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Globale 8.3
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Suspense 8.4
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Originalité 9

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Dark City

Date de sortie

France : 20 Mai 1998

Apprécié pour

Studio

1998
Nationalité : Etats-Unis, Australie

Budget : million
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Synopsis

Ajouté par beckygirly le 21-12-2013
Se réveillant sans aucun souvenir dans une chambre d'hôtel impersonnelle, John Murdoch découvre bientôt qu'il est recherché pour une série de meurtres sadiques. Traqué par l'inspecteur Bumstead, il cherche à retrouver la mémoire et ainsi comprendre qui il est. Il s'enfonce dans un labyrinthe mystérieux où il croise des créatures douées de pouvoirs effrayants. Grâce au docteur Schreber, Murdoch réussit à se remémorer certains détails de son passé trouble.

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Par Cannibal le 2018-07-03 15:17:29 Editer
**Chef d'oeuvre** de la science fiction, Dark City est un film, obscur au scénario parfait, influencé par le cultissime Metropolis et le duo Caro/Jeunet ,qui n'aura de cesse d'étonner les amateurs du genre, de plus les fans d'anim japonais seront servis pour la partie combats. Sur fond de dystopie le film pose en toile de fond une réflexion sur le malaise de l'être en société et la façon dont celle-ci nous force à l'anonymat.
En outre, les acteurs sont fantastiques surtout Kieffer Sutherland dans un rôle à contre emploi et Rufus Sewell excelle en héros amnésique surpuissant, la musique est extraordinaire en particulier la reprise de Sway... Bref, Dark City est un film absolument parfait que l'on peut voir et revoir à l'infini avec toujours autant de plaisir!

**Mon Analyse**
Le peuple est un élément de la société évoqué fréquemment dans le cinéma expressionniste allemand avec des films tels que M le Maudit de F.Lang ou Le Cabinet du Docteur Caligari de R.Wiene et dans le cinéma néoréaliste italien avec notamment Umberto D de Vittorio De Sica, mais c’est dans le genre de la Science Fiction que les problématiques sociétaires sont le plus représentés car ces films visent à être intemporels, sans cesse dans l’actualité en dénonçant des cas généraux comme l’écologie avec Soleil vert de R.Fleisher, ou encore la manipulation mentale et morale du peuple par l’État, grâce à de nombreux films traitants de la mémoire comme Total Recall de P.Verhoven ou Dark City de A.Proyas .
Le néoréalisme et l’expressionnisme, eux, se référent à un évènement particulier que sont la première et la seconde guerre mondiale ce qui les situent par rapport à une époque donnée et montre les soucis du passé ,exception faite à Metropolis de Lang qui se trouve être un film de Science Fiction auprès duquel les cinéastes actuels réalisant de la Science Fiction se réfèrent afin de diffuser leurs messages, alors que la Science Fiction, elle, montre les tracas actuels et futurs de la société. Le film Dark City de A.Proyas est un de ces films de Science Fiction qui se réfère à Metropolis afin d’évoquer un peuple en agonie nommé les Étrangers soumettant un autre peuple que sont les humains dans le seul but d’assurer leur survie au sein d’une dystopie qui deviendra au fur et à mesure du film le cauchemar du héros et le témoin d’une société torturée. Si nous avons choisis d’évoquer Dark City plutôt qu’un autre film de Science Fiction c’est parce que ce film possède plusieurs niveaux de représentation du peuple et parle de différentes manières d’un seul et même problème sociétaire, évoqué précédemment, la manipulation du peuple par l’État ce qui a été fait que dans de très rares cas dans le cinéma en général. Dark City est également le premier film de science fiction qui a pour personnage principal une ville.
Cela nous mène à nous demander comment le film Dark City réussit à diffuser un seul et même message à travers un peuple représenté par lui-même et par le héros alors que les deux partis agissent différemment et indépendamment l’un de l’autre. Nous aborderons cette problématique en parlant tout d’abord du peuple représenté par lui-même qui agit en tant que figurant du film et du monde que le film critique puis nous poserons notre réflexion sur le rôle de la dystopie comme métaphore de notre environnement et enfin nous nous pencherons sur le héros qui représente le peuple sans vraiment interagir avec celui-ci.

