Les commentaires de Spilbeurg
Le format LEGO vient de la lubie Pharrell Williams de vouloir que son portrait reflète son parcours artistique, construit "brique par brique". En plus, évidemment, d'avoir un affect avec la gamme de jouets. Mais mis à part cela, Piece by Piece n'a franchement rien d'autre à offrir. Contrairement à La Grande Aventure LEGO et à la franchise qui en a découlé, ce documentaire animé ne fait qu'offrir de jolies couleurs et quelques séquences amusantes. Jamais il n'utilise le fort potentiel des LEGOS, faisant réfléchir sur son parti pris qui parrait pour le coup bien inutile. Mais outre le fait que ce film se présente comme une immense publicité, il se révèle également être un véritable autel à la gloire de son artiste. Encore plus édulcoré que bon nombres de biopics, Piece by Piece revient sur la carrière de Pharrell Williams sans jamais creuser le personnage. Que ce soit ses qualités, ses défauts ou son histoire, le titre enchaîne les chansons et témoignages sans se soucier un seul instant de l'hypocrisie qu'il dégage. Piece by Piece ne nous dit pas grand-chose, si ce n'est que Williams est une personne talentueuse, qui a su révolutionner la musique et la carrière même de certains chanteurs (Snoop Dog ou encore Gwen Stefani)... Bref, un film inintéressant, qui ne fait que dire du chanteur qu'il est "tout beau, tout mignon".
Afficher en entierAprès plusieurs errances dans des productions DTV oubliables, John Travolta tente de faire un come back avec une réalisation de son cru. Pourquoi pas, j'ai envie de dire ! Encore faut-il que l'acteur-réalisateur sache ce qu'est un film. Et à voir Vol de nuit pour Los Angeles, il semblerait que la réponse soit négative, et ce au plus haut point ! Car en adaptant le livre pour enfants dont il est lui même l'auteur, Travolta se vantait d'avoir plusieurs ambitions. Comme de partager de son amour pour l'aviation, ou encore de mettre en scène l'émerveillement d'un jeune garçon face à sa passion. Mais ses nombreux partis pris transforment sa réalisation en quelque chose d'extrêment risible. Ne serait-ce que cette voix off envahissante de Travolta lui-même, qui ne fait que décrire ce qui se passe à chaque seconde - le film donne l'impression de n'être que l'audiodescription de son livre. Je n'ai clairement pas compris ce choix de devoir tout narrer alors que la force évocatrice d'un film passe par l'image. J'en viens presque à penser que l'acteur-réalisateur n'avait rien à raconter, tant l'intrigue enchaîne les séquences et rencontres inexistantes. Et le pire, c'est que cette voix-off vient saccager l'émerveillement recherché par son auteur, donnant une fadeur conséquente à l'écran. Nous aurions pu nous amuser de l'écrin très années 50 qu'offrent les décors, avec ses couleurs kitsch et cette bande-son jazzy. Mais rien ne prend dans cette naïve et vaine parenthèse, qui arrive toutefois à rendre 58 minutes de visionnage affreusement longues.
Afficher en entierDisponible sur Youtube, TRENTE est un documentaire mené par le vidéaste Sébastien Frit (dit SEB ou Séb la Frite) qui, à l'aube de ses trente ans, décide de dresser un autoportrait et de se permettre une réflexion sur sa propre vie. Dit. comme cela, je comprends que beaucoup de personnes aient vivement critiqué le projet. Et pour cause, nous pourrions y voir l'oeuvre d'un Youtubeur qui, par les moyens qui lui sont permis - la notoriété et les finances -, sent l'opportunisme égocentrique à plein nez. Pourtant, le documentaire a de quoi supprendre à bien des niveaux. Sans dire qu'il s'agisse d'un chef-d'oeuvre - loin de là -, TRENTE épate par sa maîtrise des images, proposant une photographie léchée et enjolivant les paysages de la Polynésie. Mais aussi par la sincérité de son auteur. Car, par son envie d'exprimer sa crise de la trentaine, il offre une vision et une sensibilité qui toucheront aussi bien ses fans que les personnes prêtes à quitter la vingtaine. Pour ma part, j'ai apprécié le contenu sans toutefois avoir été touché, pensant qu'il faut connaître un minimum le Youtubeur pour être captiver par sa vie et sa façon de penser. Il n'empêche que TRENTE n'est pas désagréable pour un sou. Et mérite que l'on y jette un coup d'oeil.
