Les commentaires appréciés par minir
J'avoue m'être torturée l'esprit un petit moment pour la notation de ce film, car il a quand même beaucoup de défauts qui me semblent assez flagrants. Mais à côté de cela, j'ai sincèrement passé un excellent moment durant le visionnage, j'ai trouvé ça distrayant et justement rythmé, vraiment aucun instant d'ennui. Par ailleurs, je trouve l'idée du film franchement excellente. Et il ne m'étonnerait pas qu'on le retrouve a minima nommé dans les remises de prix internationales de cette saison (pour la réalisation et l'interprétation au moins). Par conséquent, c'est l'envie de retenir le positif qui l'emporte pour moi, quitte à surnoter peut-être un peu le film, au regard de mes critères de notation habituels.
Pour moi l'immense force de ce film, c'est la façon dont il a su réinventer le film de gangsters. Ce n'est pas le genre que j'affectionne le plus, car c'est finalement un genre très codifié, toujours les mêmes thématiques, les mêmes intrigues, et qui tourne sérieusement en rond. Là, on aime ou on n'aime pas, mais on ne pourra que reconnaître qu'on a conservé certains des codes du genre, mais pour les amener totalement ailleurs. Que ce soit le décalage comédie musicale, l'omniprésence des femmes dans cette histoire ou la thématique de la transidentité, c'est une véritable proposition audacieuse, jamais vue ailleurs. C'est un film coloré, atypique, féminin, rappelant un peu le cinéma d'Almodovar, mais en même temps, avec sa patte propre, qui ne ressemble qu'à lui.
Les qualités techniques sont là également, avec tout d'abord une excellente interprétation. Le quatuor Zoe Saldaña - Karla Sofía Gascón - Selena Gomez - Adriana Paz a été primé à Cannes et difficile d'y trouver à redire tant elles sont collectivement convaincantes, même si seules Saldaña et Gascón sont les véritables actrices principales. La mise en scène est également très soignée, tout particulièrement dans les scènes de comédie musicale, où elle frôle parfois avec la perfection, et une inventivité assez folle en prime. Dans les scènes non musicales, mis à part quelques scènes m'ayant apparu trop sombres, je n'ai pas grand chose à redire non plus, si ce n'est qu'il n'y a pas l'éclair de génie des scènes musicales.
Certains points du scénario fonctionnent parfaitement. J'ai trouvé que la transidentité du personnage était bien traitée, avec justesse et didactisme malgré le côté un peu fou fou (peut-être trop pour le coup ?) des scènes musicalo-médicales à ce moment. J'ai trouvé également qu'on avait parfaitement réussi le pari de nous faire nous attacher à ce personnage atypique et changeant de Manitas devenant Emilia, tout comme au personnage de Rita. A ce titre, l'idée de commencer le film finalement si tôt dans l'intrigue (on aurait aussi pu commencer au réveil post-chirurgie, si on avait voulu) prend vraiment son sens, pour constater leurs évolutions.
Après, ce qui me dérange, c'est que si dans ses grosses lignes, dans l'enchaînement de ses actions principales, le scénario fonctionne assez bien, quand on creuse un peu (et vraiment qu'un peu...), qu'on s'attache aux détails, malheureusement, il y a beaucoup trop d'incohérences et de facilités d'écriture et qui ternissent clairement l'expérience. Spoiler(cliquez pour révéler)Ça commence très tôt dans l'intrigue en plus : quand on apprend donc que Manitas prend un traitement hormonal depuis 2 ans, mais que son épouse n'a rien remarqué. Alors même que quelques minutes plus tôt, on sous-tend par un bruit de fermeture éclair que Manitas montre sa poitrine à Rita pour justifier du sérieux de sa démarche. Je veux bien que plus tard dans le film, Jessi raconte comment elle s'est sentie délaissée par son mari après la naissance des enfants, enfin quand même, cacher un changement physique tel à la personne avec qui on vit, c'est quand même un mensonge d'un autre niveau qu'une simple abstinence sexuelle. D'ailleurs, on va finir par croire que Jessi est un peu co-conne, quand elle ne remarque pas non plus qu'Emilia et Manitas ne sont qu'une seule personne, alors que les enfants comprennent de suite. Au début, quand elle la "rencontre", et qu'elle n'a aucune raison de le penser, pourquoi pas. Mais sur la fin, quand elles s'engueulent, que la voix d'origine de Manitas ressort, qu'un "mes" enfants lui échappe, qu'elle constate à quel point Emilia est plus puissante physiquement qu'elle, qu'aucun doute ne naisse dans l'esprit de Jessi... Bah ce n'est pas bien crédible. Plus largement, là encore, elle vit littéralement avec Emilia, comme elle vivait précédemment avec Manitas. La personnalité, les habitudes, les petites manies, la façon de s'exprimer, les goûts musicaux, la façon de cuisiner, etc. ne changent pas. Comment rien chez elle n'a pu lui rappeler son mari ?! Je trouve ça fou que le scénario ne soit pas allé explorer le trouble que cela aurait pu causer chez elle (comme dans Laurence Anyways), ça aurait été super intéressant. La fin apparaît également assez artificielle, car si Jessi avait compris plus tôt, les choses se seraient forcément passées autrement et mieux. Je trouve aussi que la question de l'argent n'est pas très claire. Comment la fortune de Manitas a pu se "dédoubler" pour que Jessi et Emilia puissent toutes les deux continuer de vivre comme des princesses ? Également, comment se fait-il qu'une femme aussi richissime qu'Emilia, qui devient soudainement une personnalité publique, n'attire pas plus de curiosité sur l'origine de sa fortune ?