Le film débute sur un monologue d’un des personnages du film en voix-off, le Docteur Daniel Paul Schreber. Les premiers mots de ce narrateur, interne à l’histoire, sont donc : « Au commencement étaient les ténèbres puis vinrent les Étrangers,… » Ces mots là montrent tout d’abord, avec l’utilisation du terme « ténèbres » qui est un mot négatif, que le peuple humain vivait dans une société rongée par le malheur et le désespoir avant qu’il se soumette quand « vinrent les Étrangers ».
Cette soumission aux Étrangers est leur première erreur, le peuple préfère subir les actes, ordonnés par ce peuple à l’agonie, que de se révolter par peur de représailles. Le peuple sait inconsciemment que les Étrangers n’hésitent pas à tuer pour assurer leur survie tel un peuple prédateur ce que l’on voit lorsque les extraterrestres apprennent qu’ils sont en danger avec John Murdoch en liberté, ils tentent de l’éliminer par tous les moyens. Nous voyons que dans ce film l’espèce humaine n’est pas le plus grand prédateur régnant sur le territoire mais la meilleure proie qu’un prédateur puisse avoir, le prédateur étant le peuple des Étrangers qui s’approprie des cadavres humains afin d’agir à traves eux, on peut donc dire que les Étrangers ont une forme d’humanité ainsi comme le dit le philosophe Thomas Hobbes : « L’Homme est un loup pour l’Homme »1, ici le peuple humain subit les moindres faits et gestes d’un peuple à la forme humaine agissant de façon comparable à l’Homme. Ce que les Étrangers ne savent pas c’est que le peuple faisant l’erreur de ne pas se révolter, ce sera l’un des humains, John Murdoch, qui se révoltera contre eux à leur place et les anéantir tous. Dans ce cas de figure John Murdoch incarne le peuple luttant contre l’oppression et l’oppresseur alors que le peuple présent dans le film n’est là qu’en tant que figurant mais il permet de montrer au spectateur que ce peuple là est leur reflet et qu’il a besoin d’être libéré du système dans lequel nous sommes.
Ce que nous montre également le film, c’est que même si la société réussit enfin à se libérer du joug d’un gouvernement, le peuple subira toujours le joug d’un autre. Le peuple ne sera jamais libre tant qu’il aura un chef pour le diriger, la société n’en prendra pas conscience puisque l’État fait tout pour nous faire croire que tout va bien alors que rien ne va, le peuple subit cette fois-ci de manière psychologique les coups d’un État manipulateur prêt à tout pour rester en place. Dark City montrent cette manipulation psychologique par l’amnésie du peuple et l’absence de l’oppresseur durant l’activité de l’oppressé, les Étrangers font en sorte que le peuple soit ignorant de leur existence afin de pouvoir continuer leurs expérience sans êtres compromis. Le réalisateur nous montre que paradoxalement, dans la société dans laquelle nous vivons ainsi que dans la société du film Dark City, le peuple subit son ignorance et ses conséquences tout en ignorant qu’il subit cette ignorance. Le peuple de Dark City agit comme Chaplin dans Les Temps Modernes, il fait indéfiniment le même geste sans s’en rendre compte et cela tous les jours. Ces deux films évoquent d’une façon différente le dur labeur devenant une routine quotidienne dans Dark City cela est montré lors de la scène de la syntonisation de la ville entière dans laquelle nous pouvons voir la ville en activité puis s’arrêtant soudainement à cause des Étrangers, pour repartir de plus belle en renouvelant les activités pratiquées par chacun, chez Chaplin cela est montré par le montage répétitif de pièces à l’usine où travaille Chaplin, dans ces deux films, la souffrance endurée, étant la même tous les jours, devient normal et nous avons l’impression que si ils n’endurent pas quelque chose cela pourrait perturber le bon fonctionnement de la société. Les Hommes sont tellement habitués à souffrir qu’ils ne ressentent plus rien lorsqu’ils subissent des dommages physiques, notamment lorsque le Docteur Schreber insère, à l’aide d’une seringue traversant le crâne, de nouveaux souvenirs dans leur mémoire, les Hommes sont donc insensibles à tout ce qui les entourent.
Dans notre société, nous sommes devenus insensibles aux images projetés, que ce soit des images poussant à la consommation, ou bien des images de guerre. L’image est devenue tellement « banale » et «  normale » que nous ne portons plus aucun intérêt à cela, il en est de même dans Dark City, le peuple souffrant tellement quotidiennement qu’il ne trouve plus nécessaire de ressentir quoique ce soit. Cependant le personnage d’Emma Murdoch montre que devenir insensible pour ne plus subir n’est pas une fin en soi, que l’on peut tout à fait ressentir des émotions, malgré ce que nous endurons, telles que l’amour et la tristesse. Ce personnage nous montre également que l’on peut aussi avoir une identité propre au lieu de tomber dans l’oubli.

