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Critère Note Visuel
Globale 7.5
Scénario 7.1
Images 7.8
Emotions 7.3
Suspense 4.8
Musique 8.3
Acteurs 8.3
Originalité 6.4

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N.W.A. Straight outta compton

Date de sortie

France : 16 Septembre 2015

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Synopsis

Ajouté par sylvains7 le 17-08-2015
En 1987, cinq jeunes hommes exprimaient leur frustration et leur colère pour dénoncer les conditions de vie de l'endroit le plus dangereux de l’Amérique, avec l'arme la plus puissante qu'ils possédaient : leur musique. Voici la véritable histoire de ces rebelles, armés uniquement de leur parole, de leur démarche assurée et de leur talent brut, qui ont résisté aux autorités qui les opprimaient. Ils ont ainsi formé le groupe de rappeur des N.W.A. en dénonçant la réalité de leur quartier. Leur voix a alors déclenché une révolution sociale qui résonne encore aujourd'hui.

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Les commentaires les mieux notés

Par Eparm12 le 2015-10-04 11:04:09 Editer
N.W.A Straight Outta Compton… Ce film m’a parlé. Il a parlé à mon amour du rap. Il m’a touchée en plein cœur. Si bien, que j’ai failli fondre en larmes lorsqu’il s’est terminé, alors que le générique de fin défilait. Ce que j’ai vu est énorme. Juste énorme. Et je ne plaisante pas. Ce film m’a ramenée des années en arrière, du temps où je n’étais qu’une gamine pas plus haute que trois pommes, lorsque je découvrais les albums de Eazy-E, Ice Cube et Dr. Dre, le premier étant celui que j’adorais et adore toujours autant avant les deux autres, même si Dre aura permis à mon rappeur préféré de s’exprimer alors qu’il trimait dans des boîtes pourries de Detroit, j’ai nommé Eminem. Mais revenons sur N.W.A.

Bordel, ces noms parlent d’eux-mêmes ! Eazy-E, Ice Cube, Dr. Dre, ai-je véritablement besoin d’expliquer le pourquoi je les adule ? J’adore tous les genres de musique, je suis ouverte à absolument tout et n’importe quoi mais mon domaine de prédilection reste le rap. J’ai grandi avec le rap, le vieux rap des années 80-90, le premier rap, le grand rap, le gangsta, celui qui t’éclate la tronche quand tu l’écoutes, qui te prend à la gorge et te propulse au beau milieu de toute cette violence qu’il dénonce alors que tu voudrais simplement fermer les yeux sur l’existence des ghettos (l’un des pires étant celui de Compton), de ces caïds mortels, des oppositions sanglantes entre les gangs, de la drogue, des flingues et du pognon, et par-dessus tout des bavures des flics qui arrêtent les noirs avec pour seul motif leur couleur de peau. Il s’agit de ce rap, celui qui dit merde à la police (« Fuck Da Police ! »), qui défie les autorités gouvernementales et se révolte contre les inégalités et les injustices. Celui qui te met au tapis avec des rimes cinglantes et t’achève quand tu tentes de te relever. C’est le gangsta que j’écoutais et que j’écoute toujours, avec nostalgie parfois, en pensant à Eazy-E qui est décédé du Sida ou Tupac, qui s’est fait honteusement descendre, une année avant que Biggie ne se fasse assassiner à son tour. Ouais, c’était dur à l’époque et non pas la joie de vivre dans les quartiers…

Honnêtement, ne m’évoquez jamais ces petits rappeurs de bac à sable, qui prétendent soi-disant faire du rap alors qu’il n’en est rien. Rap signifie « Rythm And Poetry » et non pas synonyme de sexe, drogues et paillettes comme beaucoup de gens se l’imaginent, véhiculant ces clichés sur le rap ancrés dans les cultures depuis la déchéance des labels Ruthless et Death Row Records, Aftermath étant à part. Le rap est un art et comme tout art qui se respecte, il a eu ses précurseurs, ses pionniers, ses moteurs. Et le groupe N.W.A en est le principal moteur, si ce n’est le plus grand. Parce que le pionnier en était Eazy-E, qui avec son flow décalé et ses rimes tranchantes écrites par Ice Cube enflammait la scène. E a merdé par la suite mais il s’est racheté, peut-être trop tard, ses fans le pleurant en 1995 et croyez-moi que si j’étais née plus tôt, j’aurais sans aucun doute pleuré aussi. Rien qu’à la fin du film, je devine que j’aurais pu aisément remplir un seau d’eau entier si je m’étais laissée aller. Ce film est réellement puissant pour tout connaisseur de rap : il est empreint de nostalgie, de souvenirs, de hits, de bousculades et renvoie en 1986 ce que fut la fraternité entre rappeurs aujourd’hui presque disparue.

