Commentaires de films faits par pwachevski

Citations de films par pwachevski

Commentaires de films appréciés par pwachevski

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Jacqueline Sauvage c'était lui ou moi
Si j'ai habituellement tendance à fuir les téléfilms comme la peste, je me suis laissée tenter par celui-ci, de par son thème assez fort. Au final, je dirais sur c'est un téléfilm sans grande originalité, mais malgré tout très efficace.

Clairement, aussi bien la réalisation passe-partout, que la construction trop scolaire de l'intrigue ne vont pas vous marquer. Par contre, on distille très bien le suspense et les émotions, ce qui rend l'ensemble captivant. Les bonnes interprétations à la fois de Muriel Robin, qui à la différence d'autres humoristes est totalement crédible dans des rôles dramatiques, que d'Olivier Marchal, qui hérite d'un rôle très difficile, finissent de nous séduire.

Le thème du film est sous certains aspects parfaitement traité. On fait notamment ressortir la peur dans laquelle vivent les femmes battues, et leurs enfants, ainsi que l'emprise qui les empêche de répliquer pendant des années.

Je regretterais par contre, non pas le côté orienté : on savait dès le départ que ce film cherchait à réhabiliter Jacqueline Sauvage (et tant mieux !) ; mais le fait que le propos soit, à mon sens, tronqué, et entraine une mécompréhension totale de certains aspects de cette affaire. Et notamment du point de vue inverse, celui de la justice. En droit, il existe une vraie raison à la condamnation, à deux reprises, de cette femme : une loi mal foutue sur la légitime défense, qui ne prévoit pas cette hypothèse. Ce ne sont pas les juges qui créent les lois, ils se contentent de les appliquer. Et au vu de la loi, ils sont OBLIGÉS de condamner. Je pense que cet aspect des choses aurait du être mieux traité, justement pour faire bouger les lignes sur ce point.

Au-delà de ce cas précis, au-delà de la libération ou non de Jacqueline Sauvage, il y a un vrai problème de mécompréhension et de traitement par la loi de tous les cas de ce genre. Au lieu d'expliquer cela, on a choisi la facilité. On a choisi de faire passer les juges pour des gens incompétents et sans aucune empathie (notamment la première juge), alors qu'ils sont en fait tout aussi désarmés que nous face à ce type de cas.
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I Don't Feel At Home In This World Anymore
Macon Blair, aka l'excellent acteur inconnu de Blue Ruin, réalise un film ??! Il fallait que je le vois. C'est chose faite. Alors qu'on se le dise tout de suite, le scénario fait malheureusement pschitt. Le personnage de Ruth, totalement désabusée, qui en a mare que tout le monde se comporte comme des connards, pour reprendre ses mots, et qui donne sens au titre du film, était vraiment pertinent... Mais le scénario ne traite jamais ce personnage, son problème ou cette question de façon générale. C'est dommage, car le personnage de Ruth est hyper attachant, on se retrouve facilement en elle et ça m'intéressait sincèrement de voir les clés de réponse que ce film avait à proposer. On peut également regretter la pauvreté des personnages secondaires, et notamment des "méchants".

Mais sur absolument tout le reste, je ne suis pas du tout déçue. On sent une filiation évidente avec Blue Ruin : on a le même thème de la vengeance, le même univers visuel sanguinolent, le même côté "film artisanal" car à petit budget, mais malgré tout très soigné et avec une vraie envie de bien faire, on y montre la même Amérique de l'ombre, celle bien loin de Hollywood et qui ne fait pas rêver pour un rond ; et on y ajoute en plus la curiosité, l'inattendu et un humour décalé particulièrement savoureux. Merveilleux !

A noter aussi qu'on a réussi l'impossible : me faire apprécier Elijah Wood. Il joue tellement mal Frodon dans le Seigneur des Anneaux que je pourrais lui foutre des baffes, mais il est impeccable ici. Il faut aussi dire qu'il a été gâté par le scénario, récupérant le personnage le plus jubilatoire. Un personnage de loser magnifique comme seul le cinéma d'auteur américain sait en faire. Et là c'est une filiation avec des films biens plus connus et prestigieux qui est évidente, on pense ici à Little Miss Sunshine, à Ghost World, à Vincent Vega de Pulp Fiction, à Big Lebowski, à Fargo etc, etc... Il n'aurait pas vraiment pas fallu grand chose pour que ce film appartienne au même monde.
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Mommy
Mommy réalisé par Xavier Dolan
date : 15-08
Bon film. Pas mon préféré de Xavier Dolan (pas celui que j'aime le moins non plus), mais bon film quand même.

J'aime le beau cinéma et impossible pour moi de rester insensible devant une réalisation si soignée, si séduisante... Et en plus, à la différence peut-être des précédents films de ce real', non pas si mature, puisqu'on n'utiliserait jamais ce mot pour un réalisateur plus âgé, mais plutôt si équilibrée. Je n'ai pas du tout eu cette impression de singe savant qui nous fait le catalogue de tout ce qu'il sait faire, comme j'ai pu l'avoir avec Laurence Anyways notamment. On a un esthétisme et une recherche artistique qui s'intègrent parfaitement dans l'histoire qu'on a entendu raconter, qui la sert et la met complètement en valeur. Et que dire de cette direction d'acteur ? L'interprétation est juste sublime. Cerise sur le gâteau, BO bien réfléchie et bon sens du rythme. Parfait.

Subsiste tout de même quelques points scénaristiques qui m'ont déplu, et qui m'empêchent de m'emballer. Autant les personnages sont chacun individuellement bien écrits, autant la relation entre Steve et Kyla est hyper touchante, autant j'ai trouvé la relation entre Steve et Diane trop... "extrême" pour qu'on puisse réellement s'y reconnaitre et s'y plonger.
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L'internement de Steve m'a semblé une évidence dès la première minute du film, quand on nous présente cette loi fictive. Tout simplement car il n'y avait aucune raison de créer cette loi fictive si on ne s'en sert pas à un moment ou à un autre du film. Je suis tellement déçu que Xavier Dolan ait eu recours à une ficelle scénaristique si grossière. Ça ne colle tellement pas à la finesse habituelle de son écriture. Il y avait tellement d'autres façons d'aboutir à un résultat final similaire et réaliste. [/spoiler]
La fin m'a semblé trop précipité, avec trop de questions en suspend [spoiler]Diane n'était pas supposée aller au tribunal ? Qu'en est-il du verdict et des conséquences sur sa vie ?

Précisons tout de même que ces défauts n'empêchent en rien l'émergence d'un joli et touchant message global ; ainsi que la transmission d'un certain nombre d'émotions fortes aux spectateurs.
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Cart
Cart réalisé par Ji Young Boo
date : 07-08
Je ne sais pas trop comment exprimer ce que je pense de ce film, et suis même un peu embêtée pour le noter... Car en fait, dans l'absolu, je pense sincèrement que c'est un très bon film. Son scenario est finement écrit : très réaliste, malgré le thème lourd et puissant, on n'est absolument pas misérabiliste, et même feel-good par moment. La réalisation est simple mais propre et efficace. Et puis surtout, quels personnages ! Toutes ces femmes ont un truc qui les rend extrêmement touchantes ; et la bonne interprétation ne fait que renforcer ce constat.

Mais, mais, mais, mais... Je ne sais pas si ce film était vraiment destiné à sortir un jour de la Corée. Je ne sais pas si "culturellement parlant" un européen est vraiment armé pour le comprendre totalement, car ce genre de thème social est intimement lié à la culture et à la politique d'un pays. On est d'accord que la vie d'une caissière est tout aussi pénible en Corée qu'en France. On est d'accord qu'un licenciement soit dur à vivre peu importe le pays. Mais pour ce qui est de la culture d'entreprise, du droit du travail, du droit de grève ou de la place des syndicats, il y a vraisemblablement un gouffre entre la Corée et la France. Et j'ai pour cette raison eu du mal à m'y projeter.

De plus, il y a tout un tas d'éléments, JAMAIS évoqués dans le film, qui sont probablement une évidence même pour un coréen (par exemple : ça fonctionne comment l'aide sociale et le chômage en Corée ? Ces femmes licenciées seront indemnisées ? A quel montant ? Pendant combien de temps ? Comment est le marché du travail coréen ? Elles peuvent espérer retrouver un emploi facilement ? etc) mais absolument pas pour quelqu'un comme moi. Mine de rien, ça empêche de comprendre réellement l'impact de ces licenciements sur la vie de ces personnes.