Le film parle d’un peuple oubliant sa propre identité physique et morale suite aux expériences menées sur eux par les Étrangers. La société dans Dark City est construite de façon à ce que personne ne puisse se (re)connaitre, que chacun reste anonyme, et que le peuple ne devienne plus que l’ombre de lui-même errant sans but véritable. C’est dans cette ville en crise qu’intervient le héros, John Murdoch, qui dès sa première apparition dans le film remet en question sa propre identité ainsi que celle du peuple et part en quête d’une réponse pour lui et la société. John Murdoch joue pour le peuple le rôle d’un élu, qui possédant la même capacité de syntonisation2 que les Étrangers, aura pour mission de libérer le peuple d’un joug que ce dernier ignore. En plus d’oublier qui il est, le peuple est oublié par ceux qui les oppressent car ils voient le peuple comme une masse malléable dont ils peuvent disposer selon leurs désirs. Ils oublient le peuple en tant qu’unité en le considérant tel un outil utile au développement de leur société, tel est le cas dans la société actuelle dans laquelle les ouvriers travaillent pour le bien-être des autres et non le leur, l’ouvrier est vu comme parti d’une masse et non comme individu d’une société, il est donc impossible pour lui d’être reconnu en tant que personne, en tant qu’être unique.
Le peuple restera anonyme et aura toujours tendance à oublier sa propre identité car il est essentiel au bon fonctionnement de la société, il est obligé d’exister à la fois pour lui et à la fois pour les autres. S’il disparait ou s’il décide de se révolter, le pilier s’effondrera pour se reconstruire de nouveau, comme ce fut le cas durant la Révolution Française où le peuple s’était décidé de renverser le pouvoir afin de se l’approprier et de reconstruire une France nouvelle. John Murdoch représente la partie révolutionnaire du peuple luttant pour éliminer le mal présent au sein de la société. Les seuls souvenirs, capables de constituer une identité unique à l’un des personnages, se concentrent sur le héros John Murdoch. À aucun moment nous ne savons si les souvenirs que nous voyons de Murdoch sont réel ou si ils ont étés crées de toutes pièces par le Docteur Schreber, ainsi nous découvrons que le principal protagoniste de cette histoire est comme tous les autres, c’est-à-dire un homme sans passé. Néanmoins J.Murdoch se distingue des autres individus en posant une importante réflexion sur ce qui fait réellement de nos des êtres humains dissociables des uns des autres. Lors de l’agonie des Étrangers, l’un de ceux-ci demande au héros pourquoi ils ont échoués Murdoch lui répond simplement qu’ils ont cherché au mauvais endroit (dans la mémoire, donc les actes). Alex Proyas avance ainsi, à travers son personnage, la théorie que l’Homme ne serait pas la somme de ses actes mais qu’il serait plutôt ce qu’il est censé être par nature soit bon, soit mauvais. Cette théorie montre que l’Homme possède finalement déjà une identité, qu’il n’a pas besoin de s’en construire une nouvelle.
Dans le film nous pouvons observer également non pas l’oubli mais la folie menant à la perte de sa propre identité, de ce qui est censé être inné en l’Homme. Nous voyons cela à travers un des collègues de travail de l’inspecteur Bumstead qui ayant découvert l’existence des Étrangers devient paranoïaque et s’enferme chez lui de peur de perdre sa mémoire, de perdre ce qu’il est. Ce personnage est prêt à mourir pour protéger son intégrité morale. La femme de ce collègue ne comprend pas son mari qui la rejette du fait qu’elle a été « transformée » par les Étrangers, cet homme agit différemment lorsque l’inspecteur cherche à savoir ce qui lui arrive mais ne le comprend pas. L’Homme ne comprend pas, ne croit pas ce qu’il ne peut pas voir, c’est ce que cherche à montrer la scène de discussion entre les deux hommes. Le collègue de Bumstead n’apparait que durant cette scène là puis il est oublié durant tout le film, à aucun moment il est évoqué ni vu jusqu’à la fin. Cette oubli est présent afin de dénoncer le fait que le peuple écarte toute personne défaillante, autant psychologiquement que physiquement, de la société. La société oubli ces gens là dans le but de vivre en harmonie dans une société se voulant utopique. Cette société utopique serait une société dans laquelle il n’y aurait aucune obscurité, où chaque personne serait équilibrée à tous les niveaux et où tout le monde vivrait en paix, ce qui tout l’inverse de ce qu’est la ville de Dark City qui cherche à tout prix la destruction des êtres par leurs souvenirs, leur mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective. L’oubli est le pilier de la société pas le peuple et c’est pourquoi le peuple des Étrangers s’affaiblit au point de disparaitre totalement, de s’anéantir. Ainsi le peuple appliquant l’oubli et l’ignorance à l’Humanité se fait lui-même oubli et ignoré par les humains. Cet oubli des Étranges était prévisible dès le début du film car le peuple ignore l’existence de ces êtres, nous ne voyons jamais les extraterrestre parmi le peuple en activité.
Le message que le réalisateur cherche à nous transmettre est qu’il ne faut jamais oublier, d’où nous venons et qui nous sommes, donc notre identité et qu’il faudra toujours se battre pour la conserver.


