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Les commentaires de Flocons

Commentaire ajouté par Flocons 2015-12-04T08:28:12+01:00

"Un goût d'éternité"

Enfin, un transfert sur dvd de ce chef-d'œuvre absolu.

Je l'ai vu sept fois au cinéma lors de sa sortie.

Je l'ai revu un nombre incalculable de fois sur cassette VHS.

Et maintenant, je peux enfin le savourer dans la meilleure qualité possible.

Un seul bémol : la bande musicale a été transférée en monophonie sur le dvd , ce qui enlève beaucoup de relief à cette somptueuse musique. Un choix incompréhensible pour un enregistrement effectué en stéréophonie et, bien sûr, gravé en stéréophonie lors du transfert de la bande originale sur cd.

On dit parfois de ce film, qu'il a vieilli. Je ne comprends pas ce qui peut avoir vieilli. Le message est universel. Les prises de vue sont toujours celles de notre monde, des nuages, le ciel, la mer, des paysages, des goélands,... Et quelles prises de vue !

La bande musicale est remarquable. Je voudrais bien vieillir de cette manière...

Quant au contenu, il est intemporel: il raconte un voyage initiatique, celui de la recherche de la perfection. Les liens sont possibles avec divers courants spirituels ou religieux; possibles mais pas indispensables.

On peut se laisser simplement emporter et dériver sur fond de ciel bleu ou sur fond...de philosophie.

Par contre, si vous désirez regarder un reportage sur la vie des goélands ou si vous n'aimez pas les oiseaux qui parlent, il vaut mieux faire un autre choix...

Sur mon podium personnel, il occupe la plus haute marche, et je ne vois pas quel film pourrait le détrôner.

Ce qui est certain, c'est que lorsque je m'installe devant l'écran, que je m'élève à travers les nuages et que la musique s'élève en même temps, je suis chez moi.

Je vous invite à découvrir que ce "chez moi" est aussi le vôtre.

Il est celui de tous ceux qui cheminent.

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:25:32+01:00

"Les mots que l'on ne dit pas..."

Si vous appréciez que votre écran s'ouvre sur une histoire vraie mais impossible...

Si une balade entre fantastique et surréalisme vous tente...

A l'âge de 19 ans, Calvin (Paul Dano) a publié un roman exceptionnel. Depuis lors, il traverse un désert littéraire. Dix années sans inspiration. Entre son chien et ses habitudes de célibataire, la vie s'écoule et la vieille machine à écrire ne sort plus que des pages blanches. Et pourtant... Il va s'éveiller un matin sous le coup d'un rêve où il a fait une rencontre troublante. Son psychothérapeute va l'encourager à exploiter cette rencontre en se remettant à écrire. Et un personnage va prendre mots. Mais voilà, pour un écrivain, le mot c'est la vie... Son personnage, Ruby (Zoe Kazan, également la scénariste du film), va donc prendre vie. Vraiment ! Le frère de Calvin, incrédule, va la rencontrer. Pour en avoir le cœur net, il propose à Calvin d'écrire quelque chose d'inconcevable pour voir si Ruby va s'y adapter instantanément, prouvant ainsi qu'elle est vraiment la créature du cerveau de l'écrivain et qu'elle réalise ce qu'il décide...

Un film étonnant au rythme variable. Le début m'a fait craindre une fable un peu molle et légère, comme un délire imaginaire qui ne pourrait survivre s'il était raconté. Et pourtant il l'est, et je me suis pris au jeu.

Les inévitables questions du contrôle, voire du terrorisme amoureux sont évidemment au centre de l'histoire. Calvin est-il amoureux de lui-même comme son ex-épouse le prétend aujourd'hui encore ? Tombe-t-on amoureux de l'image ou de l'idée que l'on se fait de l'autre ? Jusqu'où peut-on contrôler l'autre ? Qui est-on dans son couple : soi-même sans concessions, un soi-même qui convient à l'autre, la moitié d'une autre personne (si on considère que le couple est une « personne » qui correspond au mélange de deux individualités) ?...

Mais on peut tout aussi bien se laisser aller dans ce délire et oublier, le temps d'un récit, la difficulté de trouver la recette d'une vie amoureuse réussie...

