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Les commentaires de Hawlink

Commentaire ajouté par Hawlink 2018-01-22T22:50:16+01:00
Vu aussi

Et bien comme quoi, qu'on regarde le plus random des blockbusters ou un film arthouse, on est pas à l'abri de tomber sur une sombre bouse.

Comme tout le monde, et malgré les critiques, je me suis obstiné à vouloir regarder ce film de par son réalisateur et son acteur principal. Sauf qu'on est des kilomètres en dessous de Drive. Pas que Drive soit un film légendaire à la profondeur inégalée, mais c'était au moins un film stylé as fuck avec des personnages assez attachants.

Only God Forgives est juste nul. Bon peut être pas en tout, la mise en scène est sympa, et le film a une esthétique globale assez plaisante (la lumière, les couleurs...). Par contre le reste... c'est assez abyssal. On a droit à un scénar de vengeance/complexe d'Oedipe qui tient sur un post-it déchiré et une galerie de personnages dont la qualité d'écriture est inversement proportionnelle à leur capacité à faire des poses bad-ass devant la caméra. Ce n'est donc pas intéressant, inutilement violent, et ça prends bien trop son temps pour quelque chose qui aurait dû se limiter à un court-métrage.

Je mets ce film en vu aussi uniquement pour la scène de combat un peu kéké Street Fighter qui a réussi a attiré mon attention pendant que j'écrivais ce commentaire.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2018-01-20T23:10:41+01:00
Diamant

J'ai pris un mois gratuit sur Netflix juste pour regarder ce film, et je crois bien que ça a été une des meilleures décisions de ma vie.

On a là une absence totale de scénario mais un film qui exprime pourtant tellement de choses. Je trouve qu'il fait ressortir une profonde beauté de par sa simplicité et sa lenteur (on sent d'ailleurs une forte inspiration de In The Mood For Love de Wong Kar-Wai, film tout aussi excellent). On nous montre la vie de deux âmes égarées, qui en l'espace de quelques moments passés ensembles retrouvent le lien qui leur manquait, une connexion qu'ils n'avaient même plus avec leurs proches respectifs. Le concept peut paraître théâtral et idéaliste mais en l'état je trouve ça juste superbe.

Les deux acteurs principaux sont absolument géniaux. Un Bill Murray comme on l'aime, blasé et excessivement drôle, accompagné d'une ScarJo qui m'a fait très plaisir. C'est pas une actrice que j'appréciais beaucoup jusqu'à présent, mais j'ai totalement adhéré à son rôle de jeune adulte perdue ici. La relation entre les deux personnages est parfaitement présentée, sans jamais tomber dans la romance dégoulinante (à part peut-être pour la fin qui s'aventure un peu dans ce territoire, mais qui reste quand même très poignante). Cela dit, je ne trouve pas du tout que ce film soit une romance de base. On nous montre juste deux personnages qui apprécient leurs moments passés ensembles, sans volonté aucune de raconter une histoire d'amour, plutôt de montrer la force de ce lien face à la solitude des deux personnages.

Personnellement, je peux comprendre qu'on puisse trouver la vision du Japon moderne que propose ce film assez clichée, mais en tant que japanophile convaincu ça ne m'a pas non plus gêné plus que ça. Surtout que la plupart du temps, on a droit à d'excellentes touches d'humour basées sur ces clichés, donc rien d'alarmant. Je pense plutôt au contraire que Coppola montre un certain respect de la culture japonaise dans ce film, et particulièrement de la culture traditionnelle.

Pour finir, parlons paillettes. L'ESTHETIQUE DU FILM PUNAISE ! C'est d'une beauté ! La lumière, les décors, l'ambiance de nuit... Accompagnée par une BO absolument indie-shoegazey qui mérite tout l'amour du monde. Bon sang quand j'ai entendu Sometimes de My Bloody Valentine j'ai failli avoir une crise cardiaque. Avec aussi du Phoenix, une reprise de Roxy Music par Bill Murray... Que demande le peuple.