Je trouve aussi que le film, alors qu'il traitait pourtant assez bien la transidentité jusqu'alors, commet une grosse erreur d'écriture en proposant une Emilia à la personnalité si différente de Manitas. Cela aurait pu fonctionner si on avait proposé une véritable remise en question du personnage amenant à ce changement. Sauf que celle-ci dure littéralement 30 secondes, qui suffisent à faire changer du tout au tout le personnage Spoiler(cliquez pour révéler)qui ne se repent pas seulement, mais passe littéralement du statut de bourreau à celui de sainte... Au-delà, là encore, de la facilité d'écriture, cela diffuse en plus un message un peu étrange. Cela entretient à mon sens l'idée qu'il y a des traits de personnalité masculins et féminins, avec tous les stéréotypes qui vont avec. La violence brute et physique serait donc l'apache des hommes, et les remords, la douceur et les beaux discours des caractéristiques purement féminines ? Dommage d'aboutir à ce type de conclusion quand on aborde un tel sujet.
Je suis partagée par la BO. Elle n'est pas déplaisante du tout lorsqu'on regarde le film, c'est rythmé, accrocheur, et c'est peut-être le plus important. Mais à l’exception peut-être de la dernière chanson "Las Damas que Pasan" (qui prend une saveur particulière pour nous français, en reprenant en espagnol l'une des plus belles chansons de Brassens) je n'ai aucune envie de les ré-écouter dans un autre contexte. Elles sont beaucoup trop premier degré au niveau de leurs paroles à mon sens, ce sont des chansons "fonctionnelles", elles servent à raconter l'histoire, pas à être appréciées dans un autre contexte.
Afficher en entierCe film aurait pu être très bon mais j’ai été extrêmement déçue du manque de respect accordé au travail des professionnels de l’aide sociale à l’enfance dans la vraie vie. Participer aux représentations collectives pour laisser penser que les équipes de protection de l’enfance sont sans vergogne et détruisent des familles sans se poser de questions est réellement problématique selon moi.
Pour autant, le jeu des acteurs est très bon.
Afficher en entierAïe aïe aïe… Très honnêtement, je n'attendais pas grand-chose de ce film si ce n'est un peu de divertissement, mais je n'ai même pas pu aller au bout. Les acteurs - et surtout Vincent Cassel, capable du meilleur comme du pire (seconde option ici) - sont en totale roue libre, peinant à faire exister des personnages de toute façon ultra caricaturaux.
Afficher en entierMouais… Alors qu’il y avait matière…
Cassel, Duris et dans une moindre mesure, Kiberlain et Bouchez dans des personnages différents de ce que je les vois faire d’habitude, c’est intéressant. C’est un peu outré mais puisque Colombo marchait, il n’y a pas de raison, c’est original, pourquoi pas.
L’enquête, ma foi, c’est une enquête, à tendance réaliste et classique, qui avance à coup de question et de soupçon…
Et puis il y a ces personnages qui flirte sur la frontière, Cassel cassé, de la relation avec son fils avec son alcoolisme, qui le pousse dans les bras de Sandrine, Duris, limite fou…
On se demande ce qui s’est passé, qui est le coupable…
Et puis en fait, ça ne prend pas.
Comme un mauvais Simenon écrit en deux jours, on ne s’écarte pas de la banalité. Les scènes se suivent, se ressemblent, se répètent, sans tension, sans relief…
On aurait pu avoir, jusqu’au final, un film glauque et sordide, à la Seven, comme Le « Département V », j’ai pensé à « Trois jours et une nuit » de Lemaire… Des histoires prenantes qui coupent le souffle.
