Les commentaires de Sophora
Disney s'amuse encore à remettre au goût du jour ses classiques animés. Mais cette fois, au lieu de réécrire totalement l'histoire, comme ça avait été le cas avec Maléfique, les studios s'attachent plutôt à redonner vie à l'un de leurs plus célèbres films : Cendrillon. Une nouvelle adaptation donc quelques changements tout de même.
Ce film m'a laissé un sentiment mitigée : intéressant d'un côté parce qu'il adapte bien Cendrillon, il reprend quelques éléments du dessin animé sans en faire un copié-collé comme il reprend des éléments du conte que le dessin animé avait laissés de côté (comme la branche de noisetier que ramène le père à Cendrillon, même si elle n'a absolument plus aucune utilité dans le film alors que cette branche a son importance dans le conte d'origine) mais le film se noie très vite dans le romantisme et la niaiserie à outrance. Bon d'accord, le public ciblé est sans aucun doute les enfants mais parfois, j'ai vraiment l'impression que Disney prend les enfants pour des imbéciles en les assommant à coups de romance, de mariage parfaits et de pauvres jeunes filles en détresse.
Le personnage au centre de l'histoire est bien entendu Cendrillon, jouée par Lily James. Aussi naïve qu'une enfant, je dois dire qu'elle m'a beaucoup agacée, surtout quand elle demande au prince « Que vous a donc fait ce cerf pour que vous le preniez en chasse ? ». Oui, je suis d'accord : laissez ce pauvre cerf en vie, mais est-ce que vous pouvez éviter de faire passer Cendrillon pour une cruche, s'il vous plait ? Donnez-lui une réplique plus intelligente que celle de la fille qui ne sait même pas pour quelle raison un chasseur chasse ! Ajoutez-ça au fait qu'elle parle aux souris et le tour est joué : Cendrillon passe pour une véritable imbécile. Pour être claire, je n'ai aucun problème avec le fait de parler avec les animaux, absolument aucun – moi-même il m'arrive de m'adresser aux animaux – mais il y a une différence entre parler et débattre d'un concept philosophique, et ça c'est que Cendrillon fait avec les souris. Bien sûr, ça me posait beaucoup moins de problème dans le dessin animé car les souris portaient des vêtements et parlaient aussi, c'est bien plus facile de discuter avec quelqu'un qui vous répond. Dans ce film, elle paraît si simple d'esprit que ça en devient vraiment énervant.
Autre personnage au centre de l'histoire : le prince, joué par Richard Madden. La première chose qui m'est venue à l'esprit était qu'il était tout de même cocasse pour le frère de Jon Snow d'interpréter un personne prénommé Kit (ceux qui regardent Game of Thrones comprendront). Mais une fois la petite anecdote passée, le prince apparaît plutôt lisse, sa personnalité n'est pas clairement posée et c'est bien dommage parce que je ne trouve du coup pas les mots pour décrire le personnage tant il ne m'a pas laissé une grande impression. Il participe cependant à la construction du cliché : lors de l'arrivée au bal, je suppose que c'est grâce à sa vision bionique qu'il peut reconnaître Cendrillon à une telle distance, je passerai également sur son air larmoyant quand il s'approche d'elle comme si il s'agissait de l'accomplissement de toute une vie (on aime les hommes sensibles, mais il n'y a pas vraiment de raison de pleurer à ce moment là) et aussi sur sa question des plus idiotes « C'est vous ? » à laquelle même le lézard-valet de pied pouvait répondre « Oui, c'est moi ». Le personnage est quand même un peu plus ébauché que dans la version de 1950, on le voit interagir avec les gens autour de lui, avec son père surtout (Spoiler(cliquez pour révéler)le moment où il lui dit au revoir est absolument déchirant) donc ça peut encore aller.
En réalité, les seuls personnages vraiment intéressants sont la marâtre et la marraine. La première, interprétée par Cate Blanchett, encore plus belle et élégante que jamais (comme si c'était possible), que le film avait commencé par présenter comme une femme plus humaine, rongée par la jalousie, même si cette volonté semble se perdre au fil du temps (j'avais beaucoup de peine pour elle lorsqu'elle entend son mari dire qu'elle ne surpasse pas sa première femme et que celle-ci est la vraie âme de la maison malgré tous les efforts que Lady Tremaine a fait). La marraine, interprétée par Helena Bonham Carter, est vraiment pimpante, même si elle n'apparaît pas beaucoup.
Visuellement parlant, ce film est charmant. Pas autant que « Maléfique » cependant, mais ça reste très agréable à regarder. D'ailleurs, en parlant de décor, suis-je la seule à avoir penser que Cendrillon allait prendre la correction de sa vie quand sa belle-mère se rendrait compte de ce qui est arrivé à la serre ? Un peu de cohérence tout de même.
