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Commentaire ajouté par Cellophane 2020-11-10T08:27:33+01:00
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Bon…

L’histoire en elle-même n’est pas mauvaise, quiproquo, usurpation de nom… Un petit embrouillamini qui rappelle les tragédies grecques ou de Shakespeare.

Sauf que je n’ai pas marché.

Je veux bien qu’il y ait des histoires annexes mais je n’ai pas compris pourquoi s’attacher autant à Driss, sa mère muette, etc. Ça prend pas mal de place dans l’histoire, tout ça pour faire rencontrer une autre personne que notre héros aurait pu croiser autrement.

Parce que la véritable histoire est là, dans ce trio.

Du coup, l’autre femme qu’il rencontre, qui vit dans le même hôtel, qui un coup supplie d’être invitée au resto, un coup semble pétée de thunes on ne sait pas pourquoi, je n’ai pas non plus compris l’intérêt de cette histoire parallèle.

Ça disperse l’ensemble et la trame principale perd de son intérêt – ou n’en avait pas assez pour exister seule, mais dans tous les cas, ça m’a peu intéressé.

Autre truc : la voix off est très littéraire. J’ai eu l’impression qu’on me lisait un livre (ce qui devait être le cas à certains moments) et je n’ai pas compris l’intérêt. Dans ce cas, autant que je lise le livre ou qu’on me le lise vraiment… D’autant que c’est très redondant : la voix off dit qu’il marche et lève la tête et l’image montre le héros en train de marcher et lever la tête…

Tout ce qui me restera de ce film, c’est qu’il aurait pu être intéressant à mon goût s’il avait été fait autrement…

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Commentaire ajouté par pwachevski 2024-05-18T18:54:44+02:00
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Le hasard a fait que j'ai vu deux films avec l'acteur allemand Franz Rogowski tout récemment (Happy end, Une valse dans les allées). Entre la cicatrice qui lui barre le visage, son léger zozotement qui rendrait presque charmante la langue de Goethe et sa façon de bouger (il est danseur à la base), il m'a plutôt fait la très bonne impression de l'acteur lumineux qui vous marque même dans un rôle secondaire. En plus, il sera prochainement à l'affiche d'un film qui me tente bien (Bird d'Andrea Arnold). Moralité : je veux en savoir plus, ne serait-ce que pour pouvoir crâner "bien sûr que je le connais" quand ça sera devenu une star internationale.

C'est comme ça que je suis arrivée sur ce film et sans me forcer, je précise, car il y a quand même plus d'un signal au vert. Sélectionné à la Berlinade 2018. Paula Beer, autre actrice allemande prometteuse au casting. Sur le papier, le synopsis pouvait complètement me tenter avec sa thématique de la France sous l'Occupation, de fuite, de réfugiés.

Et pschitt total à l'arrivée ! Je n'ai vraiment pas compris comment avec des cartes aussi intéressantes en main, on peut aboutir à un film aussi longuet, froid et pas crédible. Comment on peut aussi peu faire sentir l'urgence de la situation qui pousse les personnages à la fuite, ou l'angoisse que doit présenter cette situation d'oppression, la crainte de rafles, etc. Comment avec des acteurs pourtant doués, on peut créer un couple maudit aussi peu touchant. Je n'ai juste rien ressenti devant ce film, si ce n'est éventuellement de l'ennui ou de l'exaspération devant la si peu inspirée voix off.

Autre source de déception, mais aussi d'incompréhension, le synopsis présent sur ce site dit que l'histoire se passe "de nos jours". Sauf que moi j'ai vu le film sur arte.tv, qui dans son synopsis disait "En 1940, alors que les troupes nazies....". C'est par ailleurs l'adaptation d'un roman d'Anna Seghers qui se déroulait bien en 1940. Donc moi j'ai regardé le film dans cette optique. Sauf qu'en effet, comme on est au niveau zéro de la reconstitution, je reconnais que le spectateur peut s'y perdre. Mais que même les distributeurs du film écrivant les synopsis ne savent pas ce qu'il en est, c'est quand même assez inédit pour moi !

Tout ça pour dire que ce n'est vraiment pas possible tous les faux raccords dans ce film. Dès la toute première scène, dans un bistrot parisien, on voit à l'arrière-plan une magnifique borne tactile PMU. Ça donne le ton pour le reste : voitures contemporaines, enseigne lumineuse, numéros de téléphone à 10 chiffres, tags sur les murs, policiers qui ont des uniformes actuels. Sommet de l'absurdité (si ce n'est du mauvais goût) quand on verra une publicité... pour un spectacle d'Elie Semoun. Comment le réalisateur n'a pas pu se dire à un moment qu'un monsieur qui s'appelle "Elie Semoun" n'aurait pas fait beaucoup de spectacles, ni en 1940 sous l'occupation nazie, ni aujourd'hui sous un hypothétique régime fasciste ?!! (C'est à 18:20, j'ai noté le moment parce que c'est tellement gros que je me suis dit qu'on n'allait pas me croire). Mais dans le même temps, les personnages n'ont pas de portables, tapent à la machine à écrire, vont en Amérique par bateau... Enfin voilà quoi, à ce niveau-là ce n'est pas de l'anecdote, c'est vraiment un défaut qui nous empêche de plonger dans l'ambiance, et ce, qu'on se place dans l'optique 1940 ou dans l'optique actuelle.

Le film avançant, on fini par lâcher l'affaire et à ne plus relever la présence également de personnages Nord-africains ou porteurs de handicap, qui devaient pas être spécialement bien traités non plus, ni en 1940, ni dans un régime fasciste. Je comprends l'intention, l'idée d'intégrer des thématiques se voulant plus actuelles, ça auraient totalement pu enrichir le thème de la migration, comme un va-et-vient des deux côtés de la Méditerranée (bon, par contre on n'explique pas comment un pays peut à la fois faire fuir et attirer, mais on est plus à une absurdité près). La critique des passeurs exploitant la détresse humaine, ou de la froideur de l'administration, en pleine crise migratoire en Europe, c'est une parole qui aurait pu avoir du poids. Mais je crois qu'avant d'être ambitieux ou original, on ferait mieux de commencer par traiter convenablement sa thématique de départ et, surtout, de savoir où on va... Choses que le film n'a pas.

Bref, soit je n'ai vraiment pas compris les intentions du film (je n'ai pas l'impression), soit je les ai comprises mais je les ai trouvées absolument pas pertinentes (je crois plutôt que c'est ça). Dans les deux cas, bilan fort décevant.

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