Les commentaires appréciés par Lyran
Un film dense dans ce qu'il évoque et sa façon d'évoquer ces thèmes. Ce film ne perd pas son temps à expliquer clairement ce qu'il se passe, on suit l'histoire et c'est à nous de comprendre - ou pas - ce qu'on voit. L'univers développé ici est assez dense, délirant, avec ses propre règles, mais honnêtement, pas incompréhensible si on suit attentivement le film.
On est plongé dans cet autre monde exactement comme Mahito (le personnage principal) et on doit en comprendre les mécaniques et règles comme lui et sans longues explications comme lui. C'est très bien réalisé.
Afficher en entierUne belle découverte, à la fois d'un excellent acteur et d'une bonne histoire, porteuse de rêve à concrétiser et d'une recherche de soi qui passe aussi par les autres.
J'ai apprécié le microcosme autour d'Alex, cette diversité qui ne juge pas son envie de mauvaise manière mais cherche à l'aider malgré les épreuves.
J'ai aimé son évolution, ses doutes, ses écarts par rapport aux autres et finir par y arriver tout de même, tout en laissant ce doute de savoir qui il est réellement. Il/elle est ce qu'il/elle veut et on accepte ou non.
Un film bien traité, bien réalisé, qui fait réfléchir et qui est léger à la fois. Je le reverrai avec plaisir.
Afficher en entierLe concept de Vincent doit mourir est aussi farfelu qu’efficace – soit un homme qui se retrouve agressé sans raison par les personnes dont il croise le regard. Le film démarre aussitôt et ne lâche plus son idée jusqu’au générique de fin. Sachant proposer des passages horrifiques tout aussi viscéraux que psychologiques, prenant parfois une ampleur assez démentielles – la séquence sur le parking du Super U. Mais sachant également jouer de ses situations, pour offrir un peu de loufoquerie qui fait du bien face à cette violence. Sans compter que les acteurs s’en sortent haut la main, pour rendre ce concept palpable. Pourtant, je suis resté sur ma faim une fois arrivé à la fin du titre. Notamment à cause de l’écriture de l’ensemble, qui n’ose pas creuser son intrigue et ses personnages. Avec un tel postulat, il y avait clairement matière à traiter certaines thématiques telles que l’isolement, la marginalité ou encore la violence de notre société. Celles-ci ne sont qu’effleurées, contre un concept qui, finalement, commence à tourner en rond arrivé à mi-parcours. Au point de dévoiler ses failles et incohérences – la règle d’ « un regard et l’agression s’enclenche » est aléatoire, l’idée de se couvrir les yeux arrive bien trop tard dans le récit… Dans l’ensemble, Vincent doit mourir est une proposition plaisante et sympathique. Malheureusement affaibli par ses défauts scénaristiques qui peinent à lui faire tenir la route sur la longueur.
Afficher en entierUn film fort de tendresse et de pudeur !
Des films sur le milieu agricole, on commence à en avoir vu quelques-uns, plus ou moins réussis, plus ou moins réalistes, tous montrent les difficultés de plus en plus prégnantes qu’ils peuvent rencontrer, une passion, un métier qui ne fait plus vivre, une solitude extrême qui ne fait qu’aggraver les situations de précarité. Ici, c’est un point de vue un peu différent qui nous est exposé, celui d’une jeunesse qui vit dans ce cadre, une jeunesse qui n’a pas toujours le choix, il y a celle pour qui reprendre le même chemin est une évidence et celle qui ne souhaite que s’en émanciper, mais pour faire quoi, parce que dans des campagnes parfois si reculée, les options s’avèrent assez limitées. Et parfois, c’est la vie qui vous impose ses choix, il faut alors faire avec les cartes qu’elle distribue, ne pas se laisser couler, tout apprendre de cet univers pour lequel vous ne vous destiniez pas, mais qui devient votre seul objectif, parce qu’il faut bien avancer, parce que les responsabilités que vous avez ne vous concerne plus seulement vous. Alors, on ouvre les yeux sur la beauté de ce métier, sur la passion qui anime, cet objectif de bien faire, d’être reconnu pour la qualité de votre travail, de l’amour qu’il faut pour bien le faire, de l’abnégation, des sacrifices nécessaires aussi, parce qu’il n’y a pas de repos, pas de vacances, c’est un quotidien à la fois routinier, mais qui peut réserver de nombreuses surprises. Louise Courvoisier nous livre alors un premier film qui parle vrai, une réalisation pensée comme une immersion au plus près, sans fioritures, sans fard, avec un grain authentique, c’est simplement beau, pur, sans artifices et c’est clairement ce qui fait toute son identité. Visuellement, on laisse toute la place à ces campagnes qui nous font vivre, à ces villages rustiques, brut de décoffrage, mais qui ont pourtant tout compris, qui vivent au gré des saisons, qui se soutiennent dans les moments les plus difficiles, parce qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, parce que personne ne peut comprendre leurs difficultés, ni leurs petits bonheurs. En ce qui concerne le scénario, tout en simplicité, il ne cherche en rien la complexité bien sûr, il n’a