Ce que j’ai adoré dans ce film, c’est sa manière un peu maladroite mais appréciable de prendre du recul et de nous présenter les choses. Je rappelle que ce film est un biopic et qu’il est normal que l’histoire ait été remaniée et omis quelques passages de la vie du groupe, sachant qu’il dure déjà deux heures trente, ce qui n’est pas rien. Il nous présente ses personnages au travers de scènes coup de poing (l’introduction est fracassante), nous dévoile l’ascension de N.W.A, puis sa division et enfin sa reformation dans un dernier élan de volonté de retrouver ce que les membres avaient vécu ensemble autrefois. Je n’ai pas pensé un seul instant que le film prenait parti, même si l’on se doute que Dr. Dre et Ice Cube eux-mêmes, appuyés des producteurs, aient imposé leur vision de leur parcours et nous expliquent que ce qu’ils ont bien voulu nous montrer au préalable. Le film ne blâme pas E, ni dénigre Ice Cube, ni fait passer Dr. Dre pour un figurant, ou les autres membres pour des suiveurs : il narre l’histoire du groupe sans que ce soit fait avec manichéisme et j’y ai totalement adhéré. Il n’a pas non plus vocation d’être moraliste ni d’imposer à la face du monde le rap comme moyen d’expression absolu, et je pense sincèrement que tous ceux qui n’aiment pas le rap devraient regarder ce film, juste pour voir et essayer de comprendre pourquoi il y en a beaucoup, je m’y inclue, qui ne jurent que par ce genre de musique ou presque.

Le groupe N.W.A a tout vécu, de la fraternité à la division, de la censure à l’emprisonnement, en passant par les petits disques, les concerts et les tournées, les fêtes démesurées, la retombée puis le nouveau souffle des artistes qui partent chacun de leur côté, redonnant un coup de boost au gangsta rap. Le film raconte donc son histoire telle que je la connais, cependant avec ses fameuses omissions de la part des ex-membres encore actifs mais on a connu plus grave dans le genre du biopic, donc je n’ai pas été dérangée plus que ça par les quelques scènes qui versent dans le too much, le propos général du film n’en étant pas altéré et restant fidèle à lui-même. En revanche, j’aurais bien aimé que le film s’attarde davantage sur la période noire du Death Row Records, label fondé par Dre et le redoutable Suge Knight. Entre les violences exercées par Suge (légende des battes de base-ball et les supplications de Jerry Haller, on s’en souvient), et le monde de la musique qui vacille tandis que les labels indépendants fleurissent et entrent en concurrence, l’apparition de l’illustre Snoop Doggy Dog m’a fait rire : ce gars, qui à cette époque avait un flow inné et des rimes écrites dans de l’or, sa déchéance actuelle ne reflétant en aucun cas ce qu’il était auparavant. Revoir toutes ces têtes dans le film m’a donné encore plus envie de pleurer et quand Tupac a débarqué, ce fut le pompon : j’ai dû faire un gros effort pour me retenir.

Je reviens sur le film, pardonnez-moi pour mes digressions interminables (quoique, je reste toujours dans le sujet…). La première partie du film est très bonne, tout y est : rythmée, d’enfer, pleine d’humour et la reconstitution de la Californie des années 80 est sublime, les images déchirent et les clins d’œil des rappeurs faits aux fans glissés un peu partout dans le film m’ont ravie. La deuxième partie du film s’avère un peu longuette au détriment de la première et tourne au drame, principalement due au fait qu’E est atteint du sida. Le film s’essouffle mais subjectivement, je n’ai pas vu le temps passer tellement j’étais dedans du début à la fin. Et puis il est crédible sur la longueur, pas de souci à se faire, ou on prend et on passe un bon moment, ou on ne prend pas et on s’ennuie, même si je doute qu’il soit possible de s’endormir devant un tel film, où la musique en est la véritable star. Oublions carrément les personnages et concentrons-nous seulement sur la musique, à laquelle j’aurais décerné un disque de diamant si je le pouvais. Je lui mets un bon gros dix tout simplement parce qu’entendre ces chansons cultes, pures et dures, avec le son du cinéma et les fans venus mater le film en même temps que toi est juste magique. J’avais envie de me lever à chaque fois que je reconnaissais un titre, c’est-à-dire tout le temps. Elle est parfaite. Les touches de funk et de groove apportent un plus et magnifie le film, clairement.

