Les commentaires de Abssynthe
Que-dire de Silence, hormis que c'est un film très particulier, au rendu contrasté, à mi-chemin entre ce qui peut être de l'ordre du sublime et du très moyen, voire du médiocre. S'il porte indubitablement la patte du maître Scorsese, il n'est pas à mettre en toutes les mains, et certaines sensibilités seront rebutées par deux heures et quelques de films très mitigées.
Commençons par ce qui fait honneur au long-métrage ; on ne peut pas passer outre d'un jeu d'acteur très poussé, juste, impressionnant. Andrew Garfield (que je connaissais jusqu'alors pas) nous livre ici l'excellente interprétation d'un prêtre jésuite parti au Japon pour retrouver ne serait-ce qu'une trace de son mentor. A ses côtés, un Adam Driver, qui, bien qu'il met un peu de temps à me convaincre dans la première partie du film, est très bon lui aussi (j'ai du me détacher de l'image de Kylo Ren, évidemment, m'enfin...). Bref, les personnages, les épreuves qu'ils subissent tandis qu'ils tentent de rester maîtres de leur destin face à un Japon majoritairement hostile à tout ce qui a trait à la Chrétienté, constituent indubitablement le mur porteur fait de béton armé du film. Chapeau, les gars !
De plus, deux autres points remarquables sont à trouver dans le visuel et dans l'aspect historique du film. Le premier, car la photographie est simplement sublime, la tentative d'originalité pour certaines prises de vue est louable (gros plans, vitesse de caméra, panorama). Le second, car bien que basé sur un livre, le film a pour cœur la persécution violente et systématique des chrétiens, missionnaires comme convertis, durant le XVIIe siècle. Cette problématique, en plus de mettre en place un malaise efficace, diffus et constant pendant toute la durée du film, élève le propos à d'autres questions : est-il juste de tenter d'imposer sa religion dans un pays qui a déjà la sienne ? A cause de la barrière de la langue, les convertis ont-ils réellement saisi le cœur de la foi chrétienne et de son dogme ? Quid de l'apostasie ? Bref, un film qui est d'abord axé sur une quête (la recherche du Père Ferreira), mais qui est aussi, complètement, totalement un film sur les religions et le rapport à l'altérité.
Parlons de Ferreira et de son interprète ! (Oui un paragraphe rien que pour lui, mais il y a tellement de choses à dire à ce propos). Liam Neeson est au top de sa forme, mais est-ce si étonnant ? Un personnage ambigu, qui brille par son absence pour finalement se dévoiler en un homme... semblable ou différent ? Telle est la question. Bref, Ferreira constitue la princesse à aller délivrer (excusez la métaphore) au prix de lourds sacrifices, au prix d'une remise en cause de soi-même. Une princesse qui, finalement, apporte le dernier mot.
Enfin, Silence est un film sur la religion - sur les religions, et la part est donnée à l'imagerie chrétienne et à la réflexion sur Dieu, la foi, quelle place donner aux actes et aux intentions. Le parallèle christique est un motif récurrent, tellement récurrent que cela semble se transformer en folie pour certains personnages. Si ce lien avec la Chrétienté est remarquable, intéressant, bref, plus que bienvenu, il tombe à mon avis dans deux écueils : des références si récurrentes que cela tombe dans le matraquage, et une certaine "limite" pour ceux qui ignorent tout des grandes lignes de la Bible et de ses personnages, puisqu'ils passeraient de fait à côté de très nombreux clins d’œil ou parallèles parfois subtils.
