Les commentaires de MissAnanas
Ondine a aimé Paul. Paul aime Ondine. Ondine quitte Paul. Paul jure qu'il n'aimera plus. Qu'il a trop souffert. Qu'il va en faire souffrir une autre. Pour se venger, Paul séduit Camille. Camille séduit Paul. Paul compte la délaisser. Mais Camille souhaite que Paul lui appartienne. A elle seule. Rien qu'à elle. Paul pense à Ondine. Ondine pense à Paul. C'est l'histoire d'un triangle amoureux. Et d'une forêt de Quinconces. Les deux reviennent au même : on ne peut s'échapper du triangle, tout comme on ne peut s'échapper de la forêt. A l'intérieur, Paul est prit au piège, enfermé. Camille, Ondine, passé, présent?
Pénétrer dans la forêt de Quinconces, c'est entrer à l'intérieur d'un théâtre. Les personnages parlent en vers, c'est surprenant, presque dérangeant – problème de direction, effet désiré ? et puis la beauté des mots nous entraîne, nous enivre, nous porte. On a l'impression de se retrouver au milieu d'un livre, d'un conte, entre les lettres, les virgules, les points de suspensions : on croise le Destin, le Charme (Camille), la Nostalgie (Ondine), la Beauté (Camille et Ondine). Des personnages extravagants, lumineux, fous, complètement fous. Malgré des performances, parfois un peu fragiles, un dialogue un peu trop présent, pesant, les jeunes acteurs restent convaincants, touchants. La caméra les porte, l'image colorée, lumineuse, les mouvements doux, la musique (spectaculaire dans la séquence de tango) viennent ancrer le film dans cet univers un peu irréel, entre ciel et terre. Un premier film audacieux, et prometteur.
Afficher en entierLes retrouvailles... Dix ans plus tard. Les visages ont changé, les occupations aussi. Les doutes, les questionnements, les peurs restent les mêmes. Et les sentiments...
Ils ont jusqu'au couché du soleil, ils ont une heure et demie. Une heure et demie pour échanger. Une heure et demie pour se retrouver. Une heure et demie. C'est dérisoire. Et tellement long. Une heure et demie, donc. Une heure et demie sans coupure, sans ellipse, une heure et demie de rires, de pleurs, sans voile, sans artifices. Une heure et demie de vrai, une heure et demie de discussions, d'arguments qui fusent, de contradictions, une heure et demie de silence, de sourires, d'hésitations, de gêne, d'incertitudes. Rien n'est plus comme avant. Ou peut être que si, justement...
Un film brillant par ses dialogues, diamants brutes, ses personnages, complexes, sa notion du temps, loin d'être ordinaire, plutôt extraordinaire. Et nous spectateurs, pris dans leur manège infernal, traversons les rues lorsqu’ils les traversent, marchons dans les parcs, grimpons les escaliers en silence, dansons, déroulons le temps,en même temps qu'eux. D'une force et d'une originalité incroyable. Un chef d’œuvre, par sa mise en scène, son rapport au temps. A voir. Absolument.
Afficher en entierBlue Jasmine... J'en avais entendu parler. Beaucoup entendu parler. Alors, un soir... Un soir je me suis jetée dans la gueule du loup. Jetée toute entière, sans réfléchir, entre les silences et les cris mis en scène par Woody Allen, je me suis jetée et je me suis laissée porter, glisser en Amérique, dans les rues chaudes et colorées, dans les palaces dorés, sur les trottoirs, abimés, entre deux sœurs, opposées.
C'était grand, c'était beau, c'était triste et pigmenté, bleu et blues. Parfait. Des répliques cinglantes, émouvantes, toutes en sobriété. Cate Blanchett au sommet de son art. Magnifique dans son interprétation, magnifique dans ses crises de larmes, dans ses coups de blues, dans son élégance, son charme, sa présence. Magnifique dans sa folie. Un film à voir. Absolument.
