construction un peu spéciale, qui n'est pas faite pour plaire à tout le monde, mais ça m'a plutôt plu ici.

J'ai eu franchement beaucoup plus de mal avec le coté froid de ce film. Je trouve que le réalisateur a mis trop de distance entre le spectateur et les personnages. Sans déconner, à la fin du film j'étais toujours incapable de dire quels étaient leurs prénoms ! Quand à leurs caractères, c'est vraiment simple et limité : le gars gentil, le gars intelligent, le gars marrant, le gars violent, le dessinateur, la fille (oui, être de sexe féminin est un trait de caractère dans ce film), le catholique. Mouais. On a vu mieux.

C'est d'autant plus gênant et frustrant, qu'il y a du très beau monde au casting ! Colin Farrell que j'adore, Ed Harris qui est un monument, la très prometteuse Saoirse Ronan,... C'est quand même des acteurs aux épaules solides, qu'on aurait pu un peu plus pousser dans leurs retranchements. Le réalisateur avait largement de quoi créer des grands moments d'interprétation et d'émotion, et il ne l'a malheureusement pas fait. Il n'y a pas des scènes qui marquent et qui restent réellement en mémoire une fois le film fini. Ça reste globalement très plat. Mais on échappe au moins aux bon sentiments et niaiseries, souvent légion dans les films américains de ce genre.

Après, malgré ces défauts, j'ai quand même trouvé que c'était un beau film dans l'ensemble. Dans les images, dans l'histoire, dans le message véhicule, il y a vraiment quelque chose qui m'a séduite et qui fait que je garderais un bon souvenir de cette expérience. C'est certes pas le meilleur film que j'ai vu dans ma vie, mais ça reste un bon film, je pense.
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Un moment d'égarement
date : 27-07
Le thème me faisait penser au film "amitiés sincères" avec Gérard Lanvin et Jean-Hugues Anglade, qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Eh bah, je ne sais pas si c'est le thème qui ne me convient pas, mais j'ai trouvé "un moment d'égarement" encore pire. "Amitiés sincères" avait au moins le mérite d'être juste et pas caricatural, je ne peux vraiment pas en dire autant de ce film !

Enfin, je n'ai pas passé un mauvais moment. Il ne faut pas exagérer. Je dirais même que j'ai passé un moment agréable, car le film est distrayant. Mais ce n'est pas pour autant qu'il m'a séduite. Très loin de là.

Je trouve qu'il y a un gros problème au niveau de l'ambiance. En général, les comédies dramatiques "ratées" sont celles où un genre prend le pas sur l'autre. Alors ça donne éventuellement une bonne comédie ou un bon drame, mais pas une bonne comédie dramatique. Mais là même pas ! Ni un genre ni l'autre ne fonctionne, et ça donne donc juste un entre-deux bâtardé désagréable.

Comme d'autres, j'ai un énorme doute sur l'aspect comique. Je n'ai définitivement pas trouvé le film drôle. Mais je l'ai quand même trouvé bon enfant à de nombreux moments. Joyeux et pétillant quoi. On se sent bien quand on le regarde. Donc même si on se tord pas de rire, pourquoi pas.

Puis à d'autres moments, le film se voudrait plus dramatique. Le sujet se prête d'ailleurs au drame, peut-être même plus qu'à la comédie. Mais là encore, ça ne prend pas. Parce que rien ne m'a semblé assez développé. On survole des thèmes comme, bien entendu "mon meilleur pote couche avec ma fille", mais aussi le deuil, le divorce, l'éducation des enfants, le pardon,... Mais on survole seulement. Donc on est au mieux pas touché par ce qu'on voit, au pire dans l'incompréhension des réactions des personnages, à la fin notamment. Il n'y a finalement que le personnage de Marie qui m'a touché, parce que c'est le seul dans lequel on arrive à se projeter, à s'imaginer à sa place.

Mais plus que ça, ce qui m'a vraiment gêné, c'est l'horrible manque de finesse de ce film. Tout est dans la surenchère, dans la caricature, c'est plus d'une fois très lourd.

Jouer sur des stéréotypes peu inspirés des "ados d'aujourd'hui" peut à la limite prêter à sourire si on se prend au jeu. Mais Louna avait elle vraiment besoin d'être aussi débile ? Nan mais sérieux, elle est juste ridicule avec ses "mais je t'aiiiiime". Cluzet avait il vraiment besoin d'être aussi INSUPPORTABLE ? Il joue son éternel rôle de gueulard colérique qui en fait 10 tonnes. C'est un bon acteur pourtant, mais ce genre de rôle me gonfle systématiquement.
Cassel, je ne sais pas trop comment dire, mais j'ai l'impression qu'il joue un peu toujours de la même façon. Quelque soit le rôle, ça finit toujours sur des envolés lyriques avec un débit de paroles très rapide. Alors, bon, okay on ne se refait pas, mais ça participe à cet impression de surenchère. L'un comme l'autre, on dirait qu'ils s'imitent eux même. Mais Cassel est au moins juste, et touchant dans les scènes où il doit l'être, donc ça va quand même.

J'ai plus de la sympathie pour les deux filles. J'aime bien Alice Isaaz, je l'avais déjà vu dans 2 ou 3 autres films, je la trouve assez prometteuse. Ça confirme. Je ne connaissais par contre pas Lola Le Lann, et autant j'ai trouvé son personnage très mal écrit, autant j'ai trouvé qu'elle lui donnait bien vie. Je n'ai rien à lui reprocher. Elle en fait pas des caisses, mais elle dégage ce charme un peu candide mais pas trop que devait avoir le personnage. Elle a vraiment compris ce qu'on attendait d'elle. Dommage que LA ENCORE, la réalisation rajoute des effets pas très fins et absolument pas nécessaire. Genre des gros plans sur ses fesses, ses seins, la scène où elle est complètement nue, et pas 2 secondes et de loin, hein, on peut l'admirer sous toutes les coutures (c'est drôle, c'est jamais les hommes qu'on voit entièrement nus dans ce genre de film, c'est toujours les femmes !), etc... On montre les sentiments naissants des deux personnages d'une façon absolument pas subtile. Enfin non, c'est même pas ça. On montre pas de sentiment, juste une attirance physique, c'est bien là le problème.

Ah et aussi, ça n'a rien à voir, mais il fallait que je le dise : la Corse, c'est magnifique. Les paysages de oouuuf quoi.
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Avant toi
Avant toi réalisé par Thea Sharrock
date : 29-06
Ce n'est pas mon genre de prédilection, mais j'ai très sincèrement passé un excellent moment. Si l'enchainement d'actions reste prévisible, c'est une romance pleine de douceur, rythmée, drôle par moments, émouvante à d'autres. Les personnages sont super attachants, l'alchimie passe entre les deux acteurs principaux. L'intrigue amoureuse principale est réaliste, on laisse le temps aux personnages de se découvrir, de s'apprécier, et simplement de tomber amoureux. Les intrigues secondaires Louisa/Patrick ; Will/Alicia souffrent par contre de quelques clichés. Comme tous les films de ce style, la réalisation n'est pas très mémorable. Néanmoins, les lieux de tournage sont plein de charme, les costumes du personnage de Louisa valent le détour et la BO arrive à la fois à être actuelle et assez bien choisie.

Le casting est globalement sympathique. C'est agréable de voir des "visages connus" dans les seconds rôles (Jenna Colleman, Matthew Lewis, Charles Dance, etc.). Sam Claflin joue avec sobriété, mais est convainquant, fait sentir l'évolution de son personnage. J'ai par contre un peu de mal avec Emilia Clarke. Elle fait parfois de ces mimiques tellement improbables ! Du genre, sa façon de froncer les sourcils. Cela laisse un sentiment curieux de surjeu permanent. Après, je ne la blâme pas, parce que son personnage est extraverti et extravagant, donc cette façon de jouer n'est pas trop gênante dans ce contexte. Quand elle joue son personnage de Game of Thrones, par exemple, ça me dérange beaucoup plus.

Le traitement du thème du suicide assisté aurait pu être plus poussé. On aurait pu être plus pédagogue et j'y ai trouvé quelques petites maladresses
Spoiler(cliquez pour révéler)
, par exemple, l'impression que la seule chose qui dérange Louisa et les parents de Will, c'est ce sentiment un peu égoïste de "je veux que tu restes avec moi". On ne questionne pas la moralité d'un tel acte ou encore le fait qu'il doit se rendre à l'étranger pour ça et que ce soit illégal dans son propre pays.
Néanmoins, j'ai un peu envie de dire qu'on s'y attendait dès le départ ! C'est le genre de film qu'on va voir pour la romance, pas pour apprendre des choses. Donc je pense qu'on peut facilement passer l'éponge sur ce défaut.

Je précise tout de même que je n'ai pas lu le livre de Jojo Moyes, donc je ne sais pas du tout si c'est une bonne adaptation. M'enfin, c'est elle est scénariste du film, alors je pense qu'elle n'a pas ruiné son histoire ! Par contre, je sais qu'il y a une suite déjà écrite, j'ai un peu de mal à comprendre de quoi ça va parler. La fin du film se suffit à elle même, ne laisse à mon sens pas de porte ouverte à une seconde intrigue intéréssante.
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Bienvenue à Marly-Gomont
date : 22-06
Une espèce de mélange entre "Bienvenue chez les ch'tis" pour les blagues sur le nord (je me demande d'ailleurs si le titre n'est pas un clin d'œil ?), un film du genre "Paris à tout prix" ou "Né quelque part" pour les clichés sur le pays d'origine et "Médecin de campagne" pour la question des déserts médicaux. Le tout, sur fond de succès du chanteur Kamini, devenu un peu ringard depuis, il faut bien le dire... Et contre toute attente, bah ça fonctionne plutôt bien. Bien mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre au départ.

C'est sûr qu'il n'y a pas d'originalité, dans la construction du film ou dans la réalisation ; j'ai également regretté l'interprétation un peu limitée des différents acteurs. Mais j'ai trouvé le message sincère. Touchant à plus d'un moment, sans faire moralisateur "le racisme, c'est pas bien". L'humour fonctionne plus ou moins selon les scènes, mais a le mérite d'être moins lourd que dans le film de Dany Boon. Le rythme est bon. On perçoit bien l'évolution des différents personnages.

Bref, si ce n'est pas le film de l'année ou un film particulièrement marquant, ça reste un film "bonne surprise", qui m'a fait passer un bon moment.
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Retour chez ma mère
date : 06-06
Un film sans aucune surprise, que ce soit au niveau du scénario, de la réalisation ou de l'interprétation. On sait dès le début ce qu'on va voir. Après, si ça manque clairement d'originalité et d'ambition, je trouve quand même certains commentaires un peu durs. Parler de "daube", par exemple, me semble un peu méprisant pour l'ensemble de l'équipe, qui n'a clairement jamais eu la prétention de proposer un grand film, mais juste un divertissement canapé pas prise de tête. Faut prendre le film pour ce qu'il est ! Et au vu des objectifs qu'ils se sont fixés, il n'y a pas grand chose à redire : le contrat est parfaitement remplit.

L'ensemble reste quand même agréable à regarder, reprend une recette qui marche. L'idée de départ n'est pas trop mal, c'est une situation dans laquelle on peut facilement se projeter. S'il y a des bons sentiments à la pelle et jamais la justesse d'un film comme "Volver", le message global du film est quand même sympa. C'est rythmé. L'humour fonctionne plus ou moins bien selon les scènes, mais a le mérite de ne pas être vulgaire.
Autant je trouve qu'Alexandra Lamy n'a pas assez d'épaisseur pour jouer des les rôles dramatiques, autant je l'aime beaucoup dans ce genre de rôle comique. Elle est pétillante et dégage naturellement ce côté drôle et décalé, elle participe au capital sympathie qu'on peut avoir pour ce film. Josianne Balasko n'a plus grand chose à prouver. Mathilde Seigner est également une bonne pioche.