Silence est une œuvre d'art extraordinaire qui m'aura marquée à jamais, c'est certain. Mais plusieurs défauts m'ont vraiment dérangée, et commençons par le plus évident : les longueurs, récurrentes. Je comprends que le réalisateur a voulu donner une impression de fatalité, de désespoir, dans une situation où la foi est à la fois radeau de sauvetage et lumière qui vacille ; mais à plusieurs reprises, les séquences semblaient s'allonger à l'infini, voire se répéter ! La référence aux trois abjurations de Pierre est certes très intéressante, je ne dis pas le contraire, mais le personnage de Kichijiro tournait au ridicule au fur et à mesure que le film avançait. Certaines séquences étaient ainsi d'une platitude ordinaire si ce n'est médiocre, contrastant avec des scènes d'une émotion insoutenable, Spoiler(cliquez pour révéler)comme l'apostasie de Ferreira ou celle de Rodrigues - quelle image, que celle du prêtre se prosternant devant une icône sacrée qu'il vient de piétiner, le tout dans un ralenti des plus sublimes ! ...
Et cette voix off ! Le procédé est louable, intéressant pour mettre en place le contexte, où pour narrer de manière continue le contenu des lettres de Rodrigues à son supérieur ; mais au bout d'un moment, cette voix off prend le pas sur l'action à l'écran et ne fait que figer le tout. Dommage. Je suis déçue, car je m'attendais à tellement mieux ; et quand je vois les quelques scènes extraordinaires, je le suis encore plus.
Un film extrêmement contrasté, entre sublime et passable voire médiocre - mais finalement sauvé, pour ma sensibilité personnelle, par les significations multiples de ce titre, "Silence". Un jeu sur les sons, le silence dans la prière, le silence de Dieu face aux épreuves, et enfin... Spoiler(cliquez pour révéler)Ce Silence comblé par la voix rassurante de Jésus à son prêtre sur le point d'apostasier. Une scène en or qui aurait pu aisément être la fin du film.
Afficher en entierSi le film, en bon biopic qu'il est, possède une portée didactique et critique sur l'histoire, son point fort réside fondamentalement dans la synergie qu'il existe entre les deux personnages principaux.
Clairement, "Something The Lord Made" (oui, à voir en VO, bien que le doublage VF soit plus que satisfaisant !) est un téléfilm qui veut donner à Vivien Thomas la renommée et le prestige qui lui sont légitimement dus. Ainsi, deux thèmes principaux sont abordés de manière très efficace : celle de la première opération sur un coeur, première étape vers le traitement de la Tétralogie de Fallot ; puis, bien entendu, et surtout, peut-être, le racisme et la ségrégation aux Etats-Unis pendant la première moitié du XXe siècle.
Le premier thème est abordé de manière intéressante je trouve, telle une enquête aux enjeux cruciaux - les vies d'enfants souffrant de cyanose. Le deuxième, lui, est d'abord posé en toile de fond, dès la première scène, pour ensuite s'imposer comme LA ligne directrice du film ; la critique faite du racisme n'est pas faite de manière linéaire ou moraliste, ici, mais bien à travers le personnage de Thomas et son chemin traversé d'obstacles vers la médecine.
Selon moi, le coeur (sans jeu de mot douteux) du film repose sur les personnages, par lesquels le spectateur voit la société états-unienne de l'époque. Thomas, brillamment interprété par Mos Def, est aussi vu à travers sa vie quotidienne : famille, travail, statut des Noirs... L'hostilité vis-à-vis de sa communauté est certes montrée, mais à chaque fois sans le dire explicitement (expressions outragées de Blancs, paperasse...), ce qui renforce pour moi son côté révoltant.
Si la réalisation et la mise en scène restent très ordinaires voir expéditives pour certaines séquences (l'aspect visuel n'est clairement pas le point fort du film), cet écueil est rattrapé par cette société montrée et les personnages d'Alfred Blalock et de Vivien Thomas naviguant à l'intérieur, l'un acclamé par la communauté médicale et enchainant discours sur discours, l'autre parqué dans l'ombre de son statut imposé par une société injuste. On voit que Thomas ne supporte plus cet état de fait, mais ne résiste pas ou peu à la pression sociétale ; Blalock, lui, s'il peut apparaître comme le stéréotype du chirurgien arrogant, n'adhère pas au système raciste (sa réaction face au mot "nègre" est d'ailleurs tout à fait révélatrice), estime Thomas et ses compétences tout en ne le disant pas à haute voix. Ainsi, son personnage, joué par Alan Rickman (toujours aussi bon et talenteux, je me lasserai jamais de son jeu) montre que même être blanc à cette époque ne signifie pas être forcément à l'aise avec le système. Pour lui aussi, la vie de tous les jours est montrée, humanisant encore un peu plus un personnage que je n'ai pas trouvé aussi "orgueilleux" que l'annoncent de nombreux synopsis...
