Les commentaires appréciés par Daniela
On pourrait croire qu'on a tout fait, tout vu, en matière de nazisme au cinéma, mais il y a des œuvres comme celle-ci qui nous montrent qu'on peut encore nous surprendre. Rien que pour ça, le film mérite qu'on s'y intéresse. On nous donne à voir comme rarement la froideur et le cynisme du régime, à travers l'exemple du directeur du camp d'Auschwitz et toute sa petite famille, vivant comme des princes à deux pas de l'horreur.
Attention tout de même, le film n'est clairement pas programmé pour plaire. Si Jonathan Glazer propose un film moins expérimental que n'a pu l'être Under the Skin, il ne fait pas un film très accessible au grand public pour autant. Il a une maîtrise technique indéniable, mais il multiplie quand même les partis pris radicaux et clivants dans sa très sensorielle réalisation. Il annonce d'ailleurs la couleur dès le générique du début, fondu au noir, puis simple écran noir bruyant pendant bien 1 ou 2 minutes, avant que le film ne démarre réellement, sur une bucolique baignade dans la rivière, sous le chant des oiseaux.
Il raconte en réalité déjà tout le film, rien qu'avec cette introduction. Comment se cache la violence derrière le vernis de cette vie simple et paisible. Comment aussi il ne va jamais nous montrer l'intérieur du camp, absolument pas pour l'invisibiliser, mais au contraire pour le rendre encore plus terrifiant. On se retrouve ainsi glacé comme rarement à la vue d'un simple train passant dans le paysage, par exemple. Par ce qu'on sait parfaitement ce que signifie ce train, le réalisateur nous fait confiance, il sait qu'il n'a pas besoin de nous le dire.
Souvent le hors champ au cinéma est une chose d'assez détestable, car synonyme de "oh merde, on n'a pas de budget pour ça, bon bah on le met hors champ". C'est une contrainte, pas une chose qu'on choisit, un truc que l'on fait faute de mieux. Je crois que c'est la première fois de ma vie que je vois un hors champ si choisi, si pensé, si assumé. Je prends pour preuve le travail absolument remarquable sur le son. Si on ne voit jamais l'intérieur du camp, on l'entend par contre en permanence, ce qui le rend omniprésent. On ne peut en aucun cas oublier où on se trouve, et ça nous révulse donc d'autant plus que les personnages y arrivent, eux.
Le traitement des personnages est également très atypique, j'avoue avoir moi-même un peu de mal à adhérer sur ce point.
Je comprends totalement ce qu'on fait et pourquoi on le fait. On passe concrètement 2h à voir des Nazis vivant dans une démesure de confort se plaindre et être plaint de leur situation. Si vous ajoutez à ça un traitement classique des personnages, ça vous rendra à coup sûr ambigu, voire complaisant. On est obligé de proposer autre chose si on veut avoir un message qu'on ne peut déformer d'aucune manière.
On fait ainsi le choix de la distance, avec une réalisation sans aucun gros plan soulignant le jeu et l'émotion des acteurs ; beaucoup de plans fixes, très peu de mouvement. Les personnages sont quasiment en permanence sur-encadrés dans le plan, parfois plusieurs fois même, comme pour rajouter une distance supplémentaire. La construction des personnages est limitée au strict nécessaire. Les personnages ne connaissent pas d'évolution notable entre le début et la fin, même quand on aurait pu les faire évoluer Spoiler(cliquez pour révéler)(après le départ précipité de la grand-mère, notamment). On nous montre des choses banales, la vie quotidienne, la routine. Les dialogues sonnent souvent comme une énumération.
Bref, l'empathie ou même la simple projection est absolument impossible. Et oui, bien entendu que c'est normal. Mais cinématographiquement parlant, c'est en contradiction avec le principe même de cet art. Par conséquent le film semble un peu faire du surplace, tourne à vide. Comme s'il avait tout dit au bout de 20 minutes, et ne propose ensuite qu'une surenchère de ce qu'on avait déjà vu. Les changements d'affectation du personnage de Rudolf Höss amènent un peu de mouvement sur la fin du film, ne serait-ce qu'en nous faisant sortir de la maison, mais c'est un peu tardif, et uniquement pour mieux y revenir. La fin m'a semblé terriblement plate, s'arrêtant finalement à un point complètement quelconque du récit. Spoiler(cliquez pour révéler)Même si l'idée de montrer le camp d'Auschwitz aujourd'hui était plutôt très bonne. J'ai aimé qu'on le fasse sous l'angle inattendu du personnel du musée chargé d'entretenir et de faire perdurer ce lieu, à la fois devoir de mémoire et écho au personnel local qu'employait les Höss, qu'ils auraient peut-être été dans d'autres circonstances. Le fait de nous montrer les piles de chaussures etc... était une façon supplémentaire d'évoquer les victimes, de ne pas les oublier, sans jamais les montrer pourtant. Je disais plus haut que le générique de départ racontait tout le film, je pourrais dire la même chose de cette conclusion.
Afficher en entierJe reconnais que c'est un classique et un chez d'oeuvre de l'animation mais pendant tout ce film je n'ai pensez qu'une seule chose... achevez-moi! Les musique sont très belles et l'image est bien associé mais c'est long! Pas de dialogue juste des images avec un fond de musique classique. Interessant 15 minutes mais après faut passer à autre chose!
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Bon, ben pour moi, la zone d’intérêt manque cruellement d’intérêt.
J’ai lu ici et là que le réalisateur mettait en scène la banalité du mal… et moi, j’ai surtout focalisé sur la banalité.
Ok, ok, ok, le parti pris de ne pas montrer l’horreur, de simplement la suggérer pour montrer comment les gens vivent tranquille à côté, c’est intéressant… Mais la suggestion, depuis les dents de la mer, c’est pas une nouveauté…
Et puis, je ne sais pas, je me dis que pour quelqu'un de jeune, qui n’est pas forcément au courant de tout, si on prend le film au premier degré, ça ne marche pas. On compte beaucoup sur l’intelligence et la connaissance du spectateur qui peut le faire passer à côté.
Sans ignorer ce qui se passait dans les camps, j’ai trouvé pour ma part qu’on glissait assez dangereusement du mauvais côté ; à savoir, celui de la famille, à trouver que finalement, ce n’est pas si terrible vu qu’on est vit bien…
Au premier degré, donc, le film est assez banal et minimise l’horreur et je trouve dangereusement dommage de laisser au spectateur le soin de tout comprendre.
Ça m’a fait penser au film « L’île Rouge », qui ne m’avait déjà pas emballé et qui fonctionnait sur l’exact même principe, montrer la banalité du quotidien pendant le passage à l’indépendance de Madagascar. Dans ce film, je m’étais interrogé sur ce qui se passait à l’extérieur. L’avantage, c’est qu’ils en parlaient entre eux, les protagonistes du film, beaucoup. Je n’y connaissais rien en indépendance de Madagascar, je captais des bribes, ça m’a amené à me renseigner sur la suite.
Là, trop de non-dits font basculer le film dans une banalité trop importante pour moi, manquant d’éléments et, puisque le début m’a un poil endormi, j’ai été anesthésié sur la seconde moitié du film…
Belle envie mais pari loupé à mon goût.
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