En fait, je crois que si je suis si dûre avec ce film, c'est parce qu'il tente de réadapter le dessin animé à notre époque sans prendre véritablement en compte le changement des mentalités. Le « Cendrillon » original de Disney est sorti en 1950 et visait un public très ancré dans son époque, avec des pensées et des styles de vie très différents des gens d'aujourd'hui. Durant les soixante années qui nous sépare de cette période où la ménagère était la coqueluche des publicités pour électroménager (sexistes à en mourir), Disney a également évolué. Ainsi, dans ses films les plus récents, le studio a pris la décision de créer des héroïnes plus indépendantes et plus humoristiques, au risque de ne pas respecter du tout les contes originaux (comme ce fut le cas dans « Raiponce » ou dans « La Reine des Neiges »). Autrefois, les éléments comiques des films Disney étaient toujours des seconds rôles, comme dans le premier « Cendrillon » avec Jack, Gus et les autres souris occupées à vivre leur vie et à aider Cendrillon en échappant au chat Lucifer. Dans ce remake, les souris ont perdu une grande partie de cet humour, réduits même à de simples souris incapables de dire un mot. Et suite à cela, personne ne reprend le rôle de l'élément comique, et c'est bien dommage. De même, la Cendrillon de 1950 était une jeune fille avec peu de caractère, une véritable victime de la vie à une époque où une l'héroïne avait systématiquement besoin d'un homme pour se sortir du pétrin. Bien sûr, si on veut rester fidèle au conte d'origine, Cendrillon a besoin d'aide pour se libérer du joug de sa belle-mère mais elle pourrait tenter une fois pour toute de montrer qu'elle n'en est pas moins un personnage fort. Dans le film de Kenneth Brannagh, elle est une fois encore une jeune victime de la vie impuissante, comme elle l'était déjà en 1950. Le Prince, quant à lui, joue un rôle plus important que dans le film d'origine ou dans le conte original, ce qui renvoie davantage à l'incapacité de Cendrillon. C'est quand même dommage d'avoir montré que le Prince est capable de libérer Cendrillon, chose qu'il faisait de manière plutôt indirecte en 1950 (par le biais d'un serviteur) quand tout le mérite revenait aux souris, et chose qu'il faisait vraiment très mal dans le conte d'origine (en se plantant de fiancée deux fois avant de repartir avec la bonne, grâce à des oiseaux qui parlent en plus), alors que Cendrillon elle-même n'a pas évolué. Rien ne sexiste là dedans, c'est bien que le Prince ne serve pas seulement de compagnon dans cette histoire mais aussi d'adjuvant, c'est même très bien d'avoir un peu étendu son personnage en le voyant avec ses proches ou même en organisant une première rencontre avec Cendrillon antérieure au bal. Ce film a parfaitement réussi à ancrer le Prince dans notre époque, pourquoi n'a-t-il pas réussi à faire de même avec Cendrillon ?
En bref, le film est un bon remake du film de 1950 car il en reprend bien les éléments. Mais il les reprend peut-être un peu trop bien, parce ce que ce qu'on regardait avec un œil critique bien conscient des mentalités de l'époque pour le film original ne passe plus trop bien dans un film aussi récent. Les protagonistes de Disney, jusqu'aux environs des années 90, étaient très lisses contrairement aux antagonistes plus travaillés. Aujourd'hui, les protagonistes sont toujours aussi lisses, Cendrillon n'a pas du tout changé et c'en est agaçant, quant au Prince, malgré un léger travail de développement pour lui donner plus d'importance, il reste très lisse aussi. Le seul protagoniste qui a drastiquement changé est la marraine, pour un temps d'apparition très limité. Quant aux antagonistes, Anastasie et Javotte n'ont pas beaucoup changé, si ce n'est qu'elles sont plus extravagantes et surtout qu'elles ont malgré tout une conscience vu la réaction qu'elles ont à la fin du film (ou une forte hypocrisie, à vous de voir). La marâtre est le personnage le plus réussi du film : Cate Blanchett est fantastique, son apparence est impeccable, son histoire excellente et son caractère parfaitement développé. Rien que pour ça, ce film vaut bien un visionnage.
Afficher en entierSifflé, critiqué... « Grace de Monaco » a fait une espèce de bide lors de sa sortie et surtout lors de sa diffusion au Festival de Cannes. Descendu par les historiens, certains critiques mais aussi la famille Grimaldi, le film semblait très mal parti. Réalisé par Olivier Dahan, à qui on doit déjà le très célèbre « La Môme » pour lequel Marion Cotillard a gagné un Oscar et le statut de célébrité outre-atlantique, cette nouvelle création a suscité toute une polémique en raison des choix scénaristiques de ses auteurs, lesquels ont décidé de faire travailler leur imagination au détriment de la véracité historique. Accusé de détourner les faits, d'avoir presque sorti un film de propagande, ce n'est cependant pas l'impression que ce long-métrage m'a laissée. La vraie raison de cette polémique est la simple question du « peut-on montrer ce qu'on veut au cinéma ? ». Il ne faut pas se leurrer car, comme l'a très explicitement dit Olivier Dahan, « Grace de Monaco » n'est de toute évidence pas un biopic, il n'a donc aucune obligation d'être fidèle à la réalité.