J'ignore le degré de fidélité à l'histoire de ce film, mais je m'incline face à l'évolution des deux personnages, loin d'être linéaires ou clichés, et surtout le lien qui se forge peu à peu entre le chirurgien "officiel" et celui qui, sans jamais pouvoir montrer son visage, officie. Chacun tient à l'autre, mais leur amitié n'ai jamais vraiment dite, et encore moins effusive ; c'est en ça que je trouve ce lien magnifique. Tout passe par la médecine, mais ne se résume pas qu'à elle. Mention spéciale aux scènes de découverte scientifique ou de succès d'opérations, véritable boîtes à émotions ; et la fin, bien que prévisible (puisque nous sommes face à un biopic), m'a tiré une petite larme (Bien trouvé, la superposition des tableaux fictionnels et réels, les gars!).
Le nom de Thomas a-t-il été d'abord été oublié dans le nom "anastomose de Blalock-Taussig" parce qu'il était noir, ou parce qu'il n'était pas médecin ? Probablement les deux, et c'est cette tension palpable jamais vraiment dite qui est construite avec brio dans ce film à travers les personnages et la critique d'un système injuste. Un film qui fonctionne sur l'émotion, le suspense, les joies et les désillusions ; à voir pour les curieux du genre et pour sa culture générale.
Afficher en entierUn film d'animation qui a marqué profondément mon enfance. Nous le regardions avec mon jumeau au moins une fois par mois, à tel point que les chansons me reviennent encore aujourd'hui. Voilà bien longtemps que je n'ai pas sorti la cassette. Peut-être serais-je tentée par la version anglaise ou danoise...
Un film pour enfants bien loin de certaines niaiseries animées, brillamment équilibré entre touches comiques et morales plus sombres. A voir.
Afficher en entierIl s'agit du premier film basé sur un ouvrage de Jane Austen que je visionne (une écrivaine qui me laissait jusque là indifférente), et je dois admettre que j'ai été comblée. Que dire d'autre face à cet excellent rendu de la société de la fin du XVIIIe siècle, cette brillante diction qu'ont les acteurs en maîtrisant un anglais que j'affectionne particulièrement.
Ce film est un bijou d'émotions, de sentiments, et c'est aux côtés des personnages que nous ressentons leurs joies ou leurs peines. Si la réalisation d'Ang Lee n'est pas extravagante, elle sert néanmoins avec humilité et justesse l'histoire et les tournants amoureux.
Et la musique, que dire de la musique ! Ces compositions sont d'une extrême beauté, et servent parfaitement bien, telles des touches impressionnistes, des indices laissés subrepticement à l'égard du spectateur, à ornementer l'intrigue. J'ai une affection particulière pour les personnages d'Elinor et d'Edward, leur résignation douloureuse face aux diktats sociaux et au fatalisme des serments les rendant tellement dignes de sympathie et de compassion. Mention spéciale à Hugh Laurie dans son rôle de Mr. Palmer (je ne l'avais immédiatement reconnu) ; il joue très justement (avec une pointe comique qui m'a arraché des rires) cet homme froid et distant au premier abord, mais généreux envers ceux qui le méritent.