La face présente dans les bas fonds de la ville accorde une identité à la ville, elle symbolise le peuple comme la colombe la liberté. Lorsque le visage s’ouvre aux Étrangers, le peuple s’ouvre à leurs manipulations mentales, la société s’ouvre à l’autorité involontairement car se sont les oppresseurs qui le veulent, le peuple est soumit. La ville subit tout comme le peuple les modifications apportées par les Étrangers, elle subit ces transformations en même temps que lui. Quand le visage s’effondre durant le combat final entre Murdoch et le chef des Étrangers, cela signifie la libération du peuple, la fin du règne de l’oppresseur.
L’architecture entière de la ville représente le peuple, en effet les rues sont étroites, représentation de la place de la pensée dans l’esprit du peuple, les immeubles sont immenses comme l’est la manipulation du peuple par ses oppresseurs. L’architecture s’applique également aux Étrangers qui comme les immeubles si ils sont ébranlés, ils peuvent à tout moment s’effondrer. Effondrement que subissent les Étrangers à la fin du film. En plus de l’architecture de la ville il y a le temps. Le temps y est obscur, il y fait toujours nuit en référence à l’ignorance régnant dans l’esprit du peuple. La ville étant un pur reflet du peuple qu’elle renferme, le peuple s’y sent à l’aise, il vit normalement sans se soucier de ce qui se passe autour de lui. La ville semble pourtant inadaptée à un seul des personnages qu’est John Murdoch cherchant désespérément la lumière du jour, cherchant à s’échapper de cette ville cauchemardesque qui semble être une prison dont il est impossible de s’échapper. En montrant une cité sans échappatoire le réalisateur fait un parallèle avec notre société qui est également sans échappatoire, cela se rapproche de ce que dit Walter Benjamin à propos des villes au cinéma qui que « en procédant à l’inventaire des réalités par le moyen de ses gros plans, en soulevant des détails cachés dans des accessoires familiers, en explorant des milieux banals sous la direction géniale de l’objectif, si le cinéma, d’une part, nous fait mieux voir les nécessités qui règnent sur notre vie, il aboutit, d’autre part, à ouvrir un champ d’action immense et que nous ne soupçonnions pas. Nos cafés, […] et nos usines semblaient nous emprisonner sans espoir de libération. »3 Le héros à pour but durant tout le film de se rendre à Shell Beach, qui est une plage sur laquelle la lumière règne. Cependant cette plage n’existe que sous la forme d’une affiche diffusée un peu partout dans la ville cela sonne comme un signal d’alarme dans l’esprit de Murdoch qui comprend que la plage n’existe que sous la forme de rêve, d’espoir. Cela donne l’impression que la diversité des affiches est due à la ville qui demande au héros de la libérer et de lui rendre la lumière. De plus, lors du premier combat entre Murdoch et les Étrangers sur un chantier sous une affiche de Shell Beach représentant une femme saluant le peuple avec une main articulé ressortant de l’affiche, la ville aide ici le héros en éliminant l’un des Étrangers avec la main articulée de l’affiche. Cela montre clairement que la ville désire être libérée, que le peuple en a besoin et qu’elle/il a choisis Murdoch comme l’élu capable de restaurer la paix dans la cité. Murdoch représente donc le peuple voyant ce qu’il se passe, un peuple qui connait la vérité et qui se révolte pour la lumière, pour le savoir. Le héros pense que le savoir doit prôner sur l’ignorance. Ainsi lorsque la ville se tourne vers le soleil, c’est la vérité qui se dévoile aux du peuple. Cette scène est une métaphore du peuple éclairé par la lumière du savoir et de la liberté. J.Murdoch devient ainsi le chevalier libérateur d’un peuple affaiblit par l’obscurité, il peut l’être uniquement parce que la ville l’a voulu et non parce que lui le désire, ce héros est emporté, possédé par la voix du peuple, de la ville, il agit par instinct et par les signes que lui renvois la cité. La ville s’éclaire comme si elle savait que la souffrance était terminée, qu’il n’y aurait plus de manipulation mentale.
La dystopie disparait pour donner lieu à semi-utopie car la ville conserve tout de même des traces du passé comme si elle voulait se souvenir des souffrances endurées, se souvenir qu’il ne faut pas que cela recommence. Nous avons l’impression que contrairement au peuple la ville sait ce qui lui est arrivé, la ville montre au peuple, grâce à Murdoch, ce qu’ils ont subit et tout ce qu’ils doivent reconstruire. La ville est donc un personnage à part entière du film puisqu’elle interagit avec la plupart des personnages du peuple, elle apporte son soutien à certains, en abandonne d’autres.
On se rend compte que la ville dirige le peuple, oriente celui-ci dans la voie de la liberté. Le monde de Dark City est sans cesse en accord avec son peuple et son héros afin de se délier des Étrangers, peuple manipulateur et vil. La société se retrouvera transformée, mais ne sera pas améliorée.
