Philip Barantini
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J'ai beaucoup aimé ce long plan séquence, qui nous plonge dans la frénésie du restaurant, mais l'histoire aurait mérité d'être plus étoffée
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Andy Jones est chef cuistot et ce soir, son restaurant vient de passer d'une note de 5 à 3. En plus de ça, ils attendent une grosse soirée, overbooké. Le début d'une soirée où tout pourrait basculer...
Tentative de film en plan séquence au coeur d'une restaurant étoilé en plein rush, The Chef nous plonge en plein coeur de son activité avec une réussite assez bluffante. On y suit Andy, certes, mais aussi toutes son équipe, fasse aux imprévues, aux erreurs, aux clients insupportables, aux disputes au sein de l'équipe, au critique présent là de maniére imprévue, aux coups de fil de la famille. Bref, loin de se cantonner à un docu fiction, le film va nous mettre dans le jus, intensément, dans le but de nous prendre le dernier tier dans la gueule, et d'en sortir un peu sonné. Forcément une réussite !
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Cette mini-série, en 4 épisodes à peine, autour d'un gamin tuant une camarade de classe, sait vraiment trouver les mots justes pour traiter d'un sujet pourtant pas évident du tout. Ça aurait vite pu devenir excessif, sordide et/ou caricatural. Mais c'est au contraire hyper bien amené, instructif, interpellant et bouleversant. On a su donner vie à des personnages complexes, avec des nuances parfois assez audacieuses Spoiler(cliquez pour révéler)(par exemple, la victime était loin d'être parfaite, elle le harcelait, elle s'est moquée de lui, mais ça n'en fait pas moins une victime). Aussi, je crois que rarement une œuvre de fiction n'aura aussi bien réussi à faire un instantané d'une génération : des jeunes socialement sacrifiés, aux parents totalement déconnectés, qui se construisent seuls avec internet. C'est un portrait sans compromis, qui n'évite pas les sujets qui fâches (pour les jeunes comme pour les adultes) mais sans porter pour autant de jugement de valeur ou faire de généralités. On nous montre les choses d'une façon assez neutre, à nous de les interpréter.
On a en plus réussi à avoir un super casting. On sait que quand on fait jouer des enfants/ados, c'est parfois compliqué. Mais là, tout le monde semble à sa place. Et pour les adultes, même sans faire appel à des grosses stars, on arrive a avoir une intensité globalement remarquable. J'ai notamment adoré Erin Doherty, qui joue la psy dans l'épisode 3, qui est d'une justesse rare, pleine de nuances qui la rendent hyper réaliste, mais aussi très touchante, toutes les fois où elle nous donne à voir la femme derrière la professionnelle.
J'ai pu au départ douter de la réalisation entièrement en plans séquences. J'aime beaucoup les plans séquences au cinéma, mais encore faut il que ça apporte quelque chose. Et là, sur une mini-série, je n'ai d'abord pas compris, ça me semblait too much. Mais plus on avance, plus j'ai compris que l'enjeu n'était pas tant de faire une œuvre visuellement "arty", mais surtout d'imposer un curieux rapport au temps qui passe. C'est souvent assez flou dans une série ou un film : quand on voit une enquête policière, on sait pas si elle dure 2 jours ou 3 semaines. Mais ici, on voit l'histoire en temps réel. C'est quand même fou de voir, en 1h seulement, la vie d'une famille entièrement basculer (épisode 1). De voir une enquête de police faire un bon énorme (épisode 2). De voir le destin judiciaire d'un suspect se sceller Spoiler(cliquez pour révéler)et une professionnelle profondément ébranlée par ce qu'elle vient de vivre(épisode 3). De voir des gens passer par autant d'émotions différentes, complexes et contradictoires (épisode 4). Ça rend le message d'autant plus percutant, car on perçoit parfaitement le bulldozer qui passe, et plus rien ne sera jamais comme avant.
Maintenant, est-ce que cette mini-série ne serait elle pas un peu trop mini, justement ? Il est clair qu'on aurait pu, sur ce même modèle, montrer beaucoup d'autres choses : la famille de la victime, la vie en prison, le harcèlement de la sœur, la mère qu'on voit finalement peu, un procès (la mise en scène s'y serait tellement prêtée !), que sont ils devenus 10 ans après,... Les possibilités sont sans fin, et c'est bien pour ça que j'ai, pour ma part, trouvé courageux et pertinent de condenser à l'extrême. Bien sûr qu'il y avait d'autres choses intéressantes à dire. Mais objectivement, on n'a pas eu besoin de plus pour comprendre les faits, le sujet et les enjeux. Si on veut conserver cet effet d’uppercut, de vies qui chavirent d'un instant à l'autre, il faut faire court, je pense.