Afficher en entierCe qui m'avait marqué dans As Bestas, c'était de voir comment Rodrigo Sorogoyen parvenait à créer une tension palpable et viscérale rien qu'en filmant le quotidien. Que chaque plan, sur le papier normal et naturel, devienne une source de danger. Cette tension, nous la retrouvons dans l'Être Aimé. Certes, le genre du film change littéralement, le thriller laissant la place au drame relationnel. Il n'empêche que le cinéaste arrive à transformer chaque discussion, chaque séquence père-fille en quelque chose intense, pouvant exploser à tout moment. Ne serait-ce que la longue introduction au restaurant ou le tournage d'une scène qui dégénère. Il y a quelque chose de brut et de sensible dans L'Être Aimé, qui fonctionne et nous permet d'être absorbé par ses retrouvailles houleuses. Cela le film le doit à Javier Bardem, le comédien étant ici au sommet de son art et portant irrémédiablement le film sur ses épaules. Mais mis à part cela, l'ensemble ne m'a pas totalement convaincu, rien que sur certains partis pris. En effet, je vois en L'Être Aimé une autre variation de Valeur Sentimentale. Le genre de film qui raconte la même chose, avec quelques nuances - comme de voir la fille actrice accepter de tourner dans le film de son père -, mais avec une durée excessive pour ce genre de sujet (2h15). Surtout que le scénario ne fait que du ping pong entre les deux protagonistes. Il y a peut-être un jeu de (non) regard entre eux sublimement mis en scène, où le silence est souvent utilisé à bon escient. Mais qui se retrouve noyé dans des effets un poil pompeux (les passages en noir et blanc) et une écriture qui traîne bien trop souvent la patte. Qu'à cela ne tienne, L'Être Aimé reste une proposition avec quelques atouts en poche, en plus d'être une intéressante plongée dans les coulisses d'une production cinématographique.
Afficher en entierIl pouvait y avoir une proposition atypique et sympathique avec I Love Peru. Ou comment Raphaël Quenard, pour son premier long-métrage, joue de son image publique pour livrer une vision méta du cinéma et de la célébrité. En prenant le parti de s’attaquer au mockumentaire, autant dire que cela se montrait tout aussi ambitieux qu’audacieux. Et je dois dire que sur ses premières minutes, I Love Peru fait plutôt son petit effet. Nous plongeant dans le quotidien fictif de Quenard tout en puisant dans son vécu : les tournages de L’Amour Ouf et de Pourquoi tu souris ?, la participation de têtes connues du cinéma français dans leur propres rôles (Jean-Pascal Zadi, Marina Foïs, François Civil, Emmanuelle Devos), l’obtention de son César pour Chien de la Casse… Franchement, il y avait de quoi faire ! Mais une fois passé cette introduction, l’ensemble se noie dans un ego trip discutable qui ne mene nulle part. Dès que le personnage de Quenard décide d’aller au Pérou, le titre se perd dans la vulgarité de son héros et dans une philosophie aussi pompeuse qu’égocentrique. En clair, Raphaël Quenard et son co-réalisateur Hugo David nous embarquent dans un périple ne rimant qu’avec vanité. Pire, il faut supporter pendant près de 70 minutes la voix off de David, qui raconte les péripéties avec une monotonie ronflante. Il peine clairement à nous faire entrer dans le récit et à nous faire adhérer au délire nombriliste de son instigateur. Au final, I Love Peru ne réussit qu’une seule chose : à nous fatiguer du personnage que Raphaël Quenard s’est bâti au fil des années – qu’il soit réel ou médiatique. Et qu’il serait peut-être grand temps pour lui d’étendre son panel d’acteur à d’autres rôles et styles. De sortir de sa zone de confort et d’oser mettre le pied dans des registres différents. Car niveau acting, le talent, il l’a, c’est indéniable !
Afficher en entierMême si je me donne ce défi de rattraper des œuvres aussi intemporelles et intouchables qu’À bout de souffle, je continue de me faire plaisir avec ce que j’aime : le divertissement et la série B. Et je pense qu’avec Re-Animator, je ne pouvais rêver mieux – rien que le titre est évocateur ! Plusieurs fois j’ai aperçu la jaquette quand je passais mon adolescence à fouiller les rayons DVD, à la recherche d’un film que mes parents m’achèteraient. Mais jamais je n’avais franchi le cap du visionnage en ce qui concerne ce titre. Pour le coup, j’ai enfin osé l’expérience, et j’ai passé un moment aussi jouissif que devant Evil Dead. Oui, Re-Animator est une série B pure et dure ! Avec peu de moyens, l’ensemble tente d’user de trouvailles pour livrer une intrigue à dormir debout – un chercheur voulant utiliser un produit de sa création qui ressuscite les morts – mais qui s’assume comme telle. Stuart Gordon et son équipe sautent à pieds joints dans ce qu’ils font et s’en amusent. Entre les effets gores généreux, l’ambiance jouant à fond la carte de l’humour noir, la musique qui rappelle celle de Psychose, le délectable surjeu de Jeffrey Combs… tout dans ce film est fait pour divertir avec générosité, sans se prendre un seul instant au sérieux. Et même si l’ensemble souffre d’imperfections inhérents à ce genre de production, il y a de quoi y trouver son compte. Bref, j’ai aimé Re-animator, ce film qui parle de scientifique fou et qui donne l’impression d’avoir, justement, été réalisé par un scientifique fou. Même si, pour le coup, je regrette que l'ensemble mette de côté toute la complexité de Lovecraft, le film adaptant l'une des oeuvres de l'auteur, au profit d'un esprit mauvais garçon.