La cité, changeant sans cesse, n’ayant jamais la même structure, se vit comme un cauchemar permanent duquel il est totalement impossible de se réveiller, ni de s’échapper. La ville donc se transforme en piège dont le peuple est prisonnier. Nous retrouvons de nombreux éléments de l’univers carcéral comme avec à certaines fenêtres des barreaux, qui montrent que la ville est un obstacle pour le peuple étant donné qu’elle bloque certaines activités pratiquées par la société. L’architecture est dans ce film responsable de l’entretient physique et mentale des habitants. Dark City empreinte beaucoup au cinéma expressionniste puisque cette ville semble « bourrée de tentations et d’embûches, n’a aucun rapport avec la réalité. »4 L’environnement se transforme, pour le peuple ainsi que pour le héros, en mal de vivre qui rompt l’harmonie avec le passé Dark City se moue en un royaume dans lequel règnent la peur et la tristesse de manière continues dont le peuple se soumet de force
Dark City est une ville oppressante, étroite, obscure, il y fait toujours nuit. L’obscurité est un élément que l’on retrouve beaucoup dans le cinéma expressionniste allemand afin de faire référence au peuple tout comme Dark City. « Dans les films allemands cette rue représente, surtout la nuit, avec ses coins déserts où l’on plonge comme dans un abîme, […] l’appel du destin ; c’est l’appât énigmatique, la séduction voluptueuse pour les pauvres bougres qui, las de leur terne foyer et de la monotonie de leur vie, sont à la recherche de l’aventure, de l’évasion. ».5 Il est totalement impossible d’apercevoir la lumière du soleil, le seul espoir de loisirs réside en la plage de Shell Beach, plage qui finalement se révèle totalement inexistante, elle est un souvenir de plus que les Étrangers ont crée pour donner un sens à la vie de ses habitants afin qu’ils ne se doutent pas des agissements des oppresseurs. Le héros nous donne l’impression que la lumière est un luxe car éphémère c’est pourquoi Murdock désir faire de ce luxe un bien pour tous, ce qu’il réussit à faire en fin de film lorsque la cité est orientée vers le soleil. Dark City reflète ici la fin du rêve américain tel que le voit Wim Wenders « Un pays/livré et vend/à son propre rêve/ […]/On ne peut trouver meilleur mot de la fin au rêve américain:/Disparu.»6 Ce rêve américain disparu est représenté dans le film par l’état dans lequel est le peuple à cause de la ville. Le peuple a besoin de rêver, il n’est plus s’il n’en a pas et c’est le cas ici. L’inspecteur Walinski, collègue de l’inspecteur Bumstead, ayant vu la transformation de la ville et ayant compris qu’il était inutile de rêver et donc de vivre, se suicide, contrairement John Murdock qui lui ayant vu tout ce que Walinski avait décide de se battre afin de ne plus être esclave de la suprématie. En cherchant ce retour à la réalité le film pose une question d’ordre philosophique : La réalité existe-t-elle en dehors de notre propre conscience ? Même si à la fin du film la réponse se révèle négative puisque tout est produit par l’imagination des Étrangers, tout au long du film nous y réfléchissons sérieusement. Cette question philosophique rejoint celle de Hegel qui pense que la matière n’est que la négation de l’Idée, qui est elle-même négation de la matière.
Le peuple est esclave de cette réflexion capable de rendre fou quiconque tenterait de pousser la réflexion un peu plus loin comme Walinski. Le peuple ne sait plus dissocier ce qui est rêve de ce qui est réalité, au point où les deux se confondent. Le rêve et la ville semblent être une seule et même mécanique soumettant l’âme humaine à ses divagations, cela donne au peuple une nouvelle nature plus sombre qu’elle ne l’était déjà.
Le film montre qu’il est nécessaire d’avoir une mémoire absolue sur laquelle nous pouvons nous baser afin de construire une réflexion sur notre perception du monde qui nous entoure et de la réalité des choses de la société. Il est donc important de se libérer des œillères que nous mettent les autorités afin de s’ouvrir à un monde que l’on croyait perdu à jamais. C’est un peu ce qu’il se passe dans Dark City puisque le héros se libère du joug des extraterrestres afin de remodeler le monde à sa façon. Le film montre un monde sans amour, neutre où la joie n’existe pas, John Murdoch est le seul être capable d’aimer étant donné qu’il aime Emma sa femme et qu’à la fin il cherche à la retrouver, de plus il se fera prisonnier afin de lui laisser la vie sauve. L’amour, dénonce le film, est un sentiment qui ne doit disparaître d’une société puisqu’essentiel à celle-ci cependant nous voyons de plus en plus que l’amour disparaît pour faire place à la haine et à l’indifférence. En effet l’amour permet de se libérer de l’oppresseur, de ressentir la douceur tout comme la souffrance, de ne plus être esclave de soi-même mais de l’inconscient. La ville de Dark City est terne car sans amour entre les individus elle représente tout ce que le film dénonce et montre le peuple est esclave dans le film non pas de la haine mais de l’indifférence.
Le héros est esclave de la ville jusqu’au moment où il comprend enfin ce qu’il n’est pas. La scène constituée de nombreux flashbacks et d’autant de fondus enchainés désignent toute la violence de l’expérience et vante la beauté qu’est l’existence humaine.