Le genre de la fiction historique est un genre extrêmement délicat dans lequel « les personnages s'y mêlent à ceux de la fiction d'une façon que j'espère agréable » comme l'écrivait Juliette Benzoni pour qui ce genre a toujours été très familier. Ce qui va définir plus en profondeur l’œuvre en question, c'est par conséquent le dosage entre faits et imagination qui y aura été fait : le biopic est une fiction historique avec un peu d'imagination et davantage de faits, alors que la fiction historique pure n'est quasiment qu'imagination. Mireille Calmel, Juliette Benzoni, Philippa Gregory... voire même Alexandre Dumas, ces auteurs ont participé à rendre populaire ce genre mais le sujet de leurs fictions (comme des adaptations cinématographiques et télévisuelles qui en ont été faites) portait sur une toute autre époque que celle que présente Olivier Dahan et son « Grace de Monaco ». Au fond, la fiction historique dérange moyennement quand elle porte sur un passé assez lointain que ce soit l'Antiquité avec le « Cléopâtre » de Mankiewicz (avec Elizabeth Taylor dans le rôle titre), le Moyen Âge avec Robin des Bois, la Renaissance avec les différentes adaptations des aventures de la famille pontificale des Borgia, l’Époque Moderne avec les Trois Mousquetaires, la Révolution Française avec le « Marie-Antoinette » de Sophia Coppola (avec Kirsten Dunst dans le rôle éponyme) jusqu'à la Seconde Guerre mondiale avec « Inglorious Basterds » de Tarantino. La fiction historique se glisse dans toutes les époques, se place comme par miracle dans un espace laissé vide ou défie toutes les lois de la logique pour se faire cette place. L'exactitude des faits n'est pas possible, ce qui est adapté n'est jamais la vérité quand ce sont des acteurs qui sont chargés de la reproduire. L'important dans une fiction historique est de rester l'auteur malgré les contraintes que ce genre impose, d'inventer les plus infimes détails d'une histoire dont les vérités générales sont déjà connues. En ce sens, « Grace de Monaco » rentre parfaitement dans la catégorie des fictions historiques pures.
Bien sûr, je suis toujours la première à relever les erreurs historiques, ou bien mythologiques quand il s'agit de films comme « Les Immortels » ou « Le Clash des Titans » mais c'est avant tout parce que les auteurs oublient jusqu'à l'essence même de la fiction historique (ou mythologique) : le concept. Si la vérité ne peut survivre dans cet univers, c'est le concept qui doit le faire. En l'occurrence, prendre le nom d'un personnage mythologique pour le coller à un personnage fictif sans aucun rapport, c'est tuer le concept. Mais c'est quelque chose que « Grace de Monaco » parvient à éviter : le concept de l'actrice de cinéma, devenue membre de la royauté, faisant face aux difficultés de cette vie à laquelle elle n'était pas préparée au sein d'une crise étatique, ce concept donc passe très bien. Néanmoins, je dois admettre qu'il n'est pas très crédible pour l'épouse d'un chef d’État de ne pas connaître la langue, les traditions et les usages de son pays d'adoption après six années de mariage. Sans compter que la vraie Grace Kelly avait réussi cet exploit en quelques mois à peine... mais les erreurs se glissent elles aussi partout.
Ayant écarté la critique du détournement historique, passons au film ! « Grace de Monaco » n'est pas un chef d’œuvre, mais à mes yeux il ne méritait pas non plus une telle polémique. En tant qu’œuvre cinématographique, c'est relativement bon. Les plans sont pensés de manière intelligente, l'éclairage, les costumes, le rythme... la réalisation est très satisfaisante. Au niveau des acteurs, je n'ai pas vraiment de critique à faire, je les apprécie beaucoup pour le reste de leur filmographie, leur jeu ici n'est pas réellement à remettre en question. Là où j'ai plus de mal, c'est avec le scénario. Certes, le film fait passer le temps, mais il peut devenir incroyablement niais. Le personnage de Grace m'est vite devenu insupportable, j'en étais soulagée de savoir que la princesse n'était pas réellement comme cela. Nous sommes tous conscients que les contes de fées n'existent pas, tout comme Grace. Néanmoins, ses réactions face à la tournure que prennent les événements sont celles d'une jeune damoiselle en détresse, personnage typique du conte pour enfants, qui semble vivre dans un monde d'arc-en-ciels, de licornes, de poneys qui volent et de jolis papillons très colorés qui vous font des bisous lorsqu'ils se posent sur votre épaule. L'image de la princesse Grace en super-héroïne qui vient à la rescousse de Monaco et de son prince est un peu trop exagérée, le discours qu'elle tient à la fin est le résumé même de ce que le personnage a été tout le long du film : une petite boule d'amour et de tendresse dans un monde de brutes, ou devrais-je dire le monde réel. Pourquoi la guerre ? Pourquoi la faillite ? Pourquoi le blocus ? Grace est tellement « guimauve » que le spectateur a très envie de la secouer durant toute la seconde moitié du film.