pour but que de mettre en lumière, d’exposer la vérité d’un milieu, dans ses moments les plus sombres, autant que dans ses petites victoires, tout en pudeur, tout en naturel, avec un respect, une admiration, que chacun d’entre nous devrait avoir. C’est un récit fait de douceur, très franc dans ses propos, il fait souvent rire, par cette jeunesse parfois sans filtre, pourtant, cette innocence est bouleversante, parce qu’elle se voit confronter au pire, un tournant qui apporte toute sa profondeur, toute sa sensibilité, qui montre l’amour, l’amitié, avec pudeur, mais toujours dans tout ce qu’il a de plus vrai. Quant au casting, c’est une pépite de talents bruts, le duo Clément Faveau/Maïwène Barthelemy est d’une alchimie saisissante, d’un naturel désarmant et mention spéciale pour la petite Luna Garret, incroyablement touchante.
En bref : Un film qui parle vrai, qui aborde le milieu agricole dans tout ce qu’il a de plus beau, de plus fort, une immersion d’une réalisme percutant, une mise en lumière tout en pudeur, en sensibilité, qui expose un cadre parfois brut de décoffrage, un peu bourru, mais d’une intensité émotionnelle extraordinaire, qui bouleverse dans ses vérités parfois difficiles, parce que le drame est malheureusement de plus en plus présent dans ce milieu et trop souvent passé sous silence !
Avis complet sur le blog : https://vampiloufaitsoncinma.com/2025/01/30/vingt-dieux/
Afficher en entierClairement l'autre penchant de Kyma. Certes, le film n'a pas le même calibre, n'étant pas un premier long-métrage et ayant eu droit à son petit passage à Cannes. Mais dans le sens où pour un même budget - soit 1 million d'euros -, Que ma volonté soit faite s'avère bien plus réussit. Certes, je n'ai pas entièrement été conquis. Notamment à cause du trop grand mystères qui entourent l'intrigue, alors que quelques explications, voire simplement des détails, n'auraient pas été de refus pour bien assimiler ce qui nous est offert sous les yeux. Surtout pour aboutir sur un final qui a beau offrir une conclusion à l'évolution de son personnage, le reste des personnages et du concept reste en suspens. Mais dans l'ensemble, le film de Julia Kowalski assure par l'interprétation sans faille de ses comédiens. Et surtout ses choix de mise en scène, qui font de ce long-métrage un film de sorcellerie en pleine campagne française diablement crédible. Que ce soit la pellicule pour l'aspect organique ou encore les jeux de lumière, Que ma volonté soit faite est une proposition artistique plutôt intéressante.
Afficher en entierAvec le recul, je me dis qu’Aucun autre choix est le premier film de Park Chan-wook que je regarde au cinéma. Quand j’ai commencé à m’intéresser au cinéaste, Decision to Leave sortait mais je n’avais pas encore suffisamment d’affinités avec son univers pour tenter l’aventure. Six long-métrages plus tard, je franchis enfin le pas avec cette nouvelle adaptation du Couperet, pour ressortir de la séance quelque peu sur ma faim. Il n’y a pas à dire, Park Chan-wook est un réalisateur de génie qui, même sur une simple comédie, enchaîne les idées visuelles à tout-va. Aucun autre choix fourmille d’éclairs de génie techniques, qui permettent d’offrir une vision différente du film de Costa-Gavras, montrant un homme (voir même une famille toute entière) tenter de retrouver sa vision de la vie idéale. C’est-à-dire belle maison, couple idyllique, barbecue tous les week-ends, soleil exagérément lumineux, pétales de fleurs tombant comme de la neige… un véritable conte de fées ! D’entrée de jeu, le cinéaste nous plonge dans son esprit barré et fantasque, pour nous offrir une comédie noire plutôt acide sur le chômage. Mais s’il pointe du doigt le monde du travail, le capitalisme, l’émergence de l’IA et certains pans culturels de la société coréenne – comme le fait que, ne plus pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, est un déshonneur –, il manque au film un peu de mordant. En tout cas en ce qui me concerne, étant adepte du style comique de Park Chan-wook mais quand celui-ci est savamment dosé. Dans Aucun autre choix, ce côté délirant prend un peu trop le dessus sur tout le reste. L’ensemble parvient à dénoncer des choses et à révéler l’horreur de la situation (perte de confiance, désespoir, formalisme de l’être humain…), mais sans parvenir à apporter une once de drame pour venir contrebalancer tout cela. C’est sans doute un parti pris, mais c’est ce qui me manque avec cette version, contrairement au Couperet de Costa-Gavras qui, derrière son humour noir, dépeignait le chômage d’une manière personnellement plus impactante et terre-à-terre. Certes, entre la France et la Corée du Sud, il y a une sacrée marge en termes d’administration sociale et culturelle. Mais entre les deux films, la différence ne paraît si énorme, hormis la notion de déshonneur et le ton plus délirant chez Park Chan-wook. Ce qui fait que, malgré sa maîtrise et sa pertinence, Aucun autre choix m’a parfois laissé de marbre et m’a paru par instant bien long.