Personne dans la ville ne connaît John Murdoch. Il n’est qu’un élément de plus dans l’échiquier labyrinthique qu’est Dark City, et pourtant, cet homme sera le seul être capable de libérer le peuple de la terrible emprise des Étrangers. Murdock est un homme banal comme tant d’autres en quête de son identité. Le peuple ignore ce héros pris de doutes et de sentiments divers vis-à-vis de la ville et de ses habitants qu’il tente de sauver au péril de sa vie lorsqu’il découvre qu’il possède les capacités pour le faire, capacités qu’on également les oppresseurs. Cette ignorance est visible lors d’une scène durant laquelle, les Étrangers sortent à Minuit afin de modifier à la fois la ville et à la fois la mémoire de ses habitants, John Murdock circule sans but dans les rues de la ville au milieu de la population endormie puis tente de les réveiller avec pour objectif de leur demander ce qu’il se passe dans cette ville car il n’est pas au courant des agissements des oppresseurs extraterrestres il est à ce stade du film au même niveau d’ignorance que le peuple, il croit que la population en sait beaucoup plus que lui. L’ignorance du peuple est marquée dans cette scène avec l’incapacité qu’a Murdoch d’interagir avec le peuple qui l’entour. Le héros est ainsi condamné à agir seul, il ne peut compter sur personne, la solitude l’habite tout comme la peur et la colère ce que l’on peut voir un peu plus tard au sein de la scène évoquée précédemment. L’indifférence du peuple par rapport au héros accentue la solitude que peut ressentir l’Homme en société. En effet nous sommes dans une société dans laquelle la masse prime sur l’individu puis où l’individu désir se dissocier de la masse de la société afin de ressentir le fait d’être reconnu par la société en tant qu’être unique à part entière et nom comme objet utile d’un tout.
Le personnage de John Murdoch représente en grande partie ce malaise sociétaire qui est encore présent aujourd’hui un peu partout dans le monde, cet individualisme qui habite la société contemporaine que nous désirons refouler au maximum en nous même, que nous cherchons à tout prix à ignorer, à cacher car nous visons à une société meilleure dans laquelle ce genre d’idéaux serait impensable. Le peuple est totalement indifférent au héros parce que le héros n’agit pas, durant le film, comme le meneur d’une révolution ni comme leveur de foules. John Murdoch est tout simplement un homme agissant dans l’ombre, un homme se fondant dans la masse, afin d’atteindre l’ennemi lorsqu’il ne s’y attend pas.
Dans le film Alex Proyas a choisi de montrer cette indifférence de manière métaphorique comme on peut le voir tout au long du métrage notamment dans la scène évoquée à l’instant où l’indifférence est représentée par le profond sommeil de la population, ou encore lors du combat final durant lequel le peuple n’apparait sur aucun des plans alors qu’il peuple toujours Dark City, ici l’indifférence est inversée puisque c’est le héros qui ignore le peuple en ne lui demandant aucune aide. L’indifférence du peuple envers le héros a une influence sur les sentiments du personnage, il se sent oppressé, perdu au sein de cette masse inactive qu’est le peuple de Dark City.