Et donc, si je le répète que je suis persuadée que c'est un bon film, je n'ai pas su l'apprécier. D'où mon classement un peu mitigé.
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Logan
Logan réalisé par James Mangold
date : 05-08
Au vu de ma piètre opinion sur les deux derniers films sur Wolverine, je n'étais franchement pas emballée à l'idée de regarder celui-ci. La première scène tout en "sobriété" n'était pas pour me rassurer. Et puis au final bonne surprise. Mais vraiment. Il n'y a pas de compétition, ce film est tellement meilleur que les deux autres que ça serait indécent de les comparer.

J'ai trouvé ce film juste crédible. Et ça, ça n'a pas de prix.

Comment ces surhommes sont supposés vieillir ? La question a déjà le mérite d'être originale : à part Watchmen, aucun film de super-héros n'envisage leur retraite. Et encore, du fait de l'âge des Watchmen, il était bien plus question de "reconversion professionnelle" que de vieillesse.

De cette question de base déjà très pertinente, on tire une réponse hyper réaliste et terre à terre. Purement dramatique en somme. Si la volonté de faire quelque chose de plus dramatique avait déjà été affirmée dans d'autres films X-Men (et notamment dans X-Men Origins) on passe ici clairement le cran au-dessus. Que les choses soient claires : que ce soit dans un vulgaire film de super-héros ou film d'auteur intello, je ne me souviens pas d'un film qui a aussi bien montré la vieillesse, la déchéance du corps et de l'esprit, et les frustrations que ça entraine. Je me souviens pas d'un film qui a trouvé ce niveau de justesse sur ce thème, dans le scénario et la direction d'acteur.
Le thème permet en plus de développer des traits de caractère et une relation inédits entre les personnages. Au final, c'est le seul X-Men où Hugh Jackman et Patrick Stewart proposent une interprétation au sens noble du terme. Après presque 20 ans de bon et loyaux service pour cette saga, ils méritaient bien ça. Pour une fois, quand le film se termine on ne se dit pas, au mieux, "Hugh Jackman a eu une grosse préparation physique sur ce rôle", au pire "il est BG lol", non, on se dit juste qu'il est un très bon acteur.

Mais là ou le film me déçoit, c'est qu'uniquement avec ça, on avait de quoi faire de l'or en barre et le meilleur film de super-héros of all time. Mais on n'a pas osé. On n'a pas osé proposer un film purement dramatique à un public de fans de comics. On a indéniablement des éléments dramatiques très forts, mais on les a noyés dans une soupe blockbusterienne non pas mauvaise, mais quelconque. Zéro originalité pour le coup.

On nous a, pour je crois la 50ème fois, imaginé un personnage qui a la même mutation que Wolverine. X-Men Apocalypse avait déjà jouée la carte de la relation parent-enfant (alors oui, c'était complètement raté, mais ça donne une impression de déjà vu qui m'a gêné). Les scènes d'action sont indigestes. Trop assistées par ordinateur pour avoir la moindre crédibilité, je ne pense pas que la surdose de sang était vraiment nécessaire. Ces scènes sont en plus trop nombreuses, pas assez justifiées, il y a au moins 30 minutes de film parfaitement inutiles. La mise en scène m'a semblé hyper inspirée. La course poursuite en voiture dans le désert fait tellement Mad Max par exemple.
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Et le clone de Wolverine qui soulève la voiture qui vient de l'écraser est so Terminator.
Le film est censé se passer dans le futur, mais quasiment rien n'est là pour nous le rappeler : les modèles de voitures, les téléphones, les télévisions, l'habillement, la décoration dans les maisons, les armes, etc, tout nous semble contemporain. Sans partir dans des délires à la Star Wars (qui n'auraient pas été crédibles), on aurait quand même pu s'attendre à plus de recherche sur ce point. Autant les personnages principaux sont finement écrits, autant les personnages secondaires sont à pleurer. Non mais sérieux le personnage de Donald Pierce, quand il apparait à l'écran il pourrait presque dire "Logan, je viens t'embêter, parce que je suis méchant, ha ha ha". On aurait pu (et du) tirer quelque chose de tellement plus pertinent et touchant du personnage de Caliban.

Le fait d'entrechoquer comme ça des éléments débordants d'originalité et d'audace et des éléments qui n'en ont absolument pas me fait un effet très étrange. Je ne sais pas comment noter le film en fait. Il finira donc de fait dans ma liste or, c'est là que je classe tous les X-Men de toute façon.
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Avril et le monde truqué
date : 23-06
Beau et atypique film d'animation, d'un genre ambitieux (uchronie, steampunk) et traitant de thèmes tout aussi ambitieux (la science, la guerre, l'écologie, les sociétés secrètes). C'est très agréable de voir des graphismes vraiment originaux, et en rien formatés par Disney. Les personnages ont des yeux de taille normale et, oh my gosh, le chat a un anus. Mais surtout, la vision de ce Paris imaginaire, à la fois proche et éloigné de celui qu'on connait, est vraiment saisissante et presque poétique. Bien qu'un peu facile, l'ajout du thème de la famille rend le film touchant à plus d'un moment ; le chat est topissime. On retiendra aussi les jolies voix, entre autres de Marion Cotillard et Jean Rocheford, dans un rôle qui lui va si bien. Dommage que le scénario part un peu en cacahuète en cours de route
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(faut le digérer, quand même, l'apparition des hommes lézards qui dirigent le monde dans l'ombre...)
et a créé, pour ma part, quelques instants de flottement au milieu du film.
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Le dernier tango à Paris
date : 18-06
Évacuons tout de suite le moment pénible de ce commentaire : oui, ceci est un film essentiellement basé sur la relation charnelle des deux personnages principaux, qui ont plus de 20 ans d'écart. Oui ce film a une sacrée réputation. Mais non, c'est bien loin d'être un porno, ni même un film érotique. D'ailleurs, je trouve sa réputation un peu surfaite. On sent vraiment que les temps ont changé. Ce film était surement sulfureux dans les années 70, mais aujourd'hui, on sort des dizaines de films plus crus que celui-ci chaque année en prenant bien moins de pincettes. Je rappelle que, par exemple, le volume 1 de Nymphomaniac était que -12 en salle en France, et est 1000000000 fois plus explicite que celui-ci.

Reste la fameuse scène dit "de la plaquette de beurre", tournée, indéniablement, dans des conditions très éprouvantes, discutables, voire choquantes pour Maria Schneider, dont réalisateur et acteur principal ont clairement abusé de la jeunesse et de la naïveté. Faut-il détester le film pour autant ? Je ne sais pas, vous vous êtes mis à détester Le Seigneur des anneaux, Kill Bill ou Happiness Therapy suite à l'affaire Weinstein ? Je ne crois pas, non. Alors ne soyons pas hypocrite.

Je trouve que c'est un film d'une grande justesse, à la fois finement écrit, finement joué et finement réalisé. On arrive totalement à faire comprendre au spectateur le mal-être et la solitude, dus à des motifs diamétralement opposés, des deux personnages principaux ; qui vont tout naturellement tomber dans les bras l'un de l'autre. La relation est incongrue, brutale, silencieuse, charnelle plus que sentimentale, simplement pour oublier, ne plus penser, combler un vide. Ces deux personnages m'ont touché, je m'y suis attaché même si on ne sait pas quasiment rien d'eux. C'est aussi ça la magie de l'image, qui arrive à véhiculer un demi-million de choses qui ne sont jamais formulées verbalement.
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27 robes
27 robes réalisé par Anne Fletcher
date : 20-05
Une comédie romantique qui a eu un beau succès à sa sotie, principalement lié à Katherine Heigl, au top de sa carrière à ce moment. Malheureusement, le succès s'est étiolé pour elle, et avec quelques années de plus, le film perd soudainement beaucoup en intérêt...