Afficher en entierAprès avoir vu Nouvelle Vague de Richard Linklater, j’ai pensé que si je profite de la bibliothèque du coin pour emprunter des DVD et rattraper certains films, ces derniers sont principalement américains – des films d’Alfred Hitchcock, Lawrence d’Arabie, Docteur Jivago… Les longs-métrages français s’avèrent plutôt rares dans ma sélection, et je n’ai que des titres de Jacques Demy à mon actif (Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort). C’est pour ça que, dès maintenant, je m’impose un chef-d’œuvre français dans chacune de mes vagues d’emprunts. Et comme je sors de Nouvelle Vague, mon choix s’est très, très vite porté sur À bout de souffle, de Jean-Luc Godard. Ce qui, au passage, me permet de faire mon entrée dans l’univers de ce cinéaste aussi bien adoré que critiqué. Et heureusement que j’ai vu le titre de Linklater juste avant, car je me serai retrouvé sidéré devant ce « truc », dans l’incompréhension de voir cette œuvre maintes fois citée telle une référence. Car À bout de souffle, c’est une réalisation en totale roue libre : scénario improvisé au fur et à mesure du tournage, coupes intempestives au sein du même plan, montage sans réelle cohérence visuelle, brisage du quatrième mur… À bout de souffle ne ressemble clairement pas à un film. Du moins, à l’idée de ce que l’on se fait d’un film, des codes qui le définissent. Un parti pris discutable mais qui explique en quoi le titre a marqué son époque et continue de faire parler de lui. Ne serait-ce de voir à quel point un cinéaste, de manière expérimentale, a voulu chambouler les normes imposées par le milieu pour faire ce qu’il voulait, s’exprimer comme il le souhaitait. C’est par cela ce que se définit le mouvement de la Nouvelle Vague, et À bout de souffle en est clairement le digne représentant. Et en sachant tout cela, il est amusant d’assister au visionnage de ce film. Après, ça passe ou ça casse et en ce qui me concerne, je reste mitigé devant le rendu final. Car oui, je reconnais l’ambition artistique et expérimentale, mais je reste de marbre par ce que le titre me propose. À savoir un scénario excessivement décousue pour mettre en image une histoire sans réelle intérêt, se perdant dans les délires pompeux de son réalisateur. Il n’empêche que je lui reconnais la jolie musique composée par Martial Solal, le charme du couple Jean Seberg/Jean-Paul Belmondo. Et surtout la spontanéité qu’a su tirer Godard des situations et de ses interprètes par la singularité de sa mise en scène. Bref, clairement pas un film qui me marquera mais dont je comprends la notoriété et son importance au sein du 7ème art.