Néanmoins, ce film étant construit autour de personnalités et de caractères contrastés, Marianne Dashwood et le Colonel Brandon (un des meilleurs rôles d'Alan Rickman pour moi, il y est tout simplement brillant et touchant ; j'ai vu ce film pour l'anniversaire de sa disparition, une sorte d'hommage) sont les personnages qui m'ont le plus touchée. Au diable tout commentaire rationnel et analytique, ce film appelle d'abord au ressenti et à l'irrationnel ; tout en montrant l'importance de la raison et de la retenue. L'évolution de Marianne après sa mésaventure, puis au contact du Colonel cristallise cette relation étroite entre raison et sentiments, et la nécessité que ces deux pendants de coeur se modèrent mutuellement...
Quel jeu d'acteur ! Quelle atmosphère si prenante et édifiante ! Quand bien même de nombreuses critiques ont été faites à ce film quant à la liberté prise par Emma Thompson vis-à-vis des personnages (ceux du Colonel et de Willoughby, notamment), je trouve cette originalité bienvenue pour le regard d'un spectateur de la fin du XXe siècle - les attitudes qu'on attend d'un homme amoureux sont bien différentes de celles de la société du XVIIIe siècle (Ainsi, un Colonel Brandon mélomane est assez surprenant si on se réfère à ce que doit être un gentleman à la fin des années 1780). Les puristes grinceront des dents, les personnes avides de romantisme (diable ! Changerais-je mon point de vue général sur les histoires d'amour ?) y trouveront leur bonheur, quitte à y laisser quelques larmes ; que dis-je, l'épitome de l'histoire d'amour pas toujours heureuse.
Voilà quelques heures que je l'ai terminé, et je suis encore toute chose !
Afficher en entierJ'étais bien réticente à visionner ce film, mais le côté thriller de la première partie m'a agréablement surprise. A chaque instant, de nouvelles interrogations se cumulent à d'autres, et l'atmosphère très dérangeante à l'intérieur du bunker participe à la mise en place d'un suspense qui tient vraiment en haleine. Le jeu des trois acteurs présents est très bon, donnant lieu à un excellent huit-clos.
Mais... la fin est une très grosse déception. Non pas qu'elle soit absurde, ni même imprévisible (cette prévisibilité est peut-être un tord, justement) - mais j'ai eu l'impression d'avoir vu une fin sans réelle attache avec les minutes passées dans le bunker, comme si on avait collé sommairement deux bouts de films aux genres complètement différents. Et de nombreuses questions restent en suspens alors qu'elles sont ce qui donne à ce film un potentiel intérêt : quid de tout cela ? J'ai eu l'impression d'être devant de bonnes idées mises bout à bout, mais se sabordant toutes seules dans les dernières minutes ; contraste qui s'avère ridicule. Décevant.
Afficher en entierUn bon film lorsque l'on sait à quoi s'attendre - hémoglobine, explosions et coups de feu à foison. Certains passages du film sont vraiment accrocheurs, d'autres sont plats et sans réel intérêt pour l'intrigue. Quelques faiblesses du point de vue des personnages, John McClane ne paraissant être capable que de jurer en accomplissant les cascades les plus folles, même si son côté "là au mauvais moment et au mauvais endroit" l'éloigne agréablement des gros durs habituels joués par des Schwarzenegger, Stallone ou autres. Heureusement, d'autres rôles rattrapent le tout (Hans Grüber est un méchant très convaincant et suffisamment éloigné du vilain stéréotypé pour pouvoir l'apprécier ; d'autant plus qu'Alan Rickman nous livre là une très brillante première fois au cinéma).
En résumé, il s'agit là d'un bilan mitigé : des clins d’œil à la culture populaire ou classique appréciables, de bonnes trouvailles scénaristiques, mais des personnages parfois bien pâles et des passages qui tournent à vide, bien que j'ai vraiment apprécié voir le film à travers les petites anedoctes du tournage (improvisations à la "Hans, bubbe !", cascades "ratées"...). A voir pour les amoureux du genre, ou tout simplement, comme moi, les curieux.