Afficher en entierJe suis un peu déçu.
J’ai vu plusieurs autres films du réalisateur, qui m’avaient tous bien emballés.
Là, c’est sympa, bien fait.
Mais un peu sage.
Il ne va au bout de rien à mon goût, il pourrait aller plus loin dans le thriller, le drame, le policier ou l’humour noir…
Thriller : j’aurais aimé voir ce type qui se transforme vraiment en vrai meurtrier ; là, c’est bien sage et assez gentil, il ne s’enfonce pas dans une spirale infernale prenante et étouffante
Drame : ok, il se sépare momentanément de ses chiens, mais c’est le plus grand drame, sa famille ne vole pas en éclat, il n’y a pas d’extrême qui prenne aux tripes
Policier : il y a une enquête vite fait mais j’aurais bien aimé un étau qui se resserre, qui le pousse dans ses retranchements, l’oblige à des tentatives plus vastes
Humour noir : oui, il se casse la figure, mais ça aurait pu être beaucoup plus noir et cynique dans des meurtres qui se font tous finalement par hasard ou pas comme prévu, des trucs à cacher plus ouf…
Alors c’est sympa, d’accord, tout le monde joue bien, tout ça…
Mais j’avoue m’être ennuyé une fois ou deux, ce qui est dommage avec tout le matériau utilisé.
Non seulement la trame, très bonne mais un peu sous-exploité.
Mais les à-côtés, la gamine autiste traité en filagramme discret, le gamin qui fait des couenneries avec son pote, la famille du pote qui veut acheter la maison…
Et la femme qui se dit prête à tout pour aider son mari ne fait finalement pas grand-chose…
On a donc un joli objet mais moi, j’ai surtout vu tout ce qu’il aurait pu faire en plus et n’a pas fait.
D’où un petit goût de déception.
Afficher en entierJe me suis intéressé a la filmographie de Mike Flanagan en vue de la sortie de sa série "The Haunting of House Hill" qui m'avait l'air vraiment chouette.
Et avant toute chose, je sais qu'on parle pas de séries ici, mais c'est un énorme coup de cœur et une de mes séries préféré, ça fonctionne niveau horreur, mais surtout ça fonctionne au niveau drame, et les deux dimensions s'articulent pour créer une œuvre qui te prends véritablement aux tripes, dont on regrettera seulement la fin, hyper simple et décevante surtout par rapport a la qualité général de l’œuvre.
Et c'était pas gagné vu que ses films, eh bah c'est vraiment pas ça.
Before I Wake, c'était cool, c'était cool mais c'était pas un film d'horreur du tout. Certes on en reprends beaucoup de gimmicks, des gimmicks qui me font très peur en temps normal genre des enfants avec les yeux tout noirs, une créature au design assez original et flippant... et j'ai pas détourner le regard une fois, y a pas de tension, pas d'ambiance, pas de surprise, pas de mystère.
Mais les personnages sont attachants, il y a une vraie poésie qui se dégage de quelques scènes, et l'explication finale est magnifique et n'est pas passé loin de me faire chialer.
Donc, mitigé.