Après, de par son manque d'originalité, je trouve que le film ne se démarque pas de la masse des films produits en France. Que je vois cette comédie française ou une autre, j'ai l'impression que c'est un peu pareil. Malgré le bon moment passé au visionnage, il n'y a rien de vraiment mémorable au final.
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La Forêt de Mogari
date : 27-05
Voila ce qu'on pourrait appeler un film contemplatif...

Le plus gros intérêt de la chose, si ce n'est le seul, c'est son aspect visuel. Alors sur ce point rien à redire. Mise à part une caméra que j'ai trouvé un peu gigotante, c'est vraiment parfait. Les paysages sont beaux, les acteurs sont biens filmés (c'est tellement rare de voir des personnes âgées au cinéma !), les éléments tirés de la culture traditionnelle japonaise (la calligraphie par exemple) sont plein de charme. J'ai également trouvé que les sons, pas forcément la musique, mais les bruitages, étaient d'excellente qualité.

Pour le reste, je ne retiendrais pas grand chose de ce film. Je me suis ennuyée, tout simplement. Les rythmes lents ne me gênent pas, encore faut il avoir quelque chose à raconter. Et ici, le scénario est assez inconsistant, bien que prometteur "sur le papier", tel que décrit dans le synopsis. J'aurai aimé qu'on me raconte cette histoire, parce que qu'elle aurait pu être hyper touchante. Mais le film m'a semblé raconter du vide. Beaucoup de phase de silence. Les dialogues ne semblent avoir ni queue ni tête. Les personnages manquent de personnalité et ne sont donc pas touchants.

Je ne suis pas mécontente d'avoir découverte cette "réalisatrice-artiste", parce qu'elle a un univers vraiment intéressant. Je pense que c'est le genre de personne dont il faut voir un film au moins une fois dans sa vie. Mais je ne pense pas renouveler l'expérience.
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Haewon et les hommes
date : 25-05
Il y a quelque chose de charmant dans ce film, qui fait qu'il se regarde globalement avec plaisir, malgré son rythme un peu lent. Le couple en question est mignon et touchant à sa façon. Les dialogues sont très bien écrits. Les paysages et lieux montrés sont beaux. L'actrice principale, Jung Eun-chae déborde de naturel, de fraicheur et de spontanéité.
Mais... Je ne sais pas... Il m'a manqué un truc, que je n'arrive pas vraiment à identifier. Ce petit twist qui m'aurait fait aimer véritablement ce film.
Peut-être est-ce la réalisation un peu froide ? Elle est, d'un côté superbe. On enchaine les plans séquences tous plus parfaits et millimétrés les uns que les autres. Mais de l'autre côté, j'ai trouvé qu'elle faisait parfois un peu exercice de style. Quelle n'était pas mise au service de l'histoire. Par exemple, dans sa façon de tout filmer de loin, et donc de ne pas mettre en valeur les acteurs. J'aurais également apprécié une musique de fond plus présente.
Peut-être est-ce le fait que l'intrigue soit cousue de fil blanc et finalement sans surprise ?
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Mes séances de lutte
date : 19-05
Bon j'avoue que c'est un peu à reculons que je suis allée voir ce film. Je l'ai vu plus par "obligation" (le challenge festival de Cannes, toussa toussa) que par choix. L'univers du réalisateur ne m'intéresse vraiment pas, le thème du film m'attire moyennement, mais je me suis dis que la pétillante Sara Forestier me ferais changer d'avis.

Et au final, il semblerait malheureusement que mes a priori se soient vérifiés. J'ai trouvé ce film tellement... "Cliché du cinéma français". Le drame incompréhensible et qui va nulle part. Les personnages antipathiques. Le scénario inexistant. L'absence de message final. Et même les cigarettes, tout y est.

Mais parmi tous ces clichés, ce qui m'a le plus gêné, c'est vraiment les dialogues qui semblent tellement irréels. Franchement, mais personne ne parle comme ça dans la vraie vie !!!!! Eh ouais, dans ce film on ne dit point "tu commences à me faire chier, là", non monsieur, on dit "tu viens me chercher querelle". Ah quand même.

Ni le texte en soit, ni les intonations données par les acteurs ne semblent véritables. On dirait des personnes qui répètent une pièce de théâtre sans jouer. Les répliques s'enchainent sans naturel aucun. Tout est écrit, travaillé, millimétré, mais je dis vraiment ça dans le mauvais sens de ces termes. Le résultat est à l'exact inverse de l'effet probablement recherché. Plutôt que d'être percutant, le film est juste bavard, et finalement long, et pas bien intéressant.

J'ai aussi trouvé que les scènes "de luttes" manquait de sensualité. On va pas se voiler la face, s'il n'y a pas forcément d'acte sexuel en soit, c'est bien de cela dont il est question. Et c'est d'ailleurs sur cela qu'on joue aussi bien sur l'affiche que dans la bande annonce, et même dans le synopsis. Mais c'est finalement pas du tout assumé, dans le film même. J'ai trouvé ça tellement plus violent qu'émoustillant. C'est définitivement bien de la lutte, et non de l'amour qui est montré dans ce film.

Par contre, d'autres aspects de la réalisation sont simplement parfaits. La mise en scène notamment est hyper travaillée, mais dans le bon sens du terme, cette fois. On a vraie direction d'acteurs. On leur a indiqué ce qu'ils devaient faire, comment ils devaient bouger, et on les a filmés en conséquence. Les plans séquences sont superbes, et mettent en valeur les deux acteurs principaux. Sara Forestier comme James Thiérrée sont vraiment très bons. J'aurai pu mettre le film en vu aussi rien que pour eux deux... Mais finalement non. J'ai tellement pas pris plaisir à voir ce film que c'est pas possible pour moi de le surclasser comme ça.
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Leviathan
date : 18-05
Le scénario est juste dingue. Je lui mets 10/10 sans aucune hésitation. Bon il va sans dire qu'il ne sert pas à grand chose de voir ce film si on ne connait pas la philosophie de Hobbes. Si vous n'avez pas le courage de lire le livre "Le Léviathan" lisez au moins un résumé de la thèse développée ou un cours de philo sur le sujet, avant de voir le film. Ça vous aidera grandement à le comprendre et à l'apprécier.

Mais, objectivement, c'est vraiment une super idée d'avoir repris la construction et les thèmes de sa réflexion (les Hommes, l'État, la religion) et de les avoir traité de cette façon. Ça rend les choses concrètes. On parle de politique et de corruption, mais on n'est pas en train de nous décortiquer un secret d'État de ouf. On a décidé de nous présenter un fait divers. On est vraiment au bas de l'échelle, un maire de campagne et une situation purement individuelle. Une expropriation c'est le genre de truc qui, finalement, pourrait arriver à n'importe qui, dans n'importe quel pays. C'est une injustice à la fois universelle et à taille humaine.

Et si on a réduit l'échelle, on n'a pas dilué le message pour autant. On arrive malgré tout à montrer toute la puissance de ce fameux Léviathan, qu'est l'État, sa justice, son appareil administratif, ses magouillages politiques et même religieux. Un Léviathan capable, sans aucun scrupule, de briser des Hommes. La frontière ténue entre le bien et le mal, fixée arbitrairement par les lois ou la morale (mais qui les édicte vraiment, et quels sont ses motifs ?) est également bien illustrée.

Par contre, justement parce qu'on a fait le choix de s'intéresser à une situation individuelle, j'ai regretté que le personnage de Kolia ne soit pas plus attachant. Il est même, disons le clairement, assez détestable. C'est censé être le "gentil" de l'histoire. La victime. La personne en qui le spectateur doit se projeter, à qui il s'identifie. Sauf que non, je ne me suis trouvée aucun point commun avec lui. Ça créer une sorte "d'écran", qui empêche les émotions de passer entre le cinéaste et le spectateur. C'est limite si on ne se dit pas qu'il mérite tous ses malheurs.

Par contre, sa femme Lylia est discrète mais assez touchante. Je l'ai trouvé digne dans sa façon de faire face, et de tout intérioriser pour éviter de jeter de l'huile sur le feu. Et j'ai bien aimé Dmitri, le personnage de l'avocat. C'est surement la personne la plus "normale" du film. Bien qu'étant un peu froid, je me suis sentie assez proche de lui. Mais bon, même si je les aime bien, ce n'est pas eux qui viennent créer l'émotion qui manque au personnage principal.

La réalisation est pas mal, après je me suis pas dis waouh non plus. Les paysages du nord de la Russie sont assez fascinants. Ils dégagent quelque chose de froid, d'austère, d'inquiétant, qui colle tellement bien à l'histoire. Les acteurs sont globalement convaincants. Il y a bien deux trois plans séquences pas mal du tout. J'ai également aimé les scènes d'intro et de fin, qui se font échos. Mais à part ça, la réalisation ne m'a pas marqué, ni par sa mise en scène, ni par ses cadrages, ni par sa musique. Les symboliques du Léviathan (son squelette apparaissant sur l'affiche notamment) m'ont semblé grossières et pas nécessaire. C'est bon, on annonce la couleur dès le titre du film, pas la peine d'en rajouter, quoi !

Contrairement à ce que j'ai pu lire ou entendre sur le film, je ne l'ai pas trouvé ennuyant. Bon c'est sûr que le rythme est lent et le thème pas super funky, mais je n'ai pas trouvé ça pire que le film dramatique moyen. Je ne le qualifierais pour ma part pas de film contemplatif. En tout cas, ce n'est pas l'image que je me fais d'un film contemplatif. Comme je viens de le dire, il n'y a pas grande chose à contempler dans la réalisation. Puis surtout, ce n'est pas du Terrence Malick ! Il y a quand même une vraie intrigue, extrêmement bien écrite, des dialogues nombreux et des actions qui s'enchainent à un rythme régulier, à défaut d'être rapide. Il y a bien une scène ou deux que j'aurais supprimées, mais globalement je n'ai pas ressenti de longueur ou de lourdeur pendant mon visionnage. J'ai sincèrement passé un bon moment.

Mais il m'a manqué l'étincelle. Le film est finalement trop cérébral, car le propos est hyper intéressant et intelligent, mais pas assez émotionnel. Voir ce film m'a fait un peu le même effet que lire un essai ou un ouvrage universitaire : même si c'est super instructif, mais ça ne deviendra jamais mon livre préféré.
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We need to talk about Kevin
date : 16-05
C'est rare que je pense ça, mais j'ai trouvé le film nettement meilleur que le livre. L'adaptation a vraiment réussi à garder la puissance émotionnelle de l'histoire tout en gommant les défauts. Je vais pas vous refaire la critique du livre, allez la lire sur Booknode si ça vous intéresse, mais en gros, le livre était à mon gout trop bavard et alourdit par une construction sous forme de lettres envoyée par Eva à son mari. L'un dans l'autre, ça rendait l'histoire pas forcément passionnante, par moments improbable
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(notamment toutes les scènes dans la petite enfance de Kevin, où sur des dizaines de pages on nous expliquait qu'un bébé de quelques mois était consciemment insupportable avec sa mère et charmant avec son père. Ok. Quelqu'un y croit dans la salle ? Non. C'est bien ce que je pensais.)[/spoiler] et à d'autres moments sans surprise [spoiler](si la tuerie dans le lycée ne constitue pas un gros suspense, dans le livre comme dans le film, la mort du père et de la fille doit par contre être une vraie surprise. Ratée dans le livre, car sous-entendu avec trop de lourdeur à plusieurs reprises).


