Les commentaires appréciés par Joyce585
SPOILERS
Spoiler(cliquez pour révéler)Je ne vais pas m'étendre sur le scénario, le jeu des acteurs et actrices ou la qualité de la réalisation pour la simple et bonne raison que malgré son indéniable mystère et ma curiosité, il ne m'a pas été possible de terminer ce film. Il me semble par contre important de dire quelques mots sur le traitement réservé à deux scènes de même nature, envisagées sous deux angles complètement différents à seulement quelques minutes d’intervalle. Il s’agit des deux scènes de viol : la première, où Ettore (Ewan Mitchell) tente de violer Boyse (Mila Goth) et la deuxième, où Dibs (Binoche) viole Monte (Pattinson). La scène de la tentative de viol d’Ettore sur Boyse ne laisse aucun doute sur la nature de l’action, et se conclue aussi violemment qu’elle a commencé : Ettore est tué par une autre membre de l’équipage. Bon, j’ose dire sans regret, parce que ce personnage a depuis le début été dépeint comme brutal voire bestial, à deux doigts de passer à l’acte. Bref, il n’avait rien de bien sympathique pour commencer, mais après la violence de l’agression, soulignée notamment par les cris qui accompagnent toute la scène, l’issue était assez évidente. Le problème vient de la juxtaposition de cette scène de viol et de la suivante. Quelques minutes plus tard, Dibs s’introduit dans la chambre de Monte et s’allonge sur lui. La voix de Monte, qui retrace ces évènements a posteriori, vient d’introduire la scène en disant que Dibs a drogué les passagers et passagères. Donc premier problème : on sait que lorsque Dibs commence à toucher Monte, celui-ci est non seulement endormi mais inconscient, car drogué. Il n’est donc pas en mesure de réagir à ce qu’il se passe autour de lui, et donc pas en mesure de consentir à un rapport sexuel. C’est un viol. (en outre Monte dit explicitement très tôt dans le film qu’il a choisi l’abstinence sexuelle, et Dibs le sait puisqu’elle l’appelle « monk », moine) Deuxième problème : un certain nombre d’éléments dans cette scène et dans ce qui l’amène viennent comme masquer le fait qu’il s’agit bien d’un viol, comme si on disait « oui bon c’est un viol mais... ». C’est un viol « mais » le personnage de Dibs est, contrairement au précédent violeur, construit comme un personnage sensuel et attirant dès le début du film. Il n’y a rien à redire de la performance de Binoche, qui incarne à merveille ce côté sorcière/ensorceleuse et on sait rapidement que les hommes de l’équipage ne sont pas insensibles à son charme et à son mystère (Ettore ou Monte lui-même disent qu’elle est « foxy », sexy). Pour autant, on sait aussi qu’elle mène des expériences douteuses en échangeant le sperme des passagers contre des drogues, et qu’elle modifie le dosage de ces drogues dans l’eau que les membres boivent, pour influencer leur sommeil. Bref, elle a du pouvoir sur les autres membres et elle en abuse. Quand elle s’allonge sur Monte, lui lèche les doigts et les insère dans son vagin pendant qu’il est inconscient, elle abuse là encore de son pouvoir. Or dans cette scène, ce n’est pas le pouvoir et la domination qu’elle exerce insidieusement sur l’équipage qui se ressentent au premier lieu, mais la sensualité. Tout tranche avec la scène de viol précédente : à la brutalité d’Ettore, à la rapidité de l’enchaînement des actions et à l’agressivité de la bande-son (des cris) répondent la lenteur des gestes de Dibs, son chuchotement, et le choix d’une musique douce et sensuelle. Une part de nous doit bien voir qu’elle abuse d’une situation de pouvoir et que Monte, inconscient, ne peut pas consentir à ces gestes, mais tout est fait pour nous conditionner à croire que c’est une scène érotique, pleine de volupté. Et après tout, c’est Juliette Binoche, il en a de la chance ce Pattinson, non ? Sauf que, qu’elle soit sexy et douce dans ses gestes n’enlèvent rien à son intention et rien non plus au fait qu’il s’agit bien d’un viol. Dans le commentaire de cette scène dans une critique, j’ai cru comprendre qu’on pouvait interpréter la sensualité affichée de cette scène et le choix de la musique comme des éléments montrant qu’on voit ici l’action depuis le point de vue de Dibs. D’accord, pourquoi pas. Mais dans une interview de Claire Denis sur Cinema Scope (https://cinema-scope.com/features/soft-and-hard-claire-denis-on-high-life/), quand le/la journaliste souligne que cette scène est « en quelque