Afficher en entierPlus l’on avance dans le visionnage de La Corde au Cou, plus l’on se retrouve séduit par la légèreté qu’il dégage. Car même si le film conte le déroulé d’une prise d’otage ayant vraiment fait les gros titres fin des années 70, il ne fait que souligner l’absurdité la situation. Celle-ci se traduit principalement par la naïveté touchante de son personnage principal avec laquelle il se lance dans cette croisade contre un système l’ayant trahi. Nous le voyons ainsi faire face avec une préparation à la limite diabolique – explosifs dans son appartement, système du fusil digne d’un piège dans Saw… , empli de colère mais de temps en temps avec une certaine courtoisie. Cela crée un décalage amusant, qui amplifie la dureté de la situation. De ce combat entre un homme lambda et tout un système qui se fiche ouvertement de lui et de ses motivations. Il suffit de voir à quel point la police et le PDG qu’il vise, joué par Al Pacino, le prennent au sérieux sans pour autant s’affoler de ses revendications. C’est par ce décalage, outre l’aspect reconstitution soignée et l’interprétation habitée de Bill Skarsgård, que La Corde au cou parvient à séduire l’assitance. Par contre, je reprocherait au film un véritable manque de prise de risque. Car s’il se présente comme un film de prise d’otage en tout point soigné, il donne constamment l’impression d’être droit dans ses bottes. Dans le sens où il cherche à reproduire les faits sans pour autant aller au-delà du simple travail de reconstitution. Et cela donne un aspect impersonnel à l’ensemble qui, du coup, l’empêche d’avoir ce panache nécessaire pour le faire sortir du lot.
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Un film aussi touchant que poétique !
C’est avant-tout une fabuleuse plongée dans le Paris des années 20, dans une période florissante, pleine d’une certaine gaieté, une joie de vivre, une bonne dizaine d’années après la Première Guerre Mondiale, on sent que la population a besoin de revivre, de profiter et d’oublier, dans une certaine mesure, c’est vraiment une ambiance à part entière. Mais c’est également un zoom sur le milieu forain, sur ses spectacles grandioses qui attirent en masse, ses monstres de foire et ses tours de passe-passe, mais c’est essentiellement l’envers du décor dont nous serons témoins également, des arnaques peu reluisantes qui font leurs choux gras, mais aussi de ces artistes qui n’ont pas toujours le choix, pour pouvoir survivre, gagnant quelques malheureux sous. Puis, on y aborde l’art aussi, la peinture surtout, le dessin, avec un œil extrêmement passionné, de ces talents qui se cachent parfois là où on ne le soupçonne pas, de ce qu’il faut parfois sacrifier, pour ne serait-ce qu’envisager de percer dans ce monde où il est bien difficile de se faire connaître, parce que là encore, les matières premières coûtent chères. Alors, dans ce mélange des genres, dans ce joyeux bordel, on vient à parler de sujets forts, des séquelles de la guerre, toujours subtilement présentes en fond, du deuil d’un amour, de la culpabilité que l’on peut ressentir et par-dessus tout, de l’amour, celui auquel on ne veut pas dire adieu, puis celui que l’on a peur d’accueillir à nouveau, ou encore, celui qui vous surprend lorsque vous ne vous y attendiez pas. Je suis littéralement tombée sous le charme de la réalisation de Pierre Salvadori, non seulement pour la beauté et le réalisme absolu de sa reconstitution de l’époque absolument sublime, mais surtout, de la poésie qu’il a réussi à dégager, c’est une atmosphère extraordinaire qu’il a réussi à mettre en place, presque magique, qui saura nous captiver. En ce qui concerne le scénario, s’il est catégorisé en comédie, il est à mon sens, tellement plus que ça, même si l’humour est présent, de manière délicieusement subtile d’ailleurs, c’est avant-tout dans la délicatesse de son récit qu’il sort du lot, dans ces histoires d’amour qu’il tisse, pas toujours simples, parfois contrariées, mais toujours fortes d’émotions et surtout, de vérités. Quant au casting, il est là aussi, absolument merveilleux, Pio Marmaï y est toujours si juste, j’ai été profondément touchée par l’interprétation d’Anaïs Demoustier, j’ai beaucoup aimé le rôle de Vimala Pons et Gilles Lellouche a su me surprendre par ses nuances.
En bref : Un film qui sort clairement du lot, bien plus que la simple comédie annoncée, c’est avant-tout une sublime immersion dans une époque, dans ce Paris qui fourmille de vies, d’envies, d’idées, mais aussi dans le milieu forain, puis dans celui de l’art, le tout, dans un ensemble un peu décalé, délicieusement loufoque, mais aussi riche d’une poésie qui nous touche à l’âme, pour nous livrer un récit fort d’émotions et de sentiments vrais !
Avis complet sur le blog : https://vampiloufaitsoncinma.com/2026/05/26/la-venus-electrique/
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