Bref, je sais pas vous mais moi ce genre de films me redonne foi dans le cinéma. Je continuerais à regarder plein de trucs chiants si c'est pour tomber sur des perles aussi belles tous les 20 films. Sur ce je pars acheter le DVD.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2018-01-09T00:03:02+01:00
Bronze

Inside Out est un bon film, qui fait preuve d'une inventivité assez exceptionnelle. Le thème des émotions humaines est assez bien traité tout au long du film par son concept un peu dingue, si on part bien évidemment du principe que c'est un long-métrage d'animation destiné avant tout aux enfants. Je dois avoué avoir été un peu agacé par le personnage de Joy que j'ai trouvé assez fatigant, ainsi que par le traitement du personnage de Sadness qui me paraissait franchement risible. Heureusement, on se rend compte que ce traitement était volontaire et le dénouement final n'en est que plus satisfaisant et riche en émotions. L'humour du film s'avère également excellent, notamment durant un des rêves de Riley. Bref, on a là un bon Pixar, qui aborde le thème des souvenirs et des émotions de façon colorée, dynamique et émouvante.

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Or

What a fucking movie to finish a trilogy with.

J'avais prévu de revoir le Retour du Roi en adoptant un point de vue totalement neutre. Le point de vue d'un cinéphile, pas d'un fan de l'univers de Tolkien ou d'un type qui a passé une grande partie de son adolescence à faire tourner en boucle les DVD de la trilogie. Résultat, il m'a quand même fallu cinq mouchoirs pour supporter la vague d'émotions titanesque que procure ce foutu film.

Qu'on se le dise tout de suite, ce final n'est pas parfait. Mais il est tellement satisfaisant sur de nombreux points. On est dans la construction dramatique permanente : du build-up de la bataille des champs du Pelennor au climax apocalyptique de la Montagne du Destin. Tous les personnages voient leurs story arcs résolus, Eowyn, Théoden, Gollum, Frodon, Aragorn... (certains uniquement dans la version longue cependant). En parlant d'apocalypse, ce film embrasse tellement bien son aspect fin du monde (et y fait de nombreuses fois référence d'ailleurs) que c'est sans doute sa plus grande force. On fait difficilement plus tragique qu'un scénario qui propose une mission suicide et des batailles vouées à être perdues. LOTR mérite bien pour ça son statut de blockbuster culte considéré par beaucoup comme un chef d'oeuvre; l'action n'est là que pour servir les enjeux, qui sont très nombreux. Ca peut paraître stupide et évident, mais je vous met au défie de me citer des films à gros budget qui balancent aussi bien le spectacle et l'émotion que cette trilogie. Et avec une OST aussi magnifique en prime ? Good luck.

Venons en aux points négatifs, car ce film n'est pas la perfection ni le meilleur film de tous les temps. Pour moi le plus gros soucis (et peut être le seul quand j'y pense) vient parfois du script. Il n'est pas rare d'entendre un personnage prononcer une phrase assez banale avec une tournure pseudo-poétique. Alors oui le livre de base est très poétique, sauf que là ce sont les films de Jackson, de bons gros blockbusters, pas la mythologie légendaire de Tolkien. Du coup ce genre de réplique, ça passe ou ça casse, avec un peu de chance c'est très bad-ass mais sinon on se surprend à hausser un sourcil. Deuxième point, les répliques écrites à la zeub. Je pense notamment aux répliques du style "Des nouvelles de Frodon ?" qui apparaît vers la 1ère heure de film. Bah non, il a pas envoyé de carte postale du Mordor. Surtout que 2 heures plus tard, Gandalf sort un "Frodon est sorti de mon champ de vision" whaaaat ? Qu'est-ce que ça veut dire ? On peut directement aller aux nouvelles maintenant ? Bref. A côté de ça on peut ajouter les délires un peu stupides de Jackson (Gimli qui fait le guignol, Legolas le kikou) qui détonnent un peu avec l'excellence dramatique du film.

Parlons un peu des ajouts de la version longue... j'avoue ne pas savoir si elle plus recommandable que la courte ou pas. Il y a d'excellentes scènes, notamment celle de Saroumane, mais d'autres assez inutiles voir ridicules, je pense à la bouche de Sauron Spoiler(cliquez pour révéler)qui me paraît en plus assez incohérente : comment connaît-il la mission de Frodon et Sam ? Un hobbit a juste été trouvé à Cirith Ungol mais pas l'Anneau... Il utilise la cotte de mithril pour se jouer de Gandalf, mais comment est-il censé savoir qu'ils se connaissent ? A moins que ce soit juste un coup de poker pour tenter de les désespérer vis à vis d'un hobbit random qu'ils ont trouvé de façon random... enfin bref.