Grace n'est pas le seul personnage à avoir été mal écrit. Son attitude de sainte permet de faire une très légère comparaison avec celles de ses compagnes de la Croix-Rouge, lesquelles ne sont visiblement pas très emballées à l'idée de participer à des actions caritatives et ne pensent qu'à organiser leur grand bal annuel. C'est tellement agaçant de voir un film dans lequel la protagoniste porte le panneau « Adorable gentille » autour du cou et s'entoure de personnages portant les pancartes « Futiles et égoïstes seconds rôles ». On retrouve le manichéisme à l'américaine que j'aime tant... et si vous avez saisi l'ironie de cette dernière affirmation, je vous en félicite.
Globalement, le film n'est pas si mauvais. En le considérant comme une fiction, en faisant abstraction de la réalité historique, on peut le regarder et se laisser divertir en toute tranquillité. Néanmoins, je reste déçue par la niaiserie du personnage principal. Le résultat est potable, même si ça ne casse pas trois pattes à un canard. En tous cas, ça reste meilleur que « Diana » pour moi.
Afficher en entierUn film qui commence de manière assez bancale, un peu incohérente au début et pour lequel il m'a fallu une bonne vingtaine de minutes pour adhérer à l'histoire (jusqu'à ce que William découvre l'adultère entre Hester et Freddie, en fait).
Alors certes, pas d'une originalité folle, le scénario reste assez cohérent et j'ai apprécié cette opposition entre l'affection qu'Hester a pour William et la passion destructrice qu'elle a pour Freddie, une dualité qui montre à quel point il est difficile pour elle d'être heureuse.
D'un côté, Hester vit une vie paisible en compagnie de son mari qu'elle affectionne, qui connait ses goûts et les partage, avec qui il lui est possible de discuter et dont même la colère demeure mesurée, cette relation est cependant dénuée de passion. De l'autre, Hester a pour Freddie des sentiments amoureux d'une violence incroyable, et il partage cette passion fusionnelle, mais seul l'amour les lie car ils ne sont pas issus du même milieu, ne connaissent pas les mêmes choses et n'ont de cesse de reprocher à l'un ce qu'il ne partage pas avec l'autre. Leur amour est violent, il les mène souvent à l'adversité et à des disputes d'une intensité incroyable. Freddie, contrairement à William, ne dose pas sa fureur, il est blessant, odieux même, mais pourtant ils s'aiment.
Finalement, le film reprend bien l'opposition entre sentiments et sagesse, dualité vieille comme le monde. Une femme déchirée entre son compagnon de vie et son amant soit deux façons d'aimer, l'une réfléchie et profitable, l'autre instable et toxique mais infiniment plus plaisante. Le tout n'est pas sans rappeler l'enseignement de Frère Laurent dans la célèbre pièce de Shakespeare "Ces plaisirs violents ont des fins violentes".
C'est une morale plutôt pessimiste que nous livre "The Deep Blue Sea", me semble-t-il. Ne peut-on donc jamais être parfaitement comblé ? La simple affection et la passion ne peuvent-elles donc pas cohabiter ? Tout ça n'est pas bien joyeux, je vous l'accorde, mais cela ne fait qu'ajouter en émotions à la performance de Rachel Weisz, femme que l'amour a poussé à l'extrême.
Je terminerai par dire que la musique et les acteurs sont formidables. Le rendu est très propre, très agréable à regarder. Cela dit, je reste encore perplexe quant à la dernière scène qui n'était pas très claire à mes yeux...
Afficher en entierCrimson Peak, ou l'hommage aux grands classiques de la littérature gothique anglophone et aux vieux films d'horreur. Mais un film qui garde sagement son statut d'hommage, sans se jeter une bonne fois pour toute dans tout le potentiel qu'il y avait à exploiter.
Avant d'entrer dans les détails, je dois dire que j'aime énormément la littérature gothique aussi bien britannique qu'américaine. Plus qu'un sujet d'étude, c'est devenu un de mes genres préférés : des histoires mystérieuses, pleines d'amour et de folie, où l'homme et le monstre ne font plus qu'un, et où tous les cauchemars deviennent réalité. Des livres dont la seule odeur des pages vous fait frissonner. Difficile d'adapter cette atmosphère sur le grand écran, mais pas encore impossible. Le célèbre Dracula de Coppola en témoigne, un peu comme l'excellente série américaine Penny Dreadful qui mélange les histoires pour créer une grande fresque gothique et absolument jouissive. La question est donc : « Crimson Peak mérite-t-il sa place dans ce sanctuaire de ténèbres et de mystères ? ». Malheureusement, la réponse est non.