A coté de ça, le film est lui au contraire très silencieux, et du coup beaucoup plus saisissant à mon sens. Énormément de choses sont transmises aux spectateurs par du non-verbal. A travers le jeu sans faille de Tilda Swinton, auquel tient bien tête Ezra Miller dans la seconde partie du film. Mais aussi à travers la réalisation, que j'ai trouvé par moment "cronenbergienne" (ça se dit ?). Cette obsession pour la couleur rouge, qui apparait je crois sur tous les plans du film, et qui colle si bien à l'histoire, est très troublante. Ça donne vraiment une ambiance très particulière au film, gênante, un peu glauque même. Cette couleur est utilisée exactement de la même façon dans Faux-Semblants.

C'est sûr que des coupures énormes ont été faites dans l'intrigue originale, mais j'ai trouvé qu'elles avaient été faites avec une grande intelligence. Permettant de compresser les émotions et le demi-million de questions qu'on peut se poser en voyant cette relation mère-fils des plus atypiques, sans jamais dénaturer l'esprit du livre.

Après, je ne vous déconseille pas le livre pour autant, justement parce qu'il est nettement plus détaillé. Cela dit, je pense qu'il vaut mieux voir le film puis lire le livre que l'inverse. De façon à capter d'abord l'essentiel de l'histoire, puis de vous plonger dans les méandres de cette relation si cela vous intéresse. Plutôt que d'être submergé de détails avant de connaitre les tenants et aboutissants de l'intrigue.
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X-Men: Apocalypse
date : 30-04
Du fait du classement en groupe dans ma cinéthèque, le film est dans ma liste or, comme le reste de la saga, mais tout seul il vaudrait plutôt une liste bronze.


Pulvérisé à sa sortie par les critiques américaines, je l'ai quand même regardé, tout simplement parce que j'aime les X-men et il n'y a pas de raison que sa change maintenant, non mais ! Après, je dois rester honnête, je ne suis pas MEGAAAAAA emballée non plus. Une part de moi est assez déçue, car ce film est indéniablement moins bon que celui qui l'a précédé. Après ce n'est pas la catastrophe non plus, mais c'est juste tellement décevant.

Commençons par le début, le casting est franchement bon. On est ravis de retrouver les "anciens nouveaux". Le trio James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence fonctionne vraiment bien, il y a rien à redire là-dessus. Mais par contre, on a fait le choix de fait passer Charles et Erik au second plan, ce qui m'a un peu dérouté. Adieu fanfictions gays sur tumblr, vous allez nous manquer.
Plus sérieusement, le duo, aussi bien de personnages que d'acteurs, marchait parfaitement et était très apprécié du public, je trouve donc ce choix un peu étonnant.

Les "nouveaux nouveaux" sont eux de très bonnes pioches pour la plupart. Avoir décroché le premier vrai rôle au cinéma de Sophie Turner, c'est-à-dire le rôle que tout le monde attend et va regarder au moins par curiosité, c'est quand même génialissime. D'autant plus qu'elle fait une jeune Jean Grey crédible. J'ai beaucoup aimé le fait que le côté vraiment très puissant et effrayant de son pouvoir soit parfaitement bien mis en avant, et ce dès le début du film. Il y a aussi Oscar Isaac, bien caché derrière son barbouillage immonde qui lui sert de maquillage (je n'ai vraiment pas aimé le visuel de son personnage ^^') qui met pas franchement son jeu en valeur, mais ça reste une bonne pioche. On retiendra aussi Kodi Smit-McPhee, qu'on commence, doucement mais surement, à voir dans pas mal de gros films.

Ensuite, il y a Bryan Singer à la réalisation ! Ce n'est pas forcément le meilleur réalisateur au monde, mais c'est le réalisateur historique des X-men. C'est un gars en qui on a confiance, on a du mal à l'imaginer ruiner la saga qui la fait connaitre. D'ailleurs, jusqu'à présent, les X-men considérés comme pas terribles n'avaient jamais été réalisés par Bryan Singer, la preuve qu'il a quand même un certain flair pour ne pas réaliser n'importe quoi sous prétexte qu'il y a un X-men dedans.

Mais là, je ne sais pas ce qui s'est passé, ça prend pas. Et je parle bien de la réalisation, elle ne prend pas.

Globalement, l'univers visuel est d'une laideur repoussante. J'ai déjà signalé le maquillage d'Apocalype. Mais son costume c'est pareil, il est cheap au possible. On dirait que sa tête est enfoncée dans un couvercle de chiotte, sérieux. Et je ne parle même pas de sa jupette. Il est censé faire peur quand même ! Complètement raté, il est ridicule sur toute la ligne. Même son pouvoir est montré d'une façon naze. Il sait faire des châteaux de sable, génial.
Les autres costumes ne valent pas forcément mieux. Genre la première apparition de Raven, elle porte une robe d'une vulgarité et d'un mauvais gout sans nom. Les décors ne sont pas très riches. L'univers égyptien n'est pas trop mon délire et on commence un peu à en avoir marre des bâtiments ennemis avec plein de petits recoins dans les murs pour se cacher, on a déjà vu ça 10000000000000 fois. L'éclairage est souvent trop sombre. Les effets spéciaux sont pas d'une qualité dingue et rendent les scènes d'action brouillonnes.

Je trouve qu'il y a aussi un problème de rythme. Les scènes d'émotions sont trop vite expédiées et du coup pas émouvantes du tout.
Spoiler(cliquez pour révéler)
(La mort de Havok, sérieux : - Scott : euh, au fait, il est où mon frère ? - Hank : oh bah, you know, il était très près de l'explosion, toussa toussa, il doit être mort. - Scott : ok. Allons sauver le monde alors. Émotion : ZÉRO.)[/spoiler]. D'autres trucs parfaitement inintéressants sont tirés en longueurs. Je pense là à, euh... Toute la première moitié du film ? Les choses sérieuses ne commencent qu'au bout d'une heure ! Certaines scènes ne sont franchement pas inspirées, comme le ralenti de Quicksilver, à qui il manque la surprise et l'humour de la scène analogue de DOFP.

Et puis surtout, ce qui m'a le plus gêné, c'est qu'il n'y a AUCUNE cohérence au niveau du visuel. L'incohérence entre la première et la deuxième saga, passe encore. [spoiler]La scène avec Wolverine par exemple.
On est au courant, c'est un défaut présent depuis 3 films, on revient pas dessus. Mais là on a innové, on fait maintenant des incohérences entre les films d'une même saga !

Sauf erreur de ma part, l'institut Xavier a changé de château par rapport à First Class. POURQUOI ? Ça coute quoi de plus de reprendre le même lieu de tournage que le film précédent (et de "l'excellente" série télé Hex la Malédiction) ?!
Puis je ne sais pas si tout le monde a bien réalisé que ce film est censé se passer 10 ans après DOFP. Parce que physiquement, sur les acteurs, ça ne se voit pas du tout. Je ne peux même pas dire que le maquillage pour les vieillir est raté, puisqu'on n'a même pas essayé de les vieillir ! Ils sont juste comme ils sont dans la vie. Quand J-Law qui dit à Sophie Turner "quand j'avais ton age, gnagnagna" c'est juste ridicule. Elles n'ont que 4 ou 5 ans d'écart.

De plus, à part Magneto, on n'a pas non plus cherché à les vieillir moralement. Et là c'est le scénario qui capote ! Charles est quand même resté follement amoureux d'une femme qu'il a connu il y a quoi... 15-20 ans ? Hank, pareil, toujours épris de Raven. Ils ont quand même faillit s'embrasser quand ils étaient ados, c'est vrai que c'était du sérieux entre eux ! Quicksilver est, lui, toujours un ado attardé qui vit dans sa cave. Ça ne choque que moi ?!!
Et quand je dis qu'on a vieillit moralement Magneto, ça reste pas dingue, on lui a donné une femme et un enfant, l'occasion de nous faire des séquences émotions plus clichées du meurt.

Et là où c'est dommage, c'est que si on fait abstraction de tous ces défauts, le film regorge de bonnes idées ! Apocalypse est un méchant super crédible sur le papier. Recentrer l'intrigue autour de Jean, plutôt qu'une énième fois sur Wolverine, est super intéressant. Raven est très bien exploitée, c'est surement le film où ce personnage est le plus aboutis. On exploite aussi (enfin) le fait que Quicksilver soit le fils de Magneto, ça avait été uniquement sous-entendu dans le film précédent. Nous montrer, même sommairement, le passé des X-men de la première saga (Tornade, Scott, Diablo,...) était une attente que j'avais depuis un moment. Présenter une décennie différente dans chaque film de la 2nd saga est pertinent.
Mais comme c'est mal montré, ça ne prend pas.

J'ai tout de même trouvé la seconde moitié du film assez intéressante. Malgré l'absence de suspense, une énergie entrainante s'en dégage. Les liens entre les différents personnages sont bien mis en valeur, avec quelques clichés, mais bon, c'est un blockbuster pas un film d'auteur, hein, ayez des attentes en conséquence. La fin est peut-être un peu vite expédiée, mais c'est un film de super-héros, on sait dès le début que les gentils gagnent à la fin. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment ils vont y arriver, et ça, c'est bien montré dans le film.

Dans l'ensemble, est-ce un mauvais film ? Je ne pense pas, je le trouve meilleur que plein de sagas de super héros que je trouve complètement débiles (coucou Cap'tain America). Mais tellement plus faible qu'un autre X-Men que c'est super décevant.
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À bout de souffle
date : 15-04
Je ne suis pas une grande fan de Godard, je l'avoue, mais ce film précis, je l'aime. Alors bon, qu'on se le dise tout de suite, on peut lui reprocher la même chose qu'à tous les Godard, voire à tout film de la "nouvelle vague". Il y a pas vraiment de scénario ; pas vraiment d'actions, surtout des dialogues ; ça fait un peu "caricature de film français" par moment (trois cigarettes fumées par scène en moyenne, le ministère de la santé ne s'en remet toujours pas).

Mais malgré tout, je trouve que ce film nous embarque avec lui, en nous montrant ce petit couple touchant et mignon tout plein sans jamais faire mièvre, résolument moderne (d'autant plus pour l'époque) et simplement réaliste. Le duo Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg est magique, à mon sens l'un des duos mythiques du cinéma. Ils sont bourrés de charme, ils jouent bien, ils sont super naturels devant la caméra, la réalisation les met en valeur, le courant passe entre eux, ils enchainent les répliques cultes, que demander de plus ? Ils nous offrent plein de scènes mémorables, celle sur les champs Élysées, par exemple. L'évolution de leur relation est palpable, jusqu'à son dénouement plutôt inattendu. Bref, rien que pour eux, j'aime ce film.

Je trouve également la réalisation excellente. Il y a beaucoup de recherche et surtout, là encore, une vraie modernité dans la mise en scène. Je crois bien que tout pourrait encore fonctionner dans un film d'aujourd'hui. La réalisation est tellement bonne qu'elle nous fait oublier les côtés "petits budgets" du film, en utilisant le hors champ, par exemple, sans que ça ne jure avec le reste du film. La ville de Paris où se passe l'intrigue est superbement filmée et mise en valeur (facile, la tour Montparnasse n'existait pas à l'époque #troll). La photographie est simplement splendide. Je trouve vraiment que ce film est un régal pour les yeux. Et là encore, juste pour cette raison, je pourrais aimer le film.