Certains diront que les 45 fins sont trop longues, mais personnellement je trouve qu'elles sont amplement justifiées. Le spectateur a suivi ces personnages pendant plus de 10 heures de film, et accorder 30 minutes d'épilogue pour délivrer de belles conclusions et une sublime fin douce-amère, ça me paraît être un bon plan.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2017-12-30T13:27:43+01:00
Argent

Lady Vengeance est un des premiers films coréens que j'ai vu, donc il se pose un peu comme une pierre angulaire de mon parcours cinématographique et de mon appréciation du travail de Park Chan-Wook de façon générale. M'étant familiarisé avec le style du cinéma d'auteur coréen, j'avais un peu peur qu'un revisionnage de ce troisième film de la trilogie vengeance lui fasse perdre un peu de la splendeur qui m'avait frappé au premier visionnage. Et je suis heureux de constater que ce film reste tout bonnement excellent.

Dans un premier temps, j'avais très peur que le film s'enfonce totalement dans le grotesque qui compose habituellement le cinéma de Park Chan-Wook (ce que j'ai pu reprocher à son dernier film notamment, Mademoiselle, même s'il a été très bien reçu). En effet, on commence avec une backstory racontée sous des couches de brillance visuelle et de musique baroque. Park est un génie de la caméra, il le sait, et il étale ses compétences sur toute la durée du film. Couplé à l'humour grotesque typiquement coréen, le risque de tomber dans l'overdose arrivait à grand pas, un écueil heureusement habilement évité.

Park alterne délire absurde et narration tragique d'une main de maître. Le film switche constamment entre le personnage torturé de Lee Young-ae et une brochette de personnages secondaires tout aussi délirants les uns que les autres. Il n'y a que dans Old Boy qu'on arrive à retrouver la patte du réalisateur combinée à un propos aussi poussé. Lady Vengeance est beau, hilarant et violent. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il est émouvant, dans le sens où l'aspect très artistique du film est parfois un frein à l'immersion (frein cependant outrepassé dans Old Boy). C'est un film que j'admire profondément pour sa réalisation et son écriture, mais pas un film qui me touche. Cela dit, les films qui arrivent à avoir une valeur artistique sublimée par une profonde émotion, je les compte sur les doigts d'une main.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2017-12-24T16:43:46+01:00
Pas apprécié

Bon, c'est quand même pas fou ce Moon. Je me suis lancé dans ce film en espérant voir de la SF esthétique et réfléchie, qui pose des questions suffisamment intéressantes pour ne pas laisser le spectateur bailler dans son coin au bout de 20 minutes. De la bonne science-fiction quoi. Grosse erreur.

J'arrive pas à trouver un seul point positif à ce film. Non pas qu'il soit fondamentalement mauvais, mais RIEN ne sort du lot. En termes de réalisation, c'est terriblement kitsch et déjà vu pour de la SF. Il n'y a aucune élégance, aucun flair dans les images proposées. Comme si 2001 avait été réalisé par le premier random sorti d'Hollywood. Même Nolan a une patte plus marquée. A côté de ça on a le droit à une musique au piano bien fatigante, censée marquer le suspens ou la tension je ne sais pas trop, mais encore faudrait-il que le contenu du film soit suffisamment pertinent pour ne pas que ladite musique devienne irritante.

Venons-en à ce contenu justement. On s'emmerde royalement. TOUT est vu et revu : le type isolé dans sa base qui reçoit des messages de sa famille, le robot IA qui est là pour lui tenir compagnie. Qui plus est rien n'est suffisamment creusé pour faire passer un minimum d'émotion. Sam Rockwell délivre une bonne interprétation, je dis pas le contraire, mais son personnage est assez antipathique je trouve.

Puis vient un espèce de twist à la noix qui va faire le reste du film. Super. Déjà que je n'aime pas les films à twists de base, si tu mets ton twist au milieu et que tu construit le reste de ton truc dessus, c'est un coup à oublier de donner une quelconque profondeur à ton film. Surtout que dans ce cas précis, c'est peut être intrigant au premier abord, mais on en a rien cirer de savoir le pourquoi du comment. J'ai pas envie d'essayer de comprendre ton film si tu me mets rien sous la dent Duncan Jones. Et le pire dans tout ça c'est que les révélations sont même pas si dingues que ça.

Bref, à chacun ses opinions, mais pour moi on a encore affaire un film de série B qui se prétend être de la SF intelligente de part son scénario alambiqué. Mais le reste est d'un vapide sans nom. A oublier au plus vite.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2017-11-11T22:39:31+01:00
Argent

Je dois avouer avoir été un peu biaisé par les trailers qui annonçaient un espèce de mix entre Drive et Taxi Driver. Du coup, de façon totalement idiote, j'ai entamé le visionnage en ayant ces deux références en tête. Sauf qu'au final, les similitudes restent assez peu nombreuses.