Crimson Peak n'est pas mauvais du tout, bien au contraire. D'abord, il a su éviter les longueurs qui amènent souvent l'ennui si elles ne sont pas bien meublées, reproche qui revient souvent dans mes critiques me semble-t-il. Ensuite, il se déroule dans un décor absolument magnifique, apportant à la maison une histoire pleine de rebondissements. Elle en devient un personnage elle-même, ce qui est assez rare et mérite d'être souligné. En outre, les acteurs sont bons et les dynamiques entre les quatre personnages principaux sont bien travaillées, donnant au film un rythme plutôt agréable à suivre. Jessica Chastain et Tom Hiddleston sont exceptionnels dans les rôles de Lucille et Thomas, deux personnages tout à fait fascinants, en particulier la première. J'aimerai ajouter que ce que beaucoup considèrent comme un manque d'originalité ou encore une trop forte prévisibilité de la part du scénario ne m'a absolument pas dérangé, c'est même l'un des thèmes du gothique : ce qui est à prévoir, ce que l'on sait sans en avoir la certitude ou la preuve, la menace qui flotte sur l'héroïne, l'étau qui se resserre sur elle dont nous, simples spectateurs impuissants, sommes les témoins. Alors, personnellement, ça ne m'a pas dérangé...
Le problème, c'est que le film en lui-même peut se résumer à ceci : « pas assez ». Certes, les décors sont beaux mais la caméra ne s'attardent pas assez sur eux à mon goût, les plans sont trop superficiels et ne montrent pas assez de détails car ils se concentrent sur les personnages, le film n'accorde pas assez de temps à l'histoire d'amour pour s'épanouir, pas plus qu'il n'en accorde aux fantômes qui, bien que le réalisateur leur ait donné un second rôle, sont finalement très peu présents. Mention spéciale à la bande annonce qui a du regrouper toutes les apparitions de fantômes du film pour faire croire qu'il y en avait beaucoup plus. D'accord, on ne s'attend pas non plus à voir des fantômes au coin de chaque couloir mais leur donner plus d'ampleur, plus de présence et surtout plus d'intérêt dans le scénario, ça n'aurait fait aucun mal. Finalement, malgré un bon rythme, le film paraît court, voire même un peu rapide. Le résultat nous laisse sur notre faim, et le tout s'achève sur une fin un peu bancale tant elle a été rapide et bâclée.
En résumé, Crimson Peak est un hommage certes, mais il ne lui est pas permis de se transcender et d'apparaître dans toute la splendeur d'une nouvelle œuvre qui irait au bout de son propos. Dommage, il y avait pourtant de quoi faire avec un tel matériau, il ne m'en reste à présent qu'un sentiment mitigé.
/! Spoilers /!
Spoiler(cliquez pour révéler)• La mort de Thomas est sans aucun doute ma scène préférée : terriblement gothique en partie grâce aux larmes de sang qu'il verse à cause de la blessure au visage que Lucille lui a infligée, mais aussi grâce au désespoir que montre Lucille face à ce qu'elle vient de faire. C'est une très belle scène (quoique dramatique).
• Lucille est le personnage le plus intéressant du film à mon sens. Dérangée, ça c'est sûr, elle inspire malgré tout un soupçon de pitié mais pas très longtemps. Encore une fois, elle est vraiment très ancrée dans son univers grâce à son côté femme fatale et aussi folle à lier qu'elle exprime davantage dans la dernière partie du film.
• Bien que l'histoire d'amour entre Edith et Thomas manque d'un peu de sel, elle n'en reste pas moins attachante. Dommage que Guillermo Del Toro ne se soit pas un peu plus attaché à l'écriture du jeu de séduction auquel joue Thomas au tout début afin de pouvoir l'épouser, le couple aurait gagné en profondeur.
• Tom Hiddleston a comparé les personnages d'Edith et Thomas à ceux d'Elizabeth Bennett et Mr. Darcy dans « Orgueils et Préjugés », mais à mon sens, ils sont bien plus proches de ceux de Mrs. De Winter et Maxim dans l'excellent « Rebecca » de Daphné du Maurier. Edith et Mrs de Winter sont toutes deux de jeunes étrangères sans famille qui tombent amoureuses et épousent un anglais mystérieux (Thomas pour l'une, Maxim pour l'autre) qui ne leur témoigne que peu d'affection et qui possèdent un domaine relativement impressionant, même si Allerdale Hall est en piteux état par rapport à Manderley qui rayonne. Dans les deux cas, l'héroïne se retrouve confrontée à un « fantôme », véritable dans le premier cas alors qu'il ne s'agit que d'un souvenir dans « Rebecca », et va tâcher de découvrir les secrets que cache le manoir. Cette quête est d'autant plus freinée par la présence d'une opposante froide et autoritaire, Lucille dans « Crimson Peak » et la célèbre Mrs Danvers de « Rebecca » (qui a inspiré Walt Disney pour la création de Lady Tremaine, la marâtre de Cendrillon). D'ailleurs, Guillermo Del Toro a listé les œuvres dont il s'était inspiré pour faire ce film et « Rebecca » en faisait bien partie. Pour ceux qui ont lu le livre, on reconnaît pas mal d'éléments.