C'est une comédie romantique à l'américaine parmi tant d'autres, qui a donc tous les défauts des comédies romantiques à l'américaine. C'est moyennement drôle, c'est pas du tout émouvant -les tentatives d'émotion sont affreusement mièvres- c'est hyper prévisible et la morale est franchement douteuse
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: bon encore que l'amour triomphe toujours, je veux bien, mais "pourrissez le mariage de votre sœur, c'est pour son bien mais c'est aussi un peu beaucoup par jalousie" bof bof. Plus largement, je trouve dommage que le film nie le fait que pour certaines personnes et certains couples, le mariage ne représente RIEN. On donne l'impression que si on ne se marie pas, c'est qu'on a raté sa vie. Si on ne veut pas se marier, c'est forcément parce qu'on a des parents divorcés ou qu'on a connu une séparation douloureuse. C'est quoi cette psychologie de comptoir ?[/spoiler]

MAIS ça on s'y (ou en tout cas je m'y) attendait dès le départ. D'une certaine façon le contrat est rempli, qu'on aime ou qu'on n'aime pas ce style, on voit ce qu'on s'attend à voir. Donc là n'est pas le problème pour moi.

Le problème, c'est que le film est plein de bonnes idées. Il aurait vraiment pu être une comédie romantique mémorable et qui sort du lot. Mais il ne l'est pas. Parce que c'est mal écrit. Clairement.

Ok, ce film est rythmé et distrayant. Il présente même une certaine originalité dans sa construction [spoiler](le triangle amoureux, bof, mais entre sœurs c'est pas commun)[/spoiler] mais aussi dans les thèmes abordés [spoiler](le monde professionnel, l'univers des demoiselles d'honneur à l'américaine, le deuil de la mère et le fait que le personnage se soit projeté dans ce rôle de mère par amour pour sa petite sœur et pour son père, etc...)


Mais on n'y retrouve jamais la finesse, l'impertinence et l"intérêt d'un "le Diable s'habille en Prada" (même auteur à l'origine du scénario). La faute à des dialogues assez improbables : qui parle comme ça dans la vraie vie ? Personne ! Et à des personnages grossiers. On regrettera notamment l'affreux personnage de Tess, qui est un cliché ambulant, et même pas drôle en prime. Une vraie tâche dans le film. Malin Akerman propose en plus une interprétation très limitée et grimaçante, qui ne fait en rien gagner en sympathie au personnage.

Et c'est d'ailleurs le deuxième gros problème, qui fait qu'on ne retrouve même pas le charme de "Donne-moi ta main" (mêmes producteurs) : le casting super faiblard. Enfin non, je leur laisse le bénéfice du doute, avec des personnages si nuls et mal écrits, même les meilleurs acteurs au monde n'auraient pas pu en faire grand chose. Mais le résultat est le même : consternant.

Mise à part Katherine Heigl qui est sympathique, crédible et pétillante dans le rôle de Jane, il n'y a rien à retenir. Les deux principaux acteurs masculins sont fades à souhait. Ni l'un ni l'autre n'est particulièrement impliqué dans son jeu, ni l'un ni l'autre ne présente une complicité palpable avec le personnage de Jane. Ce qui n'empêche pas de leur attribuer sans gène des qualités extraordinaires (attirants ? Charmants ? Sexys ? Drôles ??) auxquelles ont ne peut pas croire, puisque rien à l'écran ne confirme ce que l'on dit d'eux. Et je précise bien que ne critique pas ici le physique de ces acteurs, mais bien le comportement de leur personnage. Qui tomberait amoureux d'un patron aussi chiant et incompétent ? Le gars a quand même besoin d'aide pour lire sa clé USB. Et Kevin/Malcolm n'est pas sexy et ténébreux, il est juste un harceleur creepy incapable de décrocher un sourire ou un mot gentil. Là encore, quelle femme normalement constituée tomberait sous le charme ?

Bref, même si je n'ai pas passé un mauvais moment, j'ai trouvé le film vraiment pas aboutis, ce qui est dommage et décevant. Il ne manque pas grand chose !
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Eyjafjallajökull
date : 20-05
Dites-moi, à quel moment un producteur a pu penser que voir deux personnes s'engueuler et se battre pendant 1h30 pouvait être drôle, et a du coup mis 20 millions d'euros dans ce film ? Car vraiment, je ne comprends pas à quel moment cette pensée loufoque à pu lui traverser l'esprit.

Ce film est malaisant au possible. La seule réaction normale à ce spectacle navrant est celle des deux amis de la fille (j'ai oublié leurs noms, si ça se trouve ils n'en avaient même pas, mais l'un des deux était joué par Malik Bentalha) qui quittent la voiture des deux hystériques au bout de 5 minutes. Voici l'un des rares moments de lucidité du scénariste.

Car précisons ici que les deux personnages ne passent pas seulement leur temps à se battre, ce qui aurait encore pu passer. Nooooooon, ils essayent carrément de se tuer ! Mais ils ne se tuent pas méchamment, ils se tuent "avec humour" alors ça passe... Et puis s'il y a quelques victimes collatérale au passage, par exemple parce qu'on cause un accident de voiture sur une autoroute, ce n'est pas bien grave enfin, c'est pour la bonne cause : faire rire les gens. Puis les clichés plus gros que moi sur les pays de l'est, n'en parlons pas, ce sont que des alcooliques, voleurs de poules, qui ne parlent pas notre langue, alors on s'en fout, ha ha ha.

Je pense spoiler personne en précisant que tout cela se fini bien entendu sur une morale niaise, mielleuse et sans aucune crédibilité.

Inutile de préciser également qu'avec des personnages et une intrigue si mauvaise, il ne faut pas attendre grand chose des deux acteurs principaux, pourtant sympathique dans leur genre.

Même la réalisation est totalement quelconque, alors qu'on traverse pourtant de nombreux pays, ce qui aurait été l'occasion de nous montrer des paysages un peu jolis. Mais non, cela n'a visiblement pas effleuré l'esprit du réalisateur, préférant les crises d'hystérie de Valérie Bonneton. Par contre la BO est étonnement pas mauvaise.

Prions pour qu'aucun volcan islandais au nom imprononçable entre en éruption dans les 10 ans à venir, ça pourrait leur donner des idées de suite.
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Astérix aux Jeux Olympiques
date : 20-05
Je dois avouer que je suis, d'une certaine façon, agréablement surprise ! Non pas que le film soit absolument génial en tout point, loin de là, mais je ne pense pas pour autant que le déchainement haineux des critiques à sa sortie était justifié. A cause d'elles, je m'attendais à un véritable nanar, alors que c'est en fait un film très largement regardable, et même distrayant. Surement témoignent-elles de la même déception post-Mission Cléopâtre ? A moins que ce soit l'abus de caméo (pas drôle du tout, d'ailleurs). Mais quoi qu'il en soit, malgré un scénario, il est vrai un peu vide, et un humour pas toujours très fin, j'ai regardé ce film de bout en bout avec un certain plaisir.
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La Mouche
date : 20-05
Probablement le plus creepy des films de Cronenberg, qui en a pourtant fait de bien creepy par ailleurs... C'est l'anti film hollywoodien par excellence : ce film ne cherche PAS à plaire, et encore moins à plaire au plus grand nombre. Je vous déconseille plutôt de commencer par là si vous voulez découvrir le cinéma de ce réalisateur, car c'est vraiment un film de fans et d'initiés, avec tous les éléments récurrents de son cinéma poussés à leur paroxysme, formant un gloubiboulga dégoutant mais pourtant on se régale si on sait un minimum à quoi s'attendre au départ.

On m'enlèvera pas de l'idée que Cronenberg est un des rares, si ce n'est le seul, "grand" réalisateur de films courts et minimalistes, et ce film en est la meilleur preuve. 3 personnages, 2 décors différents, 1h30 montre en main, et tout y est. Rien a ajouter, rien a enlever. On nous épargne l'histoire d'amour niaise, les personnages secondaires inutiles, les péripéties interminables et l'happy-ending larmoyante. On va a l'essentiel sans jamais donner l'impression de se précipiter. On arrive en si peu de temps à créer une ambiance prenante mais aussi crédible (le sujet de base, la téléportation, est un thème SF qui faire "rêver" sans sembler improbable non plus), on bascule sans aucun mal de la SF classique à la SF horrifique. On se paye même le luxe de découvrir un futur discret mais grand acteur, Jeff Goldblum.

Alors bon, c'est sûr que ça pris un coup de vieux. Mais ça reste un classique, un film culte même, et non sans raison.
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Planétarium
date : 04-03
Je crois bien qu'il n'y a pas un autre film français ces 10 derniers années, voire plus, qui a eu autant d'ambition que celui-ci. On sent une vraie volonté, tout à fait louable, de montrer quelque chose qu'on n'a pas déjà vu ailleurs.