Pour ce qui est du plan technique, le film se débrouille plutôt bien : on sent que le réalisateur est impliqué et qu’il fait du mieux qu’il peut derrière sa caméra pour retranscrire les moments forts de N.W.A à l’écran, et je trouve que la réalisation est sympathique sans être transcendante, parfois épileptique mais ce n’est pas très gênant. Les ralentis m’ont un peu agacée mais encore une fois le réalisateur voulait simplement styliser son film. En revanche, je condamne l’abus de gros plans, qui ne sont pas franchement nécessaires et souvent mal cadrés. Du côté des acteurs, quelle belle surprise ! Ils sont bons, vraiment ! Ce que je veux dire par-là, c’est qu’on ne pense pas : « Waouh, leurs performances sont extraordinaires ! », mais plutôt : « Ce ne serait pas le véritable Dre que je vois là ? Le gars a adopté ses mimiques et sa façon de marcher, putain, c’est Dre ! ». Le choix du casting est judicieux car en plus de coller aux personnages, les acteurs leur ressemblent physiquement (quoique, Dre, pas trop), notamment celui qui joue le rôle d’Eazy-E. Paul Giamatti est excellent comme à son habitude en Jerry Heller et je n’en attendais pas moins de lui. Je donne une mention spéciale à l’interprète de Suge Knight qui m’a fait peur, il est tout simplement effrayant et c’est un bon point car Suge Knight est loin d’être un simple rappeur innocent.

Ensuite, les personnages principaux sont parfaitement iconisés, mais je reprocherai au film que les figurants soient sous-exploités, comme ce fut le cas de The DOC et de Mc Ren. Même si je connais leur propre histoire etc… Ce n’était pas une raison pour les zapper de la sorte et nous faire croire qu’ils n’ont pas tenu de rôle majeur au sein du groupe.
Enfin, le film suit le schéma classique du biopic et ne renouvelle pas le genre, racontant de manière chronologique les évènements et j’aurais aimé que la narration soit plus originale, peut-être décousue, mais l’avantage est que ceux qui ne connaissent pas bien l’histoire du rap ne peuvent s’y perdre.
En conclusion, je conseille ce film à tous les fans de rap et aux néophytes de la culture hip-hop, pour se prendre une claque et revenir au bon vieux temps pour les premiers, et découvrir de nouveaux horizons pour les seconds, même s’ils remontent à loin. J’espère que les prochains films sur le rap seront du même niveau, je serai intransigeante avec les suivants mais ne demande pas grand-chose si ce n’est que la musique y soit valorisée, telle qu’elle le fut dans ce film.

R.I.P Eazy-E.
R.I.P Niggaz Wit Attitudes.