Un film divertissant interprété par des acteurs parfaits dans leur rôle. Calvin en décalage permanent, à la recherche de l'amour et d'un sens à sa vie. Ruby tour à tour attendrissante, déjantée, amorphe, fusionnelle, indépendante,... une véritable éprouvette où sont cultivés tous les types de comportements humains. Et puis tous les autres, depuis le frère, gentiment macho jusqu'à la maman, une écolo/new age à la Woodstock.

Musique bien adaptée aux ambiances diverses, et émaillée de quelques standards judicieusement exploités, comme « Ça plane pour moi » qui sonorise une scène délirante dans une discothèque.

Les prises en extérieur, les décors variés et les beaux éclairages mettent en valeur les scènes de nuit ou les rêves de Calvin, créant une variété visuelle dépaysante.

Reste à savoir si on peut entrer dans ce film sans entrer dans son côté surréaliste. Franchement, je le crois. Et si on oublie cet aspect, on voit la magie de l'amour à l'œuvre, et on réalise que, vraiment, l'autre nous révèle immanquablement nos côtés clairs et nos côtés obscurs. Est-il possible de se connaître seul ? Peut-être bien. Mais, l'autre par l'importance qu'on lui accorde, devient notre vrai miroir intérieur ou le jardin dans lequel toutes nos graines vont germer et pousser.

Depuis la nuit des temps, l'amour nous éclaire d'une lumière sans concession qui nous révèle tels que nous sommes. Reste à savoir comment chacun des deux peut trouver sa place dans ce jardin de notre vie commune où poussent des espèces subtiles au parfum délicat mais parfois également des plantes hostiles ou envahissantes.

L'amour des mots a fait pousser une fleur nommée Ruby. Mais elle ne peut exhaler son parfum, sa beauté la plus subtile et la plus invisible, que dans l'abandon silencieux et confiant.

L'amour peut nous aider à comprendre que les mots que l'on ne dit pas sont les fleurs du silence ...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:22:49+01:00

"Quelques gouttes de rosée dans le désert"

Avancer seul sur un chemin tracé pour deux et par les deux...

Vivre l'absence, lieu inhospitalier entre tous...

Le film s'ouvre sur une dispute de couple entre Holly (Hilary Swank) et Gerry (Gerard Buttler). Une dispute typique entre mari et épouse. Les manques exprimés s'enchaînent, les liens se font entre les frustrations diverses dues à l'incompréhension mutuelle. Mais qu'il est difficile de s'accorder sur les choses d'une vie vécue à deux !

Et comme il est plus improbable encore de vivre sans la résonance de l'autre, avec les regrets de ne pas avoir compris à quel point ces moments de frictions étaient essentiels. Simplement parce qu'ils nous aident à comprendre que la soif d'avoir plus et mieux est une erreur, et que le bonheur que l'autre nous « refuse » n'est parfois qu'un phantasme que nous alimentons et chérissons. Parce qu'ils nous aident à réaliser que le bonheur n'est pas dans ce que l'on a ou dans ce que l'autre pourrait nous donner, mais qu'il réside dans ce que l'on est l'un pour l'autre.

Sans la résonance de l'autre, la soif n'est plus celle d'une vallée capricieuse qui veut oublier sa luxuriance, mais celle d'un désert où l'eau ne peut que s'évaporer, car rien n'y boit.

Oui, la vie nous enseigne parfois de manière impitoyable la teneur du bonheur...

Un film sur l'absence, le vide.

Loin des comédies romantiques, par-delà les clichés, l'amour va tenter de briser l'infranchissable barrière. Mais comment faire parler le silence lorsque toute communication est devenue impossible ? Comment aider l'être aimé lorsque le temps s'est arrêté ?

Un film sur la souffrance qui nous éloigne et nous coupe de tout et de tous. Jusqu'à se trouver dans un néant où plus rien n'arrive. Et si l'amour nous rendait capable du miracle de dire sans voix et de voir sans yeux...

Un film très prenant par son scénario avec des moments de réelle émotion. Une magnifique histoire où l'amour nous prend par la main, seule manière de nous faire lâcher notre mouchoir...