Là, on n’a pas grand-chose – c’est satisfaisant mais trop anecdotique…
Afficher en entierDu Balasko... Elle aime les gens riches et creux ou maltraités par la vie. Ici, la rencontre des deux n'a strictement aucun intérêt, c'est beuglard, prévisibles, convenu et totalement passable.
Afficher en entierUn film extrêmement prenant et intense !
Oui, ce film est vraiment une expérience à part entière, à vivre avec les tripes, dans une immersion incroyablement puissante, il est même difficile de mettre des mots sur tout ce que l’on pourra ressentir. Alors bien sûr, il est classé dans les films d’horreur, mais personnellement, il m’est impossible de ne le réduire qu’à ça, parce ce qu’il va tellement plus loin et qu’il est bien plus complexe que ce que l’on peut penser. C’est incroyablement plus novateur, plus malin, plus fort, enfin un film qui vient totalement renouveler le genre, pour lui redonner ses lettres de noblesse et surtout, un nouveau souffle. Je ne vous cache pas qu’il est tout de même violent, voire très violent concernant certaines scènes, c’est particulièrement sanglant, mais c’est essentiellement psychologiquement que c’est le plus percutant. Effectivement, il nous pousse vraiment dans nos retranchements, il nous rend spectateur d’événements impensables, de pulsions que l’on ne pourrait cautionner, mais qui dans ce contexte, nous paraît finalement normales. Et s’il peut nous mettre aussi mal à l’aise, c’est justement parce que nous nous rendons vite compte qu’en cas de force majeure, nous sommes tous capables de violence, elle est en chacun de nous, parfois bien cachée, mais elle existe. Et pour la deuxième fois, la réalisation de Jordan Peele se détache complètement du lot, son talent n’est déjà plus à prouver, il ose et ça fonctionne tellement bien. On reconnaît immédiatement son style, il a déjà sa propre identité, elle est avant tout artistique, malgré l’horreur de la situation, c’est incontestablement sublime, cette maîtrise de l’ombre et de la lumière, les symboles qui se cachent partout, c’est absolument bluffant. En ce qui concerne le scénario, là aussi c’est signé par son originalité, oui, c’est totalement barré, bien sûr que c’est un peu fou, mais rien n’est fait au hasard et tout a un véritable sens. Sous couvert de ces ennemis miroir de nous-mêmes, il va aborder de vrais sujets de société et comme à son habitude, il n’hésite pas à dénoncer notre mode de vie actuelle, avec un cynisme tout particulièrement noir. Et croyez-moi, son message passera avec une force assez convaincante, lorsque nous comprendrons l’ensemble de cette intrigue, je vous garantis que vous n’y resterez pas insensible. Quant au casting, il est assez excellent, Lupita Nyong’o est juste extraordinaire, je suis un peu moins emballée par Winston Duke, mais je suis absolument bluffée par l’interprétation des enfants Shahadi Wright Joseph et Evan Alex.
En bref : Un film superbement original, qui a l’audace de nous faire vivre enfin quelque chose de nouveau, une histoire percutante, qui saura vous marquer par sa façon d’aborder les événements et nos problèmes actuels !
Avis complet sur le blog : https://vampiloufaitsoncinma.com/2019/04/04/us/
Afficher en entierMouais…
Pour moi, ce film raconte l’histoire d’un premier amour.
Alors tout le monde semble s’émouvoir parce que cet amour est homosexuel mais ça ne me semble pas changer grand-chose : que ce soit deux femmes, deux hommes ou un couple hétéro, on assiste à cette même approche, cette même découverte de l’autre…
La différence d’âge étant à peine mise en avant, on arrive à une histoire très classique d’hésitation, de tentative, de rapprochement…
L’homosexualité sert à un superbe discours final mais c’est bien tout…
Pour le reste, on a donc…
Ben une histoire particulièrement lente, blindée de scènes qui ne servent pas à grand-chose si ce n’est mettre une ambiance (le classement des photos, la musique au piano en 3 versions, la discussion politique autour de la table)…
Plus exactement, elles servent à glisser vers la relation mais terriblement lentement et sans intérêt particulier : cette discussion politique aurait eu un impact sur l’histoire, ça aurait pu être sympa mais là, c’est juste meubler deux minutes trente pour qu’il puisse saigner du nez.