Les derniers commentaires ajoutés

Par Nat94 le 2017-12-29 22:02:14 Editer
Moi qui n'aime pas du tout le rap -du moins celui actuel-, j'ai trouvé ce film plutôt agréable à suivre et écouter. Ça ne m'a pas vraiment donné de nouveau regard sur ce type de musique, mais le voir au cinéma a certainement été une expérience.
Par sylvains7 le 2017-03-23 23:09:42 Editer
Et c'est reparti pour un énième biopic sur un parcours musical. Cette fois, on a droit à celui d'un groupe de rap qui, évidemment quelle surprise, se disloque. L'originalité n'a donc rien à faire ici et si en plus on est allergique au monde du rap ( musique, bimbos à gros nichons...) l'ennui et l'exaspération vient très vite. Les 2h20 interminables du film deviennent alors un véritable supplice.
Par coyote0704 le 2016-01-25 07:54:43 Editer
Je ne m'attendais pas à grand chose en allant voir ce film au cinéma. Je pensais que ce serait un blockbuster sur le rap américain sympa à regarder mais sans plus. Eh bien le surprise n'en a été que meilleure.
Tout d'abord, je me disais en regardant l'affiche : "Ok, je connais Dr Dre et Ice Cube mais alors Easy-E : inconnu au bataillon. Quand à NWA : pareil." Ce film m'a bien remis les points sur les i. NWA était en fait un groupe incroyable et Easy-E un homme assez impressionnant qui commence en tant que vendeur de drogue pour finalement devenir vendeur de groupe, puis l'une des stars inattendus de NWA. Et c'est surtout un personnage clé de toute cette histoire. C'est également avec lui qu'elle se termine.
Là où le film atteint encore une autre dimension, c'est lorsqu'il intègre des évènements qui ont marqués l'Histoire des Etats-Unis comme cet homme noir battu par des policiers.
Le film procure beaucoup d'émotions : parfois des rires mais également beaucoup de tristesse.
Oserais-je parler de la musique qui est absolument fabuleuse. Ces hommes ont apporté à notre Monde le rap qui dit tout, le rap controversé qui peut parfois finir devant les tribunaux. Ils ont inspirés de nombreux rappeurs américains mais également des rappeurs français tel que NTM.
Les acteurs sont également tout à fait à leur place dans le film. Ils n'en font pas trop et savent rester sobre dans leur jeu.
Par Maomelancolik le 2016-01-20 21:41:31 Editer
Maomelancolik Or
J'ai beaucoup aimé ce film qui retrace la vie des talents de notre génération. Ce film est un bel hommage à Easy E. Ce film est un film à voir. Les musiques sont formidables, les acteurs sont géniaux et en plus c'est une histoire vraie. Et puis, on en apprend un peu plus sur la vie du plus grand fabriquant d'écouteurs : Dr Drey et de ses acolytes. NWA : à l'origine de nombreux hit qu'on connait tous. Vraiment j'ai beaucoup aimé ce film qui a été réalisé à la perfection.
Par Eparm12 le 2015-10-04 11:04:09 Editer
N.W.A Straight Outta Compton… Ce film m’a parlé. Il a parlé à mon amour du rap. Il m’a touchée en plein cœur. Si bien, que j’ai failli fondre en larmes lorsqu’il s’est terminé, alors que le générique de fin défilait. Ce que j’ai vu est énorme. Juste énorme. Et je ne plaisante pas. Ce film m’a ramenée des années en arrière, du temps où je n’étais qu’une gamine pas plus haute que trois pommes, lorsque je découvrais les albums de Eazy-E, Ice Cube et Dr. Dre, le premier étant celui que j’adorais et adore toujours autant avant les deux autres, même si Dre aura permis à mon rappeur préféré de s’exprimer alors qu’il trimait dans des boîtes pourries de Detroit, j’ai nommé Eminem. Mais revenons sur N.W.A.

Bordel, ces noms parlent d’eux-mêmes ! Eazy-E, Ice Cube, Dr. Dre, ai-je véritablement besoin d’expliquer le pourquoi je les adule ? J’adore tous les genres de musique, je suis ouverte à absolument tout et n’importe quoi mais mon domaine de prédilection reste le rap. J’ai grandi avec le rap, le vieux rap des années 80-90, le premier rap, le grand rap, le gangsta, celui qui t’éclate la tronche quand tu l’écoutes, qui te prend à la gorge et te propulse au beau milieu de toute cette violence qu’il dénonce alors que tu voudrais simplement fermer les yeux sur l’existence des ghettos (l’un des pires étant celui de Compton), de ces caïds mortels, des oppositions sanglantes entre les gangs, de la drogue, des flingues et du pognon, et par-dessus tout des bavures des flics qui arrêtent les noirs avec pour seul motif leur couleur de peau. Il s’agit de ce rap, celui qui dit merde à la police (« Fuck Da Police ! »), qui défie les autorités gouvernementales et se révolte contre les inégalités et les injustices. Celui qui te met au tapis avec des rimes cinglantes et t’achève quand tu tentes de te relever. C’est le gangsta que j’écoutais et que j’écoute toujours, avec nostalgie parfois, en pensant à Eazy-E qui est décédé du Sida ou Tupac, qui s’est fait honteusement descendre, une année avant que Biggie ne se fasse assassiner à son tour. Ouais, c’était dur à l’époque et non pas la joie de vivre dans les quartiers…