Et à partir de là, le reste, et notamment le scénario branlant et qui tient sur un post-it, je m'en fous un peu. Ça ne m'empêche pas de passer un bon moment !
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Soul Kitchen
Soul Kitchen réalisé par Fatih Akin
date : 15-04
Je pensais pas que j'allais apprécier ce film, parce que son thème me parlait pas tant que ça, mais au final, c'est une assez bonne surprise. Une comédie réussite, joyeuse dans son malheur, énergique, feel-good, avec en prime une bonne BO et une ambiance entrainante. La réalisation casse pas des briques mais reste sympathique. Les acteurs sont vraiment crédibles, inspirés par leur rôle. On pourrait peut-être leur reprocher un léger surjeux, mais j'ai pour ma part trouvé que ça s'inscrivait dans l'ambiance globale du film, et ça ne m'a pas du tout dérangé, au contraire.

Après, si c'est un film que j'ai trouvé sympa, c'est uniquement un film que j'ai trouvé sympa. Je ne me suis pas dit WAOUUUUUH, j'ai trouvé le scénario trop prévisible sur plus d'un point et la fin est téléphonée, l'humour manque parfois de recherche, il y a quelques longueurs et je n'ai pas vraiment ressenti d'attachement pour les personnages. J'ai notamment trouvé Nadine insupportable.

Bref : une comédie sympa mais assez banale, sans prétention, à prendre pour ce qu'elle est, rien de plus. Je comprends pas trop son prix à la Mostra de Venise, ça cadre pas vraiment avec l'ambiance et l'exigence de ce festival. C'est peut-être son coté "contre-proposition" qui a plu, justement.
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Valley of love
date : 28-02
Ça ne deviendra pas mon film préféré, mais c'est quand même une très jolie découverte. J'ai bien aimé le concept de cette discussion entre les deux personnages, réunis par la mort de leur enfant, et qui s'étale sur 1h30. Le propos n'est pas pollué par des sous-intrigues ou des personnages secondaires qui n'auraient vraiment pas de raison d'être. On se concentre sur l'essentiel et sur les émotions que ça provoque.

Et des émotions, il y en a plein dans ce film. Sa plus grande qualité selon moi. On tire le plein potentiel de ces deux acteurs aussi géniaux l'un que l'autre. Mais aussi de leur personnalité. Le coté un peu beauf de Depardieu est totalement assumé, tout comme le côté cérébral, voire hautain, de Huppert. Je dis ça en toute amitié, dans un cas comme dans l'autre, je les adore.
Gérard est un personnage désabusé et débordant d'une tristesse qu'il se refuse à montrer. Qu'il cache maladroitement derrière des blagues et un détachement vis à vis des évènements. Isabelle est elle un personnage dramatique plus traditionnel. Elle ne cache rien de ses émotions, ni de sa tristesse, ni de son incompréhension, ni de sa culpabilité. Ça la rend purement bouleversante. Vraiment. La scène où elle lit la lettre que son fils a écrit à son père m'a particulièrement touchée et marquée.

Il y a également beaucoup d'émotions dans la relation entre Gérard et Isabelle. Ce couple est certes divorcé, mais ils ont encore une vraie tendresse l'un pour l'autre, qui est parfaitement crédible et qui transpire d'absolument toutes les scènes du film.

Et puis surtout, point qui me semble important, les émotions sonnent toujours vraies. On n'est absolument jamais dans le tire-larme, dans le mièvre, dans le glauque ou le morbide. Malgré le thème purement dramatique, on a réussi à faire un film léger.

L'aspect faussement autobiographique est une idée absolument géniale. Les acteurs jouent des personnages qui portent leurs prénoms, qui sont des acteurs, qui ont une personnalité qui colle à l'idée qu'on se fait d'eux, Gérard a lui aussi perdu son fils. Ça donne un coté décalé, atypique, voire absurde, au film, que j'ai adoré.

Le coté fantastique du film est du coup assez bien amené. Il colle naturellement à cette ambiance décalée. Et je trouve que ça apporte aussi beaucoup à l'intrigue. Ça permet notamment de créer une fin monumentale, que j'ai trouvée tout simplement parfaite.
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Franchement, si Gérard et Isabelle avaient rencontré leur fils comme ça, au détour d'un rocher, et qu'on nous avait sortie une explication àlakon pour justifier sa présence (Dieu, faille spatio-temporelle, power of love, ou que sais-je encore) le film aurait été ridicule et pas crédible, et surtout clivant (exemple : si on le justifie par Dieu, les non-croyants seraient pas du tout emballés). Mais là, c'est génial, parce qu'on comprend uniquement ce qu'on a envie de comprendre. Gérard a t-il vraiment vu son fils ou un autre promeneur ? A t-il raconté ça uniquement pour faire plaisir à Isabelle ? Pourquoi il revient vers elle à la fin ? Par amour, par culpabilité de l'avoir laissée seule ou à cause de sa rencontre avec son fils et de ses brulures ?
C'est un film à tiroirs, il y a 30 façons différentes de le comprendre. Et quelques soit la façon dont vous le comprendrez, vous aurez toujours raisons, puisque vous l'interpréterez au regard de votre propre histoire.


Bon après, c'est vrai que le rythme du film est très lent. On pourra difficilement dire l'inverse. On aurait pu raconter l'histoire en 30 minutes si on l'avait voulu, mais on a choisit de le faire en 1h30.

Je ne dis pas que c'est forcément pas bien. Au contraire, je pense que les silences ont un vrai intérêt dans la discussion et sont tout autant joués par les acteurs que les phases de dialogues. Ils donnent tantôt un coté triste, tantôt un coté drôle, tantôt un coté tendu au film. Mais ça rend aussi le film très minimaliste, et du coup assez dur à appréhender si vous n'êtes pas habitués à ce genre de cinéma.

Personnellement, plus que le rythme, ce qui m'a dérangé, c'est plutôt l'absence "d'habillage" de ces moments de silences.
Ce n'est pas l'occasion de nous mettre une musique un peu planante. Il n'y en a quasiment pas dans le film. C'est du vrai silence. On n'entends rien.
Ce n'est pas non plus l'occasion de nous en mettre plein la vue avec un paysage de rêve qu'on prendrait un moment pour apprécier. Et pourtant il y avait quoi faire. La vallée de la mort n'est jamais vraiment filmée, elle reste qu'un simple décor d'arrière plan.
On fige simplement le moment. Et ce n'est pas toujours utile.

De même, je n'ai pas vraiment apprécié les blagues redondants. Que Depardieu dise qu'il fait chaud une fois ou deux, ok, 15 fois c'est un peu lourd. De même quand Huppert nous fait des crises d'hystérie avec son téléphone qui capte pas.
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Merci Patron !
date : 27-02
On sent une forte influence des documentaires de Michael Moore, aussi bien dans le thème traité que dans la forme, notamment dans la présence, parfois excessive, du réalisateur dans son propre film
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(était-ce vraiment nécessaire de se déguiser en 'fils Klur' pour discuter avec le représentant de LVMH ? Le vrai fils Klur n'aurait pas pu endosser ce rôle?)[/spoiler] Je comprends très bien que ce genre de mise en scène puisse plaire. Je dirais même que le film est assez séduisant. Rythmé, joyeux à sa façon, avec son humour un peu grinçant, qui a au moins le mérite de désamorcer des thèmes pas faciles (suicides des salariés licenciés par exemple). Un film presque feel good, au final. Mais malheureusement, et tout comme pour Michael Moore d'ailleurs, ça ne colle PAS DU TOUT à ma propre vision du documentaire.

C'est une considération purement personnelle, mais je pense qu'un documentaire doit servir à montrer la réalité, à informer, avec un traitement neutre, sans juger les faits. Nous donner des pistes de lecture d'un sujet d'actualité, puis nous laisser en tirer les conclusions. Mais ce film fait au contraire les questions et les réponses. J'étais parfois même mal à l'aise, devant la façon qu'à François Ruffin de tourner les questions pour entendre ce qu'il veut entendre. Comme si son film était scénarisé à la virgule près depuis le départ, et si ses intervenants déviaient un peu, il fallait vite les remettre dans le droit chemin. Ça manque de naturel. Et puis ça oublie une chose essentielle : les intervenants ne sont pas des acteurs et ce n'est pas du cinéma. C'est des vrais gens, avec une vraie vie et de vrais problèmes personnels.
[spoiler]Par exemple vers la fin, il demande aux Klur s'ils sont contents de la solution proposée. Ils lui répondent oui. "Ah bah non, on est pas content, on va encore en rajouter une couche." Bon. Ok. Pas suffisant pour le réalisateur uniquement, qui a besoin de se faire mousser, mais le couple avait des prétentions simples, éponger leurs dettes et monsieur voulait retrouver un emploi, et ils étaient satisfait du geste de LVMH puisqu'ils ont obtenu simplement ce qu'il voulait.[/spoiler]

Et je ne parle même pas des non-dits ! Là pour le coup, ce n'est plus les intervenants qui sont manipulés, mais les spectateurs. Par exemple, quand on évoque le cas des vendeurs licenciés de la Samaritaine. Je suis 1000 fois d'accord que c'est dramatique et qu'il est important de le dénoncer. Mais on passe très vite sur le fait qu'on va transformer la chose en hôtel et y retrouver des commerces. Je dois vous faire une confidence qui va peut être vous étonner... C'est pas Bernard Arnault avec ses petites mains qui va faire tourner toute la boutique ! Il y aura de nouvelles embauches. Et en France, pas en Pologne.

Dans la continuité, on trouve en plus le moyen de faire une pique sur la présence de logements sociaux dans le projet Samaritaine rénové, pas assez nombreux au gout du réalisateur. Mais HS j'ai envie de dire ! Arnault n'a AUCUNE raison de devenir un bailleur social. Ce n'est pas son métier ni même son rôle. Les logements sociaux, c'est avant tout l'affaire des personnes publiques, incapables d'assumer cette charge financière au vu des prix immobiliers de la capitale. On a donc inventé un truc qui s'appelle la loi SRU, qui permet à la mairie de Paris et à l'Etat de se décharger de son incompétence sur les entrepreneurs privés, en les obligeant à un certain pourcentage de logements sociaux dans ce type de projet. Je dis ça, je dis rien.

Puis d'une façon plus large, le luxe français, que ce soit LVMH ou autre (parce qu'on aurait pu faire le même film avec plein d'industriels), se porte quand même particulièrement bien. Apporte à l'économie et à la renommée française. Combien d'emplois ont été créés par le groupe ? On le dit jamais. Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres dysfonctionnements du système à mettre en avant, plutôt que cette opposition débile méchants riches/gentils pauvres ? Je sais pas, par exemple, les logements sociaux nettement insuffisants dont je viens de parler ; le nombre énorme de gens qui ne demandent pas d'aides sociales parce qu'ils n'y comprennent rien ; le scandale des "travailleurs pauvres" ; l'inefficacité du pole emplois qui donne envie de pisser de rire ou de rire jaune, c'est selon ; l'incapacité de l'État ou des syndicats à empêcher les délocalisations ; la question de la démocratie en entreprise ; ... économiquement et politiquement parlant, c'est des sujets qui sont 1000 fois plus pertinents.

Ce genre d'œuvre se rapproche bien plus du militantisme d'extrême-gauche pas très fut-fut et un peu rance, qui est un peu resté bloqué dans les années 70-80 sans arriver à se mettre au gout du jour, que du vrai documentaire. Il n'aurait probablement pas du sortir de la rédaction du journal Fakir, car à mon sens, la voix de la gauche ou de l'extrême-gauche actuelle n'est pas portée par ce genre de film et de personnage, elle est plutôt décrédibilisée par ces derniers. Ça entretient cette image de personnes au discours irréalisable et irréaliste, alors qu'il y a pourtant de vrais débats, de vraies questions et de vraies réponses dans cette idéologie.