sorte un viol », Claire Denis lui répond que c’est un « soft rape » (un viol « doux »), contrairement à l’autre viol du film, qui lui serait plus violent. Elle ajoute que « voler le sperme d’un homme […] c’est une chose différente ». Nope. Il n’y a pas de viol « doux » vs viol « violent », un viol est un viol, point. Profiter de l’état d’inconscience d’une personne pour lui imposer un rapport sexuel, c’est un viol, il n’y a pas d’autre mot. Lorsque Claire Denis qualifie ce viol de « viol doux » et refuse de le mettre sur le même plan que le viol de Boyse (qui est bien sûr horrible et inacceptable, mais là n’est pas la question), elle alimente une foule d’idées reçues non seulement sexistes mais aussi extrêmement dangereuses. Cette prise de position soulève tellement de problèmes que je vais devoir faire une liste : l’idée qu’un viol n’en serait pas un s’il est perpétré par une personne sexy (faux) l’idée que le violer un homme (cis) ne serait pas possible (faux) – une érection peut être purement mécanique, elle n’est pas systématiquement synonyme d’excitation ; l’idée que les hommes (cis) ne pourraient pas être victimes de viol parce qu’ils seraient toujours partants pour avoir des rapports sexuels (faux – la libido n’est pas un super-pouvoir masculin, elle n’est pas constante). La banalisation de cette scène et les propos de Claire Denis alimentent ces idées reçues qui relèvent d’une virilité toxique (attendre des hommes qu’ils soient toujours prêts à fournir du sexe, croire que les hommes ne peuvent pas être victimes de violences et autant d’injonctions qui laissent entendre que les hommes n’auraient en fait pas droit aux émotions et ne seraient donc jamais susceptibles de vivre des expériences traumatiques), ainsi que la culture du viol. Cette scène comme ces propos sont graves et irresponsables pour la méconnaissance qu’ils témoignent de la réalité des violences sexuelles subies par des hommes et pour la claque qu’ils doivent envoyer à toute une partie de la population victime de ces violences. Si au moins la réalisation avait permis d’expliciter la nature de cette scène (= un viol), en évitant par exemple cette musique sensuelle et ce contraste avec la scène précédente, ou si Claire Denis avait remis en question sa conception du viol avant de lancer de telles inepties dans l’interview de Cinema Scope, les bases d’une réflexion auraient pu être posées. Dans un film qui interroge les rapports humains dans un contexte extrême en se focalisant sur la sexualité, la porte était pourtant grande ouverte pour ces questionnements.
Afficher en entierC’est une satyre sociale sur les dégâts de l’égoïsme et l’individualisme. Ainsi que sur la richesse, les gens dans les premiers étages ont toute la nourriture qu’ils désirent et ceux dans les derniers n’en ont aucune. Ce film dénonce aussi la cruauté humaine en enfermant ces criminels dans cette prison-tour mais aussi en les changeant d’étages tous les mois.
Des personnes qui travaillaient pour l’administration de cette prison, finissent par être enfermés dedans et on découvre qu’ils ne savaient pas du tout ce qu’il se passait à l’intérieur. Les âmes sensibles doivent s’abstenir de le regarder car il y a des scènes particulièrement gores et difficiles à supporter. Notamment beaucoup de cannibalisme, du dépeçage et des meurtres sanglants et tout nous ait montré. Rien n’est caché. Les acteurs jouent bien, le décor est simpliste mais réaliste et colle au scénario. C’est un huit-clos bien angoissant et prenant. Tout dans le film nous rappelle nos sociétés capitalistes et les critiquent clairement. Par contre, la fin est trop ouverte, pour moi. Il y a plusieurs explications possibles et je n’ai pas trouvé cela forcément clair et adéquat. C’est dommage car pour moi, ça gâche le film. Un message davantage coup de poing et plus explicite pour cette fin, aurait fait de ce film un film parfait. Dommage...
Afficher en entierAttendez vous à en prendre plein les yeux !! Un scénario étonnant qui passionne même si la complexité est bien présente, des scènes d'action qui nous scotchent au fauteuil et donnent des sueurs froides (à voir absolument sur grand écran )...Les 2h30 défilent à toute vitesse et ,même si un autre visionnage (et sans doute encore un autre...) semble nécessaire pour capter toutes les subtilités, le plaisir de la découverte est intense, Nolan est décidément devenu un maestro du septième art.