Afficher en entierUn des meilleurs films Marvel à ce jour... selon moi, le meilleur, même. J'attendais Doctor Strange avec beaucoup d'impatience et d'espérance, je n'ai pas été déçue. Le casting porte ce blockbuster à un niveau tout autre. Chiwetel Ejiofor et Benedict Wong incarnent avec brio des rôles adjuvants mais consistants, dotés de relief ; Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton et Mads Mikkelsen (ma triade préférée) jouent chacun d'eux leur personnage avec talent, et leur expérience brillantissime dans des films et séries (Twelve Years a Slave, The Imitation Game, Sherlock pour le premier, Young Adam, Only Lovers Left Alive pour la deuxième, La Chasse, Hannibal pour le dernier), bien loins de la franchise Marvel, apporte un souffle d'originalité à une franchise qui parfois s'enfonce dans les stéréotypes mal menés.
Le personnage de Stephen Strange est ainsi très bien endossé par Cumberbatch, parfait -comme toujours, et ô combien charismatique- dans la peau d'un homme génial mais tellement arrogant, à qui des événements vont entraîner à transformer une partie de son être. La dimension (sans mauvais jeu de mots) mystique, spirituelle (pour moi, philosophique, cf. la tirade explicative de l'Ancien) se pose ainsi en contraste dès le début avec un personnage foncièrement matérialiste et fataliste, pour amener l'idée de rédemption et de reconversion de soi vers un plus grand objectif. Une ouverture de l'ego vers le monde extérieur, teintée d'une pointe de sacrifice personnel. Le chirurgien qui devient un super-chirugien en somme... d'une autre façon.
Bien entendu, ce film reste un monstre d'abord visuellement parlant. Si les effets spéciaux et la CGI sont de très grande qualité, c'est cependant une habitude chez presque tous les Marvel, donc rien de bien démarquant pour Doctor Strange. Non, ici, ce n'est pas tant la qualité de l'image que ce qui est montré par l'image elle-même qui permet au film de sortir du lot et de se singulariser des films précédents. La patte de Marvel est bien sûr bien ressentie, mais les plans en kaléidoscope, en miroir, et les enchaînements de tuilages et de réplications à l'infini non seulement sont parfaitement en accord avec la philosophie du film et l'histoire de Stephen Strange, mais créent un véritable bijou visuel, bien loin des explosions de missiles du Shield ou des belles et limitées lumières bleues d'Iron Man. Car rien de tout ça pour Doc' Strange : chaque plan prend le cerveau du téléspectateur par surprise et l'éloigne un peu plus des plans plan-plan du blockbuster moyen.
Enfin, les pointes d'humour disséminées tout au long du film ne sont pas quelque chose de nouveau pour les Marvel, mais j'ai trouvé personnellement qu'elles n'étaient pas toujours bienvenues. Attention, chacun des moments comiques ne durait que quelques secondes et était individuellement très... comique justement (certains m'ont vraiment fait rire aux éclats), mais leur fréquence trop élevée à mon goût ternissait la base somme toute assez sombre, sinon sérieuse du film et en cassait le rythme.
En résumé, Doctor Strange est selon moi le meilleur volet de la franchise jusqu'à ce jour, identifiable comme Marvel mais si différent des précédents films. Le personnage de Strange vient en tout cas de détrôner celui de Tony Stark dans mon classement super-héroïque.
Spoiler(cliquez pour révéler) Le sous-titre de ce film pourrait très bien être "les voyages à répétition de Stephen Strange au bloc opératoire".
Afficher en entierCe fut avec joie que je regardai ce film, depuis le temps qu'il me faisait envie... Et bien, je peux dire que je n'ai pas été déçue. Mais probablement est-ce parce que Nightwish est un groupe avec lequel j'ai grandi, et que j'étais familiarisée avec la patte de Tuomas Holopainen, parfois un peu déroutante pour les néophytes du groupe finlandais.
Le scénario, sans être d'une originalité absolue, est bien sympatique, assez (trop?) complexe à saisir. C'est un de ces films qu'il faut regarder une seconde fois pour avoir davantage de recul. On a ici le schéma classique : une première partie assez incompréhensible, puis peu à peu la pelote se déroule et on comprend où l'intrigue veut aller. Mais c'est indubitablement une oeuvre très poétique qui nous est livrée, pour un résultat des plus jouissifs, surtout quand on connait un peu les inspirations de Holopainen : le poète Walt Whitman, le monde du cirque qui est ici poussé jusqu'au grotesque (pour mon plus grand plaisir coupable).