Puis je trouve aussi ce film, finalement pas si couillu que ça. On ne propose AUCUNE solution d'économie alternative meilleure, ce qui rend la chose très... Populiste. Il n'y a pas de "théorie" dans ce film. Aucun argument économique fondé, bah oui, trop peu de gens pourraient comprendre ! Pas de solutions, non plus, parce que proposer de faire des kolkhozes ou un parfait égalitarisme (c'est ce à quoi semble tendre le réalisateur, quand je disais qu'on était resté dans les années 70, c'est un exemple), c'est tout de suite moins séduisant. Là, on est dans le flou. Le gars qui veut juste taper sur son patron sans voir plus loin que le bout de son nez, il est content. L'ado à dreadlock qui appelle à la révolution en écoutant Tryo aussi. Sans oublier le fameux "bobo", oubliant au passage son propre statut de privilégier. On trouve dans le film uniquement ce qu'on a envie d'y trouver. Et ça, c'est juste la règle numéro 1 du discours politique : ne jamais trop en dire, laisser ceux qui nous écoutent interpréter de la façon qui les arrange. Étrange documentaire "anti-système", qui utilise pourtant toutes les ficelles du système.

Par contre, les Klur sont de vraies perles ! Ils sont extrêmement sincères dans leur démarche. Ils n'ont rien à perdre, ce qui les rend très touchants et finalement vraiment marquants. On sent une envie réelle de les aider de la part du réalisateur. Il les laisse s'exprimer, il les écoute. Ça c'est juste super rare. C'est le genre de personne qu'on entend jamais dans les médias.

Après la moquerie n'est malheureusement jamais très loin... Ruffin a beau se présenter comme était de la même classe social que les Klur, c'est tellement pas le cas que ça en devient condescendant. [spoiler]Par exemple, quand il leur apporte des cadeaux pour le représentant de LVMH, avec du pâté et de la bière. J'ai trouvé ça hallucinant. On a juste l'impression que Ruffin veut les faire passer pour des gens bien plus idiots qu'ils ne le sont. Ils s'en rendent eux-mêmes compte que c'est des cadeaux ridicules. Ou encore ce moment où il se "déguise en pauvre" qui est assez hallucinant je trouve.


Mais bon, malgré ce bémol et même si le moyen est critiquable, on est quand même indéniablement soulagé de les voir s'en sortir. J'ai tout de même une pensée pour tous les autres salariés licenciés d'Ecce, qui n'ont pas eu la même chance. Là encore, on manipule plus ou moins subtilement le spectateur en n'en parlant jamais dans le film ! Vu la publicité faite par ce film, ce genre de geste de la part du groupe LVMH risque de ne plus jamais avoir lieu. Décidément, la victoire sur le grand patron est vraiment trèèèèèèèès loin.
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Planète Animale
date : 19-02
J'ai rien contre les documentaires animaliers, mais je pars un peu du principe que quand tu en as vu un, tu en a vu 30, ils sont un peu tous pareil. Mais là, woooow, je suis restée scotchée. Ce film est magique et son succès largement mérité. C'est un vrai film familial, qui arrive à se mettre à la portée de chacun, petits ou grands et quelque soit sa connaissance du milieu animal, sans jamais abaisser son niveau ou sa rigueur scientifique.
Le projet en soit est impressionnant (4 ans de tournages !), au service d'un documentaire à la fois passionnant et techniquement irréprochable. Tous y est soignée, les images sont d'une qualité incroyable et sans aucun procédé de synthèse, la musique souligne bien ce qui est montré, la voix-off nous délivre des informations pertinentes et apporte des touches d'humour sans jamais se faire trop présente, le fil rouge (montrer comment les animaux s'adaptent à des milieux extrêmes) est super intéressant et pousse même à réfléchir. On nous montre pas mal d'animaux méconnus et presque jamais vu ailleurs ; et quand on nous montre des animaux connus, on compense par le fait qu'on ait capté des images rares et impressionnantes (le combat de chevaux sauvages ou les lions qui chassent une girafe, par exemple). On voyage beaucoup à travers le globe, ce qui nous apporte également une variété de paysages.
Seul micro défaut que j'ai pu trouver, on ne nous montre pas d'animaux marins, j'ai trouvé que ça manquait. D'autant plus que question milieu extrême les fonds marins me viennent à l'esprit assez naturellement. Mais comme tout le reste du projet est parfait, ce n'est pas très grave non plus. Puis je pense qu'il y aurait de quoi faire un documentaire uniquement sur les animaux marins, je suppose qu'il a donc fallu faire des choix.
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Au nom de ma fille
date : 31-01
Après l'affaire Clearstream dans "L'enquête" et l'affaire d'Outreau dans "Présumé coupable", Vincent Garenq se fait à nouveau porte parole des affaires judiciaires foireuses avec ce film. Ça commence à devenir un style. Pas inintéressant il faut le dire. La couverture médiatique a été moins importante que pour les précédents films, probablement parce que l'affaire est en soit moins connue. Mais pas forcément moins intéressante ou révoltante pour autant.

Je pourrais reprocher à ce film la même chose qu'aux autres de ce réalisateur. L'intention de départ est géniale. Mais le traitement un peu moins, car trop précipité et froid. Le film aurait vraiment gagné à avoir 20-30 minutes de plus. Il est trop court, tout va trop vite. On se contente d'aligner des faits sans réellement raconter une histoire. On fait pas monter la mayonnaise, on ne nous laisse pas le temps de nous attacher aux personnages, pour souffrir ou nous indigner avec eux. Le drame ne prend pas. L'ensemble en devient donc un peu plat.

Pas inintéressant... Mais plat. Ça raconte bien ces faits. L'intrigue est vraiment claire, on comprend tout ce qui s'est passé. Sur ce point rien à redire. Mais pour faire simple, si j'avais regardé un reportage journalistique sur cette affaire, j'aurais ressenti exactement les mêmes émotions. Sauf qu'un journaliste c'est son métier de raconter seulement des faits, avec une certaine distance et retenue. Un cinéaste doit au contraire nous embarquer avec lui, créer des personnages auxquels on s'identifie, nous raconter les choses avec conviction, d'une façon qui prend aux tripes. Raté.

Les personnages sont assez monocordes, sans subtilité. On ne nous explique pas certaines de leurs réactions. Par exemple, la scène où Bamberski dit qu'il ne peut plus avoir d'autres enfants. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Ce n'est pas du tout une évidence, d'autres personnes dans la même situation voudraient au contraire en avoir à nouveau.

La réalisation ne vient pas non plus apporter ce "plus" par rapport au reportage, puisqu'elle est vraiment fade. Ça fait un peu plus téléfilm ou série télé que film (genre les coupures noires entres les scènes, à part George Lucas je connais aucun réalisateur de film qui fait ça, il y a peut-être une raison). Certaines scènes sont très clichées (du genre la scène d'énervement père/fils). Le vieillissement/rajeunissement des personnages est moyen.

La qualité de l'interprétation ne m'a pas convaincu non plus. Je ne suis pas très fan de Daniel Auteuil de façon générale, et sans être mauvais, on va dire que ce n'est pas dans ce rôle qu'il va marquer les esprits. Il est, là encore, trop dans la retenu à mon sens. Il participe à rendre le film trop froid. De plus, je ne l'ai pas trouvé crédible dans certaines scènes précises. Par exemple, il fait très mal semblant de pleurer. Mais malgré tout, c'est encore le moins mauvais des acteurs du film. Marie-Josée Croze, qui n'est pourtant pas une mauvaise actrice, m'a semblé totalement transparente, visiblement pas inspirée. Christelle Cornil est à coté. Stebastian Koch, était une bonne pioche, parce que c'est l'un des rares acteurs allemands à traverser les frontières. Mais à l'instar d'Auteuil, c'est pas son meilleur rôle dans ce film. Les enfants sont inexpressifs... Pas la joie quoi.
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Les Innocentes
date : 30-01
J'avais un peu peur d'être déçue, parce que je ne suis pas très amatrice de la réalisatrice, Anne Fontaine. Souvent le sujet de son film m'intéresse, mais je n'aime finalement pas le traitement qu'elle en fait. Mais ici, rien à redire, j'ai vraiment trouvé qu'elle nous propose un très très bon film. Le meilleur film français que j'ai vu depuis euh... Je ne me souviens même pas quand, c'est dire que ça fait longtemps !

Ce film est juste terriblement fort et émouvant. Je n'ai pas d'autres mots pour le qualifier. Et en même temps, il est juste. On ne se dit jamais qu'on en fait trop ou que c'est tire-larmes, ça raconte simplement les choses telles qu'elles sont. Avec sobriété. Ça ne tombe jamais dans le mièvre non plus. Bref, totale réussite sur ce point.

Le scénario est intéressant dans sa dualité. D'une part ces femmes qui sont des victimes, et d'autre part, la honte terrible dans laquelle elles vivent, du fait que ça ne respecte pas du tout leur foi. Sans oublier le coté "instinct maternelle" qui pousse à aimer leurs enfants malgré tout, qui apparait dans la seconde partie du film, et ajoute un enjeu supplémentaire.

Les personnages sont bien écrits. Leurs sentiments transparaissent bien. Même les personnages qui sont un peu borderlines, comme la mère supérieure, on arrive à comprendre leurs agissements et leur point de vue. Je trouve aussi intéressant de voir comment le personnage de Mathilde s'intègre peu à peu parmi les sœurs, gagne leur confiance, comment la compréhension mutuelle et même la complicité s'installe, etc...

La réalisation met bien en valeur l'histoire. On filme très bien les actrices, la photographie est vraiment jolie, le décor est splendide, la musique religieuse donne un coté mystique au film.

Bonne performance de Lou de Laâge. Ce n'est pas mon actrice préférée, mais elle est touchante, dans l'empathie avec les sœurs. Agata Kulesza, que j'avais déjà vue dans "Ida" où elle proposait le même genre d'interprétation, joue très bien l'inflexibilité et l'autorité de la mère supérieur, mais je trouve que ça la rend un peu trop froide. J'ai bien apprécié Agata Buzek, qui est une découverte pour moi. Petite déception, peut-être, pour Vincent Macaigne. C'est un acteur que j'apprécie, mais soyons honnête, son rôle ne sert pas à grand chose ! Et son interprétation ne donne pas plus de profondeur au personnage. On aurait probablement dû mieux exploiter le fait que son personnage soit juif.

Si vraiment je devrais trouver un défaut, ça serait un détail, mais je n'ai pas compris pourquoi la moitié des bonnes sœurs de se couvent parlent le français. Dans les années 40, en Pologne, l'étude des langues me semble pas franchement la priorité. On aurait du trouver une justification à cela. N'importe quoi, une sœur française parmi elles, qui a appris sa langue aux autres, par exemple. Mais on ne l'explique à aucun moment, et du coup, ça passe juste pour une facilité d'écriture un peu grossière.
Ou alors, on aurait pu jouer à fond la carte de "on se trouve en Pologne, point barre", mettre encore plus de dialogues en polonais dans le film et trouver une autre façon pour que les personnages communiquent (par des gestes ?)
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La La Land
date : 25-01
De base, j'adore les comédies musicales, donc il ne m'en faut pas forcément beaucoup pour me plaire avec ce type de film. Mais là, on est au-delà de ça. C'est un film pétillant, à la joie communicative, qui embarque son spectateur avec lui, qui lui donne envie de danser et de fredonner le thème principal dès la sortie de la salle. Et ça, ce n'est franchement pas donné à tout le monde.