Cela passe tout d'abord par le thème du film : les médiums. Mis à part dans des films d'horreur ou dans des séries B, c'est un thème quasiment jamais traité. Mais aussi le thème du cinéma, le fait de mettre un film dans le film. C'est moins original mais c'est hyper exigent. Et pourtant on ose s'y attaquer.

Ça passe aussi par la réalisation, et plus largement l'univers visuel. Malgré quelques maniérismes, c'est superbe. Les couleurs sont chaudes et élégantes. Les décors et costumes sont riches. La reconstitution d'époque est crédible. Le casting, et notamment les actrices, est magnifié par la réalisation.

Ça passe également par le casting, d'ailleurs. Quel film français a réussi à recruter une actrice internationale de la même envergure que Natalie Portman ? Elle est hyper crédible dans ce rôle, en français comme en anglais (car oui, le film a en plus l'ambition d'être bilingue).
Et que dire de Lily-Rose Depp ? Entre ses parents, son âge, sa notoriété si soudaine et sa faucheuse tendance à faire en permanence la gueule, on aurait 1000 raisons de la préjuger mauvaise actrice. Et pourtant elle est lumineuse et apporte un vrai vent de fraicheur au film.

Mais aussi prometteur et audacieux soit le film, il fait malheureusement un peu pschitt. Ce n'est en aucun cas un plantage total, toutes les qualités que j'ai déjà citées subsistes et ne sont absolument pas négligeable. Seulement c'est frustrant. On se dit un peu "tout ça pour ça ?".

Ce film n'arrive finalement pas à faire ce que Hugo Cabret à fait avant lui. A réunir le charme désuet des années 30, un hommage au cinéma et une histoire touchante. On sent que tous les éléments sont là, mais l'ensemble ne fonctionne pas. Les scènes s'enchainent sans sembler liées les unes aux autres. Beaucoup d'éléments du scénario manque de profondeur. Au final, on ne s'attache pas aux personnages, et on peine à plonger véritablement dans l'intrigue. Malgré le beau spectacle et un format assez court (1h45) l'ennui et la lassitude nous gagne vers la moitié du film, et ne nous quitte pas jusqu'à la fin.
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Toni Erdmann
Toni Erdmann réalisé par Maren Ade
date : 03-03
Je suis assez déçue de ce film qui, même s'il n'a finalement gagné aucun prix vraiment prestigieux (à moins qu'on considère prestigieux d'être élu film de l'année par les cahiers du cinéma), avait été encensé lors de sa présentation au Festival de Cannes et nommé aux Oscars et aux Golden Globes. J'ai trouvé que ça aurait pu être une très bonne comédie dramatique, car il y a une super idée de départ, mais c'est BEAUCOUP trop long. 2h40 de film ! Et ce n'est pas Le Retour du roi, hein, c'est un drame où il se passe concrètement rien.

L'ensemble m'est apparu ennuyant et bavard. Tout m'a semblé prendre des proportions exagérées en termes de temps. Il faut, par exemple, attendre plus d'une heure pour que le personnage de Toni Erdmann, qui donne tout de même son nom au film, fasse son apparition. J'aurai supprimé un nombre incalculable de scènes m'apparaissant totalement inutiles. Notamment les scènes de la vie professionnelle d'Ines : on fait passer la signature ou non du contrat comme un enjeu du film. Alors que non. On s'en fout complètement. Ce qui est crucial dans le film c'est uniquement la relation père/fille, qui n'est jamais traitée frontalement. Pour cette raison, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. On a même pas une réalisation un peu arty qui justifierait cette lenteur - sans être mauvaise, elle reste tout à fait quelconque. L'absence de musique m'a également semblé pesante.

Je reconnais tout de même le ton décalé et hyper original du film. Ça fait du bien de voir un cinéma et un humour non-formaté, qui ose et qui tente des trucs jamais vus ailleurs. Je reconnais également que, même si ça ne m'a à titre personnel pas touché, l'émotion est là. On traite de sentiments tendres, nobles et universels et on appelle une réflexion intéressante sur le thème de la famille. C'est également plutôt bien interprété.
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Elser, un héros ordinaire
date : 02-03
Je suis TELLEMENT déçue par ce film ! Le réalisateur de "La Chute", qui après des navets comme le biopic sur Lady Di, retrouve son sujet de prédilection : ça pouvait que faire un bon film... Et puis non. Je ne dirais pas qu'il est mauvais non plus. Mais juste sans aucun intérêt.

On nous raconte donc la vie de Elser, qui, comme le titre français du film l'indique, est un type tout à fait ordinaire. Et qui a donc une vie de type tout fait ordinaire. Et donc absolument pas filmogénique. Voila. Tout est dit.
On assiste a une succession de scènes d'une banalité affligeante, et même pas un minimum touchante. Il va au travail. C'est qu'il est menuisier le monsieur. Il travaille le bois. Ah la la, c'est très intéressant, hum, hum. Puis parfois il a des week-ends de folie : il va danser au bal. Puis il drague un peu aussi. Il drague même une femme mariée, le gue-din.

Ces scènes sans intérêt sont entrecoupées de scènes de torture sans grande finesse et assez mal tournées. Je trouve que soit on nous en montre trop, soit pas assez. On n'arrive pas, à mon sens, à trouver un juste milieu au niveau de la réalisation.

La narration est elle absolument pas inspirée. C'est binaire, on enchaine une scène sans intérêt au passé et une scène de torture au présent. En plus d'être déjà vu 1000 fois j'ai trouvé ça assez peu crédible. Enfin je sais pas vous, mais moi j'imagine mal un tortionnaire nazi gentiment écouter les histoires de cœur de son prisonnier.

Puis je sais pas... Ça ne rend juste pas hommage au véritable Elser. On aurait dû nous montrer un homme intelligent, qui arrive à la fois à comprendre ce qui est en train de se tramer dans son pays et à monter son attentat tout seul. On aurait dû nous montrer un homme de conviction, qui défend ses idéaux malgré la pression sociale et politique. On aurait du nous montrer un homme fort, qui a su trouver en lui le courage de passer à l'acte malgré les risques. Au lieu de ça, on nous montre un mec mou et insipide. C'est tellement dommage.

Bref, quand on enlève d'un film sa réalisation, sa narration, son émotion et son scénario, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement que l'acteur principal, Chritian Friedel, propose une interprétation d'une grande justesse. Ça sauve du naufrage l'ensemble, et arrive a nous tenir en éveil jusqu'à la fin.
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Sabrina
Sabrina réalisé par Billy Wilder
date : 26-02
Un classique de la comédie romantique qui, s'il ne marque pas de façon indélébile le genre, reste très agréable à regarder. Ce n'est pas un film d'une originalité folle, encore un triangle amoureux ! Mais c'est un film propre. Le casting est superbe, la réalisation est soignée, la photographie est hyper élégante, les costumes sont dingues, la BO colle parfaitement au film. Je trouve aussi que c'est une comédie romantique très "équilibrée" : on arrive aussi bien à être particulièrement drôle (et plus fin que dans Certains l'aiment chaud...) que particulièrement touchant. Et l'émotion n'est pas uniquement liée à la romance, d'ailleurs. La relation entre les deux frères ou la relation père/fille apportent, de ce point de vue, un vrai plus à l'ensemble.
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Shokuzai, Episode 2 : Celles qui voulaient oublier
Ce commentaire sera court, dans la mesure où j'ai trouvé dans ce second épisode les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans le premier. L'histoire est plutôt originale et touchante, c'est bien joué, la réalisation est propre malgré quelques scènes un peu grotesques ; mais la construction de l'intrigue me déroute totalement. Il n'y a finalement que le tout premier chapitre du film 1 (la mort d'Emili) et le tout dernier chapitre du film 2 (la résolution de l'enquête) qui se font directement échos. Ce qui se passe entre, l'histoire des quatre autres petites filles, c'est finalement totalement accessoire. Même si dans l'absolu j'ai passé un bon moment devant ces deux films -j'ai vraiment trouvé ça distrayant- je ne peux pas m'empêcher de me demander quel était l'intérêt des 3/4 du projet... Et par conséquent, même si là encore, j'ai passé un très bon moment, je n'arrive pas à me dire totalement emballée par cette saga.
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Shokuzai, Episode 1 : Celles qui voulaient se souvenir
J'ai aimé ce film tout simplement parce que je l'ai trouvé distrayant. Bien que certains commentaires postés avant moi fassent état de longueurs, je ne les ai absolument pas ressenties. J'étais totalement prise dans le film, je n'ai pas vu le temps passer, et je n'ai véritablement eu aucun instant d'ennui.