Une photographie réussie avec quelques belles vues de l'Irlande qui contrastent avec la ville ou avec l'intérieur d'un appartement devenu trop grand et trop silencieux.

Une musique variée qui souligne bien les émotions et agrémentée de l'une ou l'autre séance de karaoké judicieusement exploitée.

Quelques petits bémols cependant. D'abord pour certains personnages fort caricaturaux, certains clichés, quelques lourdeurs et des moments peu vraisemblables. Et également pour Hilary Swank, dont le personnage manque parfois de la consistance attendue ou du naturel qu'on lui connaît pourtant.

Dans le désert pousse parfois une improbable fleur, sauvée par la rosée dont le sable n'avait plus que le souvenir. Commence alors la millimétrique floraison d'une espèce oubliée. Et au jour de l'éclosion, ouvrant à nouveau les yeux, elle réalise qu'une multitude d'autres graines attendaient que pleuvent enfin les fines gouttes qui perlaient sur ses pétales.

Alors elle s'épanouit sur un tapis de verdure à la frontière de son chagrin, là où la vue du sable lui ramène le souvenir des jours où sa soif n'était qu'une manie qui dévorait sa vie...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:19:34+01:00

"L'esprit, atelier du rêve"

Les premières minutes de ce film sont visuellement très belles. Quelque chose de magique enveloppe les plans, pourtant bien réels, des premières scènes. La ville sous la neige semble sortie d'un rêve. La lumière vibre, comme si elle était dotée d'une vie propre. Mais ce décor n'est pas seulement beau, il prépare la suite et ses contrastes.

C'est dans cette ambiance scintillante que Will Attenton (Daniel Craig) donne sa démission pour s'installer avec son épouse (Rachel Weisz) et leurs deux filles dans une maison de la Nouvelle Angleterre.

Très vite, un sentiment de léger malaise s'installe. La voisine (Naomi Watts) dont le comportement est pour le moins étrange, un inconnu qui semble les surveiller, la police qui va intervenir de manière surréaliste lors d'une effraction, les éclairages, les plans mettant en scène les personnages du film,...

Certains détails peuvent échapper à la conscience lors du premier visionnage mais, on ressent malgré tout de l'inquiétude, une crainte sourde et diffuse, sans pouvoir l'expliquer.

Jusqu'à découvrir l'invraisemblable vérité. Mais loin de permettre de comprendre, cela va au contraire rendre les choses plus inextricables encore. Ainsi, les questions se bousculent, les hypothèses se font jour et s'effondrent au moment où débute la seconde partie de ce film vraiment surprenant...

Le scénario d'une grande intelligence et remarquablement construit est de nature à égarer le spectateur, enfin cela a été mon cas.... Les détails visuels, les couleurs, les plans, le jeu des acteurs entretiennent la tension jusqu'à la fin.

La musique de John Debney est remarquable. Les ambiances et les thèmes illustrent à merveille le propos. L'oreille, qui a la faculté de construire un décor personnel à la fois si équivoque et si évocateur, nous plonge vraiment dans l'histoire et ses détours avec sa lumière et ses noirceurs. Une vraie réussite de ce grand compositeur !

A la croisée du film policier, du fantastique, de la folie, du rêve, du plus sombre des cauchemars et de l'histoire d'amour, ce film complexe et très bien construit nous dit que l'esprit a d'immenses pouvoirs. Celui de nous abuser par exemple et de nous égarer entre le vrai et la manière de percevoir le vrai...

Si le réel est la matière première du rêve, l'esprit est l'atelier où il prend forme.

Mais si un jour le rêve quittait l'atelier...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:16:22+01:00

"Quand le silence dicte des mots d'amour"

Une belle demeure donne souvent l'impression d'abriter le bien-être...

Que s'est-il donc passé pour que Katie la quitte en courant, totalement paniquée ? Quelques affaires emportées à la hâte, le visage dissimulé sous un capuchon, un billet acheté sur le qui-vive et la voilà en route pour aller loin. Cachée au fond d'un bus longue distance, elle va échapper à la police qui la talonne...Arrivée dans la petite ville étape de Southport en Caroline du Nord, elle va descendre et n'ira pas plus loin. Elle pourrait y trouver un travail et se loger. La région est splendide et comme oubliée.