• La scène où Edith découvre la liaison incestueuse entre Thomas et Lucille est assez intéressante et révélatrice de la personnalité de ce couple. Ce qui m'a le plus marqué, c'est que pendant qu'il l'embrasse, Lucille fredonne une berceuse à Thomas (elle a déjà fait d'ailleurs référence à une berceuse qu'elle lui chantait quand ils étaient enfants). Elle est sa sœur, sa mère et son amante. Et en même temps, Thomas est aussi un peu tout ça pour Lucille. Les deux personnages se sont bâtis un monde dans lequel ils sont complètement seuls, et ne peuvent compter que l'un sur l'autre. L'arrivée d'Edith dans une relation aussi envahissante et toxique ne peut que bouleverser l'équilibre qu'ils s'étaient façonné. C'est encore plus intéressant de voir à quel point les femmes dominent le monde de Thomas : d'abord Lucille, puis Edith qui finalement va l'aider à se réaffirmer et à reprendre, ou du moins tenter de reprendre, le contrôle de sa vie (jusqu'à ce que ces trois coups de couteau le stoppent dans son élan). Le film est pas mal sur un plan psychologique.
Afficher en entierUn film qui se pose et réfléchit à l'Homme et au monde dans lequel il vit, le tout vu à travers les yeux de deux amants millénaires qui ont vu les siècles défiler devant eux et ont appris à s'adapter à cette société humaine en constante évolution. Ou presque.
D'un côté, Adam, musicien solitaire et déprimé, au bord du suicide, désespéré par ce monde de "zombies" qui ne lui convient plus, vivant cloîtré chez lui et n'ayant que de brefs contacts avec l'extérieur soit pour sa musique, soit pour son alimentation. De l'autre, Eve, citoyenne du monde, en contact avec ses semblables, amoureuse de la vie et visiblement de la littérature, plus ouverte et infiniment plus positive que son amant ténébreux. Ils sont de parfaits opposés, lui toujours vêtu de noir, elle en blanc, lui le yin, elle le yang. Pourtant ils forment un tout, un équilibre parfait quand ils sont réunis et l'un sans l'autre ne peut exister, l'illustration parfaite de la théorie de l'intrication qu'Adam semble tant tenir à coeur.
C'est un film visuellement beau, avec des mouvements de caméra intéressants et une certaine poésie (quand Adam et Eve dansent ensemble, qu'ils sont enfin réunis, la vision du disque qui tourne ne fait qu'accentuer cette idée de réunion des deux opposés qu'ils représentent). L'histoire est bien ficelée et les acteurs sont excellents. J'aime particulièrement les scènes où l'équilibre parfait de nos deux amants est troublé par cette agitatrice qu'interprète Mia Wasikowska. En outre, la musique est terriblement enivrante.
En revanche, si vous voulez un film qui bouge énormément, "Only Lovers Left Alive" n'est clairement pas fait pour vous. Il faut vous préparer à quelques longueurs, et pas mal de silence. C'est un film qui en montre plus qu'il n'en dit, mais il le montre bien.
Afficher en entierJe n'aime pas les films Marvel donc ce n'est pas très surprenant de ma part d'avoir une réaction pareille : ce film n'est pas exceptionnel. Mais pas du tout. Comme d'habitude, les studios Marvel nous ont sorti un scénario manquant cruellement d'originalité (parce qu'à part deux ou trois détails qui changent, c'est toujours la même histoire) avec des personnages typiques de ce genre de cinéma. Alors oui, l'idée que les anciens Vikings aient pu prendre les Asgardiens pour des Dieux, c'est pas mal, et je dois avouer que ça peut servir pour excuser d'éventuelles erreurs mythologiques (qui ne sont pas si nombreuses que ça, quand on compare à certains films qui se vantent de raconter les mythes grecs et se vautrent complètement). Mais l'intrigue du film, à savoir Thor sur Terre, qui rencontre des humains, devient pénible : d'abord parce qu'elle n'apporte rien du tout à l'histoire (on peut remballer Jane, Erik et Darcy qui ne font absolument pas avancer l'intrigue, qui sont plutôt là pour poser les questions à la place du spectateur en ce qui concerne Asgard et tout le toutim, mais qui servent surtout à la mise en place de scènes comiques dues au choc des civilisations entre Asgardiens et Humains), et ensuite parce que la prétendue histoire d'amour entre Thor et Jane est totalement superficielle (oui, ils se plaisent sans doute mais ils vont se fréquenter pendant moins d'un jour et demi).