Je trouve que c'est un thriller original dans sa construction, car le suspense ne se situe pas vraiment là où on pourrait le penser. Le tueur de la petite fille ? On s'en fout un peu. L'intérêt de la chose est de voir l'après, la reconstruction des différents personnages. Je trouve ce point de vue très intéressant.

Et d'autant plus intéressant que la réalisation n'en fait pas des caisses. L'émotion passe, on ressent le chagrin de cette mère, la culpabilité de ces filles, sans qu'on ait besoin de le marteler lourdement. La photographie est élégante, et permet de faire bien sentir, rien qu'à l'image, trois temps dans l'histoire. Les acteurs, enfin surtout les actrices, proposent un jeu convainquant. J'ai néanmoins trouvé que la direction d'acteurs aurait pu être plus travaillée, au niveau du positionnement et des déplacements des acteurs. Ils se tiennent parfois d'une façon un peu gauche, comme s'ils ne savaient pas quoi faire de leur bras.
Certains points de réalisation manquent de finesse
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(Par exemple, la scène de course poursuite qui donne bien le mal de mer ; quand le personnage a ses règles et qu'un TORRENT de sang lui coule sur la jambe ; la fin, avec cette mort bien clichée)
. Je trouve ça regrettable car dans sa globalité la réalisation est sobre et soignée, puis BOUM, arrive un élément qui fait tache. Mais, j'ai trouvé ça bien moins dérangeant et "japaniais" que dans Real du même réalisateur, donc on va dire que ça passe.

Mon seul vrai regret par rapport à ce film, c'est cette impression de ne pas vraiment savoir dans quoi je me suis embarquée. Où on cherche à m'emmener ? J'ai l'impression d'avoir vu trois court-métrages, plus qu'un ensemble cohérent. Les pièces du puzzle ne s'imbriquent pas vraiment. Bien que j'ai aimé les trois histoires "prises séparément" et on peine à percevoir l'intérêt global du projet. J'espère que la suite proposera une conclusion convaincante.
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Voyage à Tokyo
date : 15-01
Ce film m'a agréablement surprise par son accessibilité. Soyons honnête, quand on dit "film japonais, de 1953, en noir et blanc, et seulement en VOST" on s'attend à un truc un peu bobo intello trololol hipster. Et en fait pas du tout. C'est un film simple, sans aucune prétention, et qui traite de problématiques universelles. Vraiment tout le monde pourrait s'y retrouver.

L'ensemble manque peut-être parfois un peu de rythme, mais j'ai néanmoins trouvé ce long-métrage très agréable à regarder. Il s'en dégage une sorte de charme désuet, qui nous fait plonger avec plaisir dans ce japon des années 50, sa simplicité et ses traditions. Ça correspond vraiment à cette image d'Épinal qu'on peut avoir de ce pays, qu'on retrouve également dans certains Ghibli. La comparaison vous paraitra peut-être douteuse, mais je retrouve vraiment la même intention dans ce film que dans "Mon voisin Totoro", par exemple.

Il s'en dégage une émotion sincère à l'évocation du thème de la famille. C'est assez rare de voir des personnes âgées au cinéma, mais en plus elles sont ici au cœur du film, ce sont véritablement les personnages principaux. L'ensemble amorce une belle réflexion sur les relations parents/enfants, qui sont parfois (souvent) ingrates.

J'ai aimé le côté intimiste de la mise en scène, avec pas mal de gros plan sur les visages des personnages, et des plans larges savamment choisis. Elle est à l'image du reste, simple mais efficace. La musique souligne l'ensemble sans lourdeur.

Je regretterais par contre les personnages parfois un peu caricaturaux. Il y a les méchants enfants qui ne s'occupent pas de leurs parents et la gentille belle-fille qui est absolument charmante avec eux en toute circonstance. Ça manque un poil de nuance. J'ai également trouvé la fin trop attendue, bien que touchante par ailleurs.
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Le vent se lève
date : 27-12-2017
Encore un magnifique film de Ken Loach, décidément l'un des meilleurs cinéastes britanniques actuels. Un cinéaste britannique qui impose ses codes britanniques, et ça fait du bien, surtout pour des films historiques comme celui-ci, que l'emphase toute hollywoodienne gâches systématiquement (cc "Le Majordome").

C'est un film dur, très très dur par moment, mais d'une justesse époustouflante. A aucun moment on ne tombe dans la violence gratuite ou dans le spectaculaire, le grandiloquent ou le sensationnalisme. On cherche juste à faire un film vrai, un film crédible, un film qui fait réfléchir et on y arrive très largement.

Je me suis sentie totalement emportée par cette histoire. Bouleversée par la tragédie de ces deux frères, qui à mon sens est la force de ce film. On cherche en aucun cas à être exhaustif sur un événement historique, ça a déjà été fait, mais plutôt à donner un nom, un visage, une famille, un groupe d'amis à cette guerre. C'est ça qui créer l'empathie qui manque à d'autres films historiques, qui permet de se projeter et qui rend "Le vent se lève" si marquant.

La réalisation est à l'image du reste, brute, mais tout en justesse. Ce n'est pas un choix de facilité, mais un choix justifié par l'intrigue et totalement maitrisé. On nous offre une photographie superbe, une BO discrète mais savamment choisie, ainsi qu'une excellente direction d'acteur. Cillian Murphy propose un jeu tout en sobriété mais tellement prenant ; une découverte pour moi puisque j'ai mystérieusement réussi à éviter la quasi totalité des films de sa filmographie, pourtant bien garnie. Très bons seconds rôles également. L'ensemble du casting donne parfaitement vie à ces dialogues si finement écrits.
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Star Wars, Episode VIII : Les derniers Jedi
C'est toujours compliqué de critiquer un Star Wars, parce que c'est des films qui ont, d'une part, engagé un travail énorme qu'on ne peut en aucun cas dénigrer et qui, d'autre part, sont hyper distrayants. Franchement, il faudrait vraiment que je mente si je disais que j'ai passé un mauvais moment de cinéma. Les presque 2h30 de film passent toutes seules, je n'ai juste pas eu un instant d'ennui devant ce film. Sauf que passé l'euphorie de départ, je trouve ce film plutôt moyen. Il me laisse non seulement un gout de peut mieux faire, mais aussi et surtout un gout de déception que je n'avais plus eu dans cette saga depuis l'épisode 1.

Il y a sans nul doute des points positifs. Comme je l'ai déjà dis, c'est un film distrayant et rythmé, mais en plus distrayant et rythmé de façon intelligente. On ne se contente pas de faire un mauvais film d'action qui enchaine les scènes de combat sans âme. Non. On arrive à créer un véritable liant, offrant un enchainement très équilibré de combats dans l'espace, de combats au sabre et de scènes intimistes.

J'ai également apprécié la construction du film autour de plusieurs duos de personnages (Rey-Luke, Rey-Kylo, Luke-Kylo, etc.). Ça permet de créer de très beaux faces-à-faces, de vrais instants de tension.

Puis le scénario a quand même pas mal d'ambition. On n'a pas fait un copier/coller comme dans l'épisode précédent, on cherche au contraire à proposer quelque chose d'original. C'est en plus un scénario pas mal dense, avec beaucoup de personnages, beaucoup de sous-intrigues, beaucoup de questions posées...