Le film est long à démarrer. Les comparaisons aux oeuvres citées plus haut m'ont laissées un goût un peu amer vis à vis de ce début; en effet, on est dans l'ost très synthé, personnage solitaire à la Drive/Taxi Driver, mais ça donne une impression de sous-produit, une tentative de créer une oeuvre marquante dans le style mais sans poser sa propre marque. Le scénario est prévisible, les flash-back un peu redondants. C'est plaisant mais un peu bancal, on se demande où la réalisatrice veut en venir.

Et bien elle en vient nulle part à vrai dire. Le film a assez peu de fond. Alors pourquoi je l'ai en argent ? La deuxième partie. Le scénario reste prévisible, mais la mise en scène fait preuve d'une inspiration assez monstrueuse. Certains passages, pourtant lents, sont à couper le souffle. Une scène particulièrement brillante fait penser à Shining. Une autre, portée par l'ost de Jonny Greenwood, est absolument magnifique : émouvante et avec un flair artistique sans nom. Prix du ticket validé en l'espace de 2 minutes.

La psychologie du personnage principal s'approfondit. La lenteur et l'évidence des débuts finissent par payer dans un dernier acte vraiment scotchant.

Ah et bien évidemment, superbe prestation de Joaquin Phoenix. Bref, malgré le scénario vu et revu, on a là un film au départ tout juste honnête qui finit par tirer son épingle du jeu. Je pense même qu'il doit se bonifier avec un second visionnage.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2017-10-27T21:51:42+02:00
Bronze

Je ne savais pas grand chose de ce film avant de l'entamer, à part que le main character, joué par Alain Delon, avait beaucoup inspiré Refn pour son personnage de Drive. Et bien je dois dire que je reste plutôt sur ma faim.

Alors, c'est pas mauvais du tout. On commence plutôt bien avec un plan fixe qui prend son temps sur un Alain Delon sagement allongé, contemplant tranquillement sa solitude. Delon qui est sacrément charismatique d'ailleurs. Le tout appuyé par une bande son mélancholico-jazzy sympathique. Le style reste heureusement consistant sur la durée... mais on attends encore du contenu.

Je suis le premier à dire qu'on peut faire un film génial sans contenu, si il est suffisamment travaillé sur le plan artistique et qu'il surprend le spectateur. Sauf que Le Samouraï ne joue aucune de ces cartes et propose juste un scénario assez banal. Scénario assez similaire à celui de Drive d'ailleurs, sauf que là où ça passe dans Drive car on mets trois kilos de paillettes musicales et visuelles par dessus, là ça casse un peu dans l'ennui et le prévisible. Un autre point qui m'a surpris, c'est que j'ai pas trouvé les acteurs très crédibles. J'arrive pas à savoir si c'est parce qu'ils surjouent, qu'ils sont mauvais ou que c'est un peu trop dans la tentative de bad-assitude pour un film en français. Alors oui, c'est stupide de juger un film sur la langue, du coup je vais plutôt opter pour un jeu d'acteurs assez médiocre. A certains moments on aurait vraiment pu croire à un doublage VF de Chuck Norris.

A noter aussi que le film prend vraiment son temps par moment, les scènes en question étant appuyées par un cui-cui répétitif d'oiseau dans sa cage en bruit de fond. J'imagine que c'était pour renforcer la solitude qui se dégage du film mais je crois que j'étais tout simplement pas dans le mood. La fin, par contre, est assez surprenante. Bref, j'ai plutôt passé un bon moment dans l'ensemble, mais j'en garderais pas un souvenir exceptionnel.

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Commentaire ajouté par Hawlink 2017-10-22T01:18:07+02:00
Diamant

Commentaire à chaud après un second visionnage. Et ma foi, il est très agréable de constater qu'une fois l'excitation et la joie de revenir dans l'univers de Blade Runner retombées, ce cru 2049 reste une franche réussite artistique et un monstre de storytelling visuel.