J’ai donc trouvé le film plutôt bien fait mais avec une tendance à s’étirer longuement, ce qui lui a fait perdre encore un peu plus d’intérêt à mes yeux…
Afficher en entierMes attentes étaient très hautes par rapport à ce film dû à toute la "praise" qu'il a reçu. J'avoue avoir été un peu déçue. C'est vraiment très long et il ne se passe rien pour dire, bien que cela pourrait être également vu comme une de ses qualités. Somme toute, je reconnais le talent des acteurs et la beauté de ce film qui montre l'amour d'une façon tout à fait réaliste. Il y a des beaux dialogues. Les images d'Italie sont tout simplement sublimes.
Afficher en entierUn film de noël classique sans réel intérêt, j'en attendais mieux. Le seul bon point est le très bon maquillage de Jim Carrey. Jim Carrey qui fait ce qu'il a l'habitude de faire dans ses rôles comiques, en moins divertissant qu'a l'habitude.
Au niveau du scénario c'est très convenu, prévisible et linéaire, et surtout les décors sont juste dégueulasse. Je suppose que c'est un parti pris toute cette esthétique "jouet", mais très sincèrement c'est juste horriblement laid.
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Je ne vous cache pas que sans l'immense succès en salle, qui m'a rendue un minimum curieuse, je ne me serais probablement pas déplacée dans un cinéma pour voir ce type de film, ne s'inscrivant pas réellement dans mon univers. Au final, je ne peux pas dire que je sois mécontente de mon expérience, c'était sympa et distrayant dans l'ensemble, mais le coup de cœur n'est pas là, et plus largement, je dirais que le charme du film n'a pas vraiment fonctionné sur moi.
Je n'ai pourtant aucun doute sur la sincérité de la démarche d'Artus, pour médiatiser le sujet, sensibiliser les gens et nous faire changer de regard sur le handicap en même temps que ses personnages. Sa méthode de travail sur ce film, s'inspirant et incluant ses acteurs en situation de handicap dans sa démarche d'écriture, nous raconter un peu qui ils sont dans la vraie vie, plutôt que de nous raconter ce qu'on a envie de croire / penser / voir d'eux, est clairement la bonne. Pour au final, un film feel good, avec quelques instants d'émotion, débordant de bons sentiments, mais vraiment dans le sens positif de ce terme. Bref, je comprends sincèrement que cela fonctionne sur un très large public.
Mais pourquoi ça ne fonctionne pas sur moi ? Bah parce que pas assez cinématographique.
J'en attendais vraiment plus d'Artus sur le reste de l'écriture du film. Le scénario est beaucoup trop pauvre. Amorcer le sujet par ce cambriolage, puis "l'inversion" des Sylvain... C'est proche du niveau zéro de la crédibilité, non ? Le final ne vaut guère mieux. Les personnages sont unidimensionnels, mono-personnalité, à l'exception de celui joué, comme par hasard, par Artus (un peu facile de se donner le beau rôle comme ça...). J'en attendais aussi plus en termes d'humour, qui joue presque uniquement sur du comique de répétition, qui comme son nom l'indique, devient répétitif. Et quand on en sort, c'est pour nous sortir la bonne grosse blague bien lourdingue, pipi caca ou sous la ceinture. Autant le personnage qui balance des insultes à tour de bras, et surtout quand c'est inapproprié, il y a un comique de situation qui fonctionne bien. Mais de là à lui faire faire des bites en pâte à sel, il s'agirait de doser quoi...
La réalisation est également sans charme, voire carrément non aboutie. Pourquoi tous ces gros plans, tout le temps, partout ?!!! C'est étouffant, vraiment, j'en étais gênée à de nombreuses reprises tant l'image semble mal cadrée. Et là je n'en veux pas tant à Artus, puisqu'il ne m'a pas échappé que c'est son premier film, mais j'en fais plutôt le reproche au chef op, pourtant expérimenté lui, qui l'a clairement mal accompagné (bonjour Jean-Marie Dreujou). Ça aurait mérité une BO aussi, au-delà des citations de Dalida, et de "Clic clic pan pan" déjà entendu dans la bande annonce.
Un point technique fonctionne cependant très bien, c'est l'interprétation globalement d'un beau niveau. Les acteurs non professionnels ont vraiment été magnifiés au mieux, et provoquent les émotions les plus sincères du film. Artus propose aussi un jeu abouti, ne basculant pas dans le ridicule, malgré le côté très piégeux du personnage. Alice Belaïdi a de belles nuances de jeu, passant de la gentille éducatrice à l'énervement explosif, dégageant le charme qu'exigeait le rôle sans trop en faire. Clovis Cornillac fonctionne dans le rôle du colérique, mais on l'a déjà vu faire ailleurs, pas une grosse surprise.
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