Et le seul magasin de la ville semble bien intéressant...

A la croisée de plusieurs genres, ce film n'est pas une nième comédie romantique pure. Bien sûr, les ingrédients s'y retrouvent, mais pas seulement.

Il y a une enquête policière menée par un inspecteur qui ne lâchera pas le morceau et qui quittera même la légalité pour agrafer cette mystérieuse fuyarde. Une intrigue policière donc, mais pas seulement.

Il y a un suspens relativement bien entretenu et des moments de grande tension où on retient quelque peu son souffle, mais pas seulement.

Pas seulement...

Un film tourné en grande partie en extérieur dans des endroits absolument magnifiques. Des paysages maritimes, des baies paradisiaques où les arbres percent la surface de l'eau comme autant de points d'exclamation qui s'y reflètent, une habitation oubliée dans les bois, des chemins ensoleillés,... Le ravissement visuel est garanti.

La lumière du jour éclaire des lieux idylliques et les scènes de nuit brillent d'un éclairage qui semble parfois magique.

La musique est très discrète. Durant les épisodes tranquilles, elle agite tendrement le feuillage et ride en douceur la surface de l'eau. Lors des épisodes plus tendus, elle bouillonne littéralement. Et entre ces deux extrêmes, l'amour fait chanter la partition.

Splendide présence des acteurs. Julianne Hough et Josh Duhamel sont d'une complémentarité parfaite. Ils sont secondés par des seconds rôles de premier ordre. Des rôles plus courts devrait-on plutôt dire !

Un film pour passer un bon moment malgré le côté prévisible du scénario. Mais prévisible en apparence seulement et pas jusqu'à la fin. Car dans les dernières minutes, une scène magnifique où l'amour le plus pur est à l'œuvre, hisse le niveau vers des hauteurs inattendues. Et plus surprenant encore, l'instant d'après tout bascule dans un registre différent. Et cet ultime moment vous happe littéralement. Remarquable...

Oui, le scénario était convenu, mais pas seulement...

Il laisse à l'amour le dernier mot : le murmure d'une explosion de bonheur, la caresse du souffle insignifiant d'une tornade, la douceur infinie d'une passion brûlante.

Le miracle de l'amour qui, seul, peut faire parler le silence...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:10:31+01:00

"Une flamme si fragile..."

Face à l'effroyable, chacun réagit différemment.

Parfois, après l'irréparable perte d'un enfant, le père et la mère s'éloignent puis se séparent, tant sont incompatibles les manières dont l'un et l'autre vivent l'inacceptable. Et c'est souvent l'incompréhension plus que les reproches qui scellent cette autre fin...

Becca, Nicole Kidman, et Howie, Aaron Eckhart, vont suivre ce même parcours. Ils vont bien sûr tenter de ne pas se perdre. Mais ni les cercles d'écoute, ni la foi, ni la famille, ni les attentes que chacun des deux met dans l'autre ne suffira. D'incompréhension en incompréhension, ils vont stigmatiser leurs stratégies mutuelles, les ériger en souffrances supplémentaires que chacun impose à l'autre.

La famille et les amis seront d'autres lieux où ils généreront parfois eux-mêmes le manque d'empathie qu'ils leur reprochent, simplement parce qu'ils ne peuvent entendre autre chose que le vide en eux.

Un vide qu'aucun mot ne peut combler. Et c'est ce mot que l'on attend, malgré tout.

Jusqu'au jour où ils devront bien se décider dans un sens ou dans l'autre...

Nicole Kidman et Aaron Eckhart sont vraiment exceptionnels et d'une complémentarité parfaite dans leur rôle.

La maman de Becca, Dianne Wiest, est également remarquable. Sa capacité à nous faire vivre sa souffrance est totale. Un drame terrible qu'elle a vécu ne la lâchant pas non plus....

Les autres rôles sont tout aussi convaincants dans leur genre. Certains permettent d'ailleurs de détendre l'atmosphère en badigeonnant le tableau de quelques touches d'un humour bienvenu, même s'il est parfois lourd.