Une des plus grandes réussites de ce nouveau Blade Runner est de reprendre avec brio l'univers et l'ambiance posés par le premier film. On redécouvre le paysage d'un Los Angeles futuriste, pluvieux, avec des vagues airs de Tokyo ou Hong Kong, le tout agrémenté par une BO issue d'un croisement entre les compositions originales de Vangelis pour le premier film et un album très ambient de God is an Astronaut. Mais là où Villeneuve fait fort, c'est que non seulement il reprend avec réussite l'univers de Blade Runner 1982, mais il se l'approprie. Cette nouvelle version me donne l'impression d'un peu délaisser le côté néo-noir stylé pour pousser sur le cauchemardesque. Le film a une ambiance très sombre, et l'aspect extrêmement lisse des environnements montre un côté factice très réussi et en adéquation avec les thèmes du film. On a l'impression d'être dans un mauvais rêve dont on aurait peaufiné tous les détails. Si on en vient uniquement du visuel, c'est un espèce de paradis du geek sci-fi à tendance artsy, où le fan de pseudo-technologies futuristes se délecte également de plans chiadés aux couleurs ésotériques. L'association de tous ces éléments visuels et sonores permettent de créer une véritable expérience digne du premier film. Comme quoi, malgré ce qu'on a pu lire, c'est bien plus qu'un Ryan Gosling qui marche lentement.

Vous allez me dire que la forme c'est bien gentil, mais le fond dans tout ça ? Personnellement j'en ressors extrêmement satisfait, même si on pourrait citer quelques petits défauts. Tout d'abord, ce que je trouve diablement satisfaisant, c'est que Villeneuve ne se repose absolument pas sur les acquis du premier film, mais au contraire les utilise pour explorer plus en avant l'univers et les thématiques. Je pense notamment à la nature des souvenirs, un sujet essentiel de Blade Runner qui est ici traité plus en profondeur grâce à un personnage en particulier. Alors certes, on a pas droit à un traité de philosophie, et ce serait une critique facile mais pas totalement injuste de dire que 2049 aborde beaucoup de sujets sans en traiter aucun à fond; ce qui n'est pas totalement vrai vu que le thème essentiel du film est traité avec brio aussi bien dans le dialogue que visuellement. Il est cependant honnête de tacler le film sur la rapidité avec laquelle il aborde des sujets aussi large que la lutte des classes, notamment (c'était peut être pas nécessaire mais ce n'est pas non plus mal écrit).

Un truc qui m'a fait tiquer au premier visionnage, c'est le personnage de Jared Leto. Au premier abord, il peut paraître comme le grand méchant bateau au complexe de Dieu qui balance de la pseudo-poésie énigmatique au lieu de parler normalement, mais en faisant l'effort de s'attarder sur ce qu'il dit, on peut remarquer que son discours est tout à fait cohérent. Si on accepte le fait qu'il soit fou à lier, le dude est un sacré bon poète en fait. Et Leto livre une interprétation honorable. Le reste du casting est aussi très satisfaisant. Luv, la bras droit de Jared Leto, est une replicante qui aurait pu être très clichée si elle n'avait pas été sauvée par la performance de Sylvia Hoeks, qui crève l'écran. Ryry Gosling et Harrison Ford restent fidèles à eux mêmes, finalement.

Mais laissons de côté ces banals commentaires sur la prestation des acteurs pour en revenir au thème essentiel du film, c'est à dire la quête du sens de l'humanité. Blade Runner premier du nom était imprégné de la fameuse question rhétorique que tout le monde se pose un jour : "damn, je suis un robot, pourquoi je vis, est-ce que je suis humain, si j'ai des feels, ma vie vaut quelque chose ?". 2049 continue dans cette optique de crise existentielle en nous proposant un main character en quête de sa véritable identité, perdu dans un monde dystopique où son taf lui rappelle sans arrêt qu'il n'a pas d'âme et où sa copine est une IA commerciale affichée sur tous les buildings de ce Los Angeles de misère. A noter que la relation entre K et Joi est un des gros points forts du film, de par le côté authentique qui en ressort petit à petit malgré qu'on ait affaire à une romance entre un androïde et une intelligence artificielle. L'innocence d'Ana de Armas apporte terriblement à ce duo de newbies des sentiments. On peut également constater plusieurs parallèles entre les deux personnages quand ils questionnent leur humanité ou quand ils ont l'impression de quitter leur statut d'être créé par l'homme (K sous la neige, Joi sous la pluie). Mais ce qui se révèle diaboliquement efficace, c'est que le film n'oublie jamais l'absurdité de cette relation.

Il y a encore beaucoup de choses à dire sur le film, honnêtement, je pense n'avoir parlé que de la moitié, mais ce commentaire est déjà trop long. Je conclurais donc en le recommandant vivement aux fans du premier film, et de façon plus générale aux amateurs de films à l'esthétique travaillée et à la réflexion poussée.

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