Niveau acteurs, le jeu est dans l'ensemble honorable. Si les membres de Nightwish, bien que dans des rôles mineurs, font bien belle figure dans leurs personnages aux noms décalqués sur les vrais (cf. les crédits de la fin : Jack pour Jukka, Marcus pour Marco, etc. ça n'a que peu d'importance, mais moi ça m'a fait rire), certains comédiens, si leur interprétations sont honnêtes, ne me laisseront pas un souvenir à vie. Même si j'ai bien aimé l'acteur dans le rôle du bonhomme de neige... j'en ai oublié son nom. Néanmoins, mention spéciale à Marianne Farley que j'ai beaucoup aimé dans son rôle de Gem Whitman.
Musique ! Que dire de la musique, sinon qu'il faut être un fan du groupe pour l'apprécier à sa juste valeur. Certaines scènes sont jouissives (Scaretale, Last Ride of The Day, et le solo de guitare d'Emppu Vuorinen sur Slow Love Slow, notamment), et à mon avis, le film remplit son contrat de film musical. Personnellement, c'est toujours un immense plaisir de me repasser en boucle l'album entier.
Enfin, les images de synthèse sont bien correctes pour un film qui ne se veut pas trop exigeant sur ce point là. Les costumes et les maquillages, quant à eux, sont de l'ordre du génie - certains plans en deviennent cultes.
Bref, "Imaginaerum", est un film à conseiller d'abord aux fans de Nightwish. Et aux plus curieux... qui n'ont pas peur d'être déroutés par un univers étrange, presque burtonesque, mais aussi plus holopainesque. Pour ceux-là, à voir et à revoir. Vous m'avez comprise...
Afficher en entierUn bon film d'animation, qui malgré quelques longueurs au début reste bien agréable à voir. L'animation est quant à elle toujours excellente, l'action est au rendez-vous, et la bande sonore à la hauteur (le contraire aurait été étonnant pour un Star Wars).
Si le scénario n'est pas mirobolant, l'intrigue reste intéressante en ce qu'elle fait la passerelle entre l'Episode II et la série animée The Clone Wars, et surtout, elle met en scène une grande diversité de personnages qui donne un bon souffle au fil rouge du film.
Bref, un film qui reste d'abord à voir pour les amateurs de la licence Star Wars, en sachant qu'il ne vaut ni les deux trilogies, ni la série animée.
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Un film moyen, qui offre la surprise de n'être pas qu'un simple film de survie, mais aussi une réflexion sur la manière de vivre en homme, honorablement et solidairement, face à une nature hostile.
Si la première demi-heure est très intéressante, on retrouve à partir du crash de l'avion quelques clichés du survival : le type qui conteste chaque mot, chaque initiative du McGyver providentiel, etc. La CGI des loups est loin d'être exceptionnelle, mais on s'y fait progressivement ; et si l'idée de loups anthropophages est assez peu crédible, le côté "perdus autour de nulle part" associée à votre suspension volontaire de la crédulité finira peut-être par convaincre. La beauté des paysages, elle, apporte un véritable souffle pour une intrigue qui ralentit peu à peu, jusqu'à ce que l'accumulation de longueurs se fasse vraiment trop sentir. Cet étirement de l'histoire sur presque deux heures de film était à prévoir, sachant qu'il s'agit là de l'adaptation d'une nouvelle - une histoire courte.
Mention spéciale pour la fin, avec un jeu de regard et de son animal juxtaposé qui permet d'élever la métaphore de l'homme animal à son apothéose. Une fin frustrante, mais pertinente, qui laisse cours à un choix du spectateur.
Loin d'être un film exceptionnel, mais qui se laisse regarder.
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