J'ai également beaucoup aimé la fin, plutôt ouverte, où chacun y verra ce qu'il veut. Pour ma part, j'y ai vu de l'espoir, et ce n'était pas une mince affaire avec tout ce qu'on vient de nous montrer. Spoiler(cliquez pour révéler)Le sens de la série, pour moi, c'est de montrer un gamin qui affirme non pas qu'il est innocent, mais qu'il "n'a rien fait de mal". Il l'affirme avec tellement de force que son père le croit totalement innocent, il ne doute jamais dans l'épisode 1, jusqu'à ce qu'il voie la vidéo. Un gamin qui continue d'affirmer qu'il n'a rien fait de mal ensuite, malgré l'évidence de cette vidéo. A tel point, par exemple, qu'il fait peur à la psy ou que sa mère semble par moments douter de sa culpabilité. Et ce même gamin, dans le dernier épisode, annonce à ses parents qu'il va finalement plaider coupable. Sous-tendu que jusqu'alors, ce n'était pas une posture de défense, il était tellement convaincu qu'il n'avait rien fait de mal, qu'il comptait plaider non-coupable. D'une façon ou d'une autre, il a réfléchi à son geste, ses croyances, et il y a eu un revirement dans sa réflexion. Donc tout n'est pas foutu pour cette génération, comme lui, elle peut comme lui avoir un sursaut. Par contre pour les parents, c'est le couperet ferme et définitif : arrêtez de rêver, je suis bien coupable. Donc, pour eux, c'est horrible de l'entendre dire ça, et le décalage avec le soulagement qu'on ressent, nous spectateur, m'a vraiment semblé saisissant.
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Il s’agit d’une minisérie britannique disponible sur la plateforme payante, Netflix. Je l’ai vue le weekend dernier avec mon chéri et j’avais besoin d’en parler. C’est une série qui m’a bouleversée pour diverses raisons.
Composée de 4 épisodes de presque une heure, on y découvre la brutale arrestation d’un gamin de 13 ans, accusé du meurtre d’une de ses camarades de collège. Chaque épisode est centré sur un personnage en particulier. Le premier avec Jamie, le gosse arrêté qui fait beaucoup de peine, car comme son père, on a envie de croire à son innocence. Après tout, il n’a que 13 ans, c’est encore un enfant. Le deuxième se concentre sur le flic chargé de comprendre ce qui s’est passé. Avec sa collègue, il va enquêter dans le collège de Jamie. L’homme se retrouve alors confronté aux différences de génération, et c’est son propre fils (qui est dans la même école que Jamis) qui lui explique vraiment ce qu’il se passe.
Où quand l’adulte se retrouve largué face à une jeunesse de plus en plus violente et sans limites. C’est dur, mais c’est criant de vérité.
Le troisième épisode se focalise sur la psy chargée d’évaluer Jamie. Et là, c’est sans doute l’épisode le plus malaisant de cette minisérie, car on y découvre un gamin différent (effrayant), plus sûr de lui et en même temps, on sent qu’il est paumé. Il fait peur, carrément. J’ai trouvé le jeu de l’actrice (qui fait la psy) très bien dosé. La vérité de l’impensable se dévoile sous nos yeux et les siens, de ce que Jamie est vraiment capable, de ce qu’il a fait ; de ce qu’il est coupable. Les réseaux sociaux, le masculinisme qui y est véhiculé sur certains comptes en ligne… tout ça a détraqué Jamie pour en faire un produit corrompu. C’est tellement énorme que même lui dissocie ses actes de ses pensées.
Mais ce n’est pas à cause de tout ça que j’ai eu envie d’écrire ce billet. C’est le dernier épisode centré sur la famille de Jamie et les répercussions que ça a sur leur vie. C’est ce qui m’a le plus bouleversé. Comment vivre avec un enfant meurtrier ? Les questions se posent, la culpabilité enfle, on essaie d’oublier, mais des éléments perturbateurs viennent gâcher le jeu de l’autruche et ça les renvoie directement à leur inextricable situation. Le père craque, la fille essaie de tenir et la mère tente de garder les siens hors de l’eau, sans vraiment de succès. On n’est plus jamais pareil après un tel drame.
Et puis, à travers cet épisode, on sent aussi que Jamie ne considère plus sa mère comme une référente, une personne sur qui compter. À travers ses non-dits, on devine qu’il ne la respecte pas comme il respecte son père (et ça renvoie au mouvement des masculinistes encore une fois).
Mais ce que moi j’ai ressenti devant le visionnage de cet épisode, c’est le chagrin de voir une famille détruite. Leur fils n’est pas mort, mais c’est tout comme. L’enfant qu’ils ont vu grandir, qu’ils ont voulu protéger est mort pour laisser place à un inconnu qu’ils ne reconnaissent pas. Leur petit garçon est mort et ils n’ont rien pu faire pour le protéger du mal. Ce mal qui s’est infiltré directement dans leur sanctuaire, dans leur maison par le biais d’un ordinateur. Et la fin, voir le père anéanti pleurant ce qu’il a perdu sur le lit de son fils en serrant son doudou… ça m’a achevé. C’est ce qui m’a donné de besoin d’écrire ces lignes. Finalement dans cette histoire, l’acte innommable de Jamie a détruit deux familles et tué deux enfants.
Alors, ce n’est pas vraiment un avis construit juste mon ressenti avec mon propre vécu. Je n’ai pas enduré ce qu’ils traversent (heureusement, j’ai envie de dire), mais la finalité est la même. Ils ont perdu un enfant.
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