Après qu'on se le dise tout de suite, le scénario n'est pas vraiment l'intérêt principal de la chose. On pourrait même dire qu'il est ultra prévisible, déjà trop vu dans les comédies musicales, qui peuvent tourner autour d'autre chose que l'amour (si, si, je vous jure), et déjà trop vu tout court, de façon générale au cinéma. Mis à part la toute dernière scène qui est dans l'émotion, les enjeux dramatiques ne sont pas fou-fous, pour ne pas dire inexistants.
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Je crois que le moment le plus grave, c'est quand Mia en a marre de rater des auditions et rentre chez elle. Il y a pas mort d'homme quoi.
Vous attendez vraiment pas à pleurer toutes les larmes de votre corps comme devant "Moulin Rouge !", ce film ce veut au contraire assez sobre côté émotion, mais finalement aussi plus réaliste, non ? Je trouve qu'on s'identifie sans mal aux personnages et aux situations qu'ils traversent.
On appréciera les références sympathiques, aux classiques du cinéma et du jazz. Et puis même si c'est déjà vu, le sujet reste bien traité. On y croit, tout simplement, à l'amour entre les deux personnages principaux. Ils sont tout mignons et attachants, sans tomber dans la niaiserie dégoulinante.

L'intérêt du film est plutôt dans son ambiance très énergique et également un poil vintage, mais dans le sens positif du terme. On sent qu'on a voulu faire un hommage aux comédies musicales classiques, et je trouve qu'il est très réussi. Notamment sur l'aspect comédie je dirais. La plupart des comédies musicales modernes se prennent franchement au sérieux, peut-être trop, et oublient ce côté décalé. Qui est pourtant tellement agréable. On ne va pas se mentir, ça n'a rien de naturel de voir deux personnages s'arrêter au milieu d'une conversation normale et se mettre à chanter ! Mais amené avec de l'humour et du second degré, ça passe tout de suite mieux. Quelques blagues sont un peu faciles (genre celle sur les gluten-free) mais jamais de mauvais gout ou lourdingue, donc ça fonctionne quand même.

L'ambiance est renforcée, je pense, par la réalisation soignée. On a pas mal de plan-séquences, ou quasi plan-séquences, qui donnent un aspect très travaillé au film. Et aussi de la personnalité, du cachet, on peut se dire "ça ce n'est pas un film de n'importe qui, c'est un film de Damien Chazelle". Les décors, paysages, costumes sont très colorés et très jolis à regarder. Les chorégraphies sont sympas (j'y connais rien en danse, donc je ne m'aventurerais pas dans des explications plus techniques sur ce point). Plein de références à d'autres comédies musicales se sont aussi glissées dans le film, sous la forme de scènes très similaires à celles qu'on peut voit ailleurs, mais sans jamais faire "copier/coller". On a réussi à personnaliser chacune de ces références, ce que je trouve très agréable.

Puis forcément, les musiques participent à l'ambiance. J'ai vraiment aimé leur style, leur énergie, leurs paroles collant aux situations. C'est le genre de film dont on a envie d'acheter la BO juste après l'avoir vu. Sincèrement.

Mon seul regret sur ce point, c'est peut-être un manque de mélodies différentes. J'ai eu le sentiment qu'on rejouait toujours le même air, la même chanson. Après... C'est aussi ça qui donne un fil rouge au film et rend sa mélodie catchy. Donc je suis partagée. Ça peut être vu comme un point positif également.

En tant que fan de comédie musicale, j'aurais aimé plus de scènes chantées. Mais pour plaire au plus grand nombre, c'est mieux que le film soit ainsi, finalement 'normalisé'. Par moment, je trouve qu'on oublie cet aspect, et qu'on a l'impression de voir un simple film musical, qui parle d'un musicien, de son groupe, de ses rêves de club de jazz, etc... Donc là aussi, remarque qui peut facilement être vue comme un point positif, ça dépend de votre rapport à la comédie musicale.

Je termine cette critique sur les acteurs, qui sont vraiment très très très très sympathiques. Le duo Emma Stone/Ryan Gosling fonctionnait dans d'autres films, fonctionne dans celui-ci et fonctionnera encore dans d'autres films, je l'espère. C'est rare les binômes qu'on retrouve comme ça dans plusieurs films, mais bon, c'est la preuve en soit que ça marche, que le courant passe entre eux, et qu'ils sont réjouissants à voir.

Je crois quand même avoir préféré Emma à Ryan. Ce n'est pas forcément une question de jeu en soi, c'est plus une question de réalisation. Je trouve qu'on met vraiment l'accent sur elle. Du fait qu'elle joue une actrice, on la voit passer des castings qui sont tous filmés en gros plan sur son visage : le meilleur moyen de briller. Tu ne peux pas tricher quand t'es filmé comme ça, tu sais jouer ou tu ne sais pas. Et Emma sait définitivement jouer, c'est une évidence.
Ryan est, lui, plutôt filmé de loin, à la limite, on met plus en valeur ses talents de musicien que d'acteur. Il joue malgré tout bien, mais c'est moins "évident" de s'en rendre compte. Après j'ai vu le film en VF, because pas le choix, et son doubleur ne me semble pas être l'acteur le plus doué au monde. Ça rend surement mieux en VO.

Oscar/pas Oscar pour eux ? Je pense qu'Emma peut l'avoir. Elle le mériterait en tout cas. Après si elle l'a pas, tant pis, elle a déjà la coupe Volpi pour ce rôle, et c'est à mon sens un prix d'interprétation 100 000 fois plus fiable que l'Oscar :P
Ryan je suis moins convaincue. A mon sens, il est mémorable et "primable", pas parce qu'il joue incroyablement bien, mais parce qu'il a une performance complète : il joue, il chante, il danse et il fait de la musique. Et autant pour les Golden Globes qui séparent les films dramatiques des comédies, sa victoire me semble parfaitement légitime, autant pour les Oscars qui ne font cette distinction.... Je ne suis pas certaine qui tienne la comparaison avec des acteurs de rôles purement dramatiques et nécessairement plus forts.

Il n'y a pas vraiment de seconds rôles dans ce film, qui tourne surtout autour de son duo d'acteurs principaux. On signalera la présente de J.K. Simmons, mais ça se rapproche plus du caméo qu'autre chose. John Legend marque malgré tout le film à sa façon. Ce n'est pas un acteur, et j'ai envie de dire que ça se voit quand même un peu, mais il joue un musicien, et ça, ça le rend crédible, et on se dit finalement pourquoi pas.
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Rogue One: A Star Wars Story
date : 24-01
Je trouve que ce film souffre du syndrome "x-men origins : Wolverine". A savoir qu'on a un film indéniablement bien foutu, bien réalisé, avec un scénario correct, de bons effets spéciaux
Spoiler(cliquez pour révéler)
(on fait même revivre les morts, Peter Cushing et Carrie Fisher, c'est quand même beau la technologie)[/spoiler], une bonne BO, et tout le toutim. Mais une fois qu'on arrive à la fin, on se dit juste "mais pourquoi on nous a raconté cette histoire ? Elle apporte quoi à la saga principale ?" Bah euh... Pas grand chose. Ne vous attendez pas a des révélations particulières, il n'y en aura aucune.

Je ne suis pas fermée à l'idée de faire des spin-off à Star Wars, au contraire, il y en a même que j'adorerais voir. Par exemple, ce qu'à foutu Obi-Wan entre l'épisode 3 et 4, pour le coup je trouve qu'il y a vraiment une aura de mystère autour de cette histoire. Il y a milles et une façons d'expliquer comment il a pu maitriser la force au point d'en devenir presque immortel. Ou encore Boba Fett, qui n'a pas envie d'en savoir plus sur lui ?
Mais comment on a volé les plans de la death star, pour pouvoir la détruire dans l'épisode 4... Même si on ne nous l'avait jamais raconté dans la saga principale, on se doutait qu'à un moment ou à un autre, des gars sont allés les voler sur la planète ennemie où ils se trouvent, en faisant tout péter au passage ! Pour moi il n'y avait pas de mystère et pas d'envie particulière de connaitre cet élément de l'intrigue. Il y a tellement d'autres choses que je trouvais intéressantes à expliquer avant d'arriver à ça, que je trouve qu'on a fait un très mauvais choix de départ.

En revanche, comme je l'ai déjà dis, j'ai su apprécier la qualité technique du film. J'ai aussi trouvé osé, mais dans le bon sens du terme, d'avoir fait un film si éloigné de la saga principale. On n'est pas du tout dans la distraction. On a un vrai film de guerre, sombre, voire pesant. Je crois qu'il n'y a pas une blagounette de tout le film.
Bon voila quoi, on ne va pas de mentir, Star Wars c'est un peu comme les Marvel, c'est une saga blockbuster "con-con" par excellence (je dis ça en toute amitié). Ses fans ne sont a priori pas les plus demandeurs de ce genre d'intrigue sérieuse. Ça aurait pu être un plantage le plus total de partir dans cette direction, donc. Et pourtant, ça marche. On se sent pas trahit par cette rupture de style.
De plus, on n'est absolument pas dans la nostalgie des autres films Star Wars, comme pouvait l'être l'épisode 7. Les références directes à la saga principale sont quasi inexistantes, on en a juste 2-3 vers la fin, dont une, la toute dernière, assez inévitable je pense. Ça crée donc un ensemble de bon gout.
Et en même temps, l'ambiance y est. On n'a pas besoin de marteler les choses, on sait qu'on est dans un Star Wars. Plutôt ambiance saga originale que prélogie, avec sa débauche d'effet spéciaux inutile. Ici on n'est jamais dans l'excès, ça aussi, c'est de bon gout.

Le film souffre de quelques longueurs et défauts d'écriture. Le début est absolument incompréhensible. La première scène nous fait directement plonger dans l'histoire, sans intro. On enchaine les scènes très courtes qui nous balancent n'importe comment les noms des personnages, des planètes, l'intrigue, les enjeux. OH ON SE CALME. On nous laisse nous poser et digérer les infos. L'épisode 1 a le même défaut d'ailleurs.
Je trouve aussi les personnages très fadasses. Je n'ai pas ressenti d'attachement ou d'émotion, ni positive ni négative, à leur égard. Ils m'ont tous laissez de marbre. Je crois bien que le droïde est le meilleur personnage du film, c'est dire que le niveau n'est pas fou. Le jedi aveugle a aussi ma sympathie, mais les deux héros, c'est une catastrophe. Et du coup, je trouve que malgré l'aspect sombre du film, il n'est pas forcément très profond ou émouvant pour autant.
[spoiler]Puis cette fin, sérieux, elle est d'un cliché ! Il manquait plus que Jyn et Cassian s'embrasse et on aurait été au même niveau que "Pompéi". C'était tellement ridicule que j'ai même pas trouvé ça triste de les voir mourir.


Côté casting, je trouve génial qu'on ait laissé leur chance à de jeunes acteurs, très peu connus pour la plupart, ou alors pas du tout habitués du cinéma américain, à l'image de Donnie Yen. Les deux stars, Forest Whitaker et Mads Mikkelsen restent, elles, dans des rôles très secondaires et ne leur font pas d'ombre. Globalement, je trouve que les acteurs donnent bien vie à leurs personnages, on se prend au jeu, on a envie d'y croire. Après, il y a pas de grand moment d'interprétation, donc on se dit pas waouh non plus. Et j'ai trouvé Felicity Jones un peu trop inexpressive par moment.