Honnêtement, ne m’évoquez jamais ces petits rappeurs de bac à sable, qui prétendent soi-disant faire du rap alors qu’il n’en est rien. Rap signifie « Rythm And Poetry » et non pas synonyme de sexe, drogues et paillettes comme beaucoup de gens se l’imaginent, véhiculant ces clichés sur le rap ancrés dans les cultures depuis la déchéance des labels Ruthless et Death Row Records, Aftermath étant à part. Le rap est un art et comme tout art qui se respecte, il a eu ses précurseurs, ses pionniers, ses moteurs. Et le groupe N.W.A en est le principal moteur, si ce n’est le plus grand. Parce que le pionnier en était Eazy-E, qui avec son flow décalé et ses rimes tranchantes écrites par Ice Cube enflammait la scène. E a merdé par la suite mais il s’est racheté, peut-être trop tard, ses fans le pleurant en 1995 et croyez-moi que si j’étais née plus tôt, j’aurais sans aucun doute pleuré aussi. Rien qu’à la fin du film, je devine que j’aurais pu aisément remplir un seau d’eau entier si je m’étais laissée aller. Ce film est réellement puissant pour tout connaisseur de rap : il est empreint de nostalgie, de souvenirs, de hits, de bousculades et renvoie en 1986 ce que fut la fraternité entre rappeurs aujourd’hui presque disparue.

Ce que j’ai adoré dans ce film, c’est sa manière un peu maladroite mais appréciable de prendre du recul et de nous présenter les choses. Je rappelle que ce film est un biopic et qu’il est normal que l’histoire ait été remaniée et omis quelques passages de la vie du groupe, sachant qu’il dure déjà deux heures trente, ce qui n’est pas rien. Il nous présente ses personnages au travers de scènes coup de poing (l’introduction est fracassante), nous dévoile l’ascension de N.W.A, puis sa division et enfin sa reformation dans un dernier élan de volonté de retrouver ce que les membres avaient vécu ensemble autrefois. Je n’ai pas pensé un seul instant que le film prenait parti, même si l’on se doute que Dr. Dre et Ice Cube eux-mêmes, appuyés des producteurs, aient imposé leur vision de leur parcours et nous expliquent que ce qu’ils ont bien voulu nous montrer au préalable. Le film ne blâme pas E, ni dénigre Ice Cube, ni fait passer Dr. Dre pour un figurant, ou les autres membres pour des suiveurs : il narre l’histoire du groupe sans que ce soit fait avec manichéisme et j’y ai totalement adhéré. Il n’a pas non plus vocation d’être moraliste ni d’imposer à la face du monde le rap comme moyen d’expression absolu, et je pense sincèrement que tous ceux qui n’aiment pas le rap devraient regarder ce film, juste pour voir et essayer de comprendre pourquoi il y en a beaucoup, je m’y inclue, qui ne jurent que par ce genre de musique ou presque.

Le groupe N.W.A a tout vécu, de la fraternité à la division, de la censure à l’emprisonnement, en passant par les petits disques, les concerts et les tournées, les fêtes démesurées, la retombée puis le nouveau souffle des artistes qui partent chacun de leur côté, redonnant un coup de boost au gangsta rap. Le film raconte donc son histoire telle que je la connais, cependant avec ses fameuses omissions de la part des ex-membres encore actifs mais on a connu plus grave dans le genre du biopic, donc je n’ai pas été dérangée plus que ça par les quelques scènes qui versent dans le too much, le propos général du film n’en étant pas altéré et restant fidèle à lui-même. En revanche, j’aurais bien aimé que le film s’attarde davantage sur la période noire du Death Row Records, label fondé par Dre et le redoutable Suge Knight. Entre les violences exercées par Suge (légende des battes de base-ball et les supplications de Jerry Haller, on s’en souvient), et le monde de la musique qui vacille tandis que les labels indépendants fleurissent et entrent en concurrence, l’apparition de l’illustre Snoop Doggy Dog m’a fait rire : ce gars, qui à cette époque avait un flow inné et des rimes écrites dans de l’or, sa déchéance actuelle ne reflétant en aucun cas ce qu’il était auparavant. Revoir toutes ces têtes dans le film m’a donné encore plus envie de pleurer et quand Tupac a débarqué, ce fut le pompon : j’ai dû faire un gros effort pour me retenir.