Afficher en entierLa toute première fois que j'ai vu ce film, j'ai été, je l'avoue, plutôt déçue. J'avais lu le livre ("Mygale" de Thierry Jonquet) et j'avais trouvé cette adaptation pas tip top, ce qui m'avait agacer sur le coup. Mais par la suite, j'ai appris à apprécier ce film à sa juste valeur, en le revoyant plusieurs fois à tête reposée. Certes, c'est encore et toujours une adaptation plutôt médiocre, mais ça reste malgré tout l'un des films les plus ambitieux et aboutis d'Almodóvar.
On nous propose une vraie ambiance de thriller, genre auquel Almodóvar ne nous avait pas habitué. Il y avait parfois du suspense dans ses films, mais toujours compensé par de l'humour ou une ambiance qu'à moitié sérieuse. C'est, il me semble, vraiment la première fois qu'il fait un film avec une ambiance si sombre, pesante et sérieuse, et pourtant c'est parfaitement réussis. Ce film est tellement étouffant qu'il peut vraiment rivalisé avec les classiques du genre. Bon, pas de grand suspense pour moi, comme j'avais lu le livre, mais l'intrigue est vraiment imprévisible si on ne l'a pas lu. Je trouve que ce film arrive à nous emmener sur des terrains qui n'ont jamais été explorés, ce qui lui donne une grande originalité et qui le rend vraiment très marquant.
C'est également un drame assez intéressant (moins de surprise sur ce point, car c'est un genre habituel pour ce réalisateur) car il y a vraiment beaucoup d'émotions, et des émotions rares en plus. Tous ça grâce aux personnages parfaitement construits, avec des caractères complexes et parfois contradictoires. Ils sont un peu tous tiraillés entre le bien et le mal. Spoiler(cliquez pour révéler)Du genre, Vincente, à la fois victime et violeur. Ou encore Marilia, qui à le regard compréhensif d'une mère, tout en n'approuvant pas les agissements de ses fils. Et, bien sur, Robert, à la fois génie de la médecine rongé par la culpabilité et le chagrin, chevalier servant de sa fille et bourreau psychopathe.
Les acteurs délivrent de vraies bonnes performances. Antonio Banderas est, à mon avis, un bien meilleur acteur quand il joue dans sa langue natale. Il est vraiment très crédible dans ce rôle inattendu. Spoiler(cliquez pour révéler)Enfin, moi, je ne l'imaginait pas dans un rôle de méchant, aussi sombre et froid, avant ce film. Je l'avais à tord cataloguer "beau mec à accent étranger de service", qu'il a largement interprété dans d'autres de ses films... Et finalement il m'a bluffé dans la 2nd partie du film. Les autres acteurs sont pour la plupart de parfait inconnus en France, mais ils s'en sortent tous avec les honneurs.
Par contre, je ne conseillerais pas ce film à tout le monde. Je crois que le film est interdit au moins de 12 ans en France, très franchement j'ai jamais compris pourquoi, -16 me semblerait plus juste. Il a une ambiance vraiment très malsaine et immorale, agrémenter de quelques scènes assez crues. Attention, je dis pas que c'est un défaut. Même si c'est plus poussé que dans ses autres films, ça reste un élément caractéristique du cinéma d'Almodóvar, et je ne vais surement pas lui reprocher cette impertinence que j'ai plus d'une fois adoré. Mais je comprend parfaitement que ça en dérange certains, d'où mes réserves.
A titre personnelle, la seule chose qui m'ait déranger, c'est les scènes de sexe. Elles sont pas forcément crues, mais quand même pas super classes et un peu trop insistantes à mon gout.
Afficher en entierJ'ai compris en sortant de ce deuxième opus pourquoi j’avais aimé « les petits mouchoirs » et surtout pourquoi je devais voir « nous finirons ensemble ». En réalité, ces films vous ouvrent le cœur en deux et viennent chercher tous vos sentiments, vos émotions enfouies en secret pour les mettre en exergue, mettre à nu cette vulnérabilité. Faire le deuil de l’insouciance pour laisser place à l’écrasante maturité et son lot de responsabilités. Ce poids un peu frêle sur nos épaules mais qu’avec une bande de potes est toujours moins lourde à porter. Finalement, on a tous nos fêlures mais on vient puiser auprès de ceux qu’on aime ce baume unique qui peut panser nos blessures. La douleur nous divise mais la guérison nous uni. Un film qui ne nous donne pas une leçon mais nous met face à la vie tout simplement.