Le film dénonce les failles de notre système capitaliste sans nous indiquer la marche à suivre pour les corriger car la révolte, menée par John Murdoch, a pour but premier d’imposer la volonté, d’assouvir les désirs, du héros sur le monde qu’il réussit à dominer, le peuple est certes libre mais il est immédiatement oppressé par un nouveau mode de penser, celui du héros. Cet égoïsme est appuyé par le fait que ce héros recrée entièrement la ville à son image sans s’en référer au peuple comme on peut le voir dans le film de Coup d’État de Robert Edwards dans lequel un tyran se trouve remplacé par un nouveau tyran pire que le précédant qui impose sa vision du monde sans se préoccuper du peuple et de ses besoins. John Murdoch impose ce mode de penser car il cherche à être reconnu comme étant un homme unique, comme étant le seul être à pouvoir contrôler le monde. Murdoch est tellement égoïste, qu’il ne se soucie à aucun moment de ce que peuvent penser ceux qui l’entour (Le Dr. Schreber, L’inspecteur Bumstead ainsi que sa femme Emma), puisqu’il agit selon son bon vouloir qu’il y ait ou non des Étrangers dans les parages et également selon les valeurs morales et sociales qu’il s’est inculqué par le biais de tout ce qu’il a vécu après son amnésie. Il ne se soucie certes pas de ces personnages là mais il les utilise que s’il les juge utiles à sa quête, il n’aura, pendant le film, aucune reconnaissance envers l’un des protagoniste qui a les laisser là où ils sont. En jouant ce jeu là le John Murdoch devient une sorte d’antihéros qui cherche à sortir des sentiers battus afin de trouver sa propre voie, mais comme le dit Charles Dantzig « un personnage qui écrit qu’ « il faut sortir des sentiers battus » y entre 7».
Le raisonnement de ce personnage est comparable avec celui des dictateurs qui croient pouvoir éclairer le monde de leur savoir et les gouverner selon la vision utopique qu’il s’est fait de la société et de son peuple. John Murdoch éclaire (dans les deux sens du terme) le peuple sur son avenir et sur ses projets pour la ville, en tournant la cité face au soleil. L’égoïsme naît lorsqu’il y a trop de « nous ». En effet l’Homme cherche a se définir dans la société, plus une société se veut être une masse, plus il y aura d’individualisme donc d’égoïsme et inversement, plus une société privilégiera l’individu, plus il ya aura d’altruisme. L’Homme en société fonctionne ainsi et tourne en rond, c’est ce que montre le héros John Murdoch.
Le personnage de Murdoch est paradoxalement altruiste puisqu’il agit sans méchanceté à l’égard de son entourage, c’est un personnage très sympathique qui ne cherche juste que son bien être avant celui des autres puisqu’il se rend vite compte qu’il est doté d’une capacité que personne d’autre à part lui ne possède. Il est donc désintéressé de la population ce qui lui permet d’agir librement dans la ville pour contrecarrer les plans des Étrangers. De plus durant le combat final, comme nous l’avons dit précédemment, Murdoch ne demande pas l’aide de la population afin de les protéger d’un possible massacre, ce qui représente une preuve d’altruisme en soi. Autre preuve d’altruisme de la part de Murdoch si l’en est, son emprisonnement un peu avant le combat final, qui montre un John Murdoch capable de se sacrifier pour la cause qu’il combat, pour son peuple qu’il défend. Proyas se réfère clairement aux grands hommes politique ayant étés prêts à tout sacrifier pour leur cause et leur peuple, tel fut le cas de Mahatma Gandhi qui fut assassiné alors qu’il revendiquait une paix possible entre deux peuples. Les Étrangers, en faisant de Murdoch leur prisonnier, comptent lui effacer la mémoire puis lui réimplanter de nouveaux souvenirs et de comprendre comment cet homme a pu posséder la syntonisation cependant le docteur Schreber, ici, dernier recours à la liberté insère dans la mémoire de Murdoch non pas de nouveaux souvenirs mais toutes les instructions nécessaires à la maîtrise complète de la syntonisation afin de vaincre définitivement la race des Étrangers. Dans cette scène le peuple, par le biais de Schreber aide le héros en difficulté à s’en sortir glorieusement et à libérer la population du joug de l’oppresseur. Cette scène est l’une des rare du film où par le biais d’un personnage, le héros interagit avec le peuple avec altruisme.