Afficher en entierThe Bling Ring: un gang de jeunes qui cambriole les appartements, les demeures des stars. Les diamants, les chaussures - Sofia Coppola a vraiment un problème avec les chaussures - les vêtements, les paillettes, les lunettes, les fêtes, le bling, le ring et les caméra de vidéos surveillance. C'est le quotidien de ces jeunes, qui s'ennuient, qui s'ennuient, qui s'ennuient. Et les cambriolages - chez Paris Hilton- les vols - chez Orlando Bloom - apparaissent alors comme quelques chose de banal, de naturel. Sûrement pas quelque chose d'extraordinaire. Et c'est là que se trouve tout l’enjeu du film: réussir à transformer un événement exceptionnel en une bricole dérisoire, anodine : une routine.
Un film, assez plat sur la forme, donc. Mais sans aucun doute extrêmement intéressant à étudier. Un groupe d'acteurs très bien dirigé, une bande originale toujours aussi étonnante, piquante, joyeuse. De belles images, de belles lumières. Un film, à voir.
Afficher en entierThe Virgin Suicides. L'histoire de cinq filles, cinq sœurs, leur vies, l'adolescence, le lycée et les garçons. Une histoire simple, à priori. Banale. Et pourtant...
Des actrices superbes, des images douces, colorées, dorées pour raconter une histoire dure, amer. Une bande originale qui porte tout ça vers le ciel, au-dessus des nuages. Un joli film sur la vie, sur toute sa complexité. Sur une relation, fusionnelle, entre cinq sœurs. Sur des problèmes de société. Des problèmes de société actuels. Des problèmes de société qui font réfléchir. Malgré un montage parfois trop lourd - des fondu qui auraient pu être supprimés -, un peu enfantin, amateur, qui retire de l'élégance au film. Malgré des effets visuels - Spoiler(cliquez pour révéler)le scintillement des dents de Luz - pas forcément nécessaires. Malgré quelques clichés, le premier film de Sofia Coppola reste intéressant, complexe et lumineux.
Afficher en entierJ'avais vu Respire (deuxième long métrage de Mélanie Laurent). Avant. Et du coup, j'avais un peu peur. Avec celui-ci. Peur d'être déçue. Les Adoptés, c'est l'histoire de Marine. C'est l'histoire de Lisa. C'est l'histoire d'Alex. Deux sœurs et l'amoureux. Et puis c'est l'accident. Marine qui part, qui s'en va, le long sommeil de cent ans. Alors Lisa et Alex doivent apprendre à vivre ensemble, à se découvrir, à se réinventer. Un joli film. Tout en douceur, tout en finesse. Avec un goût de bonbon qui reste sur la langue. Un esprit enfantin, poétique, qui, de sa baguette magique, dépose une pluie de légèreté sur la pellicule. Une pluie de légèreté qui permet au film de rester drôle, touchant. Les images, leur intimité, la douceur des couleurs, le flou et la netteté viennent encore ajouter de la tendresse, de l'émotion à ce premier essai. Plutôt concluant.
Afficher en entierJe n'ai jamais vraiment apprécié les films historiques.Toujours les mêmes histoires, lentes, avec un peu de sang, d'amour et des costumes. Alors en empruntant le DVD, j'avais des a priori. Mais c'était Sofia Coppola, et je me suis laissée tenter. Heureusement. Ce film est une perle, un joyau à tous les niveaux.
Tout d'abord, les images avec cette ambiance girly, décalée, douce, gourmande, pétillante, vivante. L'impression de se retrouver à l'intérieur d'un château de poupées.
Ensuite, la bande originale, merveilleuse. Allier l'Histoire et la musique actuelle, le passé et le présent révèlent l'ingéniosité de la réalisatrice. Son originalité, sa perspicacité.
Enfin, des personnages captivants, parce qu'un peu fous, un peu trop jeunes. Des enfants au pouvoir.
Marie-Antoinette aurait été fière de porter un tel bijou à sa couronne.