Bon je sais que ce n'est pas bien de faire ça, mais la comparaison avec la saga principale est inévitable quand même... Et je crois que c'est le film de la saga que j'ai le moins aimé. Tout simplement parce que je reste beaucoup trop sur un sentiment d'inutilité. La prélogie a des défauts grossiers, mais elle dévoile un pan entier de l'histoire qui manquait réellement à la trilogie initiale. Elle a un vrai intérêt pour la cohérence et la profondeur de l'ensemble de l'histoire.
"Rogue one" est vraiment le seul film de la saga que je trouve dispensable. Où je me dis "si on l'avait pas eu, ça serait finalement pareil". Et ça me dérange profondément.
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Premiers crus
date : 23-01
Le cinéma français dans tout ce qu'il fait de plus médiocre.

Qu'on se le dise tout suite comme ça c'est fait : ce n'est pas un grand film, ce n'est pas un film qui rentrera dans les mémoires, ce n'est pas le meilleur film de Gérard Lanvin. Le scénario est à pleurer tellement il est pauvre. TOUT, ABSOLUMENT TOUT, est prévisible. Nan mais sans dec', vous imaginiez vraiment qu'à la fin du film, ils goutent tous le vin qu'on s'est fait chier à faire depuis 1h30, et là, quelqu'un balance "putain, elle est dégueulasse ta piquette, je la prendrais même pas pour cuisiner". Sérieux ? Je ne demande pas de faire un thriller, mais au moins de nous prendre un minimum de passion pour notre terroir. Comparez avec "La Part des Anges" de Ken Loach, par exemple, qui lui a vraiment réussi à créer une intrigue originale et travaillée autour du whisky. Et le budget devait pas être particulièrement plus élevé que pour ce film, le problème vient pas de là !

Puis les personnages, on dirait que le scénariste avait qu'une idée en tête : les rendre les plus insupportables possibles. Égoïstes, têtus, râleurs, bougons, égocentriques, infidèles, rancuniers, manipulateurs, à tous se rejeter la faute les uns sur les autres pour se faire culpabiliser, le tableau est glorieux. J'ai ressentie une espèce d'atmosphère de tension entre les personnages que j'ai trouvée assez désagréable.

Sans oublier la morale de l'histoire. Le partage, c'est bien. La transmission, il y a que ça de vrai. Le retour à la terre de nos ancêtres, c'est magnifique. Tromper votre mari, c'est cool. La campagne, c'est mieux que la ville, parisiens têtes de chien, parigots têtes de veau. On peut faire du super vin sans rien y connaitre. L'eau, ça mouille. Le feu, ça brule.

Bon après, je m'emballe un peu là, je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'énerver contre ce film. Je ne vous le conseille pas, mais je ne vous le déconseille pas particulièrement non plus. Ce n'est pas un film fondamentalement désagréable à voir. Le rythme est assez bon. Il y a quelques instants comiques qui fonctionnent. La réalisation n'est pas recherchée, voire ringarde, mais il en faut peu pour mettre en valeur d'aussi beaux paysages. Il y a un joli casting. Bon, tous les acteurs ne sont pas forcément très inspirés, j'ai notamment trouvé Laura Smet tout à fait médiocre, mais globalement ça passe bien. Si on fait abstraction du scénario, on peut passer un moment sympa.

Mais c'est juste un film qui passe le temps. Qui ne marque pas du tout son spectateur et qu'on oubliera dans l'heure qui suit notre visionnage. C'est le genre de truc très bien à regarder un dimanche après-midi pluvieux, où il y a rien d'autre à faire. Ça n'aurait jamais du être diffusé dans un cinéma, ça aurait du être un banal téléfilm.

Sauf que le cinéma français (et la culture française, puisqu'il est question de vin) a une vraie identité, une vraie originalité et a tellement mieux à proposer que cette soupe insipide, que ça me désole de voir des films pareils.
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Les Tuche 2 - Le rêve Americain
date : 29-12-2016
Bon, je n'avais pas adoré le premier film, mais il m'avait quand même laissé une impression plutôt positive. Un effet "bonne surprise" : sans être le film de l'année, il était nettement meilleur que ce à quoi je pouvais m'attendre. Mais là, franchement, on aurait du s'abstenir de faire une suite. Le scénario est basé sur une mauvaise idée, c'est tout ! Dans le premier film on jouait sur les clichés du nord, on aime ou on n'aime pas, mais on comprend l'idée, et il y a de quoi faire de la vanne. Mais là on joue sur les clichés du nord de la France aux USA : ça n'a juste absolument aucun sens. On tente un mélange des clichés du nord et des clichés américains, qui ne s'accordent pas et ne s'accorderont jamais. On ne crée que des blagues lourdes, poussives et absurdes, qui n'ont pas lieu d'être, et qui ne font donc pas rire. Seul point appréciable, je continue de trouver les acteurs convaincants dans leur rôle, notamment Jean-Paul Rouve, qui est fait pour la comédie. Isabelle Nanty est plus polyvalente, et ce genre de rôle lui va très bien également.
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Ex Machina
Ex Machina réalisé par Alex Garland
date : 28-12-2016
Un film sur un thème intéressant, mais malheureusement pas le premier et probablement pas le dernier sur ce sujet. Du coup la comparaison est ridiculement facile ! Et c'est ni le meilleur film, ni le plus distrayant, sur les intelligences artificielles. Tout simplement parce qu'il traite finalement assez peu du sujet. La fin du film est intéressante, pose les bonnes questions et arrive à nous troubler. Mais avant ça : bof bof bof. Les moments les plus intéressants, à savoir les confrontations avec le robot, Ava, sont finalement très rares, et perdues au milieu de scènes assez banales et trop bavardes, dans le reste de la maison de Nathan. Par moment, j'avais franchement l'impression de regarder un film sur un pervers sexuel alcoolique qui discute avec son psy, pas un film de SF quoi...

Et encore, même à la fin, si les questions sont pertinentes, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. On ressasse encore et toujours la même rengaine aussi vieille que le genre SF lui-même. Je rejoins pas mal d'autres personnes qui ont commenté le film avant moi : on reste sur sa faim, sur une impression de pas assez et de peu mieux faire. C'est vraiment dommage, parce que le film était prometteur, et aurait pu laisser une bien meilleure impression. Il avait des pistes pour moderniser le sujet et le rendre innovant, notamment avec la question de la sexualisation des robots, qui donne presque un coté féministe au film. Mais ça reste de simples pistes, qui ne présentent jamais un traitement convenable.

Il y a également quelque chose qui m'a gêné dans la réalisation. Ce film use et abuse d'absolument tous les codes du film d'horreur. On est isolé dans une maison au milieu de nulle part, on a un personnage déboussolé car évoluant dans un environnement qui lui est inconnu, on a un personnage déstabilisant qui pourrait facilement se transformer en prédateur, chacun est observé par celui qu'il observe, on a une musique angoissante, on a même une scène un peu sanguinolente. Il y a une tension indéniable, qui crée une forme de malaise et d'angoisse chez le spectateur. Et pendant tout le film, j'ai attendu que cette angoisse aboutisse sur quelque chose de concret, un malheur, une catastrophe, une scène de violence, un retournement de situation de dingue, je ne sais même pas précisément ce que j'attendais, mais quelque chose qui créée une rupture... Et ça n'arrive pas. Le film est cousu de fil blanc, parfaitement linéaire, à part dans ses 5 dernières minutes, il ne propose rien de surprenant. Ça a donc renforcé mon impression de film mou, qui tourne autour du pot au lieu de créer une véritable réflexion sur les robots humanoïdes. Et en plus de ça, ce malaise au visionnage fini par devenir désagréable. Ce n'est pas le "bon stress" qu'on ressent normalement devant un film d'horreur ou un thriller.

Bon après la réalisation présente aussi des gros points positifs, comme le tournage dans un cadre absolument magnifique, des décors de très bonne qualité, un jeu de lumière intéressant. Puis les effets numériques pour créer le corps d'Ava sont assez dingues également. Et tout ça, en faisant preuve d'une grande sobriété. C'est ça le plus génial pour moi, parce qu'il est très simple de bluffer avec une débauche de moyens ou d'effets spéciaux, mais le film ne joue pas du tout la dessus, il se veut vraiment réaliste, et c'est ce qui le rend troublant.

La direction d'acteurs est plutôt bonne. Je ne suis pas très fan d'Alicia Vikander, et trouve qu'on s'emballe un peu sans raison autour d'elle en ce moment. Mais elle s'en tire bien dans ce film. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'elle ne joue pas comme à son habitude, et interprète, par là même, réellement un robot. Sa posture et sa façon de se tenir, très "rigide", créent une illusion réaliste. Après, si je prends juste les expressions de son visage, j'ai rien vu qui sort de l'ordinaire, elle est même assez glaciale, l'essentiel de son travail d'actrice ne se situe pas ici. Mais c'est le rôle que fait ça, la réalisation met plus en avant son corps et sa façon de bouger, on n'a par exemple pas de gros plan sur son visage, donc pas de problème.
Domhnall Gleeson est au contraire un acteur que je trouve assez sympathique. Ce film n'est pas forcément son rôle avec le travail d'interprétation le plus poussé, mais je trouve qu'il crée un personnage très attachant, pour lequel on a une grande empathie. Il nous embarque avec lui, et on arrive parfaitement à s'imaginer à sa place. Par contre, son accent, même adoucit, est définitivement celui d'un irlandais. Il n'est donc pas crédible dans ce rôle d'américain. Puis bon, il aurait suffit de changer une ligne de dialogue ! Dire qu'il est né en Irlande et a déménagé aux USA pour son travail, et voila, fin du débat. Mais non, sans gène, on lui fait dire qu'il est un américain pur jus. Quand on n'a pas de problème, on s'en créer quoi.
Oscar Isaac est lui aussi un acteur que j'apprécie, mais je n'ai pas vraiment aimé son rôle, qui là encore, n'est pas un rôle à interprétation. Je pense qu'on aurait dû mieux exploiter ce qui ressemble à de la folie chez Nathan. On en tout cas, un certain mal-être face à sa propre création. Au lui de ça, on lui fait jouer tout le temps le même type de scène : le mec bourré et le mec qui fait du sport, waouh. Même s'il le fait bien, ce n'est pas du tout dans ce rôle qu'il m'aura le plus marqué, malgré sa scène de danse qui a un peu fait parler d'elle.

En bref, je trouve quand même pas mal de défauts à ce film, à commencer par son thème trop revu, et son rythme mollasson. Mais il y a néanmoins quelque chose de charmant dans cette œuvre, au niveau des personnages, de leurs interprètes et de la mise en scène, qui fait que ça ne se regarde pas non plus avec déplaisir. Ça reste un film "d'auteur", dans le sens où il y a un vrai scénariste derrière et, clairement, de l'ambition et beaucoup de travail engagé. Ce n'est pas suffisant pour me séduire à 100%, mais suffisant pour reconnaitre que pour un premier film, c'est quand même super prometteur pour la suite.
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Carol
Carol réalisé par Todd Haynes
date : 13-12-2016
Je vais pas avoir grand chose à dire sur ce film, à part qu'il est très joli et touchant. Techniquement irréprochable, avec un univers visuel très plaisant, qui nous replonge complètement dans le passé, une réalisation agréable, et une de ces direction d'acteur de dingue. Mais sans rire, Cate Blanchett et Rooney Mara sont extraordinaires, superbes dans tous les sens du terme, elles mettent tellement d'émotion dans leurs interprétations, on y croit complètement.

J'ai beaucoup aimé la façon dont la relation amoureuse entre les deux femmes était montrée à l'écran. On montre juste de l'amour, des sentiments, de la passion. Pas de voyeurisme. Pas d'étalage de chair malsain à façon de "La Vie d'Adèle". Pas de mièvrerie à la façon de 99% des romances américaines. La relation est assez platonique, tout en délicatesse, en sous-entendu, en non-dit. Tout ou presque passe par de la communication non-verbale, un jeu de regards notamment. Et comme les actrices sont parfaites, ça fonctionne sans mal.