Bien sûr, la principale intrigue du film c'est la rédemption de Thor : en apprenant l'humilité, il retrouvera ses pouvoirs et sera digne de revenir. Cela dit, la transition entre le Thor arrogant et le Thor humble est très brutale, mais bon, ça n'est pas très grave non plus. Finalement, quand on regarde le film avec du recul, on voit bien qu'envoyer Thor sur Terre pour qu'il apprenne l'humilité, ce n'était pas bien nécessaire, c'était même un peu extrême comme décision. On ne va sans doute pas juger les méthodes d'éducation de papa Odin (même si élever deux garçons dans la concurrence pour le trône, c'est une très mauvaise idée), mais je reste persuadée que la leçon aurait pu très bien avoir lieu à Asgard, le résultat aurait été quasiment le même.
En fin de compte, sans juger le talent des acteurs qui est plus que correct, le seul personnage vraiment intéressant est Loki. D'ailleurs, c'est amusant de voir quel succès ce personnage a eu auprès du public, et ça s'explique très facilement. Déjà, ce n'est pas un personnage qui est méchant juste pour le plaisir de faire le mal (en tout cas pas dans ce film), il a un passé et des plaies encore ouvertes qui donnent une dimension très profonde au personnage, bien plus qu'à Thor d'ailleurs. Ensuite, la perception que Loki a de lui-même dans ce film, comme celle que les autres ont de lui, est passablement négative : hormis sa mère et peut-être son père, les autres Asgardiens passent leur temps à le remettre à sa place (Thor le lui dit quand il essaie de le raisonner) et à se moquer de lui. Ainsi, quand je parle de la perception que Loki a de lui-même (Spoiler(cliquez pour révéler)étant un géant des glaces), je fais référence à plusieurs scènes où il se qualifie directement ou indirectement de monstre (Spoiler(cliquez pour révéler)la première fois quand il apprend qui il est réellement, et la seconde quand il décide d'anéantir les géants des glaces, qu'il appelle lui-même des "monstres"), ce qui souligne vraiment cette idée de blessure, de "pathos" qui en fait un personnage très facile à apprécier parce qu'il est finalement plus humain que les autres. L'essence même de Loki réside finalement dans sa volonté d'égaler, voire de surpasser son frère (ce qui confirme que les méthodes d'éducation d'Odin sont passablement détestables) et d'ainsi recevoir l'attention et l'affection qu'il désire, une quête que nous avons sans doute tous partagée.
Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ce côté manipulateur et rusé qu'a Loki, il a conscience des choses contrairement à Thor (et ça, c'est très agaçant tout le long du film). En outre, l'acteur est très doué, alors que demander de plus ?
Vraiment, "Thor" n'est pas un chef d'oeuvre, mais la seule présence d'un personnage aussi intéressant dans toute la série Marvel m'a presque donné envie de regarder la suite...
Afficher en entierEn soi, le film est plutôt bien. Divertissant, bien rythmé, des images très belles, le tout servi sur la superbe bande son du premier volet. La dynamique entre les personnages est pas mal du tout, le casting est assez doué donc normalement tout devrait bien se passer mais - parce qu'il y a toujours un "mais" - ça manque cruellement d'originalité : Jurassic World s'inspire trop de Jurasssic Park, à tel point que les fans du premier (comme moi) seront capables de deviner chaque rebondissement à chaque minute du film. Ça manque cruellement d'innovation et d'originalité.
Le nouveau dinosaure pose aussi problème : bien qu'une créature dotée d'une telle intelligence soit vraiment fascinante, trop d'intelligence tue l'intelligence. Que l'Indominus soit capable de créer une diversion ou de réduire sa température pour se cacher, ça ne pose aucun problème. Mais qu'elle soit capable de comprendre les technologies humaines, alors là ça me dépasse.
Malgré une fin très brouillon, je pense que ce film reste très divertissant, pas mal du tout, surtout en comparaison avec les deux films précédents. C'est le genre de film qui, d'après moi, demeure simple à apprécier.
Par contre, il me faut absolument préciser ce que je sous-entends par "brouillon" : ça va dans tous les sens visuellement et scénaristiquement parlant. C'est un peu désagréable à regarder parce qu'on ne sait vraiment pas où poser les yeux tellement l'image est encombrée. L'histoire perd vraiment de son intérêt et de son intensité à ce moment là tout simplement parce que le scénario ne sait plus trop où aller et essaie ostensiblement de mettre un terme au film de manière relativement satisfaisante (avec des combats de dinos et tout le tralala). Le problème c'est que c'est un peu risible et pour plusieurs raisons :
Spoiler(cliquez pour révéler)1) Claire échappe au T-Rex en talons ... Moi qui avais espéré tout le long du film qu'elle allait finir par les enlever, mais non. C'est d'autant plus risible qu'on lui a déjà dit de les enlever lorsqu'elle s'est engagée dans cette aventure.