... Et c'est là que ça commence à capoter. C'est là que le film commence à décevoir. Il a d'excellentes idées de base, mais il n'en fait RIEN. Ces questions appellent systématiquement à des réponses inexistantes ou hyper décevantes.
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On a AUCUNE explication correcte sur, par exemple, la mort de Han, l'identité de Snoke, la retraite de Luke ou les parents de Rey. Et quand on fait monter la mayonnaise depuis 2 films sur ces éléments pour RIEN bah ça me frustre. Beaucoup.[/spoiler]

Dans la continuité, j'ai été franchement déçue par la vacuité des personnages. L'épisode 7 avait pourtant posé une très bonne base, avec un trio de personnage Rey-Poe-Finn instantanément sympathique. Mais là encore, l'épisode 8 n'en fait RIEN ou presque. Pas de développements nouveaux, et même des régressions à coup de bons gros clichés. Il n'y a que Kylo qui, à mon sens, s'est bonifié avec le temps. S'il faisait un peu ado en crise dans l'épisode 7, on arrive ici au contraire à développer une personnalité complexe et torturée assez crédible. Il est également appréciable que Poe prenne plus de place à l'écran. L'introduction d'un nouveau personnage, Rose, ne sert plus ou moins à rien. [spoiler]Ce baiser final avec Finn tombe juste comme un cheveu sur la soupe. Puis chacun sait que seul Poe peut embrasser Finn de façon crédible.[/spoiler] On a inventé un nouveau concept, le sidekick du méchant, à travers le personnage de Hux qui est ridiculisé à la place de Kylo d'un bout à l'autre du film. Snoke est encore plus décevant que dans l'épisode précédent : juste le plus mauvais méchant de la saga. Les clichés sont tels qu'ils provoquent même des réactions assez improbables. [spoiler]La mort de Snoke notamment : même si j'ai toujours trouvé le personnage ridicule, c'est quand même censé être le grand méchant suprême. Et il se fait avoir comme un bleu et meurt d'une façon absolument pas épique. Comment voulez-vous que je crois en ce personnage si les personnes qui font le film n'y croient pas eux même ??![/spoiler]

Et de ce fait, le film ne créée aucune émotion. [spoiler]Même la mort de Luke on s'en balek, c'est dire.[/spoiler] Les seules pincements au cœur qu'on peut avoir, c'est quand on revoit une dernière fois Carrie Fisher. Sauf que ça, c'est la faute à pas de chance, et c'est en rien lié à au film lui-même. Ni à son scénario ni à sa réalisation.

Parlons-en d'ailleurs de la réalisation. Autant JJ Abrams avait fait un travail hyper léché, qui faisait vraiment du bien à cette saga qui a toujours manqué d'une réalisation forte, autant Rian Johnson nous fait franchement régresser.
Les scènes d'action, notamment les combats entre vaisseaux sont brouillonnes à souhait.
Certaines idées de réalisation sont juste MAUVAISES [spoiler](Leïa qui vole dans l'espace façon supergirl, mais WTF ??!)[/spoiler]
Les combats au sabre sont pas inspirés (entre les ralentis et Luke qui se prend pour Neo de Matrix...) et hyper mal chorégraphiés. On respecte en rien le "style de combat" qui s'était imposé dans la prélogie. [spoiler]Même dans les affrontements normalement de haut niveau comme Luke-Kylo ou Rey et Kylo contre Snoke et ses copains,[/spoiler] on n'arrive jamais à créer le suspense prenant d'un combat comme celui entre Anakin et Obi-Wan dans l'épisode 3 ou même, plus modestement, des combats contre le comte Dooku ou contre Grievious (so uncivilized motherfucker).
Rian Johnson marque aussi le retour d'un aspect commercial un peu trop présent à mon gout. Entre les Porgs et les chiens de cristal, ça sent la vente de produits dérivés potentiels à plein nez. C'est tout aussi grossier que les Ewok à leur époque.

Les effets spéciaux sont très inégaux, s'il y a des choses magnifiques il y a aussi beaucoup de choses assez moches. La motion capture ne semble pas avoir fait de progrès depuis Gollum. [spoiler]Le "Yoda marionnette" est... vintage.


L'humour du film est juste merdique. On nous prend vraiment pour des enfants, on se croirait dans un mauvais cartoon.

Pour finir, la BO est assez peu inspirée. Il ramollit un peu John Williams, non ? Mis à part les thèmes cultes de la saga, qu'on est toujours ravi d'entendre, il n'y a rien à se mettre sous la dent. Rien de mémorable.
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Jauja
Jauja réalisé par Lisandro Alonso
date : 25-10-2017
(Mais combien de langues parle Viggo Mortensen ??!!)

Je trouve que c'est un film qui est techniquement de bonne facture, et avec en plus une recherche artistique assez indéniable. Que ce soit dans la façon de filmer, dans les couleurs, dans la lumière naturelle, dans l'atypique format de l'image, dans le choix de ne pas tourner en numérique, dans les paysages montrés et dans le rythme lent qui permet de les apprécier, dans les bruitages (les bruits du vent, des vagues, des animaux, etc), dans la musique trop rare mais bien utilisée,... TOUT absolument TOUT est maitrisé et beau à regarder et à écouter.

Mais par contre le reste, je suis moyennement emballée. Étonnement, le rythme très lent du film ne m'as pas dérangé, dans la mesure où il se passe malgré tout des choses et qu'une véritable histoire est développée. Mais cette histoire me plait déjà moyennement : je suis allergique aux westerns, et on y retrouve tous ses codes. Et je n'ai en plus pas apprécié la façon dont elle est racontée. J'ai trouvé ça plat, fade, et même froid. Les dialogues sont creux. Il y a une distance désagréable entre les personnages et le spectateur. Il y a bien quelques instants lumineux, mais dans la globalité, on n'est pas touché par ce qu'on voit. Ça ne met pas non plus en valeur les acteurs. Parce que franchement, Viggo Mortensen était parfait pour ce rôle, mais son talent est tellement pas exploité, c'est bien dommage.
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Le ciel attendra
date : 15-10-2017
Disons le tout de suite, le thème est franchement casse-gueule ! Avec un sujet faisant l'objet d'une actualité aussi brulante, il aurait été très facile de tomber dans mille et un pièges. Et ce qui est bien, c'est qu'on nous en épargne la plupart.

Ce film prend de la hauteur, et se veut dépassionné. Un recule nécessaire, justement, pour nous épargner de nombreux clichés. Par exemple, on a fait le choix de montrer deux personnages féminins, intelligents, dans un environnement familial sain, voire plutôt aisé, l'une d'entre elle n'a même aucun lien avec l'islam. On n'a pas fait le choix facile et stéréotypé de deux hommes, musulmans, illettrés, barbus, trafiquants, en jogging, du 93 de préférence.

Je trouve que ça donne vraiment une force au film. Je ne connais pas assez le sujet pour dire s'il est véritablement réaliste ou exacte, mais pour moi ça n'a pas d'importance. Ce n'est pas un documentaire, mais bien une fiction ! Et cette fiction arrive à véhiculer un message fort et juste ; à mon sens c'est l'essentiel. On n'est pas dans la niaiserie "islamo-gauchiste" tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Mais on ne fait par pour autant le jeu des gens à droite de la droite de l'échiquier politique. On a vraiment trouvé ce juste milieu entre accusation et victimisation. On n'excuse rien, mais on n'accable pas non plus, on cherche juste à comprendre. Ça invite vraiment à la réflexion, je trouve.

Et à la réflexion se mêle avec brio des émotions assez fortes. On ne peut pas rester de marbre devant le malheur de ces parents. On ne peut pas rester de marbre devant les erreurs de ces filles. Comme le dit Nolwenn03 dans un autre commentaire, le cœur du film c'est vraiment la détresse des familles, plus que le terrorisme (à aucun moment on n'affirme que ces filles veulent devenir des combattantes) ou l'embrigadement (les recruteurs sont invisibles et les causes de la radicalisation ne sont pas vraiment expliquées).

Malheureusement, ce film ne fait que 1h40 ! Là où l'intrigue exigerait, je pense, plus de temps. J'ai trouvé que tout allait trop vite. Il y a trop de "déclics" qui se font en un claquement de doigts, et qui du coup, eux, ne sont pas crédibles.
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Sonia se "déradicalise" uniquement à cause d'une discussion de deux minutes, avec une femme qu'elle méprise, sous prétexte qu'elle lui a parlé de sa mère ? Et Mélanie se radicalise à cause de deux vidéos complotistes sur YouTube ?! Sérieusement ??!!


Et cette impression de précipitation me semble encore aggravée par le choix qu'à fait la réalisatrice de traiter en 1h40 non pas une, non pas deux, mais bien trois intrigues. La fille qui se radicalise ; la fille qui se déradicalise ; les parents d'un enfant radicalisé. Des intrigues qui sont totalement imbriquées les une dans les autres, et qui rendent l'ensemble un peu brouillon. On a l'impression désagréable qu'on ne tire pas le plein potentiel de chaque intrigue, de chaque personnage. Qu'on aurait pu nous en dire beaucoup plus. Par exemple, la première tentative de djihad de Sonia. Ou le personnage joué par Clotilde Courau, on n'a rien de mieux à nous offrir que dix scènes d'elle le regard dans le vide ?

