Les commentaires appréciés par Sulijen
Difficile de faire une review sur un film qui parle d'un sujet sur lequel on relate.
Je n'ai pas particulièrement apprécié la façon dont le TSA était dépeint et "interprété" par l'actrice : exagéré, cliché et documentaire - mais en même temps, c'est le but du film, de montrer les particularités et de les faire comprendre aux allistes.
J'ai aussi été très irritée par le comportement de Fred et de la mère de Katia. Sa mère est dans le rejet et la victimisation, refuse d'écouter sa fille et de voir les évidences. Fred multiplie les abus verbaux et psychologiques - ne pas respecter son consentement (sorties de groupes etc.), manque d'empathie cruel quand elle essaye de partager son diagnostic, reproches validistes ("tu es myope de la vie, mais j'aime ça" m'a beaucoup marquée) sans parler bien-sûr de l'histoire du bébé (et il ne paye JAMAIS, car à la fin tout est bien qui finit bien entre lui et Katia, qui reste malheureusement passive).
Le fait est cependant que ce sont des réactions auxquelles les personnes autistes sont bien souvent confrontées, qui les infantilisent et leur donnent encore plus l'impression d'être seules, incomprises, "folles" (Katia le dit elle-même). Elles sont gaslightées, tout le monde croit mieux savoir qu'elles ce qu'elles sont et critique leur diagnostic, transformant ce qui est à la base un soulagement en un stigmate. En cela le film est donc utile et fidèle à la réalité.
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Toujours les mêmes conneries. Le scénario bidon français, la recette faite et refaite que l'on nous fait ingérer pour comprendre le message. La brute s'attaque à la truande avant de l'aider par obligation ce qui va ramollir son petit coeur tendre comme un genbon.
Malgré tout les dialogues peuvent être savoureux de temps en temps quand ils ne sont pas noyés par les petites notes mélancoliques de piano et de violon. Ecoutez, regardez comme c'est émouvant veulent-ils nous dire. Mais au contraire tout est noyé dans cette sauce kitsch et la seule sensation qui subsiste c'est la nausée.
A la limite si c'était juste un film distrayant avec de bons dialogues malgré un scénario convenu, quel mal à cela me direz vous ?
Mais malheureusement mal il y a. Tout d'abord cette sauce mêlée de kitsch (dans les discours ou la musique), d'humanisme individuel et d'idéalisme méprisant envers le réel et de complaisance.
Y a t'il de la complaisance à avoir pour un tel spécimen de raciste comme celui-là ? Peut-être. Va t'il se révéler sympathique à mesure que l'on apprend à connaître l'être, que dis-je l'ââââââme qui se cache derrière cette vile carapace ? Peut-être.
La réalité c'est que l'on s'en cogne. Pour ma part en tout cas, ( libre à tout ceux ( et dieu sait qu'il y a beaucoup de scénaristes français dans ce cas ) qui veulent s'improviser archéologues et creuser au milieu de la merde de dinosaure raciste) je ne reconnais pas cet individu. Son fond bon ou méchant n'est pas intéressant, ce qui est intéressant c'est ce qui tourne autour, l'environnement social, le racisme toléré voir partagé, le mépris de classe. Le climat social. Car en s'intéressant à la complicité qui peut naître entre deux individus de deux mondes différents cela peint un portrait irréaliste du paysage social.
Un paysage républicain où tout le monde est rassemblé, c'est l'idée. Mais c'est là que le mal est. En peignant une telle situation irréaliste, les réalisateurs créent un étron flottant à vau l'eau dans le ciel des idées, ça flotte, ça flotte, mais ils ne tirent pas la chasse... Alors ça pue, ils essaient de masquer cela à coups de désodorisants kitsch mais ça en devient insupportable.
L'art est (encore une fois à mon sens ) censé dévoiler la vérité. Lorsqu'il devient propagande il s'avilit.
Oui c'est de la propagande, les réalisateurs ne se mouillent pas, ils pondent nonchalamment leur merde et puis s'en vont.
En peignant un tableau comme celui-ci ils méprisent la réalité, la vérité ( que je ne prétends pas détenir, je ne vous ferez donc pas l'outrage de vous en servir une).
A défaut de vérité et de réalisme ils utilisent notre temps de cerveau disponible pour une propagande bourgeoise. En individualisant le "méchant" ils nous donnent en apparence un message humaniste plein d'empathie avec ce pauvre homme bien seul dans la rue la nuit. Mais ils font passer aux oubliettes l'oppression économique et sociale qu'il y a d'un monde à l'autre.
L'humanisme est mis au service de l'individu et enlevé au tout.
On en vient presque à croire que le raciste est devenu la victime lorsque Neïla vient à son secours. Ignoble inversion des rôles.
Pire la connaissance permettant à Neïla de monter lui sert ensuite à elle pour rabaisser le monde duquel elle vient dans la scène finale.
La morale de l'histoire : la république ( la même qui maintient ces conditions par l'oppression) offre des chances de sortir du monde simple et stupide d'ou vous venez, couverts de haillons, miséreux, crasseux, bouseux. A la place vous serez bons , héroïques au secours des pauvres, autoritaire.
Vous serez rentré dans l'ordre.
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