Mon seul regret sera que le film n'a pas grand chose d'autre à offrir que son idée de départ. Une relation homosexuelle dans les années 50, avec ce que ça implique comme impossibilité à être assumée. Il peut du coup paraitre un peu longuet, notamment dans sa première moitié où Carol et Therese se découvrent, et où il ne se passe concrètement rien. Et je ne pense pas non plus que ce soit un film qui présente beaucoup d'intérêt à être revu. Mais malgré ces réserves, ça reste pour moi le meilleur film, et de loin, de Todd Haynes.

Ça m'a un peu rappelé le film "La Rumeur" de William Wyler, avec Audrey Hepburn
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Jane Got a Gun
date : 12-12-2016
Film assez ennuyant, et pas forcément mal fait, mais qui sonne trop souvent faux, du coup on y croit qu'à moitié.

Déjà, pour moi, Natalie Portman n'a pas grand chose à faire dans ce film. C'est con à dire, mais elle est "trop jolie" pour le rôle. Trop mignonne, trop parfaite, trop mince, trop petite, avec l'air trop gentil. Il suffit pas de peu la maquiller, de lui donner un pistolet et un chapeau de cow-boy pour faire d'elle quelqu'un de bad-ass, elle a encore et toujours l'air de sortir du pub pour parfum de luxe.
Et c'est dommage, parce que je pense que c'est une idée très intéressante de faire un western avec un personnage principal féminin. Mais là, erreur de casting pour moi. Une Jennifer Jason Leigh dans "les Huit Salopards" me semble être un choix 1000 fois plus pertinent, par exemple (et c'est pourtant loin d'être un cageot, me faite pas dire ce que je n'ai pas dis).

De plus, l'histoire est trop linéaire et sans surprise. On sait un peu comment à ça va finir dès le départ. On enchaine aussi des clichés assez monstrueux, comme l'éternel triangle amoureux à la noix rappelé par des flashbacks plus mièvres tu meurs.

Le méchant joué par Ewan McGregor, ça aurait pu le faire. Parce que c'est un bon acteur, et qu'il a rarement eu l'occasion de jouer ce genre de rôle. Mais sans rire, avec la gueule qu'on lui a fait dans ce film, pas possible de le prendre au sérieux. Entre la coloration qui ne lui va absolument et BON DIEU CETTE MOUSTACHE, c'est juste pas possible. On dirait un mauvais déguisement de mexicain dans un late show, uniquement fait pour amuser la galerie.

La réalisation reste correcte. Elle sort pas du lot, mais elle reste efficace.
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Les Animaux Fantastiques
date : 08-12-2016
Le film est dans l'ensemble agréable à regarder et distrayant. Néanmoins pas sans défauts.

Disons le clairement, quand on fait un film dérivé de Harry Potter, on sait à l'avance que ça va faire des millions d'entrées, peu importe le contenu. On peut donc être tenté de ne vraiment pas se fouler, avec un service minimum au niveau d'à peu près tout (scénario, réalisation, casting,...). Je dirais donc que le gros point positif du film, c'est qu'il ne soit pas dans ce fan service sans âme.

Pendant mon visionnage j'ai pensé à Star Wars 7, qui pour le coup était complètement dans la nostalgie des anciens films au point de nous ressortir le même scénario... Ici pas du tout, parce qu'on a eu la bonne idée de ne pas faire une suite ou un préquelle direct, mais juste un film dans le même univers. On a vraiment un scénario original, qui conserve les marqueurs forts de HP (par exemple un ministère de la magie) mais on pourrait quand même regarder le film indépendamment de la saga de base. Il suffit d'avoir quelques connaissances VRAIMENT basiques sur la saga, par exemple le fait qu'il y ait des magiciens à baguettes, et voila, on peut voir ce film.

Aussi, l'ambiance est complètement différente de la saga de base, ce qui est surprenant mais agréable. On change complètement le cadre. On a pas l'atmosphère feutrée ou de huis-clos du château de Poudlard, l'univers est au contraire ouvert, puisqu'on se balade dans tout New-York.

Et du coup, je regrette qu'on ne soit pas allé au bout cette idée, et qu'on nous case quand même quelques références justes complètement grossières à HP. C'est bon, on s'en doutait que Newt (oui, Newt Scamander, parce que "Norbert Dragonneau", c'est pas possible) était étudiant à Poudlard, on s'en doute qu'il a eu Dumbeldore comme prof. Pas la peine de nous le rappeler avec une lourdeur et une grâce d'éléphant dans un magasin de porcelaine. C'est pas du tout l'objet du film, et ce n'est pas du tout naturel de nous en parler.


Après, le scénario reste basique. Mais efficace. On a fait un film de 2h sur un gars qui cherche des animaux qu'il a perdu dans New-York : on ne va pas se mentir, sur le papier ce n'est pas l'enjeu le plus palpitant qui soit. Il y a aussi certaines péripéties du film qu'on voyait venir à 3 kilomètres. Mais juste c'est un beau SPECTACLE. Les animaux c'est un truc qui marche sur tout le monde, on aime les regarder. Si c'est en plus des animaux magiques, c'est super méga cool. La très bonne réalisation technique ainsi que quelques gages bien placés, terminent de créer un film résolument familial, qui plait aussi bien aux enfants qu'aux adultes qui les accompagne.

Il y a aussi une intrigue un peu plus profonde, pas clairement annoncé dans le synopsis du film ou dans la bande-annonce, donc je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, pour pas spoiler. Cette intrigue n'apporte pas la noirceur et le drame des derniers films HP, en comparaison "les Animaux Fantastiques" fait vraiment film léger. Mais ça amène quand même des enjeux un peu plus sérieux. Ça vient nous rappeler qu'on n'est pas juste dans le registre comique, et a priori, comme pour la saga HP, si le premier film est super gentillet, il y a de quoi noircir franchement le tableau dans la suite.

J'aurai néanmoins apprécié que cette intrigue sérieuse prenne plus d'espace à l'écran, pour donner de la complexité à l'ensemble, rendre le problème moins binaire (méchants/gentils). Et peut-être aussi plus compréhensible, car je l'ai trouvé confuse par moment. J'ai l'impression que JK Rowling (scénariste et non auteur cette fois) a oublié qu'on n'était pas tous des fans hardcore de la saga. Qu'on s'est pas tous relu l'intégralité des livres avant de venir. Car elle use parfois de sous-entendus tellement subtils qu'ils manquent un peu leur but, je trouve.
Spoiler(cliquez pour révéler)
Notamment, on voit passer un collier des reliques de la mort à un moment. Ma première réaction a été "hein ?!! mais c'est le dernier film Harry Potter ça, qu'est ce que ça fout là ?". Il a fallu que je fasse un tour sur harrypotter.wikia.com pour me souvenir qu'avant d'être le symbole clé des derniers films, c'était un symbole utilisé par Grindelwald. Et là, ça devient logique, puisque Grindelwald qui a une place très importante à la fin du film. Voir apparaitre ce symbole devait donc à la fois nous donner un indice sur la vraie identité du personnage joué par Colin Farrell, et surtout nous rappeler qui est Grindelwald et sa réputation de sorcier super-dangereux-de-la-mort-qui-tue, et donc nous donner envie de voir la suite. Un peu raté pour moi.[/spoiler]
L'autre regret que je peux avoir, c'est qu'on aborde le thème de la différence magiciens/non-magiciens, et d'une possible guerre entre les deux. Le sujet est en soit intéressant, mais son traitement fait tellement... "Magnéto". Sans rire, les remarques des personnages à ce sujet, vous replacez "magiciens" par "mutants" c'est bon, vous êtes dans X-Men. On aurait pu essayer d'orienter le débat sur un autre terrain, que le parallèle ne soit pas aussi simple à faire.


J'ai été déçue des personnages. Aucun des principaux ne m'a vraiment emballé. Ils me donnent pas envie de les redécouvrir pour de nouvelles aventures, comme notre trio des films HP nous en a donné l'envie dès le premier film. Newt est trop naïf... Touchant par moment, mais il n'a pas une personnalité assez forte pour qu'on s'y attache vraiment. Eddie Redmayne est un bon acteur, mais je ne suis pas sûre que ce soit dans ce genre de film qu'il exprime le mieux son talent. Néanmoins, c'est une performance en soit de jouer "tout seul" puisque les animaux ne sont pas réels. Tina ne dégage strictement aucune sympathie, c'est un personnage froid, un peu hautain même. Bref, je ne l'ai pas aimé. Je ne connaissais pas l'actrice qui l'interprète. Elle fait le job, sans plus. Jacob est le sidekick de service : le personnage idiot qui fait des blagues idiotes, que le personnage principal ne peut pas faire, sinon il se ridiculiserait complètement. Dan Fogler est néanmoins sympathique dans ce rôle. Queenie est un cliché ambulant, mais son pouvoir est marrant et apporte un truc nouveau à la saga (sauf erreur de ma part, on n'avait pas vu de personnage avec ce pouvoir avant). Puis j'ai trouvé l'actrice qui l'interprète, qui est pourtant une chanteuse à la base, était la plus convaincante du film. Elle interprète vraiment son personnage, en a compris son caractère et l'image qu'elle devait renvoyer.

Les personnages secondaires sont secondaires. Percival Graves est insaisissable et sans réelle personnalité, dans une scène il a l'air sympa, dans une autre il a l'air méchant, on le modèle selon le besoin du moment. Mais Colin Farrell joue bien les deux aspects des choses, donc pourquoi pas. [spoiler]Coucou Johnny Depp, c'est sympa de passer comme ça. Tu as gardé ton affreuse teinture de l'affreux "Mordecai" pour tromper l'ennemie et qu'on ne devine pas que tu avais un rôle dans le film ? Petit chenapan. Plus sérieusement, je crois que j'aurai fait l'inverse. C'est à dire Johnny Depp dans le rôle de Colin Farrell. Parce que Johnny est plus connu, il aurait été une tête d'affiche plus vendeuse pour le premier film de la saga. Et Colin lui passerait juste en coup de vent, mais suffisamment longtemps pour se "présenter" au public, et apparaitre sans problème dans les films suivants. Au lieu de ça, j'étais d'abord contente de voir une nouvelle tête dans les grosses franchises du genre, et j'ai fini en me disant "quoi ENCORE une saga avec Johnny Depp ?! Faudrait qu'il fasse autre chose de sa carrière à un moment". En toute amitié, c'est un acteur que je serais quand même contente de retrouver dans les films suivants.

Creedence est transparent et a l'air de souffrir d'un retard mental qui le rend assez ennuyant. Par contre, Ezra Miller est très convainquant dans ce rôle. Les autres personnages, on s'en fiche.


Sur les aspects techniques, la réalisation tient franchement la route. David Yates est un habitué de la maison avec 4 films HP a son actif. Il réalise "Les Animaux fantastiques" dans leur continuité, on sent le même style, la même façon de filmer les acteurs, une photographie et une luminosité similaire. Bref, carton plein. Les effets visuels sont bons et crédibles. Les décors sont géniaux, on se croit vraiment dans des rues de New-York. Seul problème pour moi : MAIS POURQUOI ON A CHANGER LE COMPOSITEUR ?!! John Williams puis Alexandre Desplat avait quand même crée des thèmes musicaux ultra-mémorables pour HP, j'aurais aimé la même force et le même impact ici. A la place James Newton Howard nous a sorti une BO à la Dark Knight, vraiment fade et sans relief.
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