Par ailleurs, j'ai trouvé la réalisation un peu moyenne. Je n'ai pas trop aimé la façon de filmer les choses. Je ne saurais pas spécialement dire pourquoi. Je n'ai pas vu de recherche artistique sur ce point en fait.

J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé l'interprétation de Noémie Merlant. Elle est juste crédible dans son rôle et dans son interprétation. Je la trouve particulièrement bonne actrice dans les scènes où elle joue des émotions fortes, par exemple dans ses colères. C'est le genre de scènes qui implique bien trop souvent un surjeu désagréable, même de la part de soi-disant grands acteurs (coucou Cluzet), qu'elle a parfaitement su éviter.

J'ai moins aimé Naomi Amarger, que j'ai trouvée un peu mièvre dans son interprétation. A moins que ce soit le personnage qui fait ça ? Pas très convaincue non plus par Dounia Bouzar, dans son propre rôle. Ce n'est pas une actrice quoi, et ça se sent. Je trouve que son texte faisait trop "récité", sans grand naturel. Puis surtout, le fait même de mettre en scène cette personne controversée, dans un film comme celui-ci, m'étonne un peu.
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Divines
Divines réalisé par Houda Benyamina
date : 11-10-2017
Pas totalement séduite par ce film, dans la mesure où je trouve qu'il manque d'originalité. Je trouve que le genre du "film de banlieue" ne se renouvelle pas assez. Depuis La Haine, j'ai l'impression de revoir systématiquement le même schéma d'intrigue et donc le même film. On joue toujours sur les mêmes facilités d'écriture, on revoit toujours plus ou moins les mêmes personnages, les mêmes situations, les mêmes dialogues, les mêmes scènes un peu cliché, et les mêmes messages martelés sans grande finesse ("ici il n'y a pas de travail" par exemple).

Tout ça a tendance à me lasser, parce que je pense qu'il y a véritablement moyen de proposer autre chose sur ce thème et donc de mieux faire. Si on prend en exemple le cinéma social anglais de Ken Loach : sur le même sujet des classes défavorisées, aucun de ses films ne se ressemble ; il arrive systématiquement à faire partir les choses dans des directions différentes. Dans un de ses films, il va nous parler de football, dans un autre de whisky, dans un autre d'immigration, dans le suivant de la recherche d'emploi. Et ces thèmes sont suffisamment bien traités pour être véritablement au cœur du film. Le milieu social des personnages devient secondaire, un simple décor d'arrière plan ; et du coup, même si le message final est toujours le même, on n'a pas cette impression de répétition.

Dans "Divines" on sent qu'on a recherché une construction similaire, en intégrant notamment le thème de l'amitié, ainsi que celui de la danse, et le jeu d'attirance que ça va impliquer. Alors ça, c'est vraiment une super idée. Parce que c'est original et très poétique. Mais je trouve que la danse n'est pas suffisamment au cœur du film pour nous faire oublier le reste. Ce n'est traité finalement que par petites touches, dans des scènes certes magnifiques et extrêmement marquantes, mais trop rares. Malgré leur perfection, elles ne m'ont pas permis d'oublier le reste, auquel j'ai eu du mal à m'accrocher.

Autre point de scénario qui m'a beaucoup plus, c'est cette impression de "rôles inversés". Je ne sais pas comment l'expliquer, mais par exemple le personnage de Rebecca : sur le papier, on a TOUS les marqueurs du personnage masculin. Dans 99% des autres films, ce personnage aurait été un homme. Pourtant, on a choisi d'en faire une femme. Et ça reste hyper crédible. De la même façon, le danseur est un homme. Alors que le cliché consisterait à dire que c'est un truc de fille.
Au-delà de l'anecdote, je trouve que ça change véritablement tout le film. Si Rebecca était un homme, sa relation avec les deux filles, Dounia et Maimouna, aurait forcément été différente. On n'aurait pas eu cette complicité, elles ne se seraient probablement pas parlées d'égal à égal, on aurait forcément eu un jeu de séduction plus ou moins consenti, etc...
Les personnages forts, ce sont véritablement les femmes dans ce film. Les hommes ne sont pas relayés au second plan, mais sont dans une situation d'infériorité dans laquelle il est plutôt rare de les voir, au cinéma comme ailleurs. C'est eux les objets de désir pour une fois.

Je trouve du coup d'autant plus décevant que certaines scènes soient tellement faciles et déjà vues, justement parce qu'on sent qu'on a de vrais scénaristes derrière le film. Des scénaristes qui ont du talent et des bonnes idées, et qui auraient pu et dû proposer autre chose.

Par contre, j'ai beaucoup aimé la réalisation. On n'a pas déployé d'énormes moyens hollywoodiens, mais bien au contraire on a gardé un aspect très "brut" qui colle parfaitement au thème. Et le résultat est super bien fait, parce qu'il est propre. On a pas cette caméra à l'épaule qui gigote trop et donne le mal de mer, par exemple. On a une réalisation au contraire précise, qui met bien en valeur les comédiens, leurs jeux, les danses, l'histoire. Je reviens dessus, mais les scènes de danse sont top ; et c'est une façon très originale et étrangement pudique de faire monter la tension entre Dounia et Djigui.

Très bon casting également. Oulaya Amamra, je n'ai même pas de mot pour la décrire. Elle est juste lumineuse. C'est un peu dommage que Déborah Lukumuena ait un rôle moins important dans le film, parce qu'elle est au moins tout aussi prometteuse. Leur duo fonctionne super bien, on sent que l'alchimie a eu lieu entre les deux actrices, on a vraiment l'impression de voir deux copines, pour de vrai. Jisca Kalvanda est très crédible dans son rôle de femme forte. L'acteur qui joue Djigui est peut-être un peu trop stoïque par contre. En dehors des scènes de danse, j'ai trouvé qu'il ne transmettait pas beaucoup d'émotions aux spectateurs.
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Frantz
Frantz réalisé par François Ozon
date : 11-10-2017
Le scénario du film est très décevant, car vraiment trop prévisible. Je crois que j'avais compris ce qui allait se passer dès les 2-3 premières scènes.
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Je me suis même torturée l'esprit en me disant que ce n'est pas possible que ce soit aussi simple ! Je me suis dis qu'on allait nous sortir un retournement de situation. J'ai même fini par croire que Franz et Andrien auraient pu être amants (d'autant plus que ce réalisateur aurait parfaitement pu traiter ce genre d'intrigue). Mais non. Je suis allée chercher trop loin, l'enjeu du film repose bien sur un élément peu original et totalement évident.


Néanmoins, malgré ce gros défaut, j'ai quand même adoré le film, car tout le reste est parfait. Si le scénario est attendu, on se prend quand même très largement au jeu de ces mensonges. Les intrigues secondaires sont plutôt très bien écrites (par exemple, la façon dont les personnages se retrouvent, ou la façon dont est montré l'impacte de la guerre sur l'ensemble de la société). Le rythme a juste ce qu'il faut de lenteur pour créer une ambiance un peu lourde et mélancolique, mais sans devenir ennuyant. Les personnages sont assez finement construits, avec des sentiments et des émotions complexes, qui transparaissent bien à l'écran. L'évolution des relations entre les personnages est crédible. On est ému à plus d'un moment.

La réalisation est d'une précision rare. Trop rare même, pour du cinéma français. Parfois l'usage du noir et blanc sonne prétentieux, mais ici c'est parfaitement utilisé. Ça crée un vrai contraste avec les quelques scènes en couleurs. Puis surtout, c'est d'une élégance folle. La photographie est juste sublime !

La direction d'acteur est topissime. Pierre Niney, qu'on savait déjà bon acteur, arrive néanmoins à nous étonner. Dans Yves Saint Laurent il était impressionnant car il imitait à la perfection quelqu'un. Mais je le trouve encore meilleur ici car il est plus "lui-même". Il est touchant comme jamais et transmet plein de choses aux spectateurs. Paula Beer est pour moi une découverte, et une très bonne découverte. Elle est elle aussi parfaitement juste dans son jeu ; touchante malgré sa sobriété dans l'interprétation.

