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Napoléon

Film


Description ajoutée par Octave2Methylene 2015-06-01T08:50:08+02:00

Synopsis

Le parcours de Bonaparte, de 1781 à Brienne jusqu'au 16 avril 1796 alors que va s'achever la campagne d’Italie.

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Classement en cinéthèque - 11 spectateurs

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Bande annonce

Vidéo ajoutée par pwachevski 2024-12-28T15:01:08+01:00

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par pwachevski 2024-12-28T15:05:37+01:00
Argent

Si vous êtes de Montpellier ou de sa région ou simplement de passage, je vous conseille à l'occasion des journées du patrimoine ou éventuellement d'un conseil municipal (ouvert au public), la visite de son nouvel hôtel de ville, signé des architectes Jean Nouvel et François Fontès. Quel rapport avec la choucroute, me direz vous ? Eh bien, au cœur de cet atypique monument, sur le plafond de la salle du conseil municipal, sont repris des images du film, laissant entrevoir une scène révolutionnaire, violente et épique, où les personnages réclament la mort des tyrans, la liberté et chantent La Marseillaise ; faisant finalement sens dans un tel lieu. C'est comme ça que moi j'ai appris l'existence de Napoléon vu par Abel Gance. Ce plafond m'a tellement plu que l'envie de voir le film dont la scène est tirée s'est naturellement imposée à moi.

Et là c'est le drame. J'ai alors découvert que c'était extrait d'un film muet, des années 1920 et de plus de 7h ; j'avoue que j'espérais un format légèrement plus digeste et grand public. Et en plus, si ça ne suffisait pas, ce film était alors absolument introuvable, ni en streaming ni en DVD. La Cinémathèque Française travaillait depuis des années déjà sur sa restauration, et il lui restait presque autant d'années devant elle pour en présenter le résultat. J'ai donc pris mon mal en patience, mais je me suis promise d'être au rendez-vous.

Chose promise, chose due : me voici donc !

Je ne vais pas vous faire croire que ce visionnage ne fût que joie et insouciance : un tel format présente forcément ses longueurs et ses moments d'ennui. J'avoue sans mal que je ne l'ai pas regardé d'une traite, mais en plusieurs fois - le chapitrage du film s'y prêtant d'ailleurs assez bien. Je ne suis également pas forcément en accord avec la vision assez romanesque et glorifiée de Napoléon, sans aucun esprit critique.

Mais j'ai aussi été éblouie, dès les premiers instants, par la qualité de la restauration. Les images sont si pures et nettes, qu'on en vient à oublier que le film a un siècle. Je suis restée admirative devant la modernité des mises en scène, ayant déjà tout des films actuels : multiples angles de vue, montage, trucages, figurants, costumes, décors,... Les placements et mouvements de caméra ne sont définitivement pas le fruit du hasard, comme c'était parfois le cas, visiblement, dans les films de cette époque. De nombreux plans sont tout simplement beaux, esthétiques et plaisant à admirer. Et le travail sur la BO, qu'il a fallu reconstituer de toute pièce, est également assez remarquable.

Au niveau de l'intrigue, on débute sur un prologue (40 minutes) sur l'enfance de Napoléon dans un internat où il n'a pas que des amis. C'est plutôt distrayant et attendrissant à sa manière, faisant référence à des souvenirs d'enfance relativement universels. Après, la glorification excessive de ces soi-disant premiers exploits militaires, à l'occasion d'une bataille de boules de neige, m'a semblé un poil ridicule, digne de la meilleure propagande stalinienne.

Suit la première partie, sur Napoléon et la Révolution française (3h).

J'en retiens l'ouverture assez épique, racontant comment La Marseillaise s'est imposée comme hymne révolutionnaire. Pour cette version restaurée, il a été fait le choix d'une BO chantée par un ténor au moment de La Marseillaise, donnant d'autant plus de puissance à ce passage. Je crois bien que c'est ma scène préférée de cette première partie.

On fait ensuite un plaisant crochet par la Corse, alliant la contemplation des paysages et des scènes familiales plutôt dans un registre émotionnel. On y montrera aussi un impressionnant passage d'action, d'abord sur terre avec une course-poursuite à cheval digne d'un western hollywoodien, ensuite en mer, quand le périple se poursuit par bateau en pleine tempête.

Le long passage sur le siège de Toulon m'est en revanche passé au-dessus, je l'avoue. Malgré toujours de gros moyens techniques et surtout humains pour le coup, il y a vraiment beaucoup de figurants, le film n'aura pas réussi à me faire me sentir concernée par les enjeux du moment. Cela dit, c'est la seule vraie grande scène de bataille du film, donc elle a indéniablement son intérêt, même si moi, je n'y ai pas été sensible.

La seconde partie du film se concentre sur Napoléon pendant la Terreur (3h20). Comme le titre de cette sous-partie l'indique, on reprendra les événements notables de cette période, du comité du salut public à l'assassinat de Marat dans sa baignoire.

Mais ce n'est pas ce qui marque le plus cette partie, le récit prenant vite une tournure bien plus romantique, racontant la rencontre puis le mariage de Napoléon et de Joséphine de Beauharnais. Ce choix d'intrigue peut paraître surprenant, je ne m'y attendais pas en tout cas pour ma part, mais il a été bien mis en scène, avec tendresse, un petit grain de folie, et sans tomber dans quelque chose de niais. Le personnage secondaire de Violine, l'amoureuse en secret, probablement inventée ou largement romancée, m'a semblé très touchant également. Le film ne porte pas du tout un regard jugeant ou désapprobateur sur elle, pas même lorsque Joséphine le découvre, mais plutôt un regard complice, personnifiant la passion de beaucoup de Français pour Napoléon.

Juste après son mariage, Napoléon part pour la bataille d'Italie, mais fait d'abord un crochet mémorable par la salle de la Convention, alors vide. Mais pourtant, en termes de mise en scène, c'est l'une des scènes les plus réussies. On y fera apparaître "comme par magie" dans la salle les fantômes des révolutionnaires morts, ayant un message à adresser à Napoléon ; se terminant sur une autre Marseillaise chantée. Franchement, vu l'âge du film, le trucage est très réussi et saisissant, et donne vraiment un souffle mystique et épique au film.

Enfin arrivé sur le front italien, le dernier mouvement du film débutera, avec d'abord un conseil de guerre, semblant être un simple prétexte : montrer quelque chose de peu marquant visuellement, afin de pouvoir réduire petit à petit le format jusqu'alors carré de l'image. Puis de tripler ces petits carrés, afin de former un triptyque, recréant une image rectangulaire, proche du format 16:9 qu'on connaît actuellement au cinéma, mais totalement inédit à cette époque. Je ne sais pas pourquoi, mais j'en ai été sincèrement émue de voir ce format rectangulaire, cela provoque quelque chose, ça élargit réellement le champ des possibles. Et surtout, ça termine de nous prouver le talent du réalisateur, la vision très moderne et avant-gardiste qu'Abel Gance avait du cinéma. Et c'est donc sous ce format que sera représenté le final, mêlant la bataille et les souvenirs, scènes précédemment vues dans le film. Dernier coup de génie, une coloration bleu, blanc, rouge du triptyque, qui terminera de parfaire cet impressionnant final.

C'était long, je ne pense pas forcément le revoir un jour, mais l'expérience était globalement très plaisante. Je choisis d'en retenir que le positif en tout cas.

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