L'atmosphère visuelle du film est tendre avec des teintes généralement peu contrastées. Les tons pastel adoucissent pudiquement l'indicible chagrin qui traverse l'œuvre.

La musique, peu variée, est assez légère dans l'ensemble avec plusieurs moments où une faible lumière filtre entre des notes cristallines. Une partition discrète qui joue sur la subtilité, évitant toute caricature.

L'incapacité de comprendre l'autre est souvent révélatrice de notre propre incapacité à nous comprendre.

Pourtant une petite flamme, même vacillante, peut la faire reculer ou faire pâlir la noirceur intérieure, absolue.

Encore faut-il ne pas bousculer celui qui vient vers nous, cette fragile bougie à la main...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:08:14+01:00

"Tenter de comprendre le jour en se promenant la nuit"

On se demande parfois pour quelles raisons certaines œuvres bénéficient d'une large audience et pourquoi d'autres restent confidentielles. On a en effet de temps en temps l'impression que la qualité n'est pas le critère déterminant, que ce soit dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs.

C'est la question que je me suis posée après le visionnage de ce film qui semble peu connu.

Est-ce le genre ? On navigue dans une réalité qui pourrait n'être qu'une façade. Les personnages se comportent d'une manière curieuse, un peu comme si leur vernis social faisait défaut. On hésite sans cesse entre le paranormal et l'irrationnel.

Est-ce l'histoire qui ne convainc pas ? Lola va disparaître lors d'un séjour de vacances avec sa maman sur une île écossaise. Le père, affolé, va réagir brutalement lorsqu'il rejoint son épouse après ce tragique événement. On ne la retrouvera pas et aucune explication ne sera donnée. Pourtant, deux ans plus tard, jour pour jour, elle va réapparaître au même endroit. Sans davantage d'explications, car elle ne parle plus...

Est-ce le côté incohérent ? On ne comprend pas pourquoi le père va la chercher, seul ! Qu'arrive-t-il à la mère qui ne répond même pas lorsque son ex-mari l'appelle à propos de leur fille enfin retrouvée ? Ou est-ce l'attitude particulière des nombreux personnages secondaires qui dérange, même si on pressent que ces rôles sont de première importance ?

La lumière se fera bien sûr.

Indirectement.

Par l'ombre... par la face cachée, normalement inaccessible...

La musique, discrète, assombrit l'éclat du réel. Et elle éclaire l'ombre, le tréfonds, la veine la plus secrète de l'âme. Le sens du chant est quelque peu oublié, les harmonies sont obscures. Quelques moments plus musicaux, où un violoncelle et un quatuor nous bercent, allègent l'atmosphère au début du film.

La mise en scène, très réussie, sert idéalement le propos. Le désarroi des personnages, leurs côtés occultes trouvent la meilleure expression possible. La photographie est très belle avec des vues superbes de l'île mystérieuse, des brumes, des plans inquiétants, une exploitation judicieuse des vitres dont les reflets superposent deux aspects normalement non solubles, des couleurs altérées par moments, des scènes de nuit pleines d'ambiance...

Phénoménale présence de Michaël Youn qui campe un père totalement à la dérive, pétri de panique, protecteur jusqu'à l'agressivité, transformé en loque humaine ou simplement tendre. Les autres rôles ne déméritent pas. Une équipe remarquable au total.

Un film à découvrir malgré sa lenteur. Un film qui joue sur nos paradoxes. A voir pour ses éblouissements suivis de plongées dans les endroits les plus secrets et les plus obscurs des personnages.

Une histoire qui tente d'expliquer le jour en nous promenant dans la nuit...

La surface de la vie qui devient peu rationnelle quand les lames de fond invisibles de l'âme l'agitent...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T16:04:08+01:00

"Voir clair dans un reflet trouble"

Dès les premières minutes, l'action démarre.

Un accident d'avion laisse une dizaine de survivants. Ils sont pris en charge par Claire Summers, Anne Hathaway, pour leur offrir une assistance psychologique.

Mais très vite également, un sentiment particulier s'installe. Plusieurs choses ne collent pas.

Les souvenirs des passagers concernant l'accident sont différents.

Eric, un des survivants, se comporte de manière particulière faisant, dans ces circonstances, des avances déplacées à Claire. De plus, il est au courant de certains détails strictement privés la concernant.