Afficher en entierWicked, je n’y croyais pas tellement la bande-annonce m’avait laissé un goût amer, notamment en ce qui concerne les visuels du film (CGI douteux, photographie fade…). Et pourtant, l’ensemble m’avait agréablement surpris car se montrant très charmant mais également plus malin qu’il n’y parait. Ne serait-ce que pour son utilisation du monde d’Oz et de ses personnages pour aborder des thématiques sociales (la discrimination) et politiques (la montée du fascisme). J’avais donc hâte de découvrir cette suite… et autant le dire de suite : la déception s’est avérée conséquente. Ne connaissant par la comédie de Broadway initiale, je critique donc ce film tel quel. Wicked – Partie II a beau être aussi charmant par son duo vedette et cette touchante amitié, il n’a clairement rien d’un second opus. Mais plutôt l’apparence d’une simple extension, tout à fait dispensable, qui n’apporte en réalité pas grand-chose à son prédécesseur. Son seul objectif semble être de machinalement raccrocher les wagons avec Le Magicien d’Oz, quitte à créer des incohérences – comment Dorothée peut-elle croiser l’Épouvantail alors qu’il est « créé » en amont de son chemin ? – et minimiser toutes les thématiques abordées par la première partie. Adieu la lecture sociale et politique de l’œuvre, place à une amourette qui fait tourner ses protagonistes en rond. Même si le film dure 2h17, il ne prend jamais le temps de se poser, donnant l’impression de tout enchaîner et donc de tout bâcler, au profit de l’histoire originelle et de l’écriture de ses personnages – qui apparaissent/disparaissent au bon vouloir du scénario. Un constat vraiment regrettable, d’autant plus que cette seconde partie tend à prendre à contrepieds l’univers « conte de fées » qu’il propose, en s’aventurant vers quelque chose de plus sombre et intimiste. Il y avait matière dans ce blockbuster, qui n’ira finalement pas plus loin que le fan service appuyé et le cahier des charges complété sans effort. Même si elle conclut l’histoire entre les sorcières Glinda et Elphaba, cette suite se révèle assez superflue, la première partie se suffisant finalement à elle-même.
Afficher en entierJe n'attendais clairement rien de cette suite dispensable. J'y voyais clairement une énième occasion de jouer sur la nostalgie pour livrer un film dont nous n'avions pas besoin. Et qui ne fait que reprendre les scènes de l'original pour mieux brosser les fans dans le sens du poil. Ce que ce Freaky Friday 2 fait clairement, tout en essayant de jouer encore plus la carte du choc générationnel pour "justifier" son existence. Sans compter qu'il ne fait aucun effort pour le rendu visuel, abordant cet aspect fade et terne propre à un produit de plateforme. Et pourtant, on se laisse prendre au jeu. Peut-être qu'en laissant tomber toute attente d'un tel projet, cela aide à apprécier ce dernier pour ce qu'il est. Il n'empêche que je me suis amusé de certaines situations. De voir à quel point ce Freaky Friday 2 tente de reprendre la naïveté de son modèle et des nombreuses comédies Disney des années 2000. Et surtout de me délecter du cabotinage assumé de Jamie Lee Curtis. Même, je me suis surpris à trouver touchant la résolution, bien que noyée dans des bons sentiments risibles. Donc non, je n'ai pas détesté ce second opus, qui m'a permis de passer un moment appréciable sur l'instant. Mais moins sûr que j'en redemande, préférant retourner vers le premier long-métrage.
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Si la saga avait démarré sur les chapeaux de roues - les deux premiers Conjuring de James Wan étant des modèles en matière de blockbusters horrifiques -, elle a malheureusement pérennisé avec des suites et spin-offs très discutables. Hormis Annabelle 2, efficace et sympathique, le reste n'a été qu'une exploitation à l'excès d'une même formule. Même si Conjuring 3 se vantait de tout renouveler par son histoire, il retombait très vite dans les travers et clichés de la franchise. Ce Conjuring 4, censé tout clôturer - avant que d'autres films ne soient annoncés, étant le plus gros succès de toute la série -, se devait de proposer quelque chose qui puisse marquer le coup. Devant signer les adieux du public à deux personnages qui, il faut bien le dire, ont su trouver notre affect au fil des titres. Mais non, Conjuring 4 reste dans sa zone de confort, ne proposant rien d'autres que de la soupe insipide. Il réitère même la bêtise d'Insidious 5 qui, à trop vouloir travailler ses personnages principaux malgré l'insignifiance de son écriture, en oubliait tout l'aspect horrifique. Du haut de ses 2h15, cet ultime enquête du couple Warren délaisse le divertissement pour une risible et trop longue mise en place des enjeux. Et quand l'ensemble décide enfin de s'aventurer vers la tension et l'horreur, il n'arrive jamais à provoquer l'angoisse tant recherchée. Bien loin de la mise en scène malicieuse et maîtrisée de James Wan, celle de Michael Chaves dévoile de manière grotesque ses séquences. Tout y est montré frontalement, ne jouant jamais sur l'obscurité, le hors champ ou encore l'appréhension du public. La terreur des premiers films est ici transformée, via des démons sans charisme dévoilés en pleine lumière. Si le long-métrage parvient encore à passer le temps grâce à ses deux têtes d'affiche et une dernière partie daignant enfin lâcher prise malgré son rendu caricatural, Conjuring 4 n'est rien d'autres qu'une production grossière parmis tant d'autres. Et ce n'est pas les caméos du final et encore moins l'introduction au forceps d'Annabelle dans le récit qui viendront retirer cette impression de produit prenant le public pour un jambon.
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