2) Le film a réussi à me faire oublier qu'il y avait un T-Rex dans ce parc ! Le premier Jurassic Park avait agi de manière très intelligente en ce qui concerne le T-Rex et les Raptors tout le long du film, en soulignant leur présence comme une menace ou sorte d'oppression qui dure jusqu'à ce qu'ils finissent par se montrer (ce qui prend du temps) mais ils sont toujours là. Dans Jurassic World, la présence du T-Rex dans le parc est purement anecdotique, il n'a aucune présence jusqu'à ce que Claire le fasse sortir de son enclos et c'est bien dommage.
3) Le film donne une dimension beaucoup trop profonde aux dinosaures. Pas qu'ils ne puissent pas éprouver de la sympathie pour leur dresseur, ou pour leurs congénères qui se sont battus à leurs côtés (même si ça reste un peu limite à mes yeux) mais c'est très mal amené : les raptors n'ont aucune hésitation à se ranger du côté de l'Indominus, alors pourquoi faudrait-il qu'ils finissent par hésiter une heure plus tard en revoyant leur dresseur ? C'est comme si les scénaristes se disaient "Comment est-ce qu'on va trouver une fin satisfaisante sans tuer les personnages principaux ?" et qu'ils avaient préféré mettre la cohérence à la poubelle.
Enfin bref ... une fin brouillon qui empêche le film d'être une très bonne suite, c'est vrai. Il n'empêche que le reste du film était pas mal quand même. Mais pour le prochain, s'il vous plait : I-N-N-O-V-E-Z !
Afficher en entierJe m'attendais vraiment à mieux de ce film. Pour avoir vu différents reportages sur cette affaire qui a longtemps fait les gros titres, je m'attendais vraiment à un film qui nous plonge au coeur de l'histoire, qui la retrace depuis ce jour tragique de 1993. Et le film commence plutôt bien, très émouvant et prenant. La tension monte, les accusés sont arrêtés, le procès a lieu, etc ... et soudain, le film s'arrête. Tout à coup, le générique de fin arrive et on se retrouve devant l'écran à se demander "C'est une blague ?".
D'ordinaire, on voit arriver la fin d'un film, on le sent. Mais Devil's Knot n'était clairement pas fini ... Au bout d'1h45, on évoque une autre piste possible et le film s'arrête. C'est très frustrant je dois dire et on se penche assez peu sur ce qui se passe après le procès des West Memphis Three (je crois qu'on ne mentionne même pas que Damien Echols a finalement échappé à la peine de mort, même si c'est sous-entendu).
En bref, le film était bien mais s'arrêter de manière aussi brutale au bout d'1h45, c'était la pire erreur qui soit...
Afficher en entierCe film est plutôt troublant... Visuellement, c'est magnifique. C'est vraiment très très beau, des paysages sublimes aux costumes, l'image est très travaillée et c'est agréable à regarder. La musique est pas mal aussi, quoiqu'un peu glauque dans le segment qui retrace le conte de la vieille écorchée. Seulement, le réalisateur a fait le choix de n'adapter que quelques contes du Pentamerone (et l'oeuvre est trop volumineuse pour pouvoir tout adapter) et je ne m'explique pas ces choix : pourquoi ces contes plutôt que d'autres ? Pour quelles raisons ?
Les histoires se croisent parfois, mais il n'y a pas de vraie interaction entre les personnages des différents contes. Finalement, j'ai le sentiment d'avoir vu un film mais sans pouvoir comprendre le but de celui-ci... Peut-être étais-ce trop abstrait. Je m'interroge toujours. Enfin, voir ce film m'a ouvert les yeux sur une chose : je ne raconterai jamais de contes à mes enfants.
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Une idée plutôt originale avec des images plutôt intéressantes pour les films de cette époque (début des années 2000), mais un scénario un peu banal. De l'antagoniste imbu de sa personne aux seconds rôles qui meurent les uns après les autres en l'espace de quinze minutes chrono, on y retrouve tous les caractéristiques du film où la science se rebelle contre l'homme (Jurassic Park, L'expérience interdite, toutes les adaptations possibles et imaginables de Frankenstein, etc).
Bon, un film prévisible n'est pas forcément un mauvais film. Et malgré quelques incohérences (notamment le fait de défibriller un gorille sans le raser ou comment prendre des risques inutiles), Hollow Man aurait pu s'en sortir un peu mieux. Le personnage de Sebastian n'est pas vraiment très élaboré... Fondamentalement, il a toujours été un sacré casse-pied doté d'un égo surdimensionné et des pensées criminelles (la façon dont il regarde sa voisine se déshabiller dés le début du film est absolument malsaine). La seule différence c'est que l'expérience lui donne la possibilité d'aller aux bouts de ses idées, alors je ne comprends pas comment toute son équipe et même ses supérieurs peuvent bien encore le soutenir malgré tout. Le personnage de Linda, quant à lui, est trop lisse.
Finalement, le film se laisse regarder, mais si la première partie était assez intéressante, la seconde est bâclée, un peu ennuyante.
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