Pour l'un comme pour l'autre, ces qualités sont vraies en langue française comme allemande. Je ne sais pas dans quelle mesure ils maitrisent l'autre langue, ou ont simplement appris leurs textes en phonétique, mais ils ont tous les deux un accent et un phrasé crédible. On a pas du tout l'impression qu'ils récitent bêtement quelque chose. Ça n'a véritablement aucun impacte sur leur façon de jouer, qui est toujours aussi naturelle, ce qui est plutôt très rare.

Et d'ailleurs, j'ai adoré ce parti pris de faire un film bilingue. C'est à mon sens ce qui manque à tous les films historiques américains, qui perdent ainsi en crédibilité (franchement, allez regarder The Reader en VO, avec les acteurs qui parlent anglais avec un accent allemand, c'est parfaitement ridicule). Rien qu'à cause de cet élément, on est instantanément plongé dans l'ambiance, dans un pays, dans une époque.
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Les Chemins de la liberté
date : 02-08-2017
Je n'ai pas lu le livre dont est tiré le film, mais je suis quasiment certaine que j'aurais préféré mon expérience de lectrice à mon expérience de spectatrice. C'est assez évident qu'à l'écrit, on peut atteindre un niveau de détail et de justesse plus élevé dans la description d'un voyage tel que celui-ci. Notamment dans la description de ses difficultés, de ses souffrances et des sensations des personnages (le froid, le chaud, la crasse, le manque d'intimité,...). Mais bon, ça je m'y attendais dès le départ, donc je passe outre.

D'autant plus qu'un film a aussi ses avantages sur le livre : l'image. Et sur ce point on est servi, on enchaine les magnifiques paysages. Ça donne même un petit côté contemplatif, accentué par le rythme assez lent et le coté très linéaire du film ("Et après cette forêt nous traverserons une plaine, et après la plaine, nous traverserons un lac, et après le lac, nous traverserons une autre forêt, et après cette autre forêt, nous traverserons un désert,..."). Bon c'est sûr que c'est le genre de construction un peu spéciale, qui n'est pas faite pour plaire à tout le monde, mais ça m'a plutôt plu ici.

J'ai eu franchement beaucoup plus de mal avec le coté froid de ce film. Je trouve que le réalisateur a mis trop de distance entre le spectateur et les personnages. Sans déconner, à la fin du film j'étais toujours incapable de dire quels étaient leurs prénoms ! Quand à leurs caractères, c'est vraiment simple et limité : le gars gentil, le gars intelligent, le gars marrant, le gars violent, le dessinateur, la fille (oui, être de sexe féminin est un trait de caractère dans ce film), le catholique. Mouais. On a vu mieux.

C'est d'autant plus gênant et frustrant, qu'il y a du très beau monde au casting ! Colin Farrell que j'adore, Ed Harris qui est un monument, la très prometteuse Saoirse Ronan,... C'est quand même des acteurs aux épaules solides, qu'on aurait pu un peu plus pousser dans leurs retranchements. Le réalisateur avait largement de quoi créer des grands moments d'interprétation et d'émotion, et il ne l'a malheureusement pas fait. Il n'y a pas des scènes qui marquent et qui restent réellement en mémoire une fois le film fini. Ça reste globalement très plat. Mais on échappe au moins aux bon sentiments et niaiseries, souvent légion dans les films américains de ce genre.

Après, malgré ces défauts, j'ai quand même trouvé que c'était un beau film dans l'ensemble. Dans les images, dans l'histoire, dans le message véhicule, il y a vraiment quelque chose qui m'a séduite et qui fait que je garderais un bon souvenir de cette expérience. C'est certes pas le meilleur film que j'ai vu dans ma vie, mais ça reste un bon film, je pense.
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Un moment d'égarement
date : 27-07-2017
Le thème me faisait penser au film "amitiés sincères" avec Gérard Lanvin et Jean-Hugues Anglade, qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Eh bah, je ne sais pas si c'est le thème qui ne me convient pas, mais j'ai trouvé "un moment d'égarement" encore pire. "Amitiés sincères" avait au moins le mérite d'être juste et pas caricatural, je ne peux vraiment pas en dire autant de ce film !

Enfin, je n'ai pas passé un mauvais moment. Il ne faut pas exagérer. Je dirais même que j'ai passé un moment agréable, car le film est distrayant. Mais ce n'est pas pour autant qu'il m'a séduite. Très loin de là.

Je trouve qu'il y a un gros problème au niveau de l'ambiance. En général, les comédies dramatiques "ratées" sont celles où un genre prend le pas sur l'autre. Alors ça donne éventuellement une bonne comédie ou un bon drame, mais pas une bonne comédie dramatique. Mais là même pas ! Ni un genre ni l'autre ne fonctionne, et ça donne donc juste un entre-deux bâtardé désagréable.

Comme d'autres, j'ai un énorme doute sur l'aspect comique. Je n'ai définitivement pas trouvé le film drôle. Mais je l'ai quand même trouvé bon enfant à de nombreux moments. Joyeux et pétillant quoi. On se sent bien quand on le regarde. Donc même si on se tord pas de rire, pourquoi pas.

Puis à d'autres moments, le film se voudrait plus dramatique. Le sujet se prête d'ailleurs au drame, peut-être même plus qu'à la comédie. Mais là encore, ça ne prend pas. Parce que rien ne m'a semblé assez développé. On survole des thèmes comme, bien entendu "mon meilleur pote couche avec ma fille", mais aussi le deuil, le divorce, l'éducation des enfants, le pardon,... Mais on survole seulement. Donc on est au mieux pas touché par ce qu'on voit, au pire dans l'incompréhension des réactions des personnages, à la fin notamment. Il n'y a finalement que le personnage de Marie qui m'a touché, parce que c'est le seul dans lequel on arrive à se projeter, à s'imaginer à sa place.

Mais plus que ça, ce qui m'a vraiment gêné, c'est l'horrible manque de finesse de ce film. Tout est dans la surenchère, dans la caricature, c'est plus d'une fois très lourd.

Jouer sur des stéréotypes peu inspirés des "ados d'aujourd'hui" peut à la limite prêter à sourire si on se prend au jeu. Mais Louna avait elle vraiment besoin d'être aussi débile ? Nan mais sérieux, elle est juste ridicule avec ses "mais je t'aiiiiime". Cluzet avait il vraiment besoin d'être aussi INSUPPORTABLE ? Il joue son éternel rôle de gueulard colérique qui en fait 10 tonnes. C'est un bon acteur pourtant, mais ce genre de rôle me gonfle systématiquement.
Cassel, je ne sais pas trop comment dire, mais j'ai l'impression qu'il joue un peu toujours de la même façon. Quelque soit le rôle, ça finit toujours sur des envolés lyriques avec un débit de paroles très rapide. Alors, bon, okay on ne se refait pas, mais ça participe à cet impression de surenchère. L'un comme l'autre, on dirait qu'ils s'imitent eux même. Mais Cassel est au moins juste, et touchant dans les scènes où il doit l'être, donc ça va quand même.

J'ai plus de la sympathie pour les deux filles. J'aime bien Alice Isaaz, je l'avais déjà vu dans 2 ou 3 autres films, je la trouve assez prometteuse. Ça confirme. Je ne connaissais par contre pas Lola Le Lann, et autant j'ai trouvé son personnage très mal écrit, autant j'ai trouvé qu'elle lui donnait bien vie. Je n'ai rien à lui reprocher. Elle en fait pas des caisses, mais elle dégage ce charme un peu candide mais pas trop que devait avoir le personnage. Elle a vraiment compris ce qu'on attendait d'elle. Dommage que LA ENCORE, la réalisation rajoute des effets pas très fins et absolument pas nécessaire. Genre des gros plans sur ses fesses, ses seins, la scène où elle est complètement nue, et pas 2 secondes et de loin, hein, on peut l'admirer sous toutes les coutures (c'est drôle, c'est jamais les hommes qu'on voit entièrement nus dans ce genre de film, c'est toujours les femmes !), etc... On montre les sentiments naissants des deux personnages d'une façon absolument pas subtile. Enfin non, c'est même pas ça. On montre pas de sentiment, juste une attirance physique, c'est bien là le problème.

Ah et aussi, ça n'a rien à voir, mais il fallait que je le dise : la Corse, c'est magnifique. Les paysages de oouuuf quoi.
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