Afficher en entierJoli film sur le monde de l'équitation. Finalement assez méconnu. Jappeloup c'est l'histoire d'un cheval, trop petit pour concourir, pas assez musclé. Trop fougueux, indomptable. Mais les apparences sont parfois trompeuses... Pierre Durand décide de tout plaquer pour dresser ce cheval. Pour la fierté de son père aussi. Et il y parvient. Sans nouer de relations, sans intimité. Il y parvient. Juste pour l'argent. Et ça m'embêtait, cette relation. Comme les scènes de courses, répétitives. Et des discussions, souvent identiques: si tu ne veux plus continuer, arrête. Et puis, plus tard, après une remise en question, on recommence. Pierre réapprivoise son cheval. Et ça devient intéressant. Les liens qui se tissent, l'amour qui naît entre un cavalier et son cheval. Les images sont très belles, douces, pleines de lumière. Un joli film, sans plus. Pour passer un bon moment, tout en émotion.
Afficher en entier"Le bal des actrices''. J'avais très envie de le voir.
C'est la vie de Karine Viard, Muriel Robin, Charlotte Rampling, Estelle Lefebure et beaucoup d'autres sans maquillage, sans chichi, sans paillettes, tapis rouge et robes de princesses. Dans les coulisses. Dans leur intimité. Avec tous les problèmes, toutes les joies. Parce que finalement, être actrice, c'est pas la vie en rose tous les jours.
J'ai apprécié ce film pour son originalité. Son côté documentaire, sans prise de tête. Filmer les actrices au plus près de leurs émotions, même si les images ne sont pas forcément belles, même si la mise en scène n'est pas exceptionnelle. Plutôt banale. Ça permet de se rendre compte, de voir l'envers du décors. D'apprendre. Qui elles sont? Qu'est- ce que ça veut dire "être actrice"?
Et puis il y a les passages chorégraphiés. D'où le bal. Les actrices chantent et dansent leurs rêves. Et ce sont les seuls instants où nous retrouvons les paillettes. Tout ce qui brille. Peut-être pas vraiment utile...
C'est le côté un peu barré du film.
Et c'est aussi ça, qui fait son charme.
Beaucoup d'humour, des coup de gueules et des coup de blues, des rires, de la complicité, de la tendresse, de l'amour. C'est ce qu'on trouve en entrant dans le bal, parfois un peu brouillon, de Maïwenn.
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Le film débute avec un joli plan séquence. On se dit, ah tient, peut-être... Les espoirs retombent vite.
Japon. Toshio, Akié et leur petite fille mènent une vie paisible. Yasaka, ancien ami de Toshio, vient frapper à la porte. Doucement, il s’immisce dans la famille, apprend l'harmonium à la fillette, se rapproche dangereusement d'Akié. Les clichés s’enchaînent – triangle amoureux, excuses simplettes et idiotes permettant aux deux amants de se rapprocher, histoire d'amour à l'eau de rose. De l'ordinaire. Le premier élément perturbateur apparaît comme une fin. Yasaka a commis l'irréparableSpoiler(cliquez pour révéler): l'enfant a été violemment blessée, se retrouve en fauteuil roulant. pour le reste de ses jours. Mais nous ne sommes qu'à la moitié du film. Spoiler(cliquez pour révéler)Les parents n'ont alors plus qu'un seul but en tête: retrouver Yasaka. Le faire payer.
La deuxième partie du film se retrouve alors noyée sous un trop plein de pathétique, de tragique. Le verre déborde de tous les côtés. Le rythme disparaît :les plans sont mal dosés, trop longs, ne dévoilent rien d’intéressant, l'accélérateur est cassé. Et les effets de surprise s'écroulent – car clichés, déjà vus -, deviennent prévisibles. Harmonium se veut dénonciateur. Peut être trop : les sujets sont surabondants, trop vaste : la vie de couple sur le long terme,Spoiler(cliquez pour révéler)la manière d'appréhender le handicap le lien mère-fille, les trahisons, l'expérience de la prison, la vengeance...
Il aurait fallu en choisir un seul, l'exploiter en profondeur, ne pas uniquement le survoler. Le film, à tous les niveaux, donne l'impression de ne pas avoir été suffisamment travaillé. Il aurait fallu relire le scénario, revoir le découpage technique, supprimer certaines séquences au montage : un brouillon, qui aurait pu être agréable, si l'on avait prit la peine d'effacer toutes les tâches d'encres abîmant la feuille.
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