Je reviens sur le film, pardonnez-moi pour mes digressions interminables (quoique, je reste toujours dans le sujet…). La première partie du film est très bonne, tout y est : rythmée, d’enfer, pleine d’humour et la reconstitution de la Californie des années 80 est sublime, les images déchirent et les clins d’œil des rappeurs faits aux fans glissés un peu partout dans le film m’ont ravie. La deuxième partie du film s’avère un peu longuette au détriment de la première et tourne au drame, principalement due au fait qu’E est atteint du sida. Le film s’essouffle mais subjectivement, je n’ai pas vu le temps passer tellement j’étais dedans du début à la fin. Et puis il est crédible sur la longueur, pas de souci à se faire, ou on prend et on passe un bon moment, ou on ne prend pas et on s’ennuie, même si je doute qu’il soit possible de s’endormir devant un tel film, où la musique en est la véritable star. Oublions carrément les personnages et concentrons-nous seulement sur la musique, à laquelle j’aurais décerné un disque de diamant si je le pouvais. Je lui mets un bon gros dix tout simplement parce qu’entendre ces chansons cultes, pures et dures, avec le son du cinéma et les fans venus mater le film en même temps que toi est juste magique. J’avais envie de me lever à chaque fois que je reconnaissais un titre, c’est-à-dire tout le temps. Elle est parfaite. Les touches de funk et de groove apportent un plus et magnifie le film, clairement.

Pour ce qui est du plan technique, le film se débrouille plutôt bien : on sent que le réalisateur est impliqué et qu’il fait du mieux qu’il peut derrière sa caméra pour retranscrire les moments forts de N.W.A à l’écran, et je trouve que la réalisation est sympathique sans être transcendante, parfois épileptique mais ce n’est pas très gênant. Les ralentis m’ont un peu agacée mais encore une fois le réalisateur voulait simplement styliser son film. En revanche, je condamne l’abus de gros plans, qui ne sont pas franchement nécessaires et souvent mal cadrés. Du côté des acteurs, quelle belle surprise ! Ils sont bons, vraiment ! Ce que je veux dire par-là, c’est qu’on ne pense pas : « Waouh, leurs performances sont extraordinaires ! », mais plutôt : « Ce ne serait pas le véritable Dre que je vois là ? Le gars a adopté ses mimiques et sa façon de marcher, putain, c’est Dre ! ». Le choix du casting est judicieux car en plus de coller aux personnages, les acteurs leur ressemblent physiquement (quoique, Dre, pas trop), notamment celui qui joue le rôle d’Eazy-E. Paul Giamatti est excellent comme à son habitude en Jerry Heller et je n’en attendais pas moins de lui. Je donne une mention spéciale à l’interprète de Suge Knight qui m’a fait peur, il est tout simplement effrayant et c’est un bon point car Suge Knight est loin d’être un simple rappeur innocent.

Ensuite, les personnages principaux sont parfaitement iconisés, mais je reprocherai au film que les figurants soient sous-exploités, comme ce fut le cas de The DOC et de Mc Ren. Même si je connais leur propre histoire etc… Ce n’était pas une raison pour les zapper de la sorte et nous faire croire qu’ils n’ont pas tenu de rôle majeur au sein du groupe.
Enfin, le film suit le schéma classique du biopic et ne renouvelle pas le genre, racontant de manière chronologique les évènements et j’aurais aimé que la narration soit plus originale, peut-être décousue, mais l’avantage est que ceux qui ne connaissent pas bien l’histoire du rap ne peuvent s’y perdre.
En conclusion, je conseille ce film à tous les fans de rap et aux néophytes de la culture hip-hop, pour se prendre une claque et revenir au bon vieux temps pour les premiers, et découvrir de nouveaux horizons pour les seconds, même s’ils remontent à loin. J’espère que les prochains films sur le rap seront du même niveau, je serai intransigeante avec les suivants mais ne demande pas grand-chose si ce n’est que la musique y soit valorisée, telle qu’elle le fut dans ce film.

R.I.P Eazy-E.
R.I.P Niggaz Wit Attitudes.