Il y a aussi ces survivants dont certains disparaissent au fur et à mesure des séances.

Et qui est cet inconnu qui rôde et épie Claire et les survivants ?

Et enfin, le comportement du responsable des vols, qui semble vouloir masquer certains faits et responsabilités, est très ambigu...

Lentement, par petites touches, l'invraisemblable va s'expliquer de la façon la plus inattendue...

On est dans un registre particulier. La situation est bien réelle, mais on a l'impression de n'en voir que le reflet troublé. Est-on face à un complot ? Qui sont ces gens et pourquoi semblent-ils chercher à comprendre ce qui paraît évident (l'accident) ? Que s'est-il vraiment passé ?

Par petites touches, on perd pied, égarés par des indices pourtant censés nous éclairer.

Jusqu'à découvrir que ce que cache ce reflet trouble...

Le film est lent, comme peut l'être une prise de conscience.

Il laisse une impression de confinement que les scènes en extérieur ne parviennent pas vraiment à éliminer, ce qui conforte le propos. Les personnages sont en effet à la recherche d'une clef introuvable en eux et qu'ils vont donc également chercher de manière furtive à l'extérieur.

Excellente interprétation des acteurs principaux, Anne Hathaway et Patrick Wilson dans le rôle d'Eric, qui sont parfaits. Les autres rôles sont tout aussi convaincants.

La musique est une grande réussite. Elle est d'une subtilité très rare, jouant sur les degrés les plus obscurs de la conscience en mélangeant les ambiances, les timbres et les harmonies sans qu'il soit possible de privilégier un de ces aspects.

Un film qui, sans jouer sur la longueur, nous mène vers un dénouement prévisible peut-être, mais qui est peu envisageable.

Alors, l'esprit prend quelques longueurs d'avance, tente l'une ou l'autre hypothèse un peu comme on lancerait un filet dans la mer...

Et le filet brasse l'eau, la découpant en forme géométriques de la taille des mailles.

Puis il remonte, vide.

Et l'eau se refermant sans la moindre trace, l'oublie déjà...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T15:56:41+01:00

"En sursis d'amour"

Loin des productions faisant la part belle aux effets spéciaux, à l'ombre des films à grand spectacle, cette œuvre intimiste abrite trois personnages éblouis par la lumière trop crue du monde.

Frank, Josh Brolin, vient de s'échapper de prison. Il va aborder Henry ( Gatlin Griffith) et Adèle, sa mère (Kate Winslet) dans un supermarché et il va, sans la moindre violence, les convaincre de l'aider. Ce qui frappe d'emblée, c'est le côté tranquille de ce personnage. Et ce qui surprend davantage pour un homme condamné à la prison, est cette noblesse qu'il a dans le geste et la parole. Ils vont repartir tous les trois vers le domicile d'Adèle où Frank voudrait passer quelques heures pour se reposer avant de prendre un train et s'éloigner de l'endroit.

Les craintes légitimes de la mère vont peu à peu faire place à d'autres sentiments face aux agissements de Frank. Un respect mutuel s'établit très rapidement, condition idéale pour permettre à chacun des trois personnages de trouver un écho à leur histoire et à leurs souffrances.

Mais bien sûr, Frank est un criminel en fuite, activement recherché.

Bien sûr il y a les voisins...

Un film sans aucune violence immédiate. La violence qui traverse le film, en filigrane, est celle qui a été faite aux personnages par leurs proches dans leur passé respectif. Les nombreux retours en arrière, souvenirs douloureux qui assaillent Frank et Adèle, dévoileront par petites touches les blessures de leur vie. Et lentement, millimètre par millimètre les cicatrices vont se faire jour sous le regard bienveillant de l'autre.

Adèle, blessée de ne plus vivre l'amour et Frank, coupable d'avoir trop aimé mais surtout hanté par un terrible secret.

Henry, conscient que sa mère souffre de l'absence de désir amoureux va, quant à lui, vivre ses premiers émois amoureux durant ce bref laps de temps si mouvementé.

Deux destins à la recherche d'un lendemain lumineux, une sensualité à fleur de peau, une douceur de chaque instant dans une histoire qui débute par une prise d'otages...

