Les commentaires appréciés par Heaven
Ce film est sans trop de doute un bon film. Il mériterait sûrement un meilleur classement que celui que je lui offre. Mais j'avoue que ce n'est pas vraiment le genre de film qui personnellement me parle (que ce soit au niveau du scénario ou de la réalisation) ; du coup malgré ses qualités objectives, j'ai du mal à dire que j'ai aimé. Mais ça ne m'empêchera pas de le conseiller aux amateurs autour de moi.
Ça sera certainement le fil rouge de ce commentaire : la réalisation. Nulle doute que les frères Safdie débordent de style. La beauté de ces scènes de nuit et notamment de la photographie. Le côté très sombre et cette façon d'esthétiser la violence. Le soin apporté à la BO. Le fait de nous présenter une histoire qui semble être dû au hasard des errances, des gaffes et des coups du sort du personnage principal, mais qui est en fait hyper écrite et en rien improvisée. Ça nous fait franchement penser à Quentin Tarantino, à Nicolas Winding Refn, à Martin Scorsese ou encore à Sidney Lumet. Eh ouais, la classe. C'est vraiment un film propre, qu'on prend au sérieux dès les premières secondes, et qui garde sa crédibilité tout du long. Seulement voilà, moi ce genre de réalisation très nerveuse, avec beaucoup d'effets de style dans les plans et un montage épileptique, ça a un peu tendance à me perdre. Ce n'est clairement pas le style qui personnellement me parle le plus, je trouve qu'on perd parfois trop en lisibilité.
Exemple-type : la direction d'acteurs. Franchement, il faudrait faire preuve de mauvaise foi pour ne pas trouver Robert Pattinson excellent dans ce rôle (même si on l'aurait préféré un peu plus propre et avec un autre prénom que Connie, tu sais, le prénom de ta correspondante allemande de classe de 5ème). Mais la réalisation gâche la moitié de son boulot. Il n'y a pas une scène où la caméra se fige pendant 2 minutes et permet de prendre un moment pour apprécier son jeu (comme ça pouvait par exemple être le cas dans Drive avec Ryan Gosling, pour reprendre la comparaison que j'ai faite plus tôt).
Au lieu de ça, non, faut du rythme, faut que ça envoi, faut que les images s'enchaînent, faut pas que le spectateur réfléchisse ou pire s'ennuie. On a une réalisation de film indépendant, mais on met tout ça au service d'une espèce d'adaptation cinéma de GTA, et pas vraiment d'un film indépendant tel qu'on l'entend habituellement. C'est bizarre, je trouve.
Alors qu'il y a pourtant des merveilles dans le scénario. Le fait que la quasi totalité du film se déroule en une seule nuit, c'est l'une des meilleures choses du film. Ça crée une tension de dingue, ça nous scotch à notre siège et on ne demande qu'à en connaître la suite. Mais là encore, je peux pas m'empêcher de regretter que d'autres aspects du scénario ait été traités un peu par-dessus la jambe. La fin, qui est assez frustrante par exemple. Ou encore, je m'étais imaginée que la relation entre les deux frères aurait été bien plus mise en avant, et plus touchante (ça partait bien au départ, mais ensuite on l'oublie complètement). Là encore, c'est des éléments qui auraient mérité "qu'on se pose" pour les traiter. Qu'on fasse une pause dans la fuite en avant du personnage. Sauf que la construction très nerveuse du film ne le permet pas. Et donc j'en reviens toujours au même : on nous offre un très bon film, mais pas celui que j'espérais personnellement voir.
J'ai l'impression que mon commentaire est complètement décousu et surtout je n'ai pas la moindre idée de comment le finir, donc voilà.
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Un film qui fait froid dans le dos !
Difficile de faire plus d’actualité que ce film, inspiré d’une histoire vraie d’ailleurs, il met en avant le problème grandissant que devient le métier d’enseignant, toujours plus soumis à la violence, au harcèlement, parce que ça ne touche pas que les élèves, mais aussi ce métier, qui devient clairement un métier à risques, ce qui se confirme pleinement, lorsque l’on voit tous les évènements tragiques qui s’enchaînent. On assiste impuissant à la spirale infernale qui va se dérouler, une accusation grave, qu’il ne faut pourtant pas banaliser, parce que oui, ça existe, bien sûr que c’est une possibilité, certains professeurs ont déjà dérapé, mais lorsque tout cela est faux, lorsque ça devient un simple jeu pour des élèves qui ont envie de s’amuser, lorsque tout cela prend une ampleur bien trop réaliste, ça devient bien plus tragique. La rumeur va en s’emplifiant, vous êtes jugés constamment, vos actes, vos propos, il faut faire attention à tout, parce que tout peut se retourner contre vous, on se rend alors rapidement compte que les enseignants se voient presque censurés, parce qu’ils ne peuvent plus tout aborder, certains sujets deviennent tabous et lorsque les parents s’en mêlent, la situation devient ingérable, parce que maintenant, on se sent le droit de s’immiscer dans ce qui ne nous regarde en rien. Un harcèlement qui envahit tout, qui détruit, qui obsède, qui angoisse, parce qu’il y a tant en jeu, non seulement, un métier auquel on tient, parce que pour certains, c’est une véritable vocation, mais pire encore, c’est aussi une vie personnelle qui est en danger, qui se voit exposée à tous les regards, à tous les jugements et plus effrayant encore, ce sont les menaces de mort qui planent constamment sur vous. La réalisation de Teddy Lussi-Modeste est forte de son histoire personnelle, parce qu’il s’est inspiré de ce qu’il a lui-même vécu en tant que professeur, une vision extrêmement réaliste donc, au plus près de ce que l’on peut vivre dans cette situation et qui est évidemment d’une puissance infinie. Visuellement, on retrouve avec force ce point de vue personnel, extrêmement intimiste, tout est centré sur ce professeur, sur la manière dont il vit les évènements, cette descente en Enfer, il est toujours présent à l’image, tout se focalise sur lui et c’est à mon sens, ce qui en fait la force. En ce qui concerne le scénario, il est d’une justesse extraordinaire, parfaitement écrit, il montre avec un réalisme effroyable, la manière dont ce piège va se refermer peu à peu, nous serons au cœur de cette affaire, de ses méandres, des jugements des uns et des autres, qui vont alimenter le feu de ce harcèlement constant, destructeur. C’est la mise en avant de toute une époque, de cette société, la nôtre, qui s’enfonce toujours plus dans la violence, de ces gens, qui essaient d’aider, envers et contre tous, mais qui sont finalement montrés du doigt pour leurs initiatives, de cette jeunesse perdue, qu’il devient presque impossible d’aider, parce que le fossé qui se creuse devient insurmontable, qu’il est plus facile pour eux, de se tourner vers la violence ou l’agression, plutôt que d’accepter une main tendue. Quant au casting, c’est une merveille de réussite, François Civil y est simplement remarquable de talent, j’ai beaucoup aimé le rôle de Shaïn Boumedine et je dois saluer la performance extraordinaire de la jeune Toscane Duquesne.
En bref : Un film coup de poing, inspiré d’une histoire vraie, c’est le récit d’une société, de l’actualité qui fait notre quotidien depuis plusieurs mois, ou même années, de cette situation dans l’enseignement qui s’aggrave, de cette violence qui ne fait que s’amplifier, faisant de ces lieux de sécurité, de paix, des endroits où la haine, les agressions, le harcèlement, se font toujours plus présents, sans que personne ne puisse y faire quoique ce soit !
Avis complet sur le blog : https://vampiloufaitsoncinma.com/2024/04/25/pas-de-vagues/
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