Le monde ayant beaucoup évolué depuis la sortie du film en 1998, on s’attendrait à ce que le film soit devenu une œuvre appartenant au passé, mais pas du tout. Ce film est toujours d’actualité du fait de sa diversité des sujets sociétaires évoqués ce qui en fait une œuvre majeure de la science fiction à (re)découvrir aujourd’hui en ayant en tête la société actuelle afin de mieux l’apprécier et de mieux comprendre l’ampleur de ce film peu connu du grand public.
Par Noone le 2018-04-08 06:00:53 Editer
Noone Or
Que c'est bien écrit, ça ne lâche pas le spectateur intéressé une seconde et l'ambiance qu'avait déjà su si bien faire Alex Proyas dans "The Crow" rend encore mieux l'univers développé.
J'ai retrouvé dans ce film ce que j'ai pu apprécier dans Inception de Nolan ou dans Prédestination des Spierig, un scénario qui me fait réflechir, essayer de rattacher les liens ensemble pour progresser avec le personnage, comprendre ce qui lui est arrivé et pourquoi... ça fait plaisir pour une fois de ne pas être que spectateur d'un film dont on connaîtrait déjà le scénario tellement il aurait déjà été vu. Je le conseille.
Par Noodles le 2018-04-02 23:17:14 Editer
Un film incroyable, malgré un manque apparent de moyens, qui est compensé par des décors extrêmement bien faits.
Un suspens insoutenable ! Chaque fois qu'on croit comprendre la tournure que prend l'histoire, on se prend une baffe scénaristique. Et pour ma part j'ai bien pris 4 ou 5 baffes monstrueuses durant ce film.
Je trouve la transition vers la fin un peu discutable. Elle aurait mérité plus de budget (pour les effets), c'est vraiment rageant. Mais la scène finale est vraiment magnifique !
Par Dominiquel le 2017-12-22 08:42:53 Editer
Un très bon film tant des points de vue du scénario, de l'ambiance, des décors, du suspense que des acteurs. A voir absolument si vous êtes fan de SF !
Par Cellophane le 2016-05-02 10:47:51 Editer
Pour ma part, j'ai adoré l'idée de manipulation mentale, les images de la ville qui se modifie ou les gens qui changent de personnalité. On s'enfonce assez facilement dans cet univers sombre même si le combat final est un peu long et un peu cheap...
Par DrunkenSailor le 2014-09-22 13:24:52 Editer
Alex Proyas confirme ce qu'il avait déja laissé sous entendre avec The Crow, il excelle dans la création d'ambiance très sombre et flippante. La première scène annonce déja la couleur. Le design de la ville, les costume, l'éclairages, les effets spéciaux, tout ce qui concerne l’esthétique est parfaitement maitrisé.

Mais le reste est beaucoup plus en demi teinte. Malgré la trame vraiment prometteuse, on enchaîne les clichés et les grosses facilités scénaristiques qui nuisent vraiment a la qualité du film.

Le résultat est tout de même plutôt agréable, Dark City est une sorte de Truman Show de la sf, qui joui comme je l'ai dis d'une ambiance a part extrêmement immersive.
Je conseil.
Par Serow le 2014-03-30 16:33:41 Editer
Serow Or
effectivement comme dans le titre c'est bien dark très étrange du début a la fin, mais il serait dommage de ne pas le regarder. recommander au fan de inception