Voyage jusqu'au bout des possibles, à l'improbable croisée de deux chemins que rien ne destinait à se rejoindre.

Une histoire où la vive et brûlante lumière de l'été tente d'éclairer d'espoir les errements de deux êtres en sursis d'amour.

Splendide huis clos servi par une musique qui souligne le désir de se relever en même temps que la crainte de tomber à nouveau.

Film tout en retenue et en pudeur dont la relative lenteur est indispensable, car la tendresse ne peut pénétrer instantanément les sédiments de nos vies...

Au contact de Frank, Adèle va atteindre une hauteur telle, qu'elle va réaliser que vus d'en haut, les jardins séparés par d'illusoires clôtures deviennent une mosaïque dans laquelle tout se touche et se tient. Une chose que Frank sait. Son destin confiné lui ayant laissé le temps de survoler sa vie...

Alors, revenus sur terre, dans cette proximité nouvelle ils vont déposer leurs joies et leurs peines, leurs souffrances et leurs attentes.

Et ce faisant, les clôtures pourront enfin tomber, les livrant à l'abandon confiant qui les éclaire, tels qu'ils sont.

Quatre jours pour apprendre où brille la seule lumière qui ne fasse pas d'ombre...

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Commentaire ajouté par Flocons 2015-11-24T15:53:42+01:00

"Deux heures bien réelles entre conte et...surnaturel"

Le titre, déjà, est énigmatique.

Il a en tout cas le pouvoir de nous pousser à lire l'arrière de la jaquette. Et après l'avoir fait, on a le regard vague, on interroge le vide en hésitant entre science-fiction, film catastrophe, fantastique et surnaturel sans savoir où on va mettre les pieds...

Alice, Pascale Bussières, travaille comme sismologue au Japon. Un jour, elle est appelée par la direction qui désire l'envoyer au Canada où un phénomène très étrange se passe. La marée s'est tout simplement arrêtée à Baie-Comeau, un petit village de l'estuaire du Saint-Laurent où, entre parenthèses, elle est née. En bonne scientifique, elle va récolter un maximum d'indices. Elle se rendra rapidement compte que cet arrêt des marées a coïncidé avec de drôles d'événements qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux...

La musique est de belle facture, juste, discrète et très harmonieuse.

Très belle atmosphère globale. Des endroits vastes et lumineux, des lieux plus confidentiels éclairés de manière chaleureuse, une présence très naturelle des différents acteurs, des Canadairs qui sillonnent le ciel (l'un d'eux jouera d'ailleurs un rôle inattendu...), une communauté de Sœurs un peu fantasques, un restaurant de nuit où les rares clients sont comme chez eux, un pilote séduisant et énigmatique,... On pourrait continuer à entasser les aspects normaux (pour l'endroit) qui nous ancrent dans un réel tout à fait objectif.

Mais en suivant Alice (quelle magnifique composition de Pascale Bussières !) qui sillonne ce village et qui rencontre ces gens, le mystère s'épaissit peu à peu. Les banalités découvertes ne peuvent pas converger vers une évidence, et pourtant elles semblent être reliées...

Est-on face à l'apologie de la synchronicité ? Voit-on les synapses ou les dendrites du monde extérieur à l'œuvre ? Comment peut-on se perdre en sachant où on est? On pourrait se poser ces questions et bien d'autres en regardant ce film...

Et on le fait, car il accroche immanquablement, aidé en cela par la simplicité de surface, le côté attachant des personnages, la justesse des propos et des situations. Il ne provoque pas de tension ou de crainte sourde, car rien de glauque ou de repoussant n'est montré ni attendu.

Alors, on se laisse emporter et lorsque la fin survient on se dit que l'on a compris. Et c'est là que tout bascule à nouveau, car si vous vous posez ne fut-ce qu'une question, vous risquez fort de ne plus rien comprendre !

Mais il est également possible que vous vous disiez qu'il n'y a rien à comprendre...

Seul film que j'ai vu dans le style. Deux heures (ou presque) de dérive entre conte et surnaturel. Mais sans que l'on puisse y déceler le moindre ingrédient du genre.

Unique !

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