Afficher en entierLes Plus :
- Bonne prestation des acteurs/trices en particulier Seana Kerslake et le petit James Quinn Markley bien sûr, autour duquel tourne toute l'intrigue.
Les Moins :
- l'idée de base est bonne (quoique que pas forcément très originale, ça m'a rappelé le " Simetierre" de Stephen King à certains moments) mais elle est mal exploitée, on finit le film avec plein de questions en tête Spoiler(cliquez pour révéler)(qu'est ce que c'est exactement que ces créatures ? Des extraterrestres ??? Comment sont ils arrivés là ? Que veulent ils exactement ?) tout est tourné de façon à ce que le spectateur ait peur ( l'obscurité, les portes qui grincent, l'ambiance sombre en général et Spoiler(cliquez pour révéler)le petit Christopher qui est flippant à souhait bien sûr) quitte à sacrifier des précisons qui auraient été importantes pour la bonne compréhension du scénario, dommage.
- Beaucoup d'incohérences également, il faut qu'on m'explique pourquoi dans les films d'horreur, le personnage principal au lieu de s'enfuir en courant va directement se jeter dans la gueule du loup ou alors attend gentiment que le monstre s'approche de lui ???Spoiler(cliquez pour révéler) Il y aussi le passage où elle sort de l'espèce de cratère à la vitesse de la lumière tout ça en portant son fils inconscient alors que toute seule elle avait déjà eu bien du mal à y entrer ! -_-
Afficher en entierUn film qui surpasse le premier de mon point de vue.
L'aspect psychologique est beaucoup plus travaillé, notamment pour Hit Girl, interprété par une Chloë Grace Moretz absolument magistral, et je mache mes mots. Elle rend son personnage vraiment interessant, et très attachant surtout, car on s'attarde plus sur la jeune fille derriere le masque qu'a l'héroïne.
Même si cela reste grandement caricatural, on se retrouve en face d'un vrai film de super-héros, avec des scène de baston interessante, des super vilains bad ass (Enfin, surtout Mother Russia quoi ! ) et de la reflexion.
Conclure là dessus serait une belle fin, mais je ne resiste pas a l'envie d'en redemander !
Afficher en entierJ'aime les films qui me font réfléchir, et c'est vraiment le cas de celui-ci. J'ai beau l'avoir vu aujourd'hui, j'ai déjà envie de retourner devant l'écran pour mieux le digérer.
Moonlight fait partie de ces expériences qui ne ressemble à rien de déjà vu. C'est lent, contemplatif. J'avais l'impression lors du visionnage de regarder l'océan ; il y a toujours des profondeurs cachées à apprécier.
La photographie, l'usage des couleurs et le traitement du son discontinu sont remarquables. Certains cadrages et choix de mises en scène m'ont aussi beaucoup marqués, comme le passage à la plage avec Kevin. Mais le plus fou sont les regards entre les personnages. Franchement, les acteurs sont incroyables. Ils ont tant de petits gestes qui trahissent les personnages, expriment leurs intériorités sans prononcer de mots.
Vraiment, je ne peux que conseiller Moonlight. Le titre lui même explicite bien ce que je pense du film : il est plein de poésie, de sens cachés et fait écho profondément en nous.
Afficher en entierUne espèce de mélange entre un film cliché américain et un film ou un vrai message aurait pu être passé... Dommage justement, parce que je trouve que le message de l'amour de soi est resté trop subtil face à la thématique de la relation par sms qui a pris beaucoup de place.
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Le sentiment d'avoir regardé un documentaire magnifique sur l'océan couplé à un tean movie. Un mélange qui laisse sur sa faim. Le scénario est faible et repose sur les mêmes étapes que le premier mais sans profondeur. On vit la découverte du peuple du récif à travers les yeux des ados. Utile pour communiquer l'émerveillement mais on se perd en gamineries là ou on aurait aimé des passages sur le vécu des parents, les stratégies militaires, des nouvelles du peuple de la foret ? Aussi il y a un lissage des attitudes, discours, fonctionnement dans la famille qui fait très humain. Le sujet du métissage est abordé mais il n'est visible que sur les corps et non dans les vécus, les habitus.
Je le mets tout de même dans les bronze parce que malgré la durée et les plans contemplatifs , c